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Publié le 20 octobre 2026
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octobre 2026

Les murs ont des idées

Les murs ont des idées
Sommaire du dossier du mois
Habiter autrement

« Chez soi », c’est bien plus que quatre murs et un toit. Il est désormais impossible de concevoir un lieu de vie sans prendre en compte le bien-être de ses occupants et ses répercussions sur l’environnement dans lequel il est bâti.

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Les règles ont changé pour les entreprises du secteur de l’habitat. Elles doivent répondre à d’autres exigences : pour réduire l’impact environnemental des constructions d’un côté, pour répondre aux nouvelles attentes de la population de l’autre. Ainsi, on demande à un lieu de vie d’être capable d’allier confort, esthétique et durabilité.

Le choix des matériaux de construction devient alors crucial : il joue sur la qualité de l’air, le confort thermique et acoustique, mais surtout sur l’empreinte carbone des bâtiments. Le bois peut remplacer le béton pour la structure porteuse ; le chanvre, la paille ou même la laine de mouton peuvent servir d’isolants ; tandis que l’argile se substitue au ciment ou au plâtre pour enduire les murs. L’éclairage, la qualité de l’eau ou encore la place laissée à la biodiversité dans les extérieurs sont également à prendre en compte.

Une autre question centrale concerne l’énergie. Avec l’augmentation des prix du gaz et de l’électricité, on cherche forcément à faire baisser sa facture. La rénovation énergétique de son logement et l’autoproduction d’électricité sont des solutions, que l’État luxembourgeois soutient d’ailleurs avec des aides financières. On remplace sa chaudière par une pompe à chaleur, on installe des panneaux photovoltaïques sur le toit, on s’équipe d’une borne pour son véhicule électrique et dans l’idéal, on connecte le tout à travers un système de gestion de l’énergie afin d’optimiser l’autoconsommation. En plus de réduire la consommation d’énergie, tout cela permet aussi d’en décarboner la production.

Pour les professionnels, ces manières de faire plus modernes sont tout autant d’opportunités de développement. Afin de s’en saisir, les entreprises doivent acquérir des compétences supplémentaires. Depuis plusieurs années déjà, les centres de formation du pays se sont mis à la page et proposent des cursus pour permettre aux professionnels de la construction d’effectuer aussi leur transition.

Par ailleurs, l’innovation n’est pas que technique, elle est aussi sociale. Des modèles inédits de gestion des lieux de vie partagés voient le jour et des structures apparaissent pour favoriser encore plus l’accès aux logements abordables.

Au Luxembourg, entreprises, citoyens et pouvoirs publics trouvent, dans les murs, des idées pour construire une nouvelle façon de penser l’habitat.

Léna Fernandes

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Les professionnels de l'habitat s'adaptent à une nouvelle réalité
Les professionnels de l’habitat s’adaptent à une nouvelle réalité

Société de développement urbain, assureur, agent immobilier ou spécialiste en énergies renouvelables : les experts de l’habitat étaient tous réunis à Home Expo, du 8 au 11 octobre 2026. L’occasion de passer de stand en stand, pour recueillir les témoignages de ceux qui voient la transformation du secteur de l’intérieur.

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Agora, développeur urbain

Jorge Teixeira, responsable ventes : « Pour constater les évolutions qui ont impacté notre métier, on peut comparer les deux projets de quartier sur lesquels nous travaillons. Le premier, Belval, a été planifié au début des années 2000 et le second, Metzeschmelz, a été conçu en 2016.

L’urbanisme a changé, l’échelle a changé, la façon dont on imagine la ville dans laquelle on a envie de vivre a changé. Aujourd’hui, il y a surtout un gros point d’attention sur tout ce qui est développement durable. Pour Metzeschmelz, nous avons développé un concept énergétique et de mobilité assez fort : nous voulons une énergie la plus locale et la plus renouvelable possible, dans un quartier qui sera sobre en voiture, avec un très bon maillage en pistes cyclables et transports en commun.

Notre rôle, c’est aussi d’apporter de l’innovation, dans l’intérêt général de la région Sud du pays. Nous avons intégré une démarche de participation citoyenne dans le projet, avec une vraie considération de l’avis du public, des riverains ou encore des associations locales. La prise en compte des enjeux environnementaux est d’ailleurs un point qui ressort de toutes ces consultations. »

Baloise, assurance

Marc Teerlinck, assureur indépendant : « Peu de gens prennent le temps de vraiment lire et comprendre leur contrat d’assurance habitation. C’est au moment où un sinistre survient qu’on se rend compte qu’on aurait peut-être dû mieux se renseigner.

Pourtant, les risques liés aux événements climatiques et aux catastrophes naturelles augmentent. Comme on a pu le voir ces dernières années, le Luxembourg est surtout concerné par les inondations. Depuis celles de juillet 2021, on couvre d’office ce risque dans les contrats, ce qui n’était pas le cas avant.

Certains estiment que, dans les années à venir, les assureurs proposeront des couvertures de prévention, c’est-à-dire prévenir le risque, plutôt que de simplement indemniser une fois que le sinistre a eu lieu. Aux États-Unis, des assureurs proposent des ‘wildfire defense services’ : quand un feu de forêt se rapproche d’une habitation assurée, des arroseurs sont déclenchés pour l’humidifier, afin de la rendre moins propice au feu. Le changement climatique est une réalité et les assureurs n’auront pas d’autre choix que de changer d’approche, en espérant que le grand public prendra conscience des enjeux. »

RE/MAX, agence immobilière

Elise Fringand, agent immobilier et team leader : « La performance énergétique des biens est devenue une vraie préoccupation, ce qui n’était pas autant le cas il y a encore quatre ou cinq ans, avant la refonte majeure du passeport énergétique de 2021 (appelé officiellement certificat de performance énergétique ou CPE, ndlr). De plus, les prix de l’énergie ont fortement augmenté et les banques financent plus facilement l’achat d’une maison ou d’un appartement bien classé.

Lorsqu’on prépare la vente d’un bien qui n’a pas une très bonne performance énergétique, nous travaillons avec des sociétés qui nous font des devis pour de potentiels travaux de rénovation. Et c’est un point dont il faudra tenir compte dans notre estimation du prix de vente. Le but est aussi de pouvoir proposer un package aux personnes qui viennent visiter, avec un budget total approximatif. Toutes ces informations aideront également les acheteurs lorsqu’ils iront voir des banques pour obtenir un crédit. Toutes ces questions ont poussé les agents immobiliers à acquérir de nouvelles compétences, sachant que nous devons aussi conseiller le vendeur, afin qu’il puisse obtenir le meilleur prix pour son bien.

Je pense qu’il reste tout de même un point de blocage avec le passeport énergétique au Luxembourg, vis-à-vis des appartements. Ici, le CPE est attribué à une résidence entière, et pas à chaque appartement individuellement. Ça signifie que, même si on a totalement rénové son bien, sa classe énergétique ne changera pas. Aucune amélioration n’est possible si les travaux ne sont pas faits dans l’ensemble de la copropriété. J’espère qu’il y aura un changement sur ce point dans les années à venir. »

Voltmax, fournisseur de solutions énergétiques

Wael Ferchichi, conseiller technico-commercial : « Les visiteurs de Home Expo qui viennent nous voir sont déjà bien informés sur la transition énergétique. Le but est évidemment de faire des ventes mais pas que, nous sommes aussi là pour familiariser le public avec les dernières innovations, comme les toitures solaires. La technologie évolue vite dans notre domaine, il y a beaucoup de marques, beaucoup de choix.

Mais les nouveautés ne sont pas que techniques. Par exemple, le sujet des communautés énergétiques est encore assez méconnu et nous sommes peu d’installateurs à proposer des services dans ce domaine. Notre équipe administrative gère les échanges avec le gestionnaire de réseau et le fournisseur d’électricité, notamment pour l’application du tarif dynamique.

Traiter ces nouveaux sujets demande d’acquérir de nouvelles compétences, c’est pour ça que nous faisons beaucoup de formations en interne. Les membres de notre équipe commerciale ne font pas que vendre : avec les évolutions du secteur, ils ont dû devenir de véritables conseillers, pour accompagner au mieux les clients dans leur projet. »

Propos recueillis par Léna Fernandes
Photos : Picto / Eve Millet

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Acheter neuf au Luxembourg, c'est possible, malgré un marché grippé
Acheter neuf au Luxembourg, c’est possible, malgré un marché grippé

Deux conseillers de Thomas & Piron décrivent un marché du neuf ralenti au Luxembourg depuis la remontée des taux en 2023, entre prêts-relais compliqués et banques prudentes. Pour aider les acquéreurs, le promoteur lance ses chantiers sans attendre les réservations et mise sur des logements mieux isolés et sans énergie fossile.

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Il y a encore quatre ou cinq ans, un appartement neuf au Luxembourg se vendait souvent sur plan (VEFA), bien avant la fin du chantier. Ce n’est plus le cas. « Rien n’est facile actuellement », résume Julien Crayssac, conseiller commercial chez Thomas & Piron. À Belair, en bordure de Strassen, le penthouse de la résidence Mont Ruby (73 m2 nets, deux chambres, 130 m2 de terrasse) est affiché à 1.235.000 euros. Fin septembre 2026, il attendait toujours son acquéreur. « Ce n’est pas l’appartement qui a des difficultés, c’est plutôt le marché global qui traîne un peu. »

La demande s’est surtout déplacée. Pour qui veut habiter en ville dans du neuf, l’appartement reste l’option la plus accessible. « On a beaucoup plus de choix pour les appartements, et on est clairement sur des enveloppes plus accessibles que si on basculait sur une maison », explique le conseiller. « En dernier étage, les acheteurs recherchent plutôt trois ou quatre chambres et 150 à 180 m2. Les logements exposés plein sud partent les premiers, les rez-de-chaussée côté rue en fin de commercialisation. »

Des acheteurs triés sur le volet

Le ralentissement tient surtout au financement. Aux taux d’intérêt remontés s’ajoute le recours fréquent au prêt-relais. « La plupart de nos clients sont déjà propriétaires d’un bien qu’ils souhaitent vendre pour acquérir le nouveau », précise Jean-Charles Villeneuve, délégué commercial. « Les banques ont tendance à dévaluer le bien existant et à surévaluer le bien neuf. » Faute de prix fermes chez tous les constructeurs, elles prévoient souvent une marge de sécurité d’environ 10 %. « Vous tendez l’élastique dans les deux sens. La clientèle en capacité d’acheter a été un peu triée sur le volet. »

Près de 90 % des appartements vendus sur ces résidences sont devenus des résidences principales, rarement achetées par des primo-accédants. « Pour l’enveloppe du penthouse, on peut proposer une maison neuve, habitable immédiatement, à Nospelt ou à Kehlen. Les gens qui sont ici veulent être sur Luxembourg. »

Construire sans attendre les réservations

Paradoxe apparent : deux nouvelles résidences signées Thomas & Piron, « Terre de Soie » et « Jardin d’Opale », sortent de terre juste à côté. « Il est extrêmement important pour nos futurs acquéreurs d’avoir déjà une construction en cours, parce que ça va sérieusement les aider à obtenir un financement », justifie Julien Crayssac. « Entre la réservation et la livraison, la banque facture des frais intercalaires. Ramener cette période de 2 ans à 6 ou 8 mois allège la note. Bien des promoteurs doivent, eux, réunir 40 à 60 % de réservations avant de lancer un chantier, ce qui n’est heureusement pas le cas chez Thomas & Piron, grâce à des fonds propres importants et à une solidité financière construite depuis 50 ans. »

Julien Crayssac
Julien Crayssac - © Picto / Eve Millet

Démarrer « à blanc » a un coût. « Ça demande un gros effort financier à notre société, c’est indéniable, mais c’est presque un mal nécessaire », admet Jean-Charles Villeneuve. « Depuis le début de la remontée des taux (en 2023), les plans ont aussi été revus de A à Z. Ça fait un an que les commerciaux définissent les plans des appartements avec les architectes, avant le démarrage des chantiers. On se base sur les retours des appartements vendus et sur les nouvelles demandes du marché. »

L’État a exonéré de droits d’enregistrement la partie construite des logements achetés en l’état futur d’achèvement (VEFA). « C’est loin d’être suffisant, mais c’est déjà ça », juge-t-il.

Moins de mètres carrés, plus de performance

Acheter sur plan permet aussi d’adapter son logement. « Si vous avez une préférence pour du parquet, on met du parquet. Si vous voulez une baignoire à la place d’une douche à l’italienne, on met une baignoire », détaille Julien Crayssac. Une fois les finitions posées, chaque changement coûte nettement plus cher.

L’autre argument est énergétique. Les énergies fossiles sont proscrites dans le neuf. Les résidences en cours misent sur la pompe à chaleur, le plancher chauffant, le triple vitrage, la ventilation mécanique contrôlée (VMC) et les protections solaires. Ces deux dernières étant obligatoires au Luxembourg. « Les certificats de performance énergétique provisoires affichent A-B-A, avec l’espoir d’un triple A en fin de chantier ». Revers de la médaille : « Si ça a un impact sur le coût de construction, ça a automatiquement un impact sur le prix de vente. »

Jean-Charles Villeneuve
Jean-Charles Villeneuve - © Picto / Eve Millet

Pour le conseiller, l’arbitrage est clair. « Pour une enveloppe égale, nos clients préfèrent partir sur du neuf avec parfois moins de mètres carrés, mais un appartement mieux isolé, mieux construit, mieux chauffé, qui va tenir une cote sur les 10, 15, 20 prochaines années. » Il nuance aussitôt. « Quelqu’un qui veut absolument plus de mètres carrés aura peut-être tendance à aller vers l’ancien. Chacun est bien sûr libre de ses investissements, mais faire le choix d’un logement neuf, avec une société solide, comporte indéniablement plus de sécurité et plus de qualité. »

Sébastien Yernaux
Photos : ©Picto / Eve Millet

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Communes, construisez des logements abordables, l'AIS s'occupe du reste
Communes, construisez des logements abordables, l’AIS s’occupe du reste

Pour lever les freins liés à la gestion des logements abordables, l’Agence Immobilière Sociale propose désormais aux communes de prendre le relais en tant que bailleur social, une fois les bâtiments livrés. Entretien avec Gilles Hempel, directeur de la Fondation pour l’Accès au Logement, gestionnaire de l’Agence Immobilière Sociale.

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Une nouvelle loi sur le logement abordable a été introduite le 7 août 2023, au Luxembourg. Contrairement à la version précédente, elle distingue clairement les fonctions de promoteur social et de bailleur social, ainsi que le financement associé à chacune de ces missions.

Par le passé, le fait de ne pas pouvoir déléguer la gestion de leurs biens immobiliers a pu freiner certaines communes dans le développement de logements sociaux sur leur territoire. En effet, si elles sont outillées pour construire des bâtiments – écoles, maisons-relais, centres sportifs, etc. –, elles peuvent parfois se sentir démunies lorsqu’il s’agit d’administrer un parc locatif au quotidien.

Gilles Hempel, directeur de la Fondation pour l'Accès au Logement (FAL), gestionnaire de l'Agence Immobilière Sociale (AIS)
Gilles Hempel, directeur de la Fondation pour l’Accès au Logement (FAL), gestionnaire de l’Agence Immobilière Sociale (AIS) - ©FAL

C’est précisément sur ce volet qu’entre en jeu l’Agence Immobilière Sociale de la Fondation pour l’Accès au Logement. « Dès la réception du projet, nous prenons le relais en tant que bailleur social. Et, à partir de ce moment-là, nous nous occupons de tout : attribution des appartements (en donnant la priorité aux citoyens de la commune), gestion des flux financiers (perception et reversement des loyers à la commune), nettoyage, réparations, entretien des alentours, accompagnement des bénéficiaires si nécessaire… Même si ces biens font partie de son patrimoine, la commune n’a plus à se soucier de quoi que ce soit », explique Gilles Hempel. La commune a donc non seulement un revenu garanti, mais elle a aussi l’assurance de retrouver son logement en bon état quand un locataire déménage.

Ce service est gratuit pour la commune : il est pris en charge par le ministère du Logement qui rétribue l’Agence Immobilière Sociale pour cette mission. « La commune pourrait directement percevoir les subventions si elle assurait elle-même ce travail. Mais créer un service dédié à la gestion des logements abordables n’est rentable que si l’on a un parc immobilier suffisamment important, car il faut combiner plusieurs profils : comptable, technique, social. C’est peu pertinent pour des petits projets de 5, 10 ou même 20 logements. En nous confiant la gestion de ses logements abordables, la commune peut se concentrer sur ses missions principales », précise-t-il. Et d’ajouter : « Nous avons une expérience de plus de 17 ans dans la gestion locative sociale (ndlr : gestion de logements appartenant à des personnes privées mis à disposition de personnes en situation précaire qui bénéficient en parallèle d’un suivi social, via l’Agence Immobilière Sociale). Nous avons donc une solide expérience dans la gestion de logements abordables, mais aussi dans l’accompagnement de leurs occupants ».

À ce jour, la Fondation pour l’Accès au Logement est conventionnée avec 67 communes, via leurs offices sociaux, pour des missions de gestion locative sociale. Elle intervient, par ailleurs, en tant que bailleur social pour une quinzaine de communes. Au total, elle gère plus de 800 logements, dont environ 200 en tant que bailleur social.

Mélanie Trélat
Photo : AIS

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Six pistes pour renouveler la politique du logement au Luxembourg
Six pistes pour renouveler la politique du logement au Luxembourg

Élargir la fenêtre d’Overton : six actions pour sortir la politique du logement de ses automatismes !

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Face à l’alourdissement continu du poids de la dépense logement dans le budget des ménages et aux difficultés croissantes rencontrées par les acteurs (entreprises de construction, promoteurs, etc.) de la chaîne du logement, les propositions destinées à « relancer le marché immobilier » et à « résoudre la crise du logement » se multiplient.

Les plus fréquemment avancées s’articulent généralement autour de trois grandes orientations :

  • Soutenir le pouvoir d’achat immobilier des propriétaires-occupants et des investisseurs locatifs en augmentant les dépenses fiscales (amortissement accéléré, tva-logement, Bëllegen-Akt, etc.) avec le double objectif d’améliorer l’accès au logement et d’augmenter le nombre de logements construits ;
  • Simplifier les procédures afin de permettre un choc d’offre à la hauteur des besoins projetés (environ 6.000 logements / an) ;
  • Réformer les impôts fonciers afin de « contrecarrer la spéculation immobilière et d’inciter les propriétaires à mobiliser leurs terrains et à mettre leurs logements existants à disposition sur le marché locatif ».

Il s’avère qu’il est difficilement justifiable d’accroître sensiblement des dépenses fiscales en faveur du logement déjà importantes, très compliqué de parvenir véritablement à simplifier et établi que la réforme de la fiscalité foncière, même dans sa version maximaliste, n’est pas la panacée.

Dès lors, il convient de compléter ce triptyque (aides fiscales à l’accession à la propriété, simplification administrative, impôts fonciers) relativement convenu par d’autres éléments qui pourraient utilement rejoindre la boîte à outils de la politique du logement et contribuer à ouvrir son champ des possibles.

Action n°1 — Augmenter la demande effective
Action n°2 — Flexi-sécuriser les rapports locatifs
Action n°3 — Produire du logement sans consommer davantage de foncier
Action n°4 — Promouvoir de nouvelles formes de propriété
Action n°5 — Contractualiser avec les communes
Action n°6 — Lever les freins à la mise à disposition de logements aux salariés par leurs employeurs

Consulter en ligne le Document de Travail n°37.

Michel-Edouard Ruben, économiste senior à la Fondation IDEA

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La CO-OP 01 ouvre la voie au logement coopératif au Luxembourg
La CO-OP 01 ouvre la voie au logement coopératif au Luxembourg

À Belval, la CO-OP 01 prépare 18 logements abordables soustraits à la spéculation. Cristina Nuñez, membre du conseil de gérance, raconte l’esprit de cette première coopérative d’habitation du pays. Brillant Tene Tene, président et directeur général de « De Reso », y voit un modèle capable de changer la donne au Luxembourg.

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Constituée le 27 août 2026, la CO-OP 01 construira 18 logements et des espaces communs à Belvie, le nouveau quartier résidentiel de Belval. Retenu en 2025 à l’issue d’un appel à projets d’Agora, le groupe a enchaîné les ateliers (statuts, plan d’affaires, architecture, organisation) avant d’être agréé société d’impact sociétal (SIS). La coopérative reste propriétaire et loue les appartements à ses membres. Chacun souscrit des actions de 1.000 euros, sans dividende ni plus-value, et dispose d’une seule voix. Les travaux devraient débuter fin 2027.

Des valeurs votées et du temps partagé

« Une coopérative, ce sont des personnes qui ont des valeurs communes et qui décident de se mettre ensemble pour créer un bâtiment où elles vont vivre », résume Cristina Nuñez. Ces valeurs ont été votées : l’accessibilité financière arrive en tête (37 %), devant la durabilité (25 %) et la solidarité (19 %). Une quatrième, « notre maison », rassemble ce qui permet de se sentir chez soi. « C’est l’esthétique, les espaces communs, la lumière, la fonctionnalité, mais aussi la façon de gérer les relations et les conflits. »

Chaque membre consacre aussi une cinquantaine d’heures par an à la coopérative. « Bien sûr, on a un logement abordable, mais il y a du travail à faire. »

Le Luxembourg offre un atout que cette Hispano-Suisse n’a pas trouvé ailleurs : les aides à la pierre. « Je peux accéder à la coopérative sans avoir d’épargne. C’est très important, parce que dans d’autres pays, il fallait apporter un capital. » Reste le prix du terrain, qui avait fait échouer une précédente tentative. Désormais, des communes s’intéressent au modèle, à l’image de Walferdange, qui a lancé un appel à projets de coopérative sur un terrain communal. « Tous les yeux sont rivés sur nous. Il faut que nous réussissions, parce que ça va ouvrir la porte à d’autres coopératives. »

Réhabiliter l’existant

Brillant Tene Tene a rejoint le groupe avec un sésame : les certificats donnant accès aux professions réglementées de l’immobilier, comme bailleur, indispensable à la mise en location. Ainsi, il deviendra membre du conseil de gérance quand Agora le quittera. Avec Archi-Impact (une branche de De Reso), il requalifie des logements vacants. « Vivre dans cette coopérative, ça a du sens avec ce que je fais. Je pourrai dire aux autres, ‘voici ce que j’ai fait, je pense que vous pouvez le faire.’ »

Il parle d’une « innovation adjacente et incrémentale ». « Ça se fait déjà ailleurs, mais c’est nouveau au Luxembourg. » Et de rappeler le soutien de l’État. « Il est considérable. Pour les projets de logements locatifs abordables comme le nôtre, les aides à la pierre peuvent financer jusqu’à 75 % des coûts éligibles. C’est un levier essentiel pour rendre ce modèle accessible. Le loyer est tout le temps adapté et ajusté en fonction des revenus. »

La suite, selon lui, passe par le bâti existant, dans une logique d’économie circulaire. « On a des anciennes fermes, des maisons, des immeubles abandonnés à fort potentiel… Il suffirait, entre guillemets, de créer une coopérative et d’aller voir une commune en disant ‘dans votre ferme, on peut faire des logements abordables’. » Les communes se montrent ouvertes au bail emphytéotique, qui évite d’acheter le terrain.

Brillant Tene Tene imagine déjà des étudiants en architecture se pencher, dans dix ou quinze ans, sur ce projet pour comprendre pourquoi il a fonctionné. « On rentre vraiment dans une révolution du logement abordable. Les citoyens ne sont plus seulement bénéficiaires des politiques du logement, ils peuvent aussi devenir acteurs de la solution, en imaginant et en développant ensemble leur propre habitat. »

Sébastien Yernaux

NeiSchmelz : quand le paysage devient une infrastructure du quartier
NeiSchmelz : quand le paysage devient une infrastructure du quartier

À Dudelange, une ancienne friche industrielle de 32,5 hectares se transforme progressivement en un nouveau morceau de ville. NeiSchmelz accueillera 1.575 logements et quelque 3.600 habitants. Au cœur de cette transformation : la volonté de reconnecter le futur quartier à la ville existante, à son histoire industrielle et à son environnement naturel.

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Porté par le Fonds du Logement en collaboration avec la Ville de Dudelange, le projet s’inscrit dans une volonté de créer un quartier intégré à son environnement et capable de répondre aux enjeux urbains et climatiques de demain. Cette ambition passe notamment par la place accordée à l’eau, à la végétation et aux espaces publics.

« La transformation de NeiSchmelz doit s’inscrire dans la continuité de la trame urbaine existante de Dudelange, en assurant une connexion cohérente avec le centre-ville et les quartiers environnants », explique Franck Renda, chef de projets du service Projets de grande envergure du Fonds du Logement. « Le premier axe de cette vision consiste à développer une ville durable et résiliente, capable de s’adapter aux effets du changement climatique et de renforcer son lien avec son environnement naturel. Le paysage, la végétation et la remise à ciel ouvert du ruisseau ‘Diddelengerbaach’ constituent à ce titre des éléments structurants du projet. »

Dans cette transformation, Schroeder & Associés assure notamment les études liées aux infrastructures et intervient en groupement avec TR-Engineering comme maître d’œuvre global. Le projet mobilise également les expertises d’Eneco Ingénieurs-Conseils, du bureau greisch et de HBH. Cette organisation pluridisciplinaire permet d’aborder le paysage en lien direct avec les autres composantes du projet : espaces publics, mobilité, eau, topographie et infrastructures.

« Pendant longtemps, le paysage intervenait en dernier dans les projets urbains : une fois les bâtiments dessinés, les voiries définies et les espaces publics structurés, venait seulement le temps de créer les espaces verts. Aujourd’hui, notre implication intervient beaucoup plus tôt. Les questions de végétation, d’eau, de confort climatique et d’usages sont directement liées à la conception du quartier », explique Kristyna Kratochvil, architecte paysagiste au sein de l’unité Mobilité active, Espaces publics et Aménagements paysagers de Schroeder & Associés.


« Le paysage, la végétation et la remise à ciel ouvert du ruisseau ‘Diddelengerbaach’ constituent des éléments structurants du projet. »

Franck Renda, Fonds du Logement

Partir de l’existant pour construire le futur

NeiSchmelz n’est pas un territoire vierge. Ancien site sidérurgique, la friche porte une histoire étroitement liée à celle de Dudelange et du développement industriel du sud du Luxembourg.

« Le deuxième axe consiste à s’appuyer sur le passé industriel du site pour construire l’avenir », poursuit Franck Renda. « La transformation de NeiSchmelz n’effacera pas son histoire, mais au contraire préservera, intégrera et valorisera les bâtiments, structures, matériaux et traces caractéristiques de son activité industrielle. Ce patrimoine doit trouver une nouvelle place dans le projet et participer à la conception des espaces publics et paysagers. »

Cette lecture du site constitue également un point de départ pour le travail paysager. « Ce qui nous intéresse particulièrement, c’est le dialogue entre l’ancien et le nouveau. L’objectif n’est pas d’effacer l’histoire industrielle du site, mais de la révéler et de la transmettre à travers le nouveau quartier », souligne Kristyna Kratochvil.

Plusieurs éléments emblématiques du site sont ainsi conservés et réinterprétés. La tour d’eau constitue l’un des repères du futur quartier. Huit bâtiments ou structures existantes sont également intégrés au projet.

Redonner une place à l’eau

Autre transformation majeure : la remise à ciel ouvert du ‘Diddelengerbaach’. Longtemps canalisé et enfoui sous le site industriel, le ruisseau doit retrouver une présence au cœur du futur quartier.

Pour Thomas Differding, architecte paysagiste au sein de l’unité Mobilité active, Espaces publics et Aménagements paysagers de Schroeder & Associés, cette intervention dépasse largement la seule dimension paysagère. « Rouvrir le ruisseau ne consiste pas simplement à remettre de l’eau au cœur du quartier. Il s’agit de repenser une partie de la topographie du site en tenant compte des contraintes existantes, mais aussi des exigences techniques liées à l’ingénierie, notamment le respect d’une pente et d’un débit adaptés. Ces paramètres influencent directement l’aménagement des espaces situés de part et d’autre du ruisseau. »

La remise à ciel ouvert du Diddelengerbaach participe ainsi à la création de nouveaux milieux naturels et permet de recomposer les relations entre les différents espaces du quartier.


« Rouvrir le ruisseau, ce n’est pas simplement remettre de l’eau au milieu du quartier. Cela implique de repenser toute la topographie du site. »

Thomas Differding, Schroeder & Associés

Concevoir avec le vivant

Cette approche intégrée se retrouve également dans la conception de la trame végétale. Pour Kristyna Kratochvil, le paysage ne peut plus intervenir seulement une fois le quartier dessiné. « Notre rôle ne consiste pas simplement à ajouter de la végétation à un projet. Nous réfléchissons à la manière dont les espaces seront utilisés, aux différents usages qui pourront s’y développer et à la manière dont ils évolueront dans le temps », explique-t-elle.

Le projet prévoit une diversité d’espaces : parc urbain, aires de jeux, jardins, espaces de rencontre et aménagements le long du ruisseau. Le jardin communautaire existant doit également évoluer avec le quartier, avec notamment une pépinière, des jardins en terrasses, des espaces plus sauvages, des plantes mellifères et des plans d’eau.

Près de 900 arbres sont prévus. Associés aux sols perméables et à la présence de l’eau, ils contribueront à créer des îlots de fraîcheur, à améliorer le confort des espaces publics et à favoriser la biodiversité.

« L’objectif n’est pas de planter pour planter. Nous cherchons à créer une véritable trame verte et bleue. Elle doit apporter de l’ombre, favoriser la biodiversité, participer à la gestion des eaux pluviales et améliorer le confort des habitants », précise Kristyna Kratochvil.

Un paysage au service des usages

À NeiSchmelz, la réflexion paysagère ne s’arrête pas à la végétation ou à la gestion de l’eau. Elle porte aussi sur la manière dont les futurs habitants vont vivre et s’approprier les espaces du quartier. Parc urbain, aires de jeux, jardins, espaces de rencontre et aménagements le long du ‘Diddelengerbaach’ doivent permettre une diversité d’usages et de publics.

« Nous voulons créer des lieux capables d’accueillir différents publics et différentes générations, avec des usages variés. Le paysage contribue ainsi directement à créer du lien social », expliquent Thomas Differding et Kristyna Kratochvil.

Avec 1.575 logements, des commerces, des surfaces tertiaires et plusieurs équipements publics, NeiSchmelz doit devenir un quartier de vie et non un simple ensemble résidentiel. Sa connexion au centre de Dudelange et aux quartiers environnants passe également par les espaces publics et par une place importante accordée aux mobilités actives.

« À NeiSchmelz, il existe une véritable interconnexion entre les différents métiers. Le paysage, la mobilité, l’eau, les infrastructures et les usages ne peuvent pas être traités séparément. Cette approche permet d’optimiser l’ensemble des dimensions du projet et de transformer certaines contraintes du site en opportunités », souligne Thomas Differding.

Cette approche repose également sur un travail continu entre le Fonds du Logement, la Ville de Dudelange et les équipes de conception. « La concrétisation du projet repose sur une collaboration continue entre le Maître d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre et la Ville de Dudelange. Cette démarche permet de co-construire des solutions adaptées au territoire et à ses futurs usages », explique Franck Renda. « Les échanges permettent de confronter les propositions, d’identifier les contraintes, d’étudier différentes solutions et de procéder collectivement aux arbitrages nécessaires. L’objectif est d’aboutir progressivement à une vision commune et partagée de NeiSchmelz, conciliant continuité urbaine, adaptation au changement climatique, intégration de la nature et valorisation du patrimoine industriel. »

Un paysage qui se construit dans le temps

Les travaux du PAP Centre ont débuté en juillet 2026, tandis que la transformation de plusieurs bâtiments patrimoniaux est engagée. Un arbre grandit, une végétation évolue, un jardin est progressivement approprié par ses habitants. Le paysage est par nature un projet vivant. « Il faut se demander à quoi ressemblera le quartier dans cinq, dix ou vingt ans. Nous concevons aujourd’hui les conditions qui permettront au paysage de se développer demain », expliquent Thomas Differding et Kristyna Kratochvil.

À NeiSchmelz, l’eau retrouve son cours, les traces industrielles changent de fonction, les arbres prennent racine et les espaces publics deviennent progressivement des lieux de vie. Le paysage assure ainsi une continuité entre le passé et le futur. Il ne vient pas compléter le quartier une fois celui-ci construit : il contribue, dès aujourd’hui, à définir la manière dont ce quartier pourra vivre demain.

Texte et photos de Schroeder & Associés
Légende photo : Kristyna Kratochvil & Thomas Differding, Schroeder & Associés

Nonnewisen et Gosseldange misent sur un habitat social ouvert et durable
Nonnewisen et Gosseldange misent sur un habitat social ouvert et durable

À Esch-sur-Alzette, les 27 logements subventionnés de Nonnewisen s’organisent autour d’un jardin ouvert sur la vallée de l’Alzette. Marcel Emde, architecte et associé chez Coeba, chef du projet, détaille une conception qui mise sur les espaces partagés, la nature en ville et, à Gosseldange, le bois des forêts communales.

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Face aux défis liés au climat, à la préservation des ressources, à l’accès au logement et à l’évolution des modes de vie, l’architecture est appelée à dépasser la simple production de bâtiments. Elle doit proposer des lieux de vie capables de créer du lien, de s’adapter aux usages et de s’intégrer durablement dans leur environnement.

Marcel Emde, architecte, associé du bureau Coeba et chef de projet à Nonnewisen, revient sur deux réalisations au Luxembourg qui illustrent cette réflexion. La première est un ensemble de logements sociaux à Nonnewisen, à Esch-sur-Alzette, pour le Fonds du Logement. La seconde est le bâtiment à usage mixte « Aal Schoul », à Gosseldange, pour l’Administration communale de Lintgen.

Comment concevoir un logement qui favorise la vie collective sans renoncer à la qualité du cadre de vie ?

Le projet de Nonnewisen comprend 27 logements subventionnés. Nous avons porté une attention particulière à la qualité des espaces partagés, à l’accessibilité pour tous et à la création d’un cadre de vie propice aux interactions entre habitants.

Le bâtiment s’organise autour d’un vaste jardin intérieur végétalisé. Il n’est pas pensé comme un simple élément paysager, mais comme une véritable extension du lieu de vie. Des cheminements, des zones de séjour et des assises invitent les habitants à se rencontrer et à s’approprier cet environnement commun au quotidien.

Les logements sont desservis par des coursives extérieures. Elles facilitent les échanges informels entre voisins et offrent des espaces couverts supplémentaires. Ces zones de transition entre le logement privé et l’espace collectif renforcent le sentiment de communauté tout en préservant l’intimité de chacun. Une salle commune et un jardin en toiture sont également accessibles à tous les résidents, y compris aux personnes à mobilité réduite.

Le projet prévoit enfin un espace partagé ouvert sur le quartier. Conçu comme un tiers-lieu de proximité, il vise à favoriser les rencontres entre les habitants du bâtiment et les riverains. Sa flexibilité d’usage lui permet d’accueillir différentes activités selon les besoins et de renforcer les liens à l’échelle du quartier.

Comment intégrer la nature dans un projet urbain ?

Le bâtiment occupe une position particulière. Il se trouve à l’extrémité d’un secteur du nouveau quartier de Nonnewisen, à la rencontre entre le tissu bâti et la zone naturelle traversée par l’Alzette. Plutôt que de constituer une limite entre ces deux environnements, il a été conçu comme une zone de transition. Une large ouverture ménagée dans le volume construit préserve les vues vers les espaces naturels et maintient une continuité visuelle entre la ville et le paysage.

La forme en U du bâtiment encadre le jardin central, un espace protégé et largement végétalisé. Cette organisation améliore la qualité des espaces extérieurs et compense une partie des surfaces imperméabilisées par la construction. Elle favorise aussi la biodiversité urbaine.

Avec le changement climatique, la conception des espaces extérieurs joue aussi un rôle dans la régulation du microclimat. Les arbres, arbustes et surfaces plantées réduisent les températures estivales grâce à l’ombrage et à l’évapotranspiration. Ils limitent l’accumulation de chaleur dans les sols et les surfaces minérales et améliorent le confort thermique autour des bâtiments.

L’ouverture du volume vers la zone naturelle permet au jardin intérieur de fonctionner comme un prolongement du paysage plutôt que comme un espace fermé. Elle favorise aussi la circulation de l’air entre la zone naturelle et l’ensemble résidentiel. En été, notamment la nuit, ces mouvements d’air peuvent rafraîchir le jardin, les façades et les espaces extérieurs en évacuant une partie de la chaleur accumulée par la masse construite durant la journée. Le jardin transversal devient ainsi une composante du dispositif climatique du projet. À l’échelle du quartier, ce principe peut être prolongé par de véritables corridors climatiques et écologiques reliant espaces naturels, jardins, cours intérieures et zones bâties.

Comment les principes de durabilité influencent-ils la conception et les usages du logement ?

La démarche concerne aussi bien la conception que l’exploitation future du bâtiment. Le projet répond aux critères du référentiel LENOZ. Celui-ci évalue la qualité globale des logements selon des paramètres environnementaux, sociaux et économiques, en tenant compte de la qualité d’usage et du bien-être des habitants : efficacité énergétique, confort des résidents, gestion responsable des ressources, qualité des aménagements collectifs.

Sur le plan constructif, le bâtiment associe un squelette porteur en béton armé à une enveloppe en bois massif. Le bois est également très présent en façade, à travers un système de lamelles verticales. Les toitures plates accueillent des aménagements végétalisés et des installations photovoltaïques destinées à la production d’énergie renouvelable. L’ensemble de ces choix vise à concilier durabilité, pérennité des ouvrages et qualité d’usage.

Comment valoriser les ressources locales dans une démarche de construction durable ?

À Gosseldange, l’« Aal Schoul » est une nouvelle construction de huit logements subventionnés et d’espaces partagés, réalisée pour la commune de Lintgen. Le projet associe logements abordables, lieux polyvalents destinés à la vie communale et utilisation raisonnée des ressources.

Au cours de son développement, la forte hausse du coût des matériaux, en particulier du bois de construction, nous a conduits à réexaminer certaines solutions. La commune de Lintgen et l’équipe de conception se sont alors tournées vers le bois des forêts communales. Ce recours à une ressource locale a permis de réduire les coûts d’approvisionnement et de maintenir le principe constructif envisagé dès les premières phases. Il limite aussi les distances de transport. Il montre comment des matériaux issus du territoire peuvent s’intégrer dans une construction durable, tout en soutenant une gestion responsable des ressources.

Quels enseignements tirer de ces deux projets ?

Nonnewisen et Gosseldange s’inscrivent dans des contextes différents, mais partagent plusieurs objectifs. Les deux projets proposent des logements de qualité, favorisent les usages collectifs et développent des lieux de rencontre ouverts sur leur environnement. Ils intègrent aussi la nature dans le quotidien des habitants et reposent sur un choix responsable des matériaux.

Ils montrent que la durabilité ne repose pas sur une solution unique, mais sur une combinaison de réponses adaptées à chaque contexte : espaces partagés, accessibilité, valorisation des ressources locales, végétalisation, efficacité énergétique ou encore qualité des usages. Au-delà des performances techniques, ces projets interrogent la manière d’habiter aujourd’hui. Ils montrent comment l’architecture peut créer des lieux de vie plus ouverts, plus résilients et davantage connectés à leur environnement naturel et humain.

Texte et photos fournis par Coeba

Ralph Baden : « Un bâtiment ne peut pas être durable s'il n'est pas sain »
Ralph Baden : « Un bâtiment ne peut pas être durable s’il n’est pas sain »

L’expert en construction saine et qualité de l’air intérieur au ministère de l’Économie revient sur la préparation du Livre vert de la construction et de la rénovation saines, publié cet été.

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Le Livre vert de la construction et de la rénovation saines est paru cet été. Depuis quand travaillez-vous sur le sujet ?

- ©Picto/Eve Millet

Ralph Baden (ministère de l’Économie) : J’ai commencé à travailler sur le sujet en 2018. Dans le cadre de l’étude stratégique sur la troisième révolution industrielle menée par l’économiste américain Jeremy Rifkin, le ministère de l’Environnement, qui m’employait alors, m’a proposé de participer à un groupe de travail sur la santé et le bien-être et de rédiger ce livre vert.

La première version de ce document est sortie en 2023. Elle n’a été publiée que par l’Ordre des architectes et ingénieurs-conseils (OAI) à l’attention de ses membres. Elle servait également de base à la formation H₂E, donnée par Neobuild. L’édition actuelle a été complétée.

Pourquoi ce document était-il nécessaire ?

D’abord, parce que la qualité de l’air intérieur est un pilier de toute construction ou rénovation durable : un bâtiment ne peut pas être durable s’il n’est pas sain pour ses usagers.

Ensuite, parce qu’il n’existait aucune procédure officielle en matière de qualité de l’air intérieur. Les différents partenaires concernés - ministère de la Santé, Administration des bâtiments publics, Laboratoire National de Santé, etc. - intervenaient chacun selon leurs propres pratiques, qui n’étaient formalisées nulle part.

Qu’apporte-t-il concrètement ?

Il propose, pour la première fois, un fil rouge à tous les acteurs du secteur de la construction, publics et privés. Parce qu’il rassemble des recommandations, valeurs guides, seuils, etc., il permet d’aborder le sujet de manière uniforme.

Il s’inscrit parfaitement dans le cadre de la refonte de la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD), qui mentionne désormais la qualité de l’environnement intérieur.

Y a-t-il des instruments qui ont été mis au point au cours des années passées en faveur de bâtiments plus sains ?

Il y en a plusieurs, et ils sont détaillés dans le livre vert. Nous avons créé la base de données sur les matériaux sains CLAIRE – Clear Air & Environment, qui reprend les matériaux totalement exempts de polluants. Nous avons également développé la certification de la qualité de l’air intérieur BREATHE – Building Related Environment Air & Health, ainsi que la formation H₂E- Healthy Home Experts, que nous proposons en collaboration avec Neobuild. Elle a déjà permis de former une bonne trentaine d’experts jusqu’à présent. Il existe aussi une fédération qui regroupe ces experts de la qualité de l’air intérieur : LAB₂ - Luxembourg Association for Building Biologists.

Comment avez-vous construit les recommandations de ce livre vert ?

Les différents outils sont issus de l’expérience du terrain. Ils ont d’abord été testés dans le cadre de projets pilotes afin de vérifier leur pertinence et leur efficacité, avant d’être intégrés à l’ouvrage. Il ne s’agit donc pas d’idées théoriques élaborées derrière un bureau, dont il faudrait ensuite vérifier l’applicabilité. C’est tout l’inverse : nous sommes partis du terrain, où nous avons testé les approches et les outils, pour ensuite rédiger ce livre vert.

Certains projets pilotes portent, par exemple, sur les matériaux de réemploi. Il faut en effet être vigilant quant aux matériaux qui ont été traités à l’origine. Leurs possibilités de réutilisation sont limitées car, en les remettant en œuvre, on risque aussi de réintroduire des polluants qui sont bannis. La question de l’entretien et de l’hygiène des systèmes de ventilation est également importante et fait l’objet d’un projet pilote en cours.

Mélanie Trélat
Interview publiée le 19 août sur neomag.lu

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XXA Architecture veut faire de l'habitat sain la norme au Luxembourg
XXA Architecture veut faire de l’habitat sain la norme au Luxembourg

Depuis 15 ans, XXA Architecture place la santé des occupants et la conception durable au centre de chaque projet. Sa directrice, Patricia Streber, et l’architecte Claire Sallerin expliquent comment matériaux biosourcés, réemploi et démontabilité font avancer le développement durable au Luxembourg.

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« L’habitat durable n’est vraiment pas une mode, c’est notre leitmotiv depuis la création du bureau, il y a 15 ans », lance Patricia Streber, directrice de XXA Architecture. Sa définition de l’habitat durable tient en quelques mots. « C’est avant tout un bâtiment sain, qui ne rend pas malade, où les matériaux sont choisis avec discernement et intelligence pour garantir un climat intérieur de qualité. » La sobriété démarre dès la conception. « Construire plus compact, ne pas reconstruire mais rénover quand c’est possible, puis choisir des matériaux au bilan carbone plus faible. »

Plaques de paille
Plaques de paille

« Cet esprit commence à entrer dans les mœurs, mais ce n’est pas encore devenu une demande des clients », observe Claire Sallerin, architecte au sein du bureau. « C’est même plutôt rare », complète Patricia Streber. « Nous les accompagnons et les amenons sur ce chemin. »

« Combien vaut votre santé ? »

Construire durable coûte-t-il plus cher ? La directrice retourne la question. « Ma réponse, c’est ’combien vaut votre santé ?’. Aujourd’hui, on arrive à poser un revêtement de sol sans émanations au même prix qu’un revêtement nocif. Il faut juste faire les bons choix. » Elle prend l’exemple d’une façade isolée au polystyrène, indéniablement moins chère aujourd’hui. « Mais si, dans dix, 20 ou 30 ans, je dois payer très cher pour la faire recycler, est-ce que la construction durable est vraiment plus chère ? »

« Il faut tenir compte de l’ensemble du cycle de vie du bâtiment pour ne pas laisser un cadeau empoisonné aux générations futures », insiste Claire Sallerin. L’architecte pointe aussi le rôle des banques, qui ne valorisent pas encore systématiquement les choix plus écologiques. « Tant que ce ne sera pas pris en compte par les financeurs, les clients privés comme publics n’auront pas ce réflexe. »

Patricia Streber enchaîne. « Aujourd’hui, une banque accorde parfois un prêt plus avantageux pour du photovoltaïque ou une pompe à chaleur. Pourquoi pas pour des matériaux durables ? »

Des matériaux biosourcés disponibles, une main-d’œuvre à former

« Le choix des matériaux est intéressant, et on peut travailler avec des matériaux biosourcés et locaux. Ça existe au Luxembourg », assure Claire Sallerin. Le frein se situe plutôt sur le chantier. « L’aspect le plus compliqué, c’est de trouver des entreprises correctement formées à la mise en œuvre de ces matériaux. » On pense par exemple aux panneaux de paille ou aux chapes sèches. « On est confronté à des problématiques nouvelles qu’il faut étudier », note Patricia Streber. Elle souhaite un soutien des autorités afin de documenter les projets pilotes, avec l’appui d’organismes comme le CRTI-B ou Neobuild, pour que d’autres puissent appliquer ces solutions. « Sans avoir besoin de refaire le même travail de recherche que d’autres bureaux ont déjà fait », ajoute Claire Sallerin.

Concernant le bilan carbone, la directrice cite l’exemple du Danemark, qui a fixé des seuils réglementaires. « Au Luxembourg, j’ai l’impression qu’on n’ose pas. Pourtant, il y a cinq ans, nous avons livré un bâtiment au bilan carbone exemplaire, grâce à notre conception et au choix des matériaux. »

Avec ce projet, le bureau a ainsi décroché le niveau Platinum pour sa première certification DGNB. « Nous avons reçu un taux de conformité de 87,2 %, ce qui correspondait au meilleur résultat au monde dans cette catégorie de bâtiment scolaire. » Depuis, le client exige une certification sur ses autres projets. « Je trouve ça génial. Il faut que ça rayonne. »

Projet à Howald DGNB Platinium et Maison relais de l'école d'Alzingen avec enduit argile
Projet à Howald DGNB Platinium et Maison relais de l’école d’Alzingen avec enduit argile

Démonter pour réutiliser plutôt que démolir

Tout ne peut cependant pas être parfait. « On ne peut pas faire de béton sans ciment, et son bilan carbone est assez catastrophique », reconnaît Patricia Streber. Sur un projet public, l’équipe a utilisé du béton recyclé, car « en sous-sol et au contact de l’eau, on ne peut pas utiliser autre chose que du béton pour le moment. Les contraintes techniques ne nous le permettent pas. Le béton recyclé permet, dans ce cas, de limiter l’impact carbone de la construction », précise Claire Sallerin. « Ce ne sera jamais 100 %, mais il faut avancer à petits pas et mettre le maximum en œuvre », résume sa directrice.

L’économie circulaire passe aussi par des gestes simples. Récemment, une entreprise voulait coller des panneaux de paille. « J’ai dit ’non’. L’idée était de les visser pour faciliter le démontage », raconte Patricia Streber. « Car le recyclage n’arrive qu’en bout de chaîne », rappelle Claire Sallerin. « Il y a d’abord le réemploi, la réutilisation, la transformation. »

Béton recyclé et isolation Gramitherm®
Béton recyclé et isolation Gramitherm®

Reste à convaincre. « Il y a 20 ans, on n’osait même pas utiliser un matériau qui avait déjà servi une fois. Aujourd’hui, des entreprises nettoient des sanitaires qui sont aussi propres que des neufs en magasin », estime la directrice, qui attend de l’État des incitations en faveur du réemploi. Elle en revient au panneau de paille. « La vis ne coûte pas plus cher que la colle. J’ai évité les émanations, facilité le démontage et permis la récupération du matériau. Trois actions, sans aucun supplément. »

Pour XXA Architecture, la construction durable n’est pas une tendance, mais un engagement de longue date qui place la santé, le bien-être des occupants, le choix des matériaux et le respect des ressources au cœur de chaque projet. Le bureau juge essentiel, pour accélérer la transition du secteur, de sensibiliser les clients, de former les professionnels et d’encourager le réemploi afin de construire aujourd’hui de manière plus responsable pour les générations futures.

Sébastien Yernaux

PwC Luxembourg : un nouveau siège pour diviser son empreinte carbone
PwC Luxembourg : un nouveau siège pour diviser son empreinte carbone

Livré au printemps 2027 à la Cloche d’Or, Campus, le futur siège de PwC Luxembourg, vise les labels BREEAM Outstanding et WELL Platinum. Dominique Laurent, head of Real Estate, Administration and Logistics, qui pilote le projet, détaille les choix d’un bâtiment pensé pour consommer moins, favoriser l’écomobilité et faire bouger ses occupants.

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À l’entrée de Crystal Park, siège actuel de PwC Luxembourg, une maquette présente Campus, l’ensemble de quatre immeubles développés par Atenor à quelques centaines de mètres de là, sur l’ancien site du garage Renault. Dominique Laurent revient sur la genèse du projet. « C’est un bâtiment qui nous a été proposé par Atenor en octobre 2021, à une époque où nous étions en réflexion sur ce que nous deviendrions au terme du bail de Crystal Park », souligne Dominique Laurent, head of Real Estate, Administration and Logistics.

Le Covid a accéléré la réflexion. À force de croître, la firme avait densifié ses plateaux. « Nous avons maximisé l’utilisation des open spaces, en resserrant progressivement les gens », reconnaît-il. Rénover l’immeuble ou partir ? PwC a choisi de repartir d’une feuille blanche.

Un immeuble de 2007 devenu trop gourmand

Un troisième argument a pesé dans la balance : l’environnement. Depuis 2020, PwC s’est engagé à atteindre le Net Zero en 2050. Un premier objectif pour 2030 consiste à diviser par deux les émissions liées au fonctionnement de ses bâtiments, à la mobilité et aux voyages d’affaires. « Rester dans Crystal Park nous rendait très difficile la tâche d’atteindre ces objectifs », explique Dominique Laurent.

Inauguré en 2014, l’immeuble a été conçu selon les standards de 2007. « On est sur un double vitrage, pas un triple vitrage, sur une consommation énergétique qui reste importante. Campus permettra d’aller encore plus loin en matière de performance énergétique, avec une réduction attendue d’environ 70 % des besoins en chaleur et de 30 à 35 % des besoins électriques par rapport à Crystal Park, qui bénéficie déjà d’une certification BREEAM Excellent. Cette dernière baisse sera encore plus marquée, car la firme a profité du déménagement pour externaliser son datacenter, jusque-là hébergé en interne. »

Côté certifications, Atenor et PwC ont poussé le curseur aussi loin que possible. « D’origine, le bâtiment nous était proposé pour atteindre une certification BREEAM Excellent et WELL Gold. PwC et Atenor ont travaillé ensemble pour pousser ces labels aux plus hauts niveaux (BREEAM Outstanding et Well Platinum, de manière à offrir un bâtiment aussi performant que possible aux employés PwC. »

Le soleil pour recharger les voitures

Les panneaux solaires installés sur les toits couvriront environ 20 % des besoins globaux du bâtiment. Leur production sera principalement absorbée par les véhicules électriques stationnés sur place ; 200 des 322 places de parking seront équipées de bornes. « L’idée était d’avoir une production qui sera 100 % utilisée pour la charge des véhicules. Nous ne souhaitons pas saturer le réseau électrique au travers d’une injection trop importante en période d’ensoleillement », précise Dominique Laurent.

Les bornes choisies sont volontairement lentes. « On sait que nos conducteurs, une fois stationnés, ne bougent que très peu durant la journée. Ils peuvent charger une journée entière, puis rouler pendant plusieurs jours. »

La voiture, bien que de plus en plus électrique, n’est cependant plus la norme. « Je suis arrivé en 2006, à une époque où 85 % des employés optaient pour un véhicule de société. Aujourd’hui, parmi les plus jeunes qui rejoignent PwC, 8 à 10 % choisissent de prendre une voiture de société ». Les collaborateurs, nombreux à habiter Luxembourg-ville, misent sur les transports en commun et sur le carsharing proposé par PwC depuis 2011. Le télétravail complète le dispositif. « Rouler en électrique, c’est bien, mais ne pas rouler, c’est mieux », résume-t-il. La stratégie se joue ainsi sur deux fronts : réduire les déplacements lorsque cela est possible et décarboner ceux qui restent nécessaires. Dans cette optique, PwC vise une flotte 100 % électrique d’ici 2030.

Dans la perspective du déménagement, la mobilité constitue naturellement un sujet d’attention majeur pour les collaborateurs. Le site est aujourd’hui desservi en bus et bénéficiera à terme de l’extension du tram prévue sur la route d’Esch. « Nous explorons également différentes possibilités afin d’améliorer au maximum la desserte du futur bâtiment par les transports en commun. »

Des escaliers plutôt que des ascenseurs

À l’intérieur, l’architecture invite au mouvement. « C’est un bâtiment conçu pour utiliser le moins possible les ascenseurs. Tous les escaliers sont intégrés dans les espaces de travail. » Des passerelles ouvertes relient les étages, tandis que des rideaux coupe-feu invisibles, logés dans les plafonds, permettent de se passer de portes.

L’espace bien-être sera deux fois et demi plus grand qu’aujourd’hui, avec davantage de douches et de stationnements vélo. Chaque collaborateur disposera aussi de 20 à 25 % d’espace en plus, avec des vues sur la végétation, les terrasses et les jardins depuis la quasi-totalité des façades. Le bâtiment répondra aux normes Adapth, garantissant un accès complet aux personnes à mobilité réduite.

Ce concept a été éprouvé avant d’être retenu. Pendant un an et demi, entre 2023 et 2024, un plateau de Crystal Park a été réaménagé à l’image des futurs bureaux de Campus, avec un questionnaire soumis aux équipes qui s’y sont succédées de mois en mois. « Ce que nous réalisons aujourd’hui à Campus, c’est le fruit de trois ans de réflexion », souligne-t-il. Un nouveau siège résolument tourné vers le futur. Si le bâtiment en impose quant à sa taille, il s’intègrera parfaitement dans l’environnement luxembourgeois.

Sébastien Yernaux
Photo : ©Picto / Eve Millet

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Healthy by Design : Reconnecting Housing with the Living World
Healthy by Design : Reconnecting Housing with the Living World

Health is a growing factor in sustainable housing. Certifications like the WELL Building Standard take air quality, daylight, acoustics and non-toxic materials into account. But there is one element that supports both human and planetary health that could be the new frontier in the sustainable housing movement : nature connection.

Contribution partenaire in4green
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Scientific evidence demonstrates that nature connectedness supports cardiovascular health, immune strength, attention restoration, sleep, emotional regulation, and stress management.

It also shapes how people treat the planet : across dozens of studies, people who feel more connected to nature report more pro-environmental behaviour. A home that connects its residents to nature may do more than support wellbeing. It may also help cultivate the environmental care that sustainable housing ultimately depends on.

Despite this, few certifications reward a home for giving residents more natural light or access to green space, and those that do weight it lightly compared with energy efficiency.

Two independent architects, Carine Oberweis and Alexandra Kelleter-Saunier, are working to close that gap in Luxembourg— exploring how nature-conscious architecture can strengthen our connection with the living world.

Their knowledge also feeds into the work of the NGO Iwwerliewen Fir Bedreete Volleker, of which they are both members, while their research is further enriched by the expertise of the organization L’Africaine d’architecture.

“We were very good for a long time at sheltering from nature. Now it’s about how can we work with it. It’s a component, and we are part of that component,” Carine says.

Alexandra, who calls her approach Conscious Architecture, believes architects can help reconnect and strengthen our relationship with the living world, so that we can better understand our place in this ecosystem, as well as our role within it.

They aim to design spaces that help people listen to their bodies, observe the elements, and reconnect with the rhythms, materials, and living systems to which we are biologically adapted.


“Back a long time ago, when we were farmers, we really lived with the seasons. You plant a seed, it grows, then you were waiting and harvesting. Now we are completely disconnected. We have unlearned to wait, to read nature, and have seasons be part of us.”

Carine Oberweis, architect and member of Iwwerliewen Fir Bedreete Volleker

In her own home—which she designed to offer a visual connection to the outdoors—there’s a prolongation from the inside to the courtyard outside.

“I love spaces where you remain visually connected to the outside. Every day, the view is slightly different—the light changes, flowers bloom, leaves appear and fall. You can actually see the seasons passing from inside your home,” Carine says.

She also prioritized the use of certain materials, such as walls made of clay and straw. “They have a particular texture and acoustic quality, and they help regulate temperature and humidity. There is something very calming about being surrounded by these materials.”

Alexandra also focused on materials in the design of her own home.


“Our solid wood house has the particularity of lowering the heart rate—proven by experience—and this gives it a special energy that intuitively connects us to nature.”

Alexandra Kelleter-Saunier, architect and member of Iwwerliewen Fir Bedreete Volleker

Driving change in this area will require intuition and science, says Alexandra. For example, the core principles of neuro-architecture, which uses research to understand how the physical environment impacts our brain, can help spark systemic change.

For Carine, raising awareness of these ideas in Luxembourg will take time and require greater dialogue across sectors. “Sustainability is not the starting point ; it is the outcome. It is what emerges when we bring things back into balance.”

Text by Johanna Sorrentino, UNature
Photos : Left : The texture and acoustic qualities of earth walls create a natural and calming atmosphere. ©Carine Oberweis, L’Africaine d’architecture - Right : Large windows overlooking nature connect residents with the seasons and the weather. ©Marie Hottois

Au CNFPC, on expérimente la durabilité sur chantier
Au CNFPC, on expérimente la durabilité sur chantier

Le Luxembourg veut faire de la construction un secteur plus durable. Une volonté qui se traduit au Centre national de formation professionnelle continue (CNFPC) par la création, il y a un peu plus d’un an, du domaine « Planification territoriale et construction durable » au sein de son offre de formations.

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« Il y a un besoin énorme de formation en construction durable », déclare Marc Neu, formateur au CNFPC, « aussi bien chez les artisans qui travaillent sur chantier, que chez les planificateurs, les décideurs politiques ou les conseillers énergétiques. » Un exemple de réponse à ce besoin se trouve dans le hangar du site de Colmar-Berg de l’organisme public. Il s’agit d’une carcasse de bâtiment, simulant le chantier d’une maison unifamiliale. Ossature bois, enduit à l’argile et isolants biosourcés : tout y est. « C’est le résultat d’une formation dispensée dans le cadre du programme ‘Skillsbridges’, très transversale et hétérogène. Elle a réuni des architectes, des ingénieurs, des dessinateurs, des maçons ou encore des électriciens », poursuit-il.

Tous les corps de métier concernés

Avec ce type d’installation, le but est que tous les corps de métier puissent expérimenter et mettre en œuvre les techniques de construction durable, afin que « tout le monde parle la même langue et utilise le même vocabulaire. » Ceux qui conceptualisent un projet et en planifient le chantier ont ainsi une bien meilleure compréhension de ce que représente la mise en œuvre des matériaux qu’ils envisagent en termes de faisabilité, de complexité et même de prix. Si le programme comprend toujours un volet théorique (plus ou moins important en fonction de la thématique), la pratique fait systématiquement partie du processus d’apprentissage, justement pour cette raison.

L'intérieur de la maison du chantier didactique de Colmar-Berg.
L’intérieur de la maison du chantier didactique de Colmar-Berg.

« Nous essayons de proposer ce qu’il manque pour avoir l’offre de formation la plus complète possible à l’échelle du Luxembourg », ajoute Marc Neu. Le CNFPC collabore avec d’autres structures afin de créer des cursus complémentaires. Le formateur cite par exemple le lycée Josy Barthel à Mamer, qui forme au métier de dessinateur en bâtiment. « Le but est que ces futurs professionnels de la construction aient une expérience de terrain, même si ce n’est pas leur métier à proprement parler. »

Matériaux et circularité

Marc Neu.
Marc Neu.

Pour alléger l’empreinte carbone d’un bâtiment, le choix des matériaux est un enjeu déterminant. « Si on prend l’exemple des isolants, on est plutôt familier avec le polystyrène ou la laine de roche. Mais si je parle de fibre de bois, de laine de mouton, de liège, de chanvre ou d’une botte de paille, la majorité des personnes que nous formons n’en ont jamais eu entre les mains. » Dans les formations, une partie théorique aborde les caractéristiques techniques de ces matières biosourcées. Les participants ont ensuite l’occasion de les mettre en œuvre dans le chantier didactique de Colmar-Berg. « Les avantages et les contraintes sont plus faciles à comprendre quand on les a sous les yeux », affirme Marc Neu. Même chose pour le parachèvement à sec pour lequel des plaques d’argile peuvent remplacer les plaques de plâtre.


« La construction durable, c’est plus que protéger la nature, c’est aussi créer un cocon où l’on rentre après une journée de travail pour se sentir bien et se ressourcer. Il ne s’agit pas uniquement de remplir un passeport énergétique, il ne faut pas oublier que des humains vont vivre dans ces habitations. »

Marc Neu, formateur au CNFPC

Le chantier didactique de Colmar-Berg est aussi un parfait exemple pour le réemploi. « Une deuxième maison peut être construite ici. Nous l’avons déjà montée puis démontée trois ou quatre fois, et à chaque fois, c’est un processus de 20 jours. La construction bois se prête très bien à l’économie circulaire. » Le formateur précise que le CNFPC soutient le projet européen PREUSE sur le réemploi dans le secteur de la construction. « Nous travaillons sur la conception des bâtiments, la méthode de fixation des matériaux ou encore sur leur stockage une fois qu’ils ont été démontés. Le but est d’aboutir à des solutions claires pour favoriser plus de circularité dans les chantiers et d’intégrer ces nouveautés dans nos formations. »

Montrer l’exemple

Le Centre complète encore son offre avec des sessions sur la végétalisation des espaces bâtis ou la rénovation. Mais pour Marc Neu, la transmission de connaissances ne suffit pas, seule, pour changer les choses : « Les exigences restent nombreuses, surtout pour les bâtiments ayant vocation à accueillir du public : incendie, acoustique, inertie, standard européen… Dans ce contexte, construire de manière ‘traditionnelle’, donc moins durable, reste plus simple. »

Pour montrer qu’une alternative est possible, le CNFPC veut remplacer la maison unifamiliale du chantier didactique par un morceau de bâtiment représentant une école, construit de manière durable et répondant à toutes les contraintes imposées par la réglementation. « Si nous, acteurs du secteur, montrons que les obstacles à franchir ne sont pas si grands, nous arriverons à faire bouger les choses », conclut le spécialiste.

Léna Fernandes
Photos : Picto / Fanny Krackenberger

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Les normes en action pour un habitat plus durable
Les normes en action pour un habitat plus durable

Au fil des années, les épisodes caniculaires se multiplient, les pénuries d’eau s’intensifient, et l’artificialisation des sols transforme nos villes en îlots de chaleur. Pourtant, des solutions existent pour rafraîchir les espaces urbains et améliorer durablement le confort de l’habitat ainsi que la qualité de vie de chacun.

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Rafraîchir les villes : de l’espace public au confort intérieur

Les centres-villes peuvent afficher des températures plus élevées que les zones rurales. Ceci s’explique en partie par l’omniprésence du béton et de l’asphalte, qui emmagasinent la chaleur et bloquent l’évaporation naturelle, tandis que la végétalisation se raréfie. Ces éléments entraînent, entre autres, le sentiment d’inconfort, des risques sanitaires et ou encore une surconsommation énergétique pour climatiser. Pour inverser la tendance et rafraîchir les espaces urbains et résidentiels, quelques leviers clés permettent de faire une réelle différence et les normes permettent d’accompagner les acteurs de l’urbanisme dans leur mise en œuvre :

  • Matériaux « frais » (revêtements réfléchissants ou perméables pour réduire la chaleur des surfaces) : CWA 17890 (CEN/WS 107)
  • Végétalisation et parcs urbains (toits verts et façades plantées, gestion et entretien durables des espaces verts favorisant les services écosystémiques et le confort urbain) : ÖNORM B 1131, DIN 18916, DIN 18915, DIN 18919*
    * Il n’existe à ce jour que des normes nationales étrangères pour ces questions. Des normes luxembourgeoises peuvent être élaborées via l’ILNAS à la demande du marché.
  • Gestion de l’eau (réutilisation des eaux de pluie et des eaux traitées pour renforcer la résilience hydrique urbaine) : ILNAS-EN 16941 - Parties 1 et 2 (CEN/TC 165)
  • Aménagement plus durable, intelligent et résilient (Cadre de gouvernance et de management permettant de planifier, mettre en œuvre, mesurer et améliorer en continu la durabilité, la résilience et la qualité de vie des territoires) : ISO 37109, ISO 37101 (ISO/TC 268)

Construire (et déconstruire) sans gaspiller : L’économie circulaire en action

Avec seulement 10,7% de matériaux recyclés au Luxembourg (contre 12,2% en moyenne au niveau européen - Eurostat, 2024), le secteur de la construction dispose d’un large potentiel pour optimiser ses pratiques au Grand-Duché. Réemployer le béton, la brique ou le bois permet par exemple de réduire l’empreinte carbone des projets tout en préservant les ressources. Dans ce cadre, plusieurs normes européennes (EN 12620, EN 933 ou EN 1744-6) offrent des solutions pour réduire le gaspillage des ressources utilisées pour les matériaux de construction.

De manière plus générale, le CEN/TC 350 est le comité technique de normalisation de référence au niveau européen pour toutes les questions de durabilité des ouvrages de construction, y compris en matière de circularité avec le CEN/TC 350/SC 1.

La normalisation technique offre des solutions flexibles à des problèmes concrets. Que ce soit au niveau international, européen ou national, participer à la normalisation technique vous permet d’anticiper et d’influencer les futures pratiques, d’échanger avec d’autres experts du domaine et de représenter les intérêts luxembourgeois.

Pour en savoir plus sur les normes techniques, participer à leur élaboration ou proposer des projets de normes nationales, vous pouvez vous adresser à l’ILNAS - Organisme Luxembourgeois de Normalisation, par téléphone : (+352) 247 743 40, par email : normalisation@ilnas.etat.lu ou sur le site : portail-qualite.public.lu

Texte et illustration de l’Institut luxembourgeois de la normalisation, de l’accréditation, de la sécurité et qualité des produits et services (ILNAS)

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Fondation BAU : accompagner la transition vers un secteur bas carbone
Fondation BAU : accompagner la transition vers un secteur bas carbone

En juillet dernier, le Conseil pour le Développement Économique de la Construction (CDEC asbl) a célébré sa transformation en Fondation BAU, marquant ainsi sa volonté d’accompagner durablement les entreprises du secteur de la construction dans les défis d’avenir.

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Les défis qui attentent la Fondation BAU sont nombreux, mais celui lié à la décarbonation des bâtiments occupe une place prioritaire dans la stratégie de la Fondation et des sociétés qui gravitent autour de celle-ci.

Membre impliqué du Conseil National de la Construction Durable (CNCD), la Fondation BAU contribue directement à la Feuille de route construction bas carbone du gouvernement et accompagne le développement des compétences dans les entreprises du secteur.

Le secteur de la construction est engagé dans une transformation profonde. La réduction des émissions de gaz à effet de serre passera par une utilisation plus raisonnée des ressources, un choix de matériaux dont la conception et la mise en œuvre seront moins émetteurs de gaz à effet de serre (GES) et le développement de l’économie circulaire. Les professionnels du secteur n’auront pas d’autre choix que de s’adapter et ce, dès 2028, date à laquelle les certificats de performance énergétique (CPE) tiendront également compte du poids carbone des constructions.

Dans ce contexte, la Fondation BAU agit sur plusieurs leviers complémentaires. À travers l’IFSB, Institut de Formation Sectoriel du Bâtiment, elle contribue notamment à développer les compétences nécessaires à l’évolution des métiers de la construction. Les formations abordent des sujets tels que l’efficacité énergétique, l’étanchéité à l’air, la rénovation, les matériaux biosourcés, l’économie circulaire ou encore les nouvelles pratiques de chantier. L’objectif est de permettre aux professionnels de traduire les enjeux environnementaux en actions concrètes. Le choix des matériaux, la gestion des ressources, la réduction des déchets, l’optimisation des consommations ou encore l’utilisation d’équipements moins émetteurs deviennent ainsi des éléments à intégrer dans les pratiques quotidiennes. Si la plupart des formations concernent directement et exclusivement les sociétés de construction, il existe des formations qui couvrent plus largement les petites et moyennes entreprises, artisanales notamment.

Mesurer pour mieux réduire

La transition passe également par une meilleure connaissance de l’impact environnemental des bâtiments et des activités telles que mises en œuvre aujourd’hui. C’est le rôle de COCERT, qui intervient notamment dans les domaines de la performance énergétique et environnementale, des audits énergétiques et des bilans carbones.

Dans un contexte de flambée des coûts de l’énergie, la réalisation d’un audit énergétique complétée par un plan d’investissement pertinent devrait s’imposer comme un standard de bonne gestion et non pas comme la réponse à une obligation règlementaire . Le gouvernement a mis en place des aides pour les entreprises qui souhaitent s’engager dans ces démarches, que ce soit au niveau de la phase d’analyse ou encore au niveau des investissements à réaliser.

Faire évoluer les pratiques et les mentalités

La décarbonation suppose donc une évolution collective des métiers. Elle nécessite à la fois des connaissances, des outils de mesure et un accompagnement permettant de transformer ces éléments en pratiques opérationnelles. En associant formation et expertise technique, la Fondation BAU contribue à rapprocher les exigences de la transition écologique des réalités du secteur. Cette approche concerne aussi bien la conception des bâtiments que leur réalisation et leur rénovation.

Mais les enjeux de décarbonation ne se limiteront pas aux efforts à consentir par les entreprises. Les utilisateurs devront également repenser leur habitat et intégrer la durabilité dans leur choix. Cette contrainte peut également être vue comme une opportunité, celle d’avoir des habitations plus adaptées aux modes de vie de chacun ou étapes de la vie. Appartements à taille modulable, espaces partagés, logements évolutifs ou encore coliving sont autant de concepts qui se démocratisent et qui permettent d’adapter les surfaces et les usages aux besoins des occupants, tout en préservant les ressources.

Texte de Jean-Michel Ludwig, directeur général de la Fondation BAU
Photo : Fondation BAU

Économies d'énergie : 40 millions d'euros distribués pour passer à l'action
Économies d’énergie : 40 millions d’euros distribués pour passer à l’action

En 2026, le programme enoprimes célèbre ses 10 ans. Il cible un objectif – les économies d’énergie – et met tout en œuvre pour l’atteindre. Bilan sur son évolution, ses résultats, mais surtout sur son rôle actuel et futur dans l’accompagnement vers davantage d’efficacité énergétique.

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Le lancement des enoprimes, en 2016, s’inscrit dans le cadre d’une directive européenne qui introduisait la possibilité, pour les États membres, de réaliser une partie de leurs objectifs de réduction de leurs consommations d’énergie et de leur impact environnemental par le biais de dispositifs mis en place par les fournisseurs d’énergie.

Le programme s’est matérialisé dans un premier temps sous la forme d’aides financières ciblant la gamme de clients la plus large possible – des plus grandes industries aux particuliers – avec des mécanismes différents : simples pour les particuliers, plus complexes pour les entreprises. Il s’est ensuite étoffé, au-delà des primes, avec différents services, dont l’identification de projets permettant de réaliser des économies d’énergie et l’accompagnement technique et opérationnel.

800 partenaires sur le terrain

Pour renforcer l’expertise technique, la gestion opérationnelle du dispositif a été déléguée à l’energieagence. « Pour démultiplier notre impact auprès des particuliers, nous avons noué un partenariat avec la Fédération des Artisans. Grâce à ce partenariat, nous avons aujourd’hui un réseau de plus de 800 partenaires qui sont une vraie force de frappe sur le terrain : ils sont au contact direct de nos clients, ils relaient l’information et ils nous font remonter un maximum de projets d’économie d’énergie. De notre côté, nous les formons et nous les rétribuons pour chaque dossier finalisé. Afin de simplifier la démarche, nous avons également automatisé les calculs d’économie d’énergie via le développement de simulateurs basés sur les fiches d’opérations standardisées du Ministère », explique Yoann Lintz, responsable du département Subsides à l’energieagence.

Une belle progression

Depuis 2021, le dispositif permet d’atteindre les objectifs qui incombent à Enovos, et il enregistre plus de 27 000 dossiers clôturés au total, 40 millions d’euros de primes octroyées et 1 600 GWh valorisés en 10 ans.

« Nous avons démarré avec deux ingénieurs et, aujourd’hui, nous regroupons une équipe d’une douzaine de personnes, dont dix ingénieurs en efficacité énergétique qui se consacrent au quotidien à l’identification des projets d’économie d’énergie, mais aussi au calcul des économies d’énergie, au montage et à la clôture du dossier jusqu’à réception du paiement.

Nous avons atteint les 100 premiers GWh valorisés en 2017. Fin 2025, nous étions à 1 600 GWh, tous secteurs confondus. Nous pouvons donc dire que nous avons connu une très belle progression, et il faut continuer dans ce sens, même si le marché tend à se compliquer au fil des années », souligne Laurent Magi, responsable du programme enoprimes chez Enovos.

D’impulsion en impulsion

Ce jubilé n’est pas uniquement rétrospectif : Enovos recherche de nouveaux potentiels d’efficacité énergétique et de décarbonation pour continuer à faire évoluer son système de primes en fonction des besoins des particuliers, entreprises et administrations. « Le programme est désormais bien installé : il est connu d’un résident sur deux au Luxembourg. Mais les règles se durcissent. Nous ne pouvons notamment plus subventionner les installations fossiles, qui représentaient l’essentiel de notre activité, même lorsqu’il s’agit de remplacer une ancienne installation par une chaudière plus performante, consommant deux fois moins. Progressivement, nous avons donc réorienté les aides, d’abord vers l’isolation des bâtiments, puis vers les pompes à chaleur. Pour ces dernières, nous avons connu un véritable boom, notamment grâce au cumul des aides. Nous avions également mis en place des actions spéciales en 2022, avec un doublement des aides. Mais, depuis deux ans, la demande est à la baisse. On constate un lien entre les projets d’économie d’énergie et les évolutions réglementaires. Notre rôle est donc de communiquer le plus clairement possible sur le sujet avec nos clients et de les conseiller sur les solutions les plus performantes et les mieux adaptées à leurs besoins », précise-t-il.

Cette logique se poursuit en 2026. À l’occasion des 10 ans d’enoprimes, de nouvelles actions spéciales sont proposées jusqu’au 31 décembre, afin de donner une impulsion supplémentaire aux projets. Elles concernent aussi bien les particuliers, avec des primes supplémentaires pour certaines pompes à chaleur, que les entreprises, avec des conditions spécifiques pour certains projets d’efficacité énergétique. Plus d’informations sur action.enoprimes.lu

Mélanie Trélat
Photo : Picto/Fanny Krackenberger

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L'électricité perdue avant même de travailler
L’électricité perdue avant même de travailler

Entreprise européenne spécialisée dans l’efficacité énergétique et l’optimisation des réseaux électriques industriels, Livarsa a développé une technologie exclusive qui permet de limiter les déperditions d’électricité dans les réseaux. Cette solution est mise en œuvre au Luxembourg par SCE.

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Où l’électricité se perd

Toute entreprise disposant de son propre poste de transformation possède un réseau interne : le transformateur abaisse la moyenne tension à 400 volts, puis câbles et jeux de barres alimentent machines, ventilation et éclairage. En chemin, des pertes apparaissent : selon Livarsa, de plusieurs dizaines de milliers à plus de 100 000 kWh par an et par poste. Aucune facture ne les mentionne, mais elles sont bien payées. Quatre phénomènes en sont responsables :

Un principe physique est décisif : les pertes augmentent avec le carré du courant. 10 % de courant inutile, c’est environ 21 % de chaleur perdue en plus. « Assainir » le courant permet donc d’économiser plus que proportionnellement.

Comment fonctionne l’architecture d’efficacité

Livarsa combine trois étapes successives et une preuve indépendante. SCE réalise toutes les interventions dans le poste, où seul un personnel qualifié disposant d’une habilitation de manœuvre peut travailler.

Ce que cela signifie économiquement

Exemple simplifié, avec des valeurs supposées : une entreprise consomme 2 000 000 kWh par an et paie 0,20 euros le kWh. Avec 4 % d’économie, cela représente 80 000 kWh, soit environ 16 000 euros chaque année, sans toucher à la production. S’y ajoutent moins de CO₂ pour le rapport ESG, moins d’échauffement des câbles et du transformateur, donc plus de réserve. La réalisation est aussi possible sans immobiliser de capital.

Sur le terrain : le centre allemand des plastiques SKZ à Wurtzbourg économise selon ses propres chiffres environ 126 900 kWh par an depuis fin 2021, soit 4,7 % de sa consommation et près de 53 tonnes de CO₂. Installation en trois jours-homme, sans interrompre l’exploitation 24h/24.

Est-ce rentable pour votre entreprise ? La réponse en trois questions

  • Consommation : dépasse-t-elle environ 1000 000 kWh par an ?
  • Infrastructure : disposez-vous de votre propre poste de transformation avec réseau 400 V ?
  • Équipements : beaucoup d’entraînements, variateurs, alimentations ou charges mal réparties ? Typique en métallurgie, plasturgie, emballage, agroalimentaire, pharmacie et chimie.

Votre partenaire au Luxembourg : SCE

SCE s.à r.l., à Vianden, est partenaire officiel de Livarsa et spécialiste de la distribution d’énergie électrique. Son équipe cumule jusqu’à 20 ans d’expérience, conçoit et entretient des installations moyenne tension jusqu’à 20 kV, gère des postes de transformation, fabrique des tableaux selon la norme DIN EN 61439 et est partenaire EcoXpert Master de Schneider Electric. Au-delà de l’efficacité, SCE propose photovoltaïque, stockage, gestion de l’énergie, relamping LED et e-mobilité, le tout avec un seul interlocuteur.

Texte, photo et illustrations par SCE Sarl, Electrical Energy Projects & Solutions

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Les Centres de compétences forment au photovoltaïque, de A à Z
Les Centres de compétences forment au photovoltaïque, de A à Z

Les Centres de compétences proposent des formations qui couvrent toutes les étapes d’un projet photovoltaïque privé, de la conception à la maintenance, sans oublier son intégration dans un système de management de l’énergie. Sylvain, le formateur qui les anime, en fait la présentation.

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« Études et planification d’une installation », « Installation et montage », « Maintenance » et « Optimisation de l’autoconsommation et stockage d’énergie » : voilà les quatre formations spécialisées proposées par les Centres de compétences en matière de photovoltaïque, notamment pour des installations chez des particuliers. Sylvain, formateur, précise que celles-ci s’adressent « aux techniciens d’étude ou de maintenance, électriciens monteurs, technico-commerciaux et chargés d’affaires, électriciens, techniciens ou encore aux responsables énergie et travaux neufs. »

Concevoir, installer, maintenir et réparer

Pour la première, qui concerne la conception d’un projet, le public cible est composé de « ceux qui planifient et dimensionnent ». Ils apprennent à faire des simulations et à analyser toutes sortes de données, sur l’habitation concernée et la consommation d’électricité de ses occupants. « Généralement, les participants ont plutôt un métier de bureau, mais ils ont besoin de connaitre les contraintes que peuvent rencontrer les installateurs. Il faut des compétences de conceptualisation intellectuelle, mais avoir une expérience du terrain fait toute la différence. » En plus des connaissances théoriques qui leur sont transmises, les professionnels ont l’opportunité de voir la traduction physique des plans qu’ils réalisent. In fine, l’objectif est de pouvoir conseiller au mieux les clients et de bien sélectionner le matériel nécessaire à la mise en œuvre de l’installation photovoltaïque qu’ils auront choisie, en respectant leur budget.

L'installation murale.
L’installation murale.

Lors de la formation « Installation et montage », les participants font « deux types de montage », explique le formateur, « au sol, c’est l’équivalent d’une toiture plate, et mural à l’extérieur. » Il précise qu’une formation spécifique existe pour les aspects de sécurité liés au travail en hauteur, tout comme pour ceux liés aux risques électriques en basse tension. « On commence par étudier le support, ensuite on réalise un calepinage, puis on peut commencer l’installation. Je les laisse travailler en autonomie, parce que c’est en faisant des erreurs qu’on apprend. » Dernière étape : une phase préalable de contrôles hors tension, puis la mise sous tension, pour vérifier que le montage réalisé est opérationnel et produit bien la puissance prédéterminée.

Pour la « Maintenance », Sylvain considère que c’est « ce qui nécessite le plus de compétences, car il faut savoir prédéterminer le point de fonctionnement d’une installation dans des conditions de pose et d’ensoleillement données. » Ce qui nécessite l’utilisation d’appareils de mesures et d’expertise, d’outils de simulation et l’interprétation de valeurs et de paramètres complexes.

Durant les deux jours de formation, le formateur aime « prendre une situation réelle sur laquelle les participants travaillent pour en faire un cas pratique à étudier. » Ensemble, ils modélisent le bâtiment en 3D, son installation et l’énergie qui aurait dû être produite sur une période donnée, « sans avoir besoin de se déplacer sur place, grâce aux outils numériques ». Il s’agira alors pour le technicien de déterminer pourquoi il y a des écarts entre la simulation théorique et les mesures réalisées sur l’installation photovoltaïque qui peut présenter des défauts. Une fois la défaillance identifiée, il devra proposer des actions correctives ou préventives adaptées.

Connecter pour optimiser

Dans une habitation, les panneaux photovoltaïques font souvent partie d’un home energy management system (HEMS), pouvant comprendre une batterie de stockage, une pompe à chaleur, une borne de recharge pour véhicule électrique ou encore un chauffe-eau. Ces systèmes font partie des offres proposées par les installateurs à leurs clients.


« Avec des étés de plus en plus chauds, les gens vont vouloir s’équiper de climatisation, ce qui va augmenter leur consommation d’énergie. C’est la même chose avec le prix de l’essence, qui devrait pousser encore plus de gens à passer à l’électrique, donc à installer une borne chez eux. Le photovoltaïque est une solution pour ne pas voir sa facture d’électricité exploser. »

Sylvain, formateur au CNFPC

Un boîtier est installé dans le tableau électrique pour faire la liaison entre l’onduleur, les batteries de stockage et autres équipements connectés. Cette technologie a pour but d’optimiser l’autoconsommation de l’énergie produite sur le toit de l’habitation. « Il faut trouver un compromis entre la surface de captage disponible, la puissance installée, le mode de vie et les besoins du client. On obtient un taux d’autoconsommation et d’autosuffisance qui, financièrement, doivent permettre un retour sur investissement intéressant. »

Ce type de projet devient de plus en plus accessible, notamment parce que le coût du matériel baisse et que le Luxembourg bénéficie d’un bon système d’aides. L’expert mise sur une expansion du photovoltaïque. « La demande va forcément augmenter, les entreprises vont devoir continuer d’acquérir des connaissances. Et celles qui cotisent aux Centres de compétences auront accès aux formations pour le faire. »

Léna Fernandes
Photos : Centres de compétences

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Klima-Agence encourage la rénovation énergétique au Luxembourg
Klima-Agence encourage la rénovation énergétique au Luxembourg

Avec le nouveau Klimabonus du ministère de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité, plus simple et prolongé jusqu’en 2030, l’encouragement financier des mesures de la transition énergétique et climatique vient d’être adapté. Klima-Agence accompagne les ménages dans leurs projets de rénovation. Présentation des nouveautés et des défis.

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Lorsqu’un particulier sollicite Klima-Agence dans le cadre d’une rénovation d’une façade, d’une toiture, d’un plafond de cave, ou encore d’une chaudière, le conseiller responsable de sa commune se déplace et fait le tour de la maison. « Ensuite, on s’assoit et on discute des différentes mesures qui peuvent être prises », décrit Sarah Juchems, responsable du département « Conseil et implémentation opérationnelle ». « Nous passons tous les secteurs en revue, comme les matériaux, le chauffage, les autorisations, ainsi que les aides étatiques, communales et privées. Il s’agit d’un conseil de base, neutre et gratuit. Après, la personne sait où elle doit commencer et quelles sont les prochaines démarches. »

Sarah Juchems
Sarah Juchems

L’essentiel des demandes concerne l’existant. Dans le neuf, la marge de manœuvre des ménages reste mince. « Ils achètent dans la plupart des cas une VEFA, une maison sur plan où tous les détails sont déjà validés. Ils peuvent encore mettre des panneaux et installer une infrastructure de charge, mais en ce qui concerne le choix des matériaux, ils n’ont pas trop le choix entre une construction massive ou en bois », observe Sarah Juchems.

La législation fixe un niveau de performance énergétique élevé. « Même si le promoteur définit 90 % du projet, au niveau de l’isolation et, dans la très grande majorité des cas, du système de chauffage, on a déjà une base qui est bonne », poursuit Fenn Faber, directeur de Klima-Agence.

Un Klimabonus simplifié pour dix ans de travaux

Le nouveau régime Klimabonus est entré en vigueur cet été 2026, avec effet rétroactif au 1er janvier. Il court sur cinq ans, contre quatre auparavant. « Les changements principaux sont la simplification administrative et l’augmentation de certains niveaux de subventionnement », résume Sarah Juchems. « L’accord de principe à obtenir avant les travaux existe désormais en version simplifiée, les conditions techniques sont allégées et les montants revus légèrement à la hausse.

Fenn Faber
Fenn Faber

De nouvelles aides font leur apparition comme l’ajout d’une batterie à une installation photovoltaïque existante, la végétalisation de la toiture, une façade isolante avec bardage, ou encore un système de gestion énergétique domestique (HEMS). Selon les démarches faites avant 2030, on a même le temps de rénover jusque fin 2035. Les particuliers ont presque dix ans pour réaliser leurs travaux. »

Le ministère de l’Environnement, du Climat et de la Biodiversité étend à partir du 1er janvier 2027 le préfinancement des aides – déjà possible pour le photovoltaïque – aux autres mesures comme l’installation d’une pompe à chaleur et la rénovation énergétique.

Quant aux batteries, elles gagnent du terrain. « Beaucoup de pionniers du solaire arrivent au terme de leur tarif d’injection garanti pendant quinze ans », ajoute Sarah Juchems. « Ils vendent leur électricité à 100 % pour un tarif très faible. Là, ça fait vraiment sens d’installer une batterie et d’augmenter le taux d’autoconsommation. » Fenn Faber y voit aussi un effet de la crise énergétique. « Les gens souhaitent avoir plus de contrôle sur leur facture énergétique. D’où le simulateur solaire lancé cette année par Klima-Agence, pour trouver le bon équilibre entre la taille de l’installation et la capacité de stockage. »

Faire du déchet une ressource

Myriam Seiter
Myriam Seiter

Côté consommation, Klima-Agence mise sur « b.circular ». Conçue à l’origine pour les communes dans le cadre du Pacte Climat, la plateforme s’ouvre depuis l’an dernier aux entreprises et aux particuliers. « Nous voulons encourager chacun à remettre en question ses habitudes, notamment le réflexe d’acheter directement du neuf, et à s’interroger d’abord sur le besoin réel », explique Myriam Seiter, cheffe de projets. « Avant d’acheter un meuble, la question devient ‘Existe-t-il des possibilités de réemploi, d’achat de seconde main ou même de surcyclage ?’ » Une démarche d’économie circulaire qui peut aussi soulager le portefeuille.

Le frein reste culturel. « C’est encore trop lié à la notion de déchet, pas de ressource », constate Myriam Seiter. « Près de la moitié des communes luxembourgeoises proposent pourtant un bonus à la réparation. » Fenn Faber compte sur les centres de ressources, que le public connaît bien, pour « jouer un rôle de multiplicateur ».

Les copropriétés, prochain chantier

Reste le casse-tête des copropriétés. « Il faut d’abord convaincre les autres copropriétaires. C’est un sujet qui va devenir encore beaucoup plus important à l’avenir », prévient Fenn Faber. Klima-Agence accompagne six copropriétés dans un projet pilote, avec une étude de faisabilité cofinancée à 90 %. « Celle-ci intègre la rentabilité, les aides et le retour sur investissement. On est sur le point de clôturer ce projet cette année et on verra s’il peut aider à augmenter les projets de rénovation en copropriété. »

Sébastien Yernaux
Photos : ©Klima-Agence

AQUABION et HVAC Europe pour prévenir calcaire et corrosion sans chimie
AQUABION et HVAC Europe pour prévenir calcaire et corrosion sans chimie

Dans toute habitation, les réseaux d’eau sanitaire et de chauffage sont exposés à des menaces : l’entartrage d’un côté, la corrosion et l’embouage de l’autre. AQUABION et HVAC Europe y répondent par un traitement propre, avec du matériel fabriqué en Allemagne.

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Explications avec Cyrille Gerhardt et Audric Fafchamps, respectivement directeur général et directeur technique de NFD Europe.

L'équipe NFD Europe au salon Interclima à Paris (septembre-octobre 2026)
L’équipe NFD Europe au salon Interclima à Paris (septembre-octobre 2026) - ©NFD Europe

AQUABION agit-il comme un adoucisseur au sel ?

Cyrille Gerhardt : Pas du tout. Avec un adoucisseur au sel, l’eau est modifiée chimiquement pour réduire la quantité de calcaire et ses traces, sans les supprimer entièrement. Un adoucisseur requiert un entretien régulier, un approvisionnement conséquent en sel, et, surtout, il modifie la composition de l’eau fournie par le distributeur et donc sa qualité.

AQUABION va intervenir sur la structure des minéraux et conserver la qualité de l’eau distribuée. Nous allons simplement faire en sorte que le calcaire qui s’y trouve ne soit plus incrustant, qu’il devienne poudreux et plus facilement nettoyable.

Comment agit AQUABION, concrètement ?

Audric Fafchamps : Au départ, AQUABION est une solution industrielle qui agit par effet galvanique, sans électricité, grâce à une anode de zinc. En traversant des chambres de turbulence, l’eau entre en contact avec des ions de zinc qui modifient la structure du futur calcaire. L’eau poursuit ensuite sa trajectoire vers les tuyaux et les équipements sans que le calcaire les endommage, tout en rendant les dépôts facilement nettoyables.

Nous proposons donc une protection passive des réseaux, qui est propre et autonome. Le processus se fait naturellement, sans correction chimique.

Quels sont ses atouts sur la durée ?

AF : En résidence collective, rien qu’en consommation – sel, eau, électricité et entretien – et donc sans compter l’achat initial, l’usage de l’adoucisseur coûte l’équivalent de deux AQUABION sur nos cinq ans de garantie. L’adoucisseur en tant que tel coûte lui aussi environ le double de notre dispositif.

CG : Nous établissons un certificat de garantie de cinq ans. En pratique, la durée de vie est plutôt entre sept et huit ans ; elle varie en fonction de la composition de l’eau dans la zone concernée. Lorsque l’anode a perdu son efficacité, nous coupons les vannes, en remettons une neuve, et c’est reparti. Les pièces résiduelles rejoignent les filières de recyclage.

Nous remboursons également nos clients non satisfaits endéans les deux ans.

Dans les réseaux de chauffage, les inhibiteurs de corrosion restent la norme. La chimie est-elle indispensable ?

Installation HVAC Europe
Installation HVAC Europe - ©NFD Europe

AF : La chimie vise à protéger les matériaux de manière artificielle ; un produit est injecté dans le circuit afin de créer une couche de protection contre la corrosion. En cas d’embouage, ces circuits fermés sont rincés, et l’eau chargée de produits part vers l’égout.

Pourtant, les métaux sont capables de générer leur propre couche de protection si on les met dans de bonnes conditions : sans chimie, en consommant l’oxygène, cause principale de la corrosion. Avec HVAC Europe, le résultat est plus propre – de l’eau et du métal et il n’y a pas de produit ajouté.

Comment se déroule l’intervention d’HVAC Europe ?

CG : La première étape, c’est une analyse d’eau pour effectuer un audit et comprendre la problématique du circuit fermé. Le but est de contrôler trois paramètres, qui sont l’oxygène, la conductivité et le pH, en vue de maîtriser la qualité de l’eau.

Le circuit est ensuite rincé, puis rempli d’eau déminéralisée.

Enfin, on installe un régulateur galvanique équipé d’anodes en magnésium. La réaction créée élimine l’oxygène dissous et stabilise le pH. Dans ces conditions, l’acier du circuit forme de lui-même une couche stable qui le protège durablement.

Dans un logement, qu’apporte HVAC Europe ?

CG : Si un client rencontre un problème avec sa chaudière ou sa pompe à chaleur, le fabricant va systématiquement demander une analyse de l’eau du circuit pour vérifier sa qualité. Dans la majorité des cas, elle ne sera pas conforme aux normes de référence, et la garantie ne s’appliquera pas. Le processus HVAC Europe assure une qualité de l’eau conforme aux prescriptions en vigueur.

AF : En travaillant sur les causes, on a en permanence un circuit de chauffage qui fonctionne selon le rendement attendu. L’eau n’est plus un frein dans son fonctionnement.

C’est d’autant plus pertinent dans les logements avec des planchers chauffants. Ces derniers s’encrassent en raison de bactéries qui s’y développent et créent un film dans les tuyaux, qui bloque le flux et empêche la chaleur de passer. HVAC Europe agit également sur ces développements bactériens en les privant de nutriments.

Faut-il intégrer AQUABION et HVAC Europe dès l’installation des circuits d’eau sanitaire et de chauffage ?

CG : Oui, c’est la situation idéale. Actuellement, nous sommes principalement contactés par des personnes qui rencontrent des problèmes. Nous venons avec des solutions.

AF : Un fabricant de chaudières propose déjà notre solution avec son équipement, pour protéger d’emblée les nouvelles installations.

Propos recueillis par Marie-Astrid Heyde

Un espace qui sonne bien pour tout le monde
Un espace qui sonne bien pour tout le monde

Elle est architecte d’intérieur, il est ingénieur en acoustique et vibrations. Chez Sweco, Isabelle Lebrun et Steven Rassart travaillent en tandem dès les premiers plans pour créer des lieux de vie à la fois beaux, confortables et durables.

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Un intérieur peut être superbe et pourtant invivable. « Un espace moderne et bien équipé reste très inconfortable lorsqu’il y règne un temps de réverbération trop long », rappelle Isabelle Lebrun. « En pensant un espace comme un aquarium, on se retrouve avec un réponse acoustique proche d’une église », renchérit Steven Rassart. Au bureau comme à la maison, une acoustique maîtrisée conditionne la concentration et le bien-être.


« L’inconfort acoustique est l’une des premières causes de déménagement ou de désaffection d’un lieu. »

Isabelle Lebrun, architecte d’intérieur chez Sweco

Penser l’acoustique dès l’esquisse

Trop souvent, l’acoustique est reportée à la fin du chantier, avec un reliquat de budget. « On travaille alors en réaction plutôt qu’en conception pensée », constate Steven Rassart. « On doit alors composer avec ce qu’on a, tant au niveau des surfaces disponibles que du budget restant, et le tout en risquant de s’opposer à la vision architecturale. »

Pour Isabelle Lebrun, le dialogue doit s’engager « dès la phase d’esquisse », afin que vision artistique et solutions acoustiques se combinent, plutôt que d’accumuler les corrections. Des corrections qui peuvent signifier démolir des éléments fraîchement installés et les envoyer en décharge.

- ©SWECO

Le mobilier, allié discret

Une fois les discussions lancées, les solutions ne manquent pas. Steven Rassart affectionne particulièrement le mobilier : « Pour de grandes armoires ou étagères, on peut travailler avec des portes microperforées, qui apportent de l’absorption, ou avec des étagères au profil structuré, qui vont répartir l’énergie sonore dans l’espace par le phénomène de diffusion. Ces éléments peuvent également jouer un rôle d’obstacle à la propagation si nécessaire, par exemple dans des bureaux paysagers ou des restaurants. »

Des panneaux assumés aux éléments dissimulés, la palette de produits s’étoffe d’année en année. L’enjeu, selon Isabelle Lebrun : trouver « le juste équilibre entre le design moderne, qui privilégie des matériaux épurés et très réfléchissants, et le placement judicieux d’éléments absorbants », au mur, au plafond, dans le mobilier ou la décoration.

Le biosourcé, sans perte de performance

Côté matériaux, Sweco pousse pour le biosourcé et le recyclé. « Leur performance en absorption est équivalente à celle des matériaux synthétiques les plus communs », assure Steven Rassart. En effet, la performance en absorption s’active lorsque le matériau présente un profil poreux à cellules ouvertes et s’élargira vers les fréquences plus graves avec l’épaisseur du matériau. Dès lors, l’origine de la solution peut être très variée.


« Il n’y a pas de risque, en termes de performances acoustiques, à choisir du biosourcé. »

Steven Rassart, ingénieur en acoustique et vibrations chez Sweco

Si bien anticipé et coordonné, le matériau de finition pourra même jouer deux rôles : isolation thermique et absorption acoustique, et donc de réduire la quantité de matière mise en œuvre.

Isolation en chanvre avec enduit poreux en hauteur et argile en bas de mur
Isolation en chanvre avec enduit poreux en hauteur et argile en bas de mur - IKO Real Estate

C’est le cas du chanvre, à condition de préserver sa porosité : un enduit lisse, plâtre ou argile, lui fait perdre ses propriétés absorbantes. Dans la rénovation d’un hall de wagonnage, isolé par l’intérieur avec des blocs de chanvre, l’ingénieur a convaincu l’architecte de conserver les atouts du matériau en partie haute grâce à un enduit projeté poreux, l’argile étant réservé au bas des murs, pour plus de solidité dans les zones accessibles au public.

Reste un surcoût, que les experts estiment entre 10 et 20 % à ce jour, du fait d’un coût de production toujours à l’avantage des produits standards. Un écart que l’intégration précoce permet en partie de compenser, avec à la clé un meilleur bilan carbone et le recours à des filières locales, à l’image de la laine de mouton luxembourgeoise ou le textile recyclé.

Pour Steven Rassart, l’acoustique n’est donc pas une contrainte, mais une opportunité : pour améliorer le confort, faciliter la concentration, réduire le stress et innover. À condition de s’entourer des bonnes personnes dès les premières esquisses. Pour obtenir, selon ses mots, « un espace qui sonne bien pour tout le monde ».

Marie-Astrid Heyde, avec Sweco
Photo principale : SWECO

Et si l'éclairage se concevait avant de choisir le luminaire ?
Et si l’éclairage se concevait avant de choisir le luminaire ?

Architecture, confort visuel, énergie : LEDDIS défend une approche de la lumière qui part du bâtiment et de ses usages.

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Un projet d’éclairage commence encore trop souvent par une question de luminaire, de puissance ou de température de couleur. Pourtant, pour LEDDIS, la première question devrait être différente : quelle lumière voulons-nous créer dans cet espace ? La réponse dépend de l’architecture, mais aussi des matériaux, de leurs réflectances, des volumes, des hauteurs, de la lumière naturelle, des usages et du confort recherché.

Deux sources annoncées à 3.000 K peuvent produire une perception très différente d’un bois, d’un textile, d’une carrosserie ou d’une surface minérale. De la même manière, augmenter le nombre de lux n’est pas nécessairement synonyme d’amélioration du confort visuel.

C’est sur cette approche que LEDDIS accompagne architectes, bureaux d’études et maîtres d’ouvrage, depuis l’analyse du projet jusqu’aux études photométriques et au choix des solutions.

Réalisation 01 - Basilix : quand le luminaire participe à l’architecture

Lors de la rénovation du Basilix Shopping Center à Bruxelles, plus de 800 dalles POP ADDIS ont été installées en 2021.

Ici, l’éclairage ne disparaît pas dans le plafond. La géométrie très fine des luminaires crée une trame lumineuse répétitive qui accompagne les circulations et dialogue avec les lignes architecturales du centre commercial. Les grandes verrières rendent également particulièrement intéressante la relation entre lumière naturelle et lumière artificielle au cours de la journée.


La lumière devient un élément de composition, pas un équipement ajouté à la fin du projet.

Réalisation 02 - Renault Drogenbos : concevoir avec les contraintes de l’existant

Un projet de rénovation n’offre pas toujours une feuille blanche. Pour le showroom et l’atelier Renault Drogenbos, une contrainte était imposée dès le départ : conserver l’installation électrique existante et travailler en remplacement 1 pour 1. À cela s’ajoutait une hauteur proche de 6 mètres dans certaines zones.

Dans le showroom, LEDDIS a combiné des projecteurs sur rail de plus de 6.000 lumens avec des cloches ADDIS destinées à l’ambiance générale. L’objectif était d’obtenir suffisamment de lumière depuis cette hauteur tout en conservant la mise en valeur indispensable des véhicules.
Dans l’atelier, la logique change : priorité à l’homogénéité, à la visibilité des zones de travail et au confort des utilisateurs.


Un même bâtiment, deux usages, donc deux réponses lumineuses différentes.

Réalisation 03 - SNCB : deux fois plus de lumière avec beaucoup moins de puissance

L’amélioration énergétique devient particulièrement intéressante lorsqu’elle ne se fait pas au détriment de la qualité d’éclairage.

Soit deux fois plus d’éclairement pour 62,5 % de puissance installée en moins.

Ce type de résultat ne provient pas uniquement du rendement d’une LED. Le choix de l’optique, la distribution de la lumière, la hauteur d’installation et les caractéristiques de l’espace sont déterminants.

Méthode

LEDDIS intervient en « amont » du projet ou sur des bâtiments existants pour accompagner les architectes à chaque étape clé.

  1. Analyse des besoins
  2. Études photométriques
  3. Sélection des optiques et spectres
  4. Intégration architecturale
  5. Optimisation énergétique
  6. Sélection des luminaires

Nous nous appuyons notamment sur deux partenaires européens : ADDIS Lighting en France, pour sa capacité de développement et ses solutions éco-conçues, et TEC-MAR en Italie, notamment pour les applications techniques, industrielles et de grande hauteur.


Notre métier n’est pas de mettre plus de lumière. C’est de mettre la bonne lumière, au bon endroit, pour le bon usage.

Texte et photos par Écoboutic

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Avec le retrofit, le luminaire existant est une partie de la solution
Avec le retrofit, le luminaire existant est une partie de la solution

Rénover un éclairage ne signifie pas nécessairement tout remplacer. Au Luxembourg, le retrofit permet de moderniser des luminaires existants avec la technologie LED, tout en conservant une partie importante de l’équipement. Une approche qui associe performance, maîtrise des coûts et économie circulaire.

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Quand un éclairage devient vieillissant, la solution semble souvent évidente : déposer les anciens luminaires et installer du matériel neuf. Pourtant, cette logique du « tout remplacer » n’est pas toujours nécessaire. Dans de nombreux bâtiments, le corps du luminaire est encore parfaitement fonctionnel. Il peut être robuste, intégré au plafond, difficile d’accès ou participer à l’esthétique du lieu. Pourquoi alors le remplacer ?

C’est précisément le principe du retrofit : conserver le luminaire existant et remplacer sa partie technique par une solution LED adaptée. Selon les situations, il peut s’agir d’un insert LED, d’une nouvelle platine ou encore du remplacement du driver et de la source lumineuse.

L’intérêt est double. Le retrofit peut réduire les coûts liés à un remplacement complet et limiter les travaux nécessaires à l’installation. Il permet également de prolonger la durée de vie d’un équipement existant, en évitant de remplacer prématurément un produit dont une grande partie reste utilisable.

Une réponse concrète à l’économie circulaire

Cette approche illustre une idée simple de l’économie circulaire : avant de produire et d’installer du neuf, regarder ce qui peut être conservé, réutilisé et modernisé. La difficulté réside toutefois dans l’adaptation. Un retrofit efficace ne consiste pas simplement à installer une LED standard dans un ancien luminaire. Il faut tenir compte des dimensions, de la puissance, de la diffusion de la lumière, de l’électronique et des contraintes spécifiques du bâtiment.

C’est dans cet espace entre éclairage, technique et réutilisation que s’inscrit Light Definition, activité spécialisée dans les solutions de rénovation d’éclairage, le retrofit et le sur-mesure au Luxembourg. L’entreprise travaille directement avec plusieurs fabricants européens afin de répondre aux caractéristiques précises des projets, y compris lorsque des éléments doivent être fabriqués sur mesure.

Préserver l’existant, même lorsqu’il est architectural

Les réalisations montrent que l’enjeu n’est pas uniquement technique. Il peut également être architectural.

Dans un espace client, 50 appliques murales ont ainsi été conservées grâce à la fabrication d’inserts LED sur mesure. Dans un restaurant d’entreprise, 30 luminaires existants ont été adaptés à une solution LED de 4.000 lumens. Sur un autre projet, 300 luminaires ont pu être conservés dans un plafond en lames de bois grâce à des inserts respectant les dimensions existantes.

La même logique a été appliquée dans des bureaux où les luminaires participaient à l’identité esthétique des espaces : des platines LED sur mesure ont permis de remplacer les tubes fluorescents tout en conservant les luminaires existants.

Moderniser sans repartir de zéro

Le retrofit n’est évidemment pas une réponse universelle. Lorsque le luminaire existant est trop dégradé ou ne permet plus de répondre aux besoins du site, une solution neuve peut être plus pertinente.

Même dans ce cas, le sur-mesure peut permettre de conserver certains éléments, comme les supports ou les dimensions d’encastrement, et donc de limiter les interventions sur le bâtiment. Light Definition développe également ce type de solutions pour des installations spécifiques.

Le retrofit invite finalement à changer de réflexe : avant de remplacer, regarder ce qui peut être conservé. Une démarche pragmatique qui permet de faire évoluer les équipements existants tout en s’inscrivant dans une logique de sobriété des ressources et d’économie circulaire.

Texte et photo fournis par Light Definition

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