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Une thématique dans chaque #DossierDuMois, avec la rédaction d’Infogreen et l’expertise de nos partenaires

Publié le 28 mai 2026
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mai 2026

Principes actifs

Bien nourrir son corps et son esprit est indispensable pour être en bonne santé. Encore faut-il avoir conscience des impacts de notre mode de vie ou de notre consommation sur notre bien-être physique et mental.

Principes actifs
Santé !

Bien nourrir son corps et son esprit est indispensable pour être en bonne santé. Encore faut-il avoir conscience des impacts de notre mode de vie ou de notre consommation sur notre bien-être physique et mental.

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À l’heure où les caddies sont remplis de produits ultra-transformés, boostés aux additifs et traités avec des pesticides, certains acteurs locaux œuvrent pour éduquer les consommateurs et leur proposer des alternatives plus saines. Quand on sait que les aliments qu’on ingère peuvent être à l’origine de maladies cardiovasculaires, de diabète et même favoriser l’anxiété et la dépression, s’informer pour mieux manger semble en effet assez essentiel.

Choisir des fruits et légumes frais, cultivés de manière responsable, c’est s’assurer un apport en nutriments optimal, tout en préservant la santé des agriculteurs, qui sont les plus exposés aux pesticides. C’est aussi favoriser la bonne santé des écosystèmes : l’agriculture régénératrice, par exemple, vise à restaurer la santé des sols, la biodiversité et le cycle de l’eau. Comme souvent, le bien-être humain et le bien-être de la nature vont de pair.

D’autres facteurs externes ont un rôle sous-estimé sur notre état physique et mental. La lumière par exemple, joue un rôle déterminant sur notre sommeil, lui-même crucial pour notre équilibre.

Et puisqu’on passe une grande partie de nos journées au travail, c’est aussi dans le cadre professionnel que se joue notre santé. De plus en plus d’employeurs se saisissent de la question et mettent en place des démarches de prévention, notamment concernant la santé mentale. Le travail peut aussi être un outil pour améliorer l’état de ceux que la vie a abimés, en devenant un vecteur d’indépendance, d’intégration et de sociabilisation.

Ce dossier « Principes actifs » explore tous ces aspects de la santé et prescrit, entre les lignes, connaissances et remise en question.

Il résonne aussi avec deux des 17 Objectifs de développement durable posés par l’Organisation des Nations unies :

  • l’objectif 2, intitulé Faim « zéro », qui montre que le secteur de l’alimentation et de l’agriculture offre des solutions clés pour le développement, notamment parce qu’il est au cœur de l’éradication de la faim et de la pauvreté ;
  • et l’objectif 3, nommé Bonne santé et bien-être, dont l’ambition est de donner les moyens de vivre une vie saine et de promouvoir le bien-être de tous à tous les âges, ce qui constitue un facteur essentiel pour le développement durable.

Léna Fernandes

Le sol, premier maillon oublié de notre santé
Le sol, premier maillon oublié de notre santé

Au Luxembourg, où plus de 95% des fruits et légumes sont importés, les circuits courts restent l’exception. Depuis 2014, la société coopérative TERRA fait le pari inverse : cultiver vivant, distribuer en direct, et prouver qu’une agriculture locale non subventionnée est possible. Visite du site avec Marko Anyfandakis, coopérateur fondateur.

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On est à la mi-mai. Le printemps est hésitant, les Saints de Glace venant tout juste de laisser place à quelques éclaircies. Sur le site de TERRA, au lieu-dit Eicherfeld, tout proche de la Ville, Marko nous emmène entre les allées cultivées. Certaines sont encore bâchées pour préserver les plants du froid. Grelinette à la main, une partie de l’équipe aère la terre d’autres parcelles. « On évite de la retourner, comme on le ferait traditionnellement avec des rotoculteurs ou des machines », explique le cofondateur. « Si la terre est meuble et très riche en minéraux et nutriments, c’est précisément parce qu’on ne la travaille pas trop ».

TERRA emploie la méthode du maraîchage biointensif, sans labour. C’est cette approche qui garantit des fruits et légumes de qualité : « Si le sol est vivant, on a des aliments vivants. Si le sol est mort, on a des aliments morts. C’est assez basique ».


TERRA en 4 infos :

  • Fondée en 2014 - première coopérative du genre au Luxembourg
  • Équipe de 6 personnes : 3 fondateurs (Sophie, Pit et Marko), 2 apprentis et 1 maraîcher saisonnier
  • Plus de 300 variétés cultivées
  • 200 paniers hebdomadaires

Maraîchage biointensif : produire plus en abîmant moins

La santé commence dans la terre, et dans ce qu’on en fait. La diversité et la densité des plantations participent à cet excellent carnet de santé. C’est le côté « intensif » : une grande variété de plantes dans un espace assez restreint.

Entre les arbres fruitiers – cerises, mirabelles, quetsches, coings – se trouvent quelques rangées de framboisiers entourées de plants de légumes. « Il y a trois ou quatre niveaux de cultures au même endroit », précise Marko, « et cette logique continue un peu partout. » TERRA reprend le schéma naturel d’une forêt où arbres, arbustes et annuels se côtoient, et l’adapte de manière productive, utile à la consommation humaine.

Une chose en entraînant une autre, ce croisement des espèces crée un équilibre qui préserve la terre des maladies. Les fruits et légumes poussent naturellement, sans aucun pesticide ni engrais artificiel. On est dans une agriculture dite régénératrice, où 300 variétés se côtoient et se nourrissent les unes les autres, avant de nous nourrir, nous. « Cela dépasse largement les critères du Bio », ajoute notre guide du jour.

Dans cette serre, les concombres ont été plantés entre les rangées de fenouil. Lorsque celui-ci sera à maturité, il sera récolté et laissera davantage de place aux concombres pour se développer. Marko : « On gagne du temps et de la place, et il y a des relations bénéfiques qui se créent entre les différentes familles de plantes ».
Dans cette serre, les concombres ont été plantés entre les rangées de fenouil. Lorsque celui-ci sera à maturité, il sera récolté et laissera davantage de place aux concombres pour se développer. Marko : « On gagne du temps et de la place, et il y a des relations bénéfiques qui se créent entre les différentes familles de plantes ». - ©Picto/Fanny Krackenberger

De la terre au consommateur

Les fondateurs ont fait le choix de ne pas être certifiés Bio, n’en ressentant pas le besoin grâce à une clientèle déjà acquise et conquise. Ici, les échanges se font principalement en direct, par des paniers hebdomadaires, commandés à l’année et dont le contenu est récolté la veille, voire le jour même du retrait par le client, afin de garantir leur fraîcheur. L’absence d’emballage signifie aussi l’absence de plastique autour et dans les aliments.

Pour plus de flexibilité, les paniers peuvent depuis peu être récupérés dans l’ensemble des magasins Alavita ou par livraison via Co-labor.

Les consommateurs apprécient également la qualité gustative. « Beaucoup sont avec nous parce que ça leur amène des souvenirs des carottes du jardin de leur grand-mère. Ce sont des goûts qu’ils ne retrouvent pas ailleurs. »


« Ce qui fait la différence, c’est la fraîcheur. Dans un supermarché, beaucoup de fruits et légumes sont là depuis une semaine et ont été cueillis il y a deux semaines. C’est le frigo qui les maintient plus ou moins vivants. Mais si on parle de santé, la valeur nutritionnelle et les vitamines commencent à diminuer à partir d’un certain moment, simplement en raison du stockage ou du transport d’un frigo à l’autre. »

Marko Anyfandakis, coopérateur fondateur de TERRA

Un modèle coopératif économiquement viable

Lorsque la structure a été créée en 2014, le choix s’est rapidement porté sur la société coopérative, inspirée des Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) françaises. En un mois, les 50.000 euros nécessaires au lancement des activités ont été investis par des coopérateurs, sans le moindre subside public. « Comme nous étions les premiers à initier un tel projet, il y a eu un intérêt très fort », se souvient Marko.

Les coopérateurs sont invités aux assemblées générales et peuvent participer à la prise de décision. Certains sont devenus membres – ils ont opté pour un abonnement aux paniers hebdomadaires –, tandis que d’autres ont simplement voulu soutenir le lancement du projet. « Ceux qui paient les frais courants, ce sont les membres », complète-t-il.

Inspirer plutôt que grandir

Avec ses quelque 200 membres, TERRA a trouvé son rythme de croisière. « Nous sommes montés à 250, mais nous avons vite constaté que c’était trop, parce que nous avions perdu le contact direct avec les membres. Il y a un aspect communautaire très fort. »

Aujourd’hui, TERRA continue à démontrer qu’une agriculture locale et raisonnée peut être économiquement viable et souhaitable. « L’ambition serait d’inspirer une nouvelle génération de maraîchers à faire la même chose. »

Depuis sa création, elle accueille des alternants du Lycée agricole. De futurs maraîchers viennent trois jours par semaine à Eicherfeld. « Ce volet pédagogique est aussi important pour nous », souligne le cofondateur. TERRA s’est également forgé une réputation internationale : elle reçoit régulièrement, pour quelques mois, des stagiaires de La Réunion, de Tahiti ou d’autres territoires de l’Union européenne.

Au Luxembourg, six ou sept structures similaires ont été créées depuis le lancement de TERRA. « Dans l’ensemble, je dirais que près de 50% des alternants ou stagiaires qui sont venus ici sont actifs dans le domaine. »

TERRA n’a pas fini d’inspirer, dans la filière, comme dans les assiettes.

Marie-Astrid Heyde
Photos : © Picto / Fanny Krackenberger

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Bien manger, une affaire d'éducation plus que de budget
Bien manger, une affaire d’éducation plus que de budget

Gérante actuelle d’Alavita, Anne Harles a repris en 2018 l’épicerie bio à Junglinster. Huit ans plus tard, son enseigne compte cinq magasins au Luxembourg, 60 salariés et plus de 4.000 références. Sa conviction : bien manger n’est pas nécessairement une affaire de revenus, mais d’éducation, de culture et d’un certain rapport au temps.

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Anne Harles n’a pas vraiment cherché le commerce alimentaire… c’est lui qui est venu à elle. En septembre 2018, des amis de ses parents partant à la retraite lui proposent de reprendre leur boutique bio de Junglinster. Cinq collaborateurs, un seul magasin. L’enseigne s’étend aujourd’hui à Bonnevoie, Limpertsberg, Mersch et, depuis peu, Bridel. Elle raconte une trajectoire faite, dit-elle, « d’un mélange entre une conscience et une passion pour l’alimentation, la gestion d’entreprise et une chouette opportunité ».

Cette conscience, elle la doit à son éducation. « Je suis née dans un environnement où on a toujours fait attention à ce qu’on mange. Nous cuisinions maison et nous faisions toujours beaucoup de sport. » Le lien entre alimentation et santé n’est, pour elle, ni un argument marketing ni un sujet d’opinion. « C’est primordial. Le reste relève davantage de la transmission que du pouvoir d’achat. »

L’éducation avant le prix

Sur l’argument selon lequel « manger bien serait réservé à une certaine catégorie sociale », Anne Harles se montre catégorique. « Je pense que c’est accessible à tout le monde. Il faut par contre être bien éduqué sur le sujet de l’alimentation, sur les biens-faits des différents aliments et empêcher de continuellement manger du sucre. Ce dernier entraîne un cercle vicieux dont il faut sortir. » La question dépasse largement la liste des courses. « Mais ce n’est pas uniquement une histoire d’éducation. Il y a aussi beaucoup d’importance dans la culture, le vivre-ensemble. Est-ce qu’on décide de prendre le temps de cuisiner quelque chose maison ou est-ce qu’on préfère regarder 30 minutes de plus son écran ? Ce sont des choix. »

Cette posture irrigue la sélection des produits. Dans les rayons, le frais domine. « Nos clients viennent d’abord pour les produits frais. Nous sommes très spécialisés sur les fruits et légumes, les produits laitiers, les alternatives végétales et véganes. » À l’inverse, les plats préparés en dehors de ses propres cuisines de production sont réduits au minimum. « En vous promenant dans nos magasins, vous constaterez aussi que la place pour les conserves est très limitée. »

Elle revendique également un net rejet des logiques de privation. « Je ne suis absolument pas adepte de la nécessité de se priver des bonnes choses ou de ces régimes qui limitent certains aliments catégoriquement. Pour moi, il faut transformer positivement ce que l’on mange, renforcer son microbiote pour mieux digérer, pour vivre tout simplement en étant libéré de toute contrainte. »

Le vrac, entre conviction et limites

Avec 4.000 références, le défi logistique est réel. Les produits viennent autant que possible de zones géographiques proches, mais pas que.

Anne Harles, gérante d'Alavita
Anne Harles, gérante d’Alavita

« Il y a aussi les produits du monde – les épices, le café, le chocolat, le thé – et beaucoup d’alternatives, ce que les grandes surfaces proposent moins. »

Sur le vrac, en revanche, Anne Harles reconnait des limites structurelles, alors même que plusieurs boutiques spécialisées ont fermé récemment au Luxembourg. « Pour vraiment changer les manières de consommer, il faudrait un éventail beaucoup plus large, par exemple dans le frais il y a très peu de vrac. Et il y a quand même du packaging derrière le vrac : du papier, du carton plastifié. Ce n’est pas toujours totalement cohérent. »

Alavita privilégie donc une logique de zéro déchet plutôt que le vrac frontal, notamment via sa collaboration avec Kilogram, premier e-shop bio et zéro déchet du pays, qui propose un système de bocaux consignés et permet ainsi aux consommateurs de réduire leurs déchets ménagers. « Pour le reste, je conçois aussi que le consommateur bio aujourd’hui recherche de la transparence. Il aime lire les étiquettes, connaître l’histoire des producteurs. En vrac, il y a plein de données qui manquent. »

Tenir sa ligne face aux grandes enseignes

Les hypermarchés ont eux aussi élargi leurs gammes bio. Une concurrence qu’Anne Harles refuse de dramatiser. « Je ne regarde pas trop ce que font les autres. Même si j’avoue trouver ça positif, car cela prouve que les clients sont là. De notre côté, nous constatons que notre clientèle augmente, qu’il y a de plus en plus de passages chaque année. » Le pari du bio, dit-elle, n’est pas une mode passagère. « J’y crois fortement. Parmi tous les gens qui font attention à ce qu’ils mangent et à comment nous cultivons nos terres, très peu le regrettent au final. »

La fondatrice place son curseur sur ce qu’aucune chaîne ne peut copier. « Avec chaque achat, vous soutenez quelque chose d’unique. Nous sommes dans un monde où tout se globalise énormément. C’est chouette de soutenir une entreprise locale. Nous ne sommes pas un grand groupe et devons tout recréer et réinventer selon nous goûts et convictions. » Une trajectoire qu’elle estime presque singulière à l’échelle régionale. « Même à Paris ou à Munich, trouver des épiceries locales et indépendantes n’est pas si simple. Nous faisons notre chemin de façon assez atypique au Luxembourg… et cela fonctionne ! »

Sébastien Yernaux
Photos : Picto

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Votre alimentation : votre première médecine
Votre alimentation : votre première médecine

Jamais les connaissances sur le lien entre alimentation et santé n’ont été aussi solides - et pourtant les maladies chroniques continuent de progresser.

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Le paradoxe du siècle

Les recommandations nutritionnelles sont régulièrement actualisées pour intégrer les dernières recherches sur la santé et l’environnement. Pourtant, obésité, diabète de type 2, maladies cardio-vasculaires et certains cancers continuent de progresser.

L’alimentation est aujourd’hui considérée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme l’un des principaux facteurs de risque modifiables. Le problème ne vient plus d’un manque de nourriture, mais de la manière dont nos aliments sont produits, transformés et consommés.

Les ultra-transformés : une alimentation devenue la norme

Sodas, plats préparés, céréales sucrées : les aliments ultra-transformés représentent jusqu’à 60 % des calories ingérées aux États-Unis, et progressent rapidement en Europe.

Conçus pour être hyperpalatables, ils sacrifient la valeur nutritive. Pauvres en fibres et riches en calories rapidement absorbées, ils favorisent la surconsommation et jouent un rôle central dans l’épidémie mondiale d’obésité.

Les études convergent : leur consommation excessive est liée à un risque accru de maladies cardio-vasculaires et de mortalité prématurée.

L’effet cocktail

Pesticides, additifs alimentaires, perturbateurs endocriniens et résidus industriels sont évalués substance par substance.

Mais dans la réalité, nous y sommes exposés quotidiennement sous forme de mélanges. C’est l’effet cocktail - encore mal pris en compte par la réglementation - qui inquiète de plus en plus les toxicologues.

Le microbiote, notre deuxième cerveau

Le microbiote intestinal - des milliards de bactéries, virus et champignons - dialogue en permanence avec notre immunité, notre cerveau et notre métabolisme.

Une alimentation riche en fibres et en aliments fermentés nourrit cette biodiversité intérieure ; une alimentation ultra-transformée l’appauvrit durablement. Les fibres, absentes des produits animaux, restent massivement sous-consommées dans les pays occidentaux.

Le microbiote est aujourd’hui au cœur de la recherche sur l’inflammation chronique et certaines maladies neurodégénératives.

One Health : une seule santé

Santé humaine, animale et environnementale sont indissociables.

L’élevage intensif contribue à l’antibiorésistance - considérée par l’OMS comme l’une des plus grandes menaces sanitaires mondiales - mais aussi au dérèglement climatique, à la déforestation, à la perte de biodiversité et à la pollution des sols et des eaux.

En 2019, la Commission EAT-Lancet a modélisé l’assiette capable de nourrir 10 milliards d’humains dans les limites planétaires : moins de viande rouge, davantage de légumineuses, fruits, légumes et produits complets.

Ce que vous pouvez faire

→ Lisez les étiquettes : moins la liste d’ingrédients est longue, mieux c’est.
→ Remplissez la moitié de votre assiette de fruits et légumes.
→ Privilégiez les produits complets plutôt que raffinés.
→ Réduisez la viande et le poisson, et mettez le frein sur la charcuterie.
→ Découvrez les protéines végétales : légumineuses, tofu, tempeh, noix, etc.
→ Privilégiez les huiles végétales et riches en oméga-3.
→ Choisissez le bio lorsque c’est possible : pas de pesticides ni d’engrais chimiques de synthèse, pas d’antibiotiques préventifs dans les élevages, davantage de bien-être animal et des pratiques plus favorables à la santé des sols.
→ Cuisinez : aujourd’hui, les réseaux sociaux regorgent de recettes rapides, saines et délicieuses pour éviter les ultra-transformés.


« Au fond, les grandes recommandations convergent vers une même direction : moins de viande, plus de végétaux, moins d’ultra-transformés et davantage d’aliments issus de l’agriculture biologique. »

Marie-Béatrice Noble, ambassadrice Pacte Climat européen

Ressources complémentaires

Rapport EAT-Lancet

The EAT-Lancet Commission on Healthy Sustainable and Just Food Systems

Documentaires à voir

▸ Forks Over Knives (2011) - alimentation et maladies chroniques
▸ The Game Changers (Netflix, 2019) - alimentation végétale et performance
▸ Kiss the Ground (Netflix, 2020) - agriculture régénératrice et santé des sols
▸ Notre poison quotidien (Arte, 2010) - pesticides et santé publique
▸ Cowspiracy (Netflix, 2014) - impact environnemental de l’agriculture animale

Vidéo YouTube

▸ The EAT-Lancet Commission on healthy, sustainable, and just food systems - chaîne officielle EAT Forum ( 11 min)

Texte et visuels fournis par Marie-Béatrice Noble, ambassadrice Pacte Climat européen

Alimentation saine : santé, sécurité et justice sociale
Alimentation saine : santé, sécurité et justice sociale

Pourquoi des millions de personnes meurent-elles de faim quand d’autres souffrent d’obésité ? Dans une analyse publiée par Iles de Paix Luxembourg, l’ingénieur Bruno Schiffers décortique les multiples dimensions d’une alimentation saine — diététique, sanitaire, agricole — et plaide pour une réponse collective.

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Le droit à l’alimentation figure dans la Déclaration universelle des droits humains depuis 1948. Sur le terrain, il demeure largement bafoué. Plus de 670 millions de personnes souffrent de la faim selon la FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture), le PAM (Programme alimentaire mondiale), l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et l’UNICEF, tandis que 2,5 milliards d’adultes sont en surpoids et près d’un milliard obèses. Abondance et pénurie d’accès cohabitent.

Pour Bruno Schiffers, ingénieur et docteur en sciences agronomiques, ancien responsable du Laboratoire de Phytopharmacie de Gembloux Agro-Bio Tech, le constat est sans appel : « La faim n’est pas un manque de nourriture, c’est un manque de justice », rappelle-t-il en reprenant la formule de Flavio Valente, ancien secrétaire général de FIAN (Foodfirst Information and Action Network).

Saine et sûre, deux notions à distinguer

Parler d’alimentation saine recouvre deux réalités. La première, diététique, relève d’une nutrition variée : privilégier les végétaux, modérer viande rouge, sucre, sel et graisses saturées. La seconde, sanitaire, concerne l’absence de germes pathogènes et de contaminants chimiques au-delà des seuils tolérés. Un soda peut être sûr sans être sain ; une salade fraîche, nutritive mais contaminée, peut devenir dangereuse. La responsabilité diététique incombe à l’individu — mais cet individu évolue dans un environnement alimentaire qui pèse sur ses choix : densité des fast-foods, marketing des produits ultra-transformés, écart de prix entre sain et malsain. La sécurité, elle, relève des producteurs et des autorités, encadrée par le Codex Alimentarius et le droit européen.

Le bio et l’agroécologie comme alternatives

Le modèle intensif d’après-guerre a fait baisser les prix, mais en s’appuyant sur des intrants chimiques massifs, source de pollution des sols et de l’eau, de perte de biodiversité et de dépendance des producteurs vis-à-vis des multinationales agrochimiques. L’agroécologie propose une voie alternative fondée sur les cycles naturels, la rotation des cultures et la réduction drastique des intrants. L’agriculture biologique va plus loin, en interdisant pesticides et engrais de synthèse. Une méta-analyse récente associe la consommation régulière de produits bio à une baisse de 25 % du risque de cancer et de 40 à 50 % du risque d’obésité. Mais le surcoût — 20 à 30 % en Europe — freine l’accès des ménages modestes.

Une question de choix politique

Pour la FAO, chaque dollar dépensé pour un aliment conventionnel engendre jusqu’à deux dollars de coûts cachés pour la collectivité : santé, dépollution, perte de biodiversité. La commande publique peut faire bouger les lignes. En France, la loi Egalim 2 impose 50 % de produits durables, dont 20 % de bio, dans la restauration collective. Le Danemark a fait du bio une norme dans ses cantines. Écoles, hôpitaux et maisons de repos pourraient ainsi démocratiser l’accès à une alimentation de qualité. Penser l’alimentation saine, conclut l’administrateur d’Iles de Paix, ne se résume pas à des choix individuels : derrière chaque produit consommé se cache un système agricole, économique et politique qu’il revient à la collectivité d’orienter.

Résumé de l’analyse réalisée par l’ingénieur Bruno Schiffers et publiée par Iles de Paix Luxembourg (décembre 2025)

Pendant que nous reprenons du dessert, qui fait les corvées ?
Pendant que nous reprenons du dessert, qui fait les corvées ?

Ici nous vivons dans une société d’abondance, d’opulence mortifère et de consommation alimentaire débridée. Qu’il est bon de pouvoir faire ses courses devant des étalages abondamment pourvus, d’avoir un morceau de chocolat à se mettre sous la dent, d’acheter un plat préparé après une journée de travail. Qui en paie le prix ?

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Vous êtes-vous déjà demandé·es dans quelles conditions ces plats sont préparés ? Avez-vous des ami·es agriculteur·rices ? Des voisin·es ouvrier·es à la chaîne dans une usine d’alimentation ? Une sœur qui cueille des fruits pour quelques euros par heure ?

Notre système de production alimentaire industriel remplit nos imaginaires d’une image fausse, presque bucolique. Nous méconnaissons les réalités qu’il impose partout aux populations, territoires et écosystèmes. Monocultures de poireaux, de céréales, de tomates, de pommes de terre, de carottes ; plantations de bananes, de canne à sucre, d’avocats, d’agrumes, de cacaoyers, de palmiers à huile... autant de cultures qui arrivent dans nos assiettes. Ces monocultures sont extrêmement dépendantes de la mécanisation, des engrais de synthèse et des produits phytosanitaires pour leur réussite et donc des énergies fossiles. Ce sont des modes de production extractivistes qui n’ont pas besoin que la terre soit vivante tant qu’il y a des énergies fossiles peu chères et des espaces à dominer.

En effet, une des autres grandes tensions créées par l’agrobusiness est celle de l’espace : optimiser, aplanir, remembrer, abattre les arbres et haies... conquérir la forêt, les prairies, les pays voisins... dominer, voilà le mot d’ordre de l’agro-industrie qui veut soumettre les terres et le climat, les humains et animaux au service du capital. Car pensez bien que l’objectif de cette industrie n’est pas de nourrir le monde mais de maximiser ses profits au détriment du vivant.

L’alimentation est devenue un bien commodifié comme un autre, soumise comme les autres pans de l’économie mondiale à l‘hégémonie néolibérale et néocoloniale. L’exploitation humaine, sans parler de l’exploitation animale, s’ajoute à ce tableau déjà très noir. Elle se retrouve à tous les échelons de production, transformation et distribution. Les travailleur·euses de cette industrie sont généralement peu qualifié·es car les tâches sont découpées et partiellement automatisées. Iels sont remplaçables si le besoin s’en fait sentir, si les corps sont usés, si des velléités d’amélioration des conditions de travail se lèvent. Du Maroc à la Belgique, de la Palestine à l’Égypte, à travers le Brésil, au Vietnam, en Ukraine, les mêmes schémas se reproduisent avec plus ou moins de cadre légal pour encadrer les droits des travailleur·ses.

Le prix de notre alimentation est lourd pour de nombreuses personnes invisibilisées par le système industriel. Il l’est aussi ici pour des agriculteur·rices mis·es en concurrence avec des entreprises agricoles du monde entier. Iels le sont sur le seul critère du prix de vente et sont poussé·es dans la voie de l’agrandissement et d’une production quantitative au détriment des écosystèmes, de la nutrition et de leur propre santé. Les agriculteur·rices sont les principales victimes de l’utilisation de produits phytosanitaires car exposé·es en première ligne. Nous, en tant que consommateur·rices, sommes en deuxième ligne alors que les liens entre l’exposition répétée aux pesticides et de nombreuses maladies semblent devenir irréfutables.

Fatalité ? Plutôt une tendance très lourde qui va nécessiter de lever de nombreux verrous pour changer de trajectoire.

Que pouvons-nous faire à notre échelle individuelle ? Manger des produits frais, cuisiner en collectivité solidaire avec celles et ceux qui n’ont pas le temps ou l’espace de le faire, aller à la rencontre des travailleur·ses, manger bio et en circuits courts pour encourager les producteur·rices qui osent s’opposer à la marche de l’industrialisation.

Et parce que les choix individuels ne seront pas à même de renverser les géants, nous pouvons travailler à informer, éduquer, changer les rapports de force au sein du système, regrouper les travailleur·ses, organiser des manifestations et des blocages, voter, rejoindre les mouvements internationalistes populaires. Notre avenir est entre nos mains et le monde dans nos assiettes.

Magali Paulus et Céline Depiesse, CELL

Safe2Eat 2026 : compléments, allégations et allergènes sous contrôle
Safe2Eat 2026 : compléments, allégations et allergènes sous contrôle

Safe2Eat est une campagne européenne de sécurité alimentaire coordonnée au Luxembourg par l’ALVA (Administration luxembourgeoise vétérinaire et alimentaire). Trois thématiques prioritaires sont abordées cette année : compléments alimentaires, allégations de santé et allergènes. L’objectif est de permettre aux consommateurs des choix éclairés.

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L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et ses partenaires ont lancé le 16 avril 2026 la 6e édition de la campagne Safe2Eat. Au Luxembourg, l’Administration luxembourgeoise vétérinaire et alimentaire (ALVA) coordonne l’initiative qui met en lumière trois priorités cette année : compléments alimentaires, allégations de santé et allergènes.


« Dans tous ces domaines, nous constatons régulièrement à quel point une information correcte est essentielle pour protéger les consommateurs. Qu’il s’agisse de compléments alimentaires, d’allergènes ou d’allégations de santé, avec Safe2Eat nous souhaitons offrir aux consommateurs les connaissances nécessaires pour mieux comprendre ces informations et prendre des décisions éclairées pour leur santé. »

Martine Hansen, ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et de la Viticulture

L’Europe dispose de l’un des systèmes de sécurité alimentaire les plus stricts au monde, fondé sur l’excellence scientifique et la coopération entre l’EFSA et les autorités nationales.

Compléments alimentaires : l’image du « naturel » peut tromper

De plus en plus présents dans le quotidien des consommateurs, les compléments alimentaires bénéficient souvent d’une image positive. Les contrôles récents nuancent toutefois ce tableau : jusqu’à 67 % de non-conformités d’étiquetage ont été constatées en 2023 selon la catégorie de contrôle. En 2024, 30 % des produits contenant de la coenzyme Q10 et analysés dans un contrôle ciblé présentaient une teneur différente de celle indiquée sur l’étiquette.

D’autres contrôles ont identifié des substances pharmacologiquement actives non déclarées. Au-delà de la conformité, ces produits peuvent entraîner des effets indésirables, notamment en cas de surdosage ou de prise simultanée de plusieurs compléments ou de médicaments. Ils ne remplacent en aucun cas une alimentation équilibrée.

Allégations de santé : promesses marketing et réalité scientifique

Les allégations de santé influencent fortement les choix des consommateurs et leur usage est encadré au niveau européen. À ce jour, 260 allégations ont été autorisées dans l’Union européenne, tandis que plus de 70 % des demandes ont été rejetées faute de preuves scientifiques suffisantes. Malgré ce cadre, les contrôles menés au Luxembourg révèlent encore de nombreuses pratiques non conformes, en particulier pour des produits vendus en ligne. Certaines allégations avancent des effets non prouvés, voire trompeurs.

Allergènes : un enjeu vital encore mal maîtrisé

Les allergies alimentaires concernent environ 1 % de la population européenne, soit près de 4,5 millions de personnes. La réglementation impose une information claire, mais le rapport ALVA sur l’étiquetage et les allergènes publié en 2024 met en évidence des manquements, notamment dans le secteur de la restauration. Toute absence, imprécision ou erreur peut entraîner des conséquences graves pour les personnes concernées. Le site securite-alimentaire.public.lu centralise les alertes et propose une newsletter dédiée.

Tout au long de l’année, des initiatives Safe2Eat sont déployées au niveau européen et national. Les consommateurs sont invités à suivre la campagne via #Safe2EatEU. Prochaine échéance, le 7 juin qui célèbrera la Journée mondiale de la sécurité alimentaire.

Texte par Mediation

Santé physique et mentale : le rôle de l'alimentation
Santé physique et mentale : le rôle de l’alimentation

Si le lien entre l’alimentation et la santé physique est établi depuis de longues années, celui entre l’alimentation et la santé mentale n’a été envisagé que plus récemment. Notre alimentation a bel et bien un impact sur notre santé globale. À nous de faire les bons choix !

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Depuis maintenant plusieurs années, de nombreuses études établissent une corrélation entre la consommation d’aliments ultra-transformés (souvent riches en sucres, graisses saturées, sel et/ou additifs alimentaires) et l’apparition de maladies chroniques telles que le surpoids, l’obésité, le diabète de type 2, les maladies cardio-vasculaires, certains types de cancers… Plus récemment, un lien a également été établi entre la consommation importante de ces aliments ultra-transformés et la santé mentale, notamment l’anxiété et même la dépression.

En effet, la consommation de ces aliments pourrait exercer un effet délétère sur les voies physiopathologiques liées à la dépression. Ces aliments influencent l’inflammation, le stress oxydatif, le microbiote intestinal (axe intestin-cerveau), l’épigénétique et même la neuroplasticité. Au contraire, une alimentation basée sur le régime méditerranéen pourrait diminuer les risques de dépression, anxiété et même les troubles du déficit de l’attention chez les enfants et adolescents. Cette alimentation basée sur une consommation importante de fruits et légumes, l’intégration de légumineuses, poisson et fruits de mer, huile végétale (olive) et peu de viande rouge et produits laitiers est reconnue pour ses propriétés anti-inflammatoires, neuroprotectrices, immunomodulatrices et antioxydantes.

En pratique, quels aliments consommer pour garder ou retrouver une bonne santé aussi bien physique que psychique ?

  • Des aliments riches en oméga 3 : petits poissons gras (harengs, sardines, maquereaux, anchois), graines de lin et de chia, huile de noix… ;
  • Des aliments fermentés : yaourt, kéfir, chou fermenté, kimchi… qui participent à la bonne santé de notre microbiote ;
  • Des fruits et légumes de toutes les couleurs pour leur apport en vitamines, minéraux, fibres alimentaires, anti-oxydants, polyphénols qui nous protègent du stress oxydatif et de l’inflammation ;
  • Des légumineuses qui sont une bonne source de protéines végétales mais aussi de fibres, vitamines du groupe B et minéraux ;
  • Des graines et fruits oléagineux non salés (amandes, noix, noisettes…) ;
  • Des herbes aromatiques et des épices diverses afin de limiter sa consommation en sel ;
  • Des aliments riches en polyphénols : thé vert, chocolat noir > 70% de cacao, fruits rouges, pomme, huile d’olive… ;

Le plaisir de manger reste essentiel et il est tout à fait possible de manger équilibré en se faisant plaisir. Il n’existe pas d’aliments interdits ou d’aliments miracles. Tout est une question d’équilibre.

De plus, l’alimentation n’est pas le seul facteur qui influence notre santé physique et mentale. D’autres facteurs comme l’activité physique, le sommeil, le stress, le tabac, les polluants, les médicaments… sont également à prendre en compte si on veut optimiser sa santé au quotidien.

Texte par SIGNA

Sources :

  • Anses. (2024). Avis relatif à la caractérisation et à l’évaluation des impacts sur la santé de la consommation d’aliments dits ultra-transformés. (Saisine 2022-SA-0155). Maisons-Alfort : Anses, 104 p.
  • Inserm.fr (Institut national de la santé et de la recherche médicale) : Aliments ultra-transformés : leur surconsommation semble associée à des troubles de la santé mentale (2023)
  • Mediterranean Diet and Mental Health in Children and Adolescents : a systematic Review 2025 Feb)-Nutr Rev (Pubmed) : Patricia Camprodon-Boadas 1 2 3 4, Aitana Gil-Dominguez 4, Elena De la Serna 1 3, Gisela Sugranyes 1 2 3, Iolanda Lázaro 5 6, Immaculada Baeza 1 2 3 4
La santé mentale se joue aussi au travail
La santé mentale se joue aussi au travail

Odette Sangaré de l’Institut luxembourgeois de la Qualité de Vie au Travail (ILQVT), nous éclaire.

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Pouvez-vous définir ce qu’est la santé mentale au travail ?

La santé mentale au travail traite de l’impact du contexte professionnel sur la santé mentale du personnel.

Au Luxembourg, l’obligation d’assurer la sécurité et la santé de l’ensemble des salariés est dans le code du travail. L’OMS préconise spécifiquement depuis 2022 la mise en œuvre de démarches structurées pour préserver la santé mentale au travail.

Est-il possible de prévenir les RPS ?

Oui, bien sûr, c’est la prévention des risques psychosociaux (RPS) – qui couvre les situations de travail pouvant nuire à la santé mentale au travail. On peut agir à trois niveaux : à la source en agissant directement sur les situations à risque, en protégeant les personnes et enfin en accompagnant le retour des personnes après un arrêt de travail en lien avec la santé mentale au travail. Ces trois niveaux de prévention sont complémentaires et nécessitent des actions différentes dans leur mise en œuvre.

Comment une entreprise peut agir sur les situations de travail néfastes pour la santé mentale ?

C’est un processus de terrain. On ne parle pas ici de faire des questionnaires ou d’ouvrir des temps de parole avec un psy. Non, le but est vraiment de cibler les situations à améliorer et de les améliorer effectivement.

Cela passe d’abord par la direction qui pose un cadre pour que les situations à risque puissent effectivement émerger. Ensuite cela nécessite que l’ensemble du management et du personnel ait développé les compétences ad hoc, et surtout partage un cadre et une méthodologie communs.

Chacun doit devenir acteur et être en capacité :

  1. D’identifier les situations de travail à risque, sans tomber dans des « listes des doléances » ou « boites à idées » stériles, une psychologisation du travail ou la recherche de coupables.
  2. D’activer des leviers d’auto-régulation et de co-régulation des situations de travail.

Ce n’est pas inné : c’est la raison pour laquelle nous accompagnons au quotidien les entreprises à mettre en place une démarche structurée, bordée, qui bénéficie à tous. L’objectif est bien d’agir sur les situations de travail et pas les à-côtés.

Les entreprises effectivement aptes à préserver la santé mentale au travail reçoivent le label de l’ILQVT et le personnel obtient un passeport de prévention, édité en partenariat avec la House of Training : il valorise leur capacité à agir dans ce domaine.

Une fois que la volonté et le cadre sont là, comment agir concrètement ?

Au fur et à mesure que les situations de travail problématiques sont identifiées, elles sont améliorées dans des espaces dédiés, générateurs de succès : la finalité est un plan d’actions concret effectivement mis en œuvre et dont on mesure les effets.

Un facilitateur interne formé en tant que « référent Prévention en santé mentale au travail – QVCT RPS », est garant de la méthodologie et assure la mise en œuvre effective des améliorations.

Chacun est gagnant : l’entreprise, voit par exemple l’engagement du personnel augmenter, les collaborateurs retrouvent un équilibre et du sens dans le travail.

Propos recueillis par la rédaction

O.S.E.R : renforcer les facteurs protecteurs en santé mentale
O.S.E.R : renforcer les facteurs protecteurs en santé mentale

Face au stress, à l’épuisement et aux incertitudes, la prévention en santé mentale devient essentielle. Le modèle O.S.E.R — Optimisme, Sentiment d’efficacité personnelle, Espoir et Résilience — propose des leviers concrets pour renforcer durablement le bien-être individuel et collectif.

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La santé mentale ne se résume pas à l’absence de troubles psychiques. Elle repose également sur notre capacité à nous adapter, à maintenir un équilibre émotionnel et à mobiliser nos ressources face aux difficultés petites et grandes du quotidien. Dans cette approche préventive, les facteurs protecteurs jouent un rôle fondamental.

Le modèle O.S.E.R met en lumière quatre leviers essentiels favorisant le bien-être et la prévention des risques psychosociaux.

L’optimisme permet d’adopter une lecture plus constructive des événements. Il ne s’agit pas d’ignorer les difficultés, mais de développer la capacité à voir en pleine conscience des solutions et des perspectives positives à la situation. Cultiver la gratitude, valoriser les réussites ou apprendre à relativiser certaines situations contribuent à renforcer cet état d’esprit protecteur.

Le sentiment d’efficacité personnelle, développé par le psychologue Albert Bandura, rappelle que la conviction d’être capable d’agir efficacement face aux défis est une ressource fondamentale. Lorsqu’une personne se sent compétente et utile, elle gère mieux le stress, ose davantage passer à l’action et développe une plus grande confiance en ses capacités. Ce levier se nourrit notamment de l’autonomie, de la reconnaissance et des expériences de réussite.

L’espoir joue également un rôle majeur dans la santé psychologique. Il permet de se projeter dans l’avenir, de maintenir une motivation malgré les obstacles et de donner du sens aux efforts entrepris. Le meilleur m’attend ! Dans les périodes d’incertitude, l’espoir agit comme un moteur favorisant l’engagement et la persévérance.

Enfin, la résilience représente notre capacité à traverser les épreuves, à nous adapter et à rebondir après une difficulté. Contrairement aux idées reçues, être résilient ne signifie pas être invulnérable, mais savoir mobiliser ses ressources personnelles, relationnelles et environnementales lorsque cela devient nécessaire.

La question essentielle reste peut-être celle-ci : que faisons-nous, chaque jour, pour nourrir ces quatre dimensions au niveau individuel et collectif ? Comment accompagnons-nous nos jeunes et nos enfants dans le développement de leur confiance, de leur capacité d’adaptation et de leur espoir en l’avenir ? De quoi nourrissons-nous nos collaborateurs face aux transformations, aux pressions et aux incertitudes croissantes ?

Au-delà des discours, la prévention en santé mentale se construit dans les pratiques quotidiennes : la qualité des relations, l’écoute, la reconnaissance, le droit à l’erreur, l’encouragement et le sentiment d’utilité.

Investir dans la prévention et les facteurs protecteurs et replacer l’humain au centre apparaît aujourd’hui comme un enjeu essentiel pour construire des environnements plus sains, plus durables et plus résilients.

Céline Veitmann, spécialisée en psychologie positive et secouriste en santé mentale (PSSM) - Allagi SIS

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Au-delà du courage : la santé mentale des défenseur·e·s des droits humains
Au-delà du courage : la santé mentale des défenseur·e·s des droits humains

Héroïques, courageux·ses, désintéressé·e·s... Nombreux sont les qualitatifs qu’on peut attribuer aux activistes et défenseur·e·s des droits humains. Que ce soit au Luxembourg ou ailleurs, leur santé mentale est bien souvent laissée pour compte.

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Lorsque l’on pense aux droits humains, la santé mentale est rarement la première chose qui vient à l’esprit. Pourtant, déjà en 1948, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme mettait en avant dans son Article 24 le droit au repos et aux loisirs, ainsi que le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé et son bien-être dans l’Article 25.

Malheureusement, les personnes qui défendent les droits humains et l’environnement sont souvent parmi les moins bien loties en matière de santé mentale. Ceci peut s’expliquer par diverses raisons. D’abord, de par le monde, une grande partie des défenseur·e·s de droits ont vu leur communauté et/ou leur environnement être détruits. Victimes de traumas, de dépression ou d’autres problèmes de santé mentale, ils·elles n’ont pourtant d’autre option que de militer pour réclamer leurs droits fondamentaux et ceux de leur communauté.

Au Luxembourg et ailleurs, d’autres défenseur·e·s de droits et activistes, dont les droits ne sont pas forcément directement menacés, sont en permanence exposé·e·s à des nouvelles, sous forme de texte, de photos ou de vidéos, qui montrent de façon brutale la triste réalité du monde. Ceci peut mener à des traumas indirects, aussi appelés traumatismes vicariants.

Qu’elles soient directement victimes de violations des droits ou pas, ces personnes ont de nombreux points en commun. Elles sont bien souvent menacées, intimidées, insultées, que ce soit en ligne ou hors ligne. Du côté des travailleurs humanitaires, la situation est encore pire. L’ONU a alerté qu’au moins 326 humanitaires ont été tué·e·s en 2025 dans 21 pays, portant à plus de 1010 le nombre de travailleurs humanitaires tués en trois ans.

De plus, alors que défendre les droits humains et l’environnement est probablement l’une des missions les plus importantes de notre ère, ce travail est le plus souvent bénévole ou sous-rémunéré. S’y ajoute l’impression de ne jamais en faire assez. À travers les news, on a souvent l’impression que les choses ne font que s’empirer. Ces facteurs influent également sur la santé mentale, et mènent malheureusement régulièrement à l’épuisement.

L’accès aux soins de santé mentale est compliqué pour la plupart des personnes au Luxembourg, de par la pénurie de practicien·nes. Certains groupes de personnes sont malheureusement affectés de manière disproportionnée. Citons notamment les personnes LGBTIQ+ ou encore les personnes immigrantes et réfugiées. Ceci sans parler des personnes qui ne sont pas couvertes par la CNS. À l’étranger, les défenseur·e·s des droits font souvent face à une situation encore bien pire quant à leur accès aux soins en santé mentale.

À ces complications s’ajoute un important tabou sur ces questions. Parler de santé mentale reste compliqué pour de nombreuses personnes, ce qui représente un frein dans la prise de conscience individuelle et collective de ces problèmes. Pourtant, sans prise en compte de la santé mentale, il est difficile de s’engager sur le long terme pour les droits fondamentaux. Se battre pour les droits humains, c’est également se battre pour ses propres droits, et donc pour son droit à une santé mentale adéquate.

Texte d’Amnesty International Luxembourg
Photo : Les Guerreras de la Amazonía, un groupe de jeunes équatoriennes, défenseures des droits humains et de l’environnement, intimidées par le gouvernement. © Private

Redéfinir son rapport à la lumière pour améliorer sa santé
Redéfinir son rapport à la lumière pour améliorer sa santé

Dr. Annette Krop-Benesch étudie les liens entre la lumière et la santé humaine depuis plus de 25 ans. La conférencière et autrice allemande explique comment notre bien-être physique et mental est affecté par notre mode de vie moderne… et très éclairé.

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Quels aspects de la santé humaine sont impactés par la lumière ?

Dr. Annette Krop-Benesch : La lumière contrôle notre production de mélatonine, l’hormone naturellement produite par le cerveau pour indiquer à notre corps que c’est le moment de s’endormir. C’est comme notre l’horloge biologique interne, qui détermine notre rythme jour/nuit et qui est directement liée à la lumière. On produit de la mélatonine le soir, lorsque vient l’obscurité. À l’inverse, lumière inhibe la production de mélatonine.

Lorsqu’il y a trop lumière artificielle le soir, l’endormissement est retardé et la qualité du sommeil se dégrade. C’est un facteur de stress important, qui touche la santé physique et mentale. Chez les gens exposés à beaucoup de lumière durant la nuit, la tension artérielle augmente, le risque d’obésité est plus élevé, le système immunitaire s’affaiblit. On constate aussi un risque plus élevé de dépression et de trouble bipolaire. C’est vrai aussi lorsqu’on manque de lumière pendant la journée. En témoigne le phénomène de dépression saisonnière – qui est par exemple plus fréquent en Scandinavie, où les journées sont très courtes en hiver.

Comment décririez-vous notre rapport à la lumière aujourd’hui ?

La lumière a une connotation très positive, elle représente sécurité et modernité. L’obscurité est, elle, inquiétante, voire effrayante pour les enfants par exemple. Il ne faut pas non plus oublier que nous vivons dans une société capitaliste : on peut vendre des somnifères et des gélules de mélatonine, on peut vendre de la lumière, mais c’est beaucoup plus difficile de vendre de l’obscurité…

Notre mode de vie fait que nous passons nos journées à l’intérieur, où nous sommes moins exposés à la lumière naturelle, et le soir on allume les lumières. Nous sommes dans une demi-obscurité constante, un rythme journalier artificiel, un jet-lag permanent.


« Beaucoup de personnes ne réalisent pas encore que la lumière déclenche de nombreux processus chimiques dans notre corps. Par exemple, en s’exposant à la lumière naturelle du soleil, on maximise notre production de sérotonine, qu’on appelle ‘hormone du bonheur‘. Le soir, quand l’obscurité commence à se faire, cette hormone se transforme en mélatonine, elle en est la matière première. »

Dr. Annette Krop-Benesch

Devrions-nous adapter notre mode de vie au rythme de la lumière naturelle ? Quels en seraient les bénéfices ?

C’est de cette façon que vivaient nos ancêtres, avec un cycle de sommeil calé sur le lever et le coucher du soleil. Aujourd’hui, on dort trop peu et souvent pas aux bons horaires. Et c’est une vraie perte pour l’économie mondiale ! Une étude de 2016 du RAND Corporation (un institut de recherche américain indépendant et à but non lucratif, ndlr) sur le coût économique du manque de sommeil montre que le manque de sommeil parmi la population active américaine coûte à l’économie jusqu’à 411 milliards de dollars par an, soit 2,28 % du PIB du pays.

Quand on dort mieux, on est plus productif, plus créatif, plus à même de gérer ses émotions et celles des autres. Dans les écoles où les cours commence plus tard, les élèves ont de meilleures notes, ils sont moins souvent malades, il y a moins de retard, moins de bagarres et de disputes.

Quelles sont les solutions disponibles pour réduire l’impact de la lumière artificielle sur notre santé ?

Annette Krop-Benesch a participé à la conférence conférence « Save light at night » organisée à Hesperange en mars dernier.
Annette Krop-Benesch a participé à la conférence conférence « Save light at night » organisée à Hesperange en mars dernier. - © Picto

Certaines lumières sont plus « saines » que d’autres. Les LED actuelles ne sont pas bonnes pour notre sommeil car elles contiennent trop de lumière bleue, il faut des ampoules avec une température plus chaude, plus jaune. Nous avons aussi réalisé que nous avons besoin de lumière proche de l’infrarouge : elle répare nos cellules, nos yeux, elle est très bénéfique. Tout cela est faisable avec des LED, mais plus couteux, et l’industrie est très lente à s’emparer du sujet.

Certaines choses existent sur le marché, comme les lunettes anti-lumière bleue qui sont utiles quand on travaille devant un ordinateur – mais attention car nous avons besoin de cette lumière bleue pendant la journée. Je conseille souvent d’utiliser les filtres de lumière bleue sur le téléphone portable, d’essayer de passer ses nuits dans une obscurité quasi-totale ou encore d’adapter la température de son éclairage intérieur à ses besoins réels. Des améliorations se font ressentir dès quelques semaines ou quelques mois !

Et comme l’humain, la nature a aussi besoin d’obscurité durant la nuit pour être en bonne santé.

Bien sûr ! Les animaux nocturnes sont extrêmement perturbés par l’éclairage artificiel la nuit. Leur cycle de sommeil est déréglé, ils sont éblouis, attirés et mis en danger par ces lumières. La biodiversité a besoin de zones et de périodes sombres, notamment pour se régénérer.

Une nature en « bonne santé » la nuit, c’est aussi une meilleure qualité de vie pour les humains. Les chercheurs ont par exemple démontré le lien émotionnel, cognitif et comportemental des individus avec le ciel nocturne : une forte connexion avec le ciel nocturne est associée à des avantages significatifs pour la santé mentale et le bonheur d’une personne. À l’inverse, les personnes vivant dans des zones de forte pollution lumineuse se sentent moins connectées au ciel et sont moins susceptibles de le protéger.

Aujourd’hui, nos sens sont constamment stimulés, il y a du bruit et de la lumière partout. Offrons-nous plus d’obscurité - elle s’accompagne aussi bien souvent de silence - pour avoir plus de paix.

Propos recueillis par Léna Fernandes

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Minrond : vos données santé sous coffre-fort luxembourgeois
Minrond : vos données santé sous coffre-fort luxembourgeois

InTech et Lumena dévoilent Minrond, une application qui intègre les données de santé dans un coffre-fort chiffré. Au programme, un suivi du bien-être, des agents IA spécialisés et une souveraineté assumée pour éviter de confier ses informations les plus intimes à ChatGPT ou aux géants américains.

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Une montre au poignet, une bague connectée à l’index, une balance qui mémorise chaque pesée : les objets de santé connectés prolifèrent. Reste à savoir où atterrissent leurs données, et qui les lit. C’est le pari de Minrond, une application développée conjointement par InTech (Luxembourg) et le startup studio français Lumena, qui propose à ses utilisateurs un coffre-fort numérique pour reprendre la main sur leurs informations biométriques.

Un coffre-fort contre les silos

Le constat de départ tient en quelques chiffres. « Des objets comme ça, il y en a un milliard en circulation dans le monde. Et il s’en vend 250 millions par an », rappelle Michel Onfray, fondateur de Lumena.

Michel Onfray
Michel Onfray - © Eve Millet / Picto

« Chaque appareil est connecté à son application maison, en silo. » Pour combler le vide, beaucoup d’utilisateurs finissent par copier-coller leurs analyses biologiques dans ChatGPT. Une pratique plus courante qui inquiète les deux porteurs de projets.


« En termes de souveraineté en Europe, ce n’est quand même pas terrible. Un jour, si un Américain appuie sur une gâchette et dit ‘vous n’avez plus accès à toutes ces informations’, c’est ennuyeux. Au-delà, ce sont des données qui pourraient être cédées, vendues, et on ne le sait pas. »

Michel Onfray, fondateur de Lumena

Minrond – un nom en elfique ancien emprunté à la Terre du Milieu de Tolkien, qui signifie « l’anneau de pouvoir » - incorpore ces flux dispersés dans un coffre-fort chiffré. L’utilisateur seul en détient la clé. « Personne d’autre que lui ne peut accéder à ses données, même pas les administrateurs de la plateforme », insiste Fabrice Croiseaux, CEO d’InTech. L’application établit ensuite des corrélations simples entre la qualité du sommeil, la prise de médicaments et l’activité physique, pour rendre visible des liens souvent ignorés.

Quand l’environnement entre dans l’équation

Pour la partie intelligence artificielle, InTech mobilise sa plateforme propriétaire baptisée « Breign », contraction de Brain et Sovereign. L’idée est d’industrialiser ce que font déjà les power users de ChatGPT, qui maîtrisent l’art du prompt. « Toute cette connaissance, on la met dans des bases de connaissances et on fait du pre-prompting », explique Fabrice Croiseaux. « 

Fabrice Croiseaux
Fabrice Croiseaux - © Eve Millet / Picto

On peut changer de fournisseur d’intelligence artificielle uniquement en appuyant sur un bouton, ou même sans que l’utilisateur le sache. »


« L’objectif ultime, c’est que les gens se sentent bien le plus longtemps possible. Le subjectif est, pour le patient, plus important que l’objectif. »

Fabrice Croiseaux, CEO d’InTech

Cette dimension recoupe l’intuition d’un nombre croissant de chercheurs : l’exposome – l’ensemble des expositions environnementales subies tout au long d’une vie – pèserait autant que la génétique dans l’apparition de nombreuses pathologies. « La génétique arme le fusil, le style de vie appuie sur la gâchette », rapporte Michel Onfray, citant une formule entendue auprès de Judith Stern, chercheuse spécialisée dans les marqueurs ADN du cancer. Confrontée à des familles présentant les mêmes marqueurs mais des trajectoires opposées – sept cancers à 20 ans pour les uns, aucun à 80 pour les autres – elle voyait dans la concentration de telles données un terrain de recherche encore inexploité.

L’application ne pose pas de diagnostic et ne prescrit rien. Elle alerte, oriente, passe la main au corps médical. Lors d’une consultation, l’utilisateur peut déverrouiller temporairement son coffre-fort pour son généraliste, qui accède aux pesées, tensions et derniers résultats d’analyses. Une fois la consultation close, l’accès est coupé.

Une bêta entre le Luxembourg et la Lorraine, l’Europe en ligne de mire

Cinquante utilisateurs testent actuellement la version bêta. La suite dépend moins du calendrier que du taux de rétention. « Si on arrive à les faire revenir régulièrement chaque jour, on aura gagné », résume Michel Onfray. Le périmètre initial mise sur la complémentarité entre Luxembourg, Metz et Nancy. « Le Luxembourg donne une dimension européenne beaucoup plus importante par le multilinguisme et le multiculturalisme », souligne le dirigeant. L’application, d’abord disponible en français, sera ensuite traduite en anglais et en allemand.

L’objectif à plus long terme est de décrocher le label dispositif médical 2A au niveau européen, un sésame à 150.000 euros minimum. Un conseil scientifique se met en place, avec le titulaire de la chaire santé de l’IAE Metz School of Management et des médecins du Centre Hospitalier Régional Universitaire. Côté modèle économique, le duo regarde vers les laboratoires pharmaceutiques qui pourraient suivre des cohortes testant une molécule en disposant de l’intégralité de leur environnement de vie. Les données partagées seraient anonymisées et chiffrées, sans peser sur l’utilisateur final.

« Aujourd’hui, on agrège les données parce qu’on n’a pas la possibilité de faire autrement », reconnaît Fabrice Croiseaux, qui anticipe une bascule vers le futur dossier santé numérique européen. « Mais l’analyse subjective, la visualisation et le partage avec un praticien ‘vont rester chez nous’. C’est la valeur ajoutée à la solution. »

Sébastien Yernaux
Photos : Eve Millet / Picto

Quand la cosmétique naturelle devient un acte de santé globale
Quand la cosmétique naturelle devient un acte de santé globale

La peau est notre première barrière de protection. Choisir une cosmétique naturelle, simple et consciente, c’est aussi faire un pas vers une meilleure santé globale. Décryptage d’un lien encore sous-estimé entre soin, bien-être et prévention.

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Longtemps considérée comme un sujet purement esthétique, la cosmétique s’impose aujourd’hui comme un véritable enjeu de santé. La peau, notre plus grand organe, joue un rôle essentiel : elle protège le corps des agressions extérieures, participe à la régulation thermique et agit comme une barrière immunitaire. Ce que nous appliquons quotidiennement sur elle n’est donc jamais anodin.

Une exposition quotidienne invisible

Selon plusieurs études européennes, une personne utilise en moyenne entre 7 et 12 produits cosmétiques par jour : savon, crème, lotion, maquillage, parfum… Ces produits peuvent contenir des substances controversées, comme certains conservateurs ou parfums de synthèse. Pris isolément, ils respectent la réglementation, mais leur accumulation soulève des interrogations sur le long terme, notamment pour les publics les plus vulnérables.
« La santé ne se limite pas à l’absence de maladie, elle se construit aussi dans les gestes du quotidien. »

Cosmétique naturelle : moins mais mieux

La cosmétique naturelle repose sur une logique de sobriété : des formules plus courtes, des ingrédients compréhensibles et majoritairement d’origine végétale. Beurres, huiles, cires et extraits de plantes nourrissent et protègent la peau tout en respectant son fonctionnement naturel. Cette approche limite les risques d’irritation ou de déséquilibre cutané, en particulier pour les peaux sensibles, réactives ou fragilisées.

Prévention et transmission

Adopter une cosmétique plus saine, c’est aussi entrer dans une démarche préventive. Comprendre la composition d’un produit, apprendre à reconnaître les besoins réels de sa peau et transmettre ces connaissances permet de consommer moins, mais mieux. Les ateliers de cosmétique naturelle jouent ici un rôle clé : ils redonnent confiance, autonomie et esprit critique face aux discours marketing.

Un impact positif sur la santé mentale

Prendre soin de soi de manière consciente possède également une dimension mentale et émotionnelle. Préparer un soin, choisir une texture, apprécier une odeur naturelle devient un rituel apaisant. Ces moments favorisent le ralentissement, la présence à soi et participent à la réduction du stress, un facteur déterminant de la santé globale.

Santé humaine et santé environnementale

Enfin, la santé humaine ne peut être dissociée de celle de l’environnement. Les résidus de produits cosmétiques finissent dans l’eau et les écosystèmes. Opter pour des ingrédients biodégradables, des circuits courts et des emballages durables contribue à réduire une pollution discrète mais persistante. Prendre soin de sa peau, c’est aussi prendre soin du vivant.

Choisir la cosmétique naturelle, ce n’est donc pas suivre une tendance, mais s’inscrire dans une démarche cohérente, responsable et durable, au croisement de la santé, du bien-être et de l’écologie.

Texte et visuel de MissBak

La Stëmm vun der Strooss met le travail au service de la santé
La Stëmm vun der Strooss met le travail au service de la santé

La Stëmm vun der Strooss a pour mission de favoriser l’intégration sociale et professionnelle de personnes défavorisées. Alexandra Oxacelay, directrice, explique en quoi cette association luxembourgeoise adapte le travail qu’elle propose à leurs situations.

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Quels sont les problèmes de santé auxquels font face les personnes à qui vous offrez un emploi ?

Dans nos ateliers, nous employons des personnes qui souffrent de dépendance, qui ont des problèmes physiques liés à leur ancienne activité professionnelle ou encore à leur âge. En tout cas, elles ne peuvent plus trouver d’emploi sur le marché du travail « classique ».

La Stëmm propose un deuxième marché, parallèle au premier, pour ces personnes défavorisées et malades, qui n’arrivent plus à répondre aux normes, de plus en plus strictes, imposées par la société. Pour les réinsérer professionnellement, nous leur proposons un poste dans l’un de nos cinq ateliers, où ils sont encadrés par des travailleurs sociaux de notre asbl.

Quelles sont les particularités de ces emplois proposés par la Stëmm ?

Sur le premier marché du travail, on définira le profil recherché par rapport au résultat qu’on veut atteindre, et il sera souvent - ou toujours - question de productivité. Alors que chez nous, l’objectif n’est pas de produire, mais de faire travailler un maximum de personnes pendant un maximum de temps. Nous cherchons donc le poste le plus adapté à la personne en face de nous pour ne pas la mettre dans une situation de stress, ce qui pourrait aggraver ou déclencher une maladie.

Nos employés en réinsertion professionnelle sont encadrés par des assistants et des éducateurs sociaux, qui sont à l’écoute de leurs besoins. Si au bout d’un certain temps, une personne a besoin de changer de poste car celui qu’elle occupe ne convient plus, on va la réorienter. Le fait d’avoir plusieurs ateliers, et donc une grande diversité de métiers, permet cette adaptabilité.

En quoi l’accès à un emploi adapté permet d’améliorer la santé globale des personnes défavorisées ?

Nous essayons déjà de stabiliser l’état des personnes que nous accueillons, car certaines sont réellement en danger. Si on y arrive, c’est une première victoire. Cela passe par leur offrir de bonnes conditions de travail, qui ne vont pas aggraver leur maladie. Nous faisons de la sensibilisation quant à leur bien-être physique, mais aussi mental – la Stëmm est d’ailleurs conventionnée par le ministère de la Santé.


« Travailler à la Stëmm représente la dernière solution pour ceux et celles que nous accueillons, leur dernière chance de trouver un travail. »

Alexandra Oxacelay, directrice de la Stëmm vun der Strooss

Plus largement, le but est de leur donner les clés pour qu’elles s’en sortent. Il faut que ces gens se rendent compte que leur santé a une valeur, qu’ils ont une place dans la société.

Propos recueillis par Léna Fernandes
Photos : © Picto

Une étude inédite sur les mutilations génitales féminines
Une étude inédite sur les mutilations génitales féminines

UNICEF Luxembourg publie une estimation du nombre de filles et de femmes concernées par les mutilations génitales féminines (MGF) au Luxembourg. Environ 3.300 personnes vivant dans le pays auraient subi ces pratiques ou seraient exposées à un risque. Un constat qui appelle à renforcer la prévention, la détection et l’accompagnement.

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Parmi les personnes concernées, près de 2.200 filles et femmes auraient probablement subi des mutilations génitales féminines, tandis qu’environ 1.100 filles âgées de 0 à 19 ans sont considérées comme à risque.

Ces chiffres mettent en lumière une réalité encore largement méconnue au Luxembourg, malgré ses conséquences graves sur la santé, le bien-être psychologique et les droits fondamentaux des filles et des femmes.

Un enjeu de santé publique et de droits humains

Les mutilations génitales féminines constituent une atteinte grave aux droits humains. Elles peuvent provoquer des douleurs chroniques, des complications médicales, des traumatismes psychologiques durables et des difficultés sociales.

Si le Luxembourg dispose d’un cadre légal clair interdisant ces pratiques, les situations restent encore peu détectées, notamment en raison d’un manque de sensibilisation et de formation spécifique parmi certains professionnels.


« Derrière ces chiffres, il y a des parcours de vie, des risques réels et la nécessité d’agir de manière coordonnée. »

Paul Heber, responsable de la communication chez UNICEF Luxembourg.

Une étude pour mieux orienter l’action

Réalisée avec GrewIA, l’étude s’appuie sur des données statistiques luxembourgeoises croisées avec des indicateurs internationaux issus notamment de l’UNICEF et de l’Organisation mondiale de la santé.

Au-delà des chiffres, elle formule 20 recommandations concrètes à destination des autorités publiques et des acteurs de terrain. Parmi les priorités identifiées :

  • renforcer la prévention et l’information
  • former les professionnels concernés
  • améliorer l’accompagnement médical, psychologique et social
  • intégrer davantage la question dans les politiques d’asile et de migration
  • soutenir la recherche et la collecte de données
  • renforcer les programmes internationaux de lutte contre les MGF

Parmi ces priorités figure également le renforcement des actions communautaires, en impliquant davantage les personnes issues des communautés concernées.

Un exemple de service de terrain est le GAMS Luxembourg, créé avec le soutien de la Fondation André Losch, en juillet 2025, qui déploie son action autour de quatre axes complémentaires : prévenir, protéger, accompagner et former.

« Pour être efficaces, les actions de prévention doivent être adaptées, inclusives et construites avec les communautés concernées. Le travail de sensibilisation par les pairs est essentiel pour créer un changement durable », explique Pascale Zaourou, coordinatrice, GAMS Luxembourg.

Un défi mondial, une responsabilité locale

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Cliquez sur l’image pour afficher la carte en plus grand - ©UNICEF

À l’échelle mondiale, plus de 230 millions de filles et de femmes ont subi des mutilations génitales féminines. Chaque année, environ 4 millions de filles supplémentaires restent exposées à ce risque.

Pour UNICEF Luxembourg, cette étude rappelle qu’au-delà d’un enjeu international, la protection des filles et des femmes se joue aussi localement, à travers des services accessibles, des professionnels formés, des politiques adaptées et une mobilisation collective.

Pour en savoir plus, l’étude complète est disponible sur unicef.lu/mgf

Texte et visuel d’UNICEF Luxembourg

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