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Publié le 21 mai 2024
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mai 2024

Connectons nos territoires

« La coopération transfrontalière nécessite énormément d’engagement et de confiance entre les opérateurs. Beaucoup disent que c’est une histoire de personnes, plus que d’institutions. »

Alexandre Petit, chef du service Stratégie territoriale d’IDELUX Développement

Connectons nos territoires
Le petit puzzle de la Grande Région
Le petit puzzle de la Grande Région

Enclavé entre l’Allemagne, la Belgique et la France, le Luxembourg prend finalement peu de place au cœur de ce territoire transfrontalier. Démographiquement aussi, il ne représente qu’une minime partie d’une population culminant à 11,5 millions de citoyens. Mais cette pièce centrale vient compléter un puzzle autrement fragmentaire.

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Tel un aimant, il attire 228.000 travailleurs des pays voisins, séduits par un niveau salarial plus élevé qu’à leur domicile. Des navetteurs toujours plus nombreux, que ni les transports en commun saturés, ni les embouteillages et travaux à répétition ne semblent décourager.

À leur tour, les Luxembourgeois sont séduits par la France (24%), l’Allemagne (10%) et la Belgique (10%) pour leurs voyages de loisirs (chiffres Statec 2021). Ceux-ci représentent en effet les trois destinations les plus prisées par les résidents, même si on devine qu’une bonne partie de ces pérégrinations s’effectuent au-delà des territoires compris dans cette Grande Région.

Que regroupe-t-elle exactement ? Selon la source la plus officielle, le Sommet de la Grande Région :


« Il s’agit de cinq régions dans quatre pays fondateurs de l’UE. Le Grand-Duché de Luxembourg, la Wallonie avec la Fédération Wallonie-Bruxelles et Ostbelgien en Belgique, le territoire lorrain du Grand Est en France et la Rhénanie-Palatinat et la Sarre en Allemagne. Ce sont au total onze partenaires qui forment un espace de coopération en faveur d’une coexistence sans frontières, l’un des principes fondamentaux de l’UE. »

À gauche, la carte du Sommet de la Grande Région (©Sommet GR). À droite, le territoire concerné par la programmation Interreg Grande Région en cours (©GeoBasis-DE/BKG, IGN France, NGI-Belgium, ACT Luxembourg)
À gauche, la carte du Sommet de la Grande Région (©Sommet GR). À droite, le territoire concerné par la programmation Interreg Grande Région en cours (©GeoBasis-DE/BKG, IGN France, NGI-Belgium, ACT Luxembourg)

Si on s’en réfère à Interreg Grande Région, outil européen de soutien financier aux projets transnationaux, le tracé s’étend moins largement, resserrant finalement le périmètre au plus proche du Luxembourg, central. On remarque d’ailleurs que sur les 25 projets actuellement en cours, 20 intègrent le pays des Gromperekichelcher.

Mais si le Luxembourg - et son économie florissante – semble former une grande pièce du puzzle, il ne faut toutefois pas oublier qu’il compte à son tour sur ses voisins, non seulement pour disposer de main-d’œuvre qualifiée, de clients et de touristes – mais aussi pour s’approvisionner en électricité et en gaz. Des interconnexions vitales pour le petit pays qui ne produit que 20% de son électricité et presque aucun gaz.

Dans tous les domaines, les échanges peuvent être gagnants-gagnants, s’ils sont abordés intelligemment et dans un respect mutuel. Vous en découvrirez quelques-uns dans ce dossier, allant de la pollution de l’eau au tourisme, en passant par les green tech et la jeunesse.


« La coopération transfrontalière nécessite énormément d’engagement et de confiance entre les opérateurs. Beaucoup disent que c’est une histoire de personnes, plus que d’institutions. »

Alexandre Petit, chef du service Stratégie territoriale d’IDELUX Développement

S’il n’y a plus de frontière physique entre ces régions voisines, c’est donc sur la bonne entente et la gestion administrative que reposent ces échanges. Quatre petites pièces qui n’hésitent pas à assembler leurs forces au sein de relations multiculturelles enrichissantes.

Marie-Astrid Heyde

« Un symbole de l'intégration européenne »
« Un symbole de l’intégration européenne »

Le Luxembourg est au cœur de la Grande Région. Une alliance importante autant sur le plan économique qu’humain. Rencontre avec le Vice-Premier ministre Xavier Bettel, en charge notamment des Affaires étrangères et du Commerce extérieur.

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Pourriez-vous me donner un retour sur la visite de trois jours en Belgique qui s’est déroulée en avril dernier ? Y a-t-il eu de nouveaux contrats de collaborations signés entre les deux pays ou pour des entreprises luxembourgeoises ?

La visite d’État luxembourgeoise en Belgique était avant tout une rencontre entre amis. L’objectif de la mission était de renforcer et de stimuler les relations existantes, et de faire progresser les efforts de recherche et d’innovation entre le Luxembourg et la Belgique.

Le programme économique, focalisé sur l’espace, la défense et la cybersécurité, les technologies de la santé ainsi que sur les énergies renouvelables, la construction durable et le tourisme, a compris entre autres un forum d’affaires, des séminaires sectoriels et des réunions b2b tout comme des visites d’entreprises et de centres de recherche. La délégation économique luxembourgeoise qui a participé à cette visite d’État est une des plus importantes de tous les temps.

Le premier jour de la visite d’État, j’ai signé, avec mon homologue belge Hadja Lahbib, un mémorandum d’entente pour l’échange de diplomates entre les capitales des deux pays. Fluxys Belgium et Creos ont signé le 17 avril une lettre d’intention portant sur la coopération future dans le domaine de l’infrastructure hydrogène. De même, un mémorandum d’entente entre HITEC Luxembourg et AMOS sur le développement et la commercialisation conjointe d’une antenne optique commune, a été signé le jeudi 18 avril.

Signature du Mémorandum d'entente pour l'échange de diplomates entre Hadja Lahbib et Xavier Bettel.
Signature du Mémorandum d’entente pour l’échange de diplomates entre Hadja Lahbib et Xavier Bettel. - ©SIP / Emmanuel Claude

Le Luxembourg est au cœur de la Grande Région. Quel rôle occupe-t-il ? Quels sont les avantages de cette collaboration ? Quelles sont les spécificités du Grand-Duché par rapport à ses voisins ?

Le Luxembourg est le seul État souverain à l’échelle de la Grande Région. Il est le siège de nombreuses institutions européennes. Le pays se distingue par une population plurilingue et cosmopolite qui constitue une véritable plus-value en termes d’attractivité et de compétitivité pour le Luxembourg et la Grande Région.

Le Luxembourg et les régions partenaires de la Grande Région entretiennent des relations très étroites. Ce carrefour du monde germanique et latin est un important espace transfrontalier européen qui doit son essor à la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. La Grande Région est devenue un symbole de l’intégration européenne vécue au quotidien.

Au niveau des importations, est-ce que la Grande Région est le principal fournisseur de produits ? Si oui, lesquels principalement ? Si non, est-ce que des efforts sont mis en œuvre pour limiter les importations lointaines ?

Le commerce de biens luxembourgeois est très focalisé sur ses pays voisins. En 2022, 72,8% des biens importés au Luxembourg provenaient des pays de la Grande Région. En ce qui concerne les exportations de biens luxembourgeois, 65,4% étaient à destination de ces pays-ci. Les régions et pays voisins sont donc des partenaires commerciaux privilégiés du Grand-Duché, ce qui s’illustre aussi par les relations étroites entre les entreprises de la région. En mars 2024, la Chambre de Commerce a organisé une mission économique en Sarre dédiée aux sujets des technologies digitales, de la cybersécurité, des industries créatives et start-ups innovatrices. De telles initiatives sont d’une importance primordiale pour développer encore davantage les liens économiques au sein de la Grande Région, et ce aussi pour promouvoir une économie de proximité durable.

La Chambre de Commerce a organisé une mission économique en Sarre avec la ministre Stéphanie Obertin.
La Chambre de Commerce a organisé une mission économique en Sarre avec la ministre Stéphanie Obertin. - ©Ministère de l’Économie, de l’Innovation, du Numérique et de l’Énergie du Land de la Sarre

Au niveau des travailleurs frontaliers, qu’est-ce que le Luxembourg peut encore réaliser pour améliorer leur venue ? Est-ce un avantage ou un inconvénient d’en accueillir autant au quotidien ?

Le Luxembourg accueille quotidiennement environ 228.000 travailleurs frontaliers, ce qui représente 47 % de l’ensemble des salariés. Nous sommes reconnaissants de leur contribution et conscients de leur importance.

Nous avons des échanges réguliers avec nos pays voisins. Je me réjouis qu’il y ait une volonté partagée au niveau de la Grande Région de travailler étroitement ensemble pour faciliter la vie des citoyens de part et d’autre de la frontière. Il est important d’avancer sur des dossiers qui les touchent au quotidien, notamment dans le domaine de la mobilité où des travaux conséquents ont pu être engagés ces dernières années (investissements substantiels dans le ferroviaire, élargissement de l’A3, construction de nombreux P&R, financement et optimisation des lignes de bus transfrontalières).

Propos recueillis par Sébastien Yernaux
Photos : SIP / Claude Piscitelli / Emmanuel Claude

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Le « Grand Luxembourg » transfrontalier, projet essentiel de codéveloppement
Le « Grand Luxembourg » transfrontalier, projet essentiel de codéveloppement

Carte blanche de Vincent Hein, directeur de Fondation Idea asbl

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La croissance économique et démographique ininterrompue du Luxembourg au cours des dernières décennies a contribué à faire émerger une métropole transfrontalière dans laquelle le Grand-Duché et les régions limitrophes sont toujours plus interdépendants. Les flux économiques et sociaux y ont pris une telle ampleur qu’ils sont parfois devenus vitaux pour les entreprises, les habitants, et l’économie en général. Ce modèle de développement génère des opportunités, mais il peut également comporter des risques, en particulier en l’absence d’une dynamique de coopération adéquate. Dans cette région, les politiques de coopération transfrontalière, qui se sont pendant longtemps focalisées sur l’amélioration des mobilités, devraient sensiblement évoluer vers une nouvelle étape : celle de la construction d’un projet de territoire partagé entre le Luxembourg et ses régions limitrophes.


La plupart des 230.000 travailleurs non-résidents (qui représentent près de la moitié des actifs en emploi) vivent dans un territoire qui dépasse les frontières grand-ducales de plusieurs dizaines de km, dessinant un « Grand Luxembourg » de près de 2 millions d’habitants.

Le marché du travail transfrontalier est l’aspect le plus visible de l’intégration économique entre le Luxembourg et les régions limitrophes, mais il n’est pas le seul. Dans le sillage de son développement, d’autres phénomènes contribuent à rendre le Grand-duché et ses voisins toujours plus dépendants les uns des autres, sans pour autant que n’existent de véritables outils de gouvernance, ni de projet propre à ce territoire bien spécifique.

Pourtant, la perspective d’une poursuite de l’expansion économique et démographique de cet espace pourrait bien révéler de sérieux goulets d’étranglement, qu’une approche coopérative permettrait d’envisager plus sereinement.


Le manque de disponibilité de main-d’œuvre qualifiée, la rareté et le prix du logement, la saturation des infrastructures de transport, la faible disponibilité foncière pour les activités économiques et les incontournables contraintes environnementales sont des paramètres toujours plus contraignants de l’équation du développement luxembourgeois dont la clef se trouve en partie de l’autre côté des frontières nationales.

À mesure que ces défis se précisent, l’opportunité de faire émerger un projet de territoire partagé avec les régions (et les États) limitrophes grandit. Il consisterait à élaborer une vision commune pour un développement dynamique, cohérent et soutenable de la métropole transfrontalière du Luxembourg dans les deux ou trois prochaines décennies. Cette vision, qui serait naturellement à décliner en projets concrets, permettrait au Luxembourg d’aborder certains sujets stratégiques pour son développement mais pour lesquels il n’a pas forcément de possibilités d’agir directement, tandis qu’elle permettrait aux régions voisines de trouver des moyens de mieux bénéficier du dynamisme économique grand-ducal et d’aider à assurer la pérennité de ce moteur économique.

Si les aubaines permises par le modèle transfrontalier restent nombreuses, l’intégration transfrontalière ne débouche toutefois pas uniquement sur des relations d’intérêt « gagnant-gagnant » dans tous les domaines. L’actualité autour des difficultés de recrutement dans certains secteurs (comme la santé) est un exemple illustrant que les politiques de coopération cherchant une meilleure mobilité à l’intérieur de la région sont une condition certes nécessaire mais pas suffisante à un bon équilibre du marché du travail pris dans son ensemble. Compte tenu des projections démographiques défavorables dans la Grande Région, elles pourraient utilement être complétées à la fois par des politiques visant à renforcer l’attractivité de l’ensemble du territoire transfrontalier pour de nouveaux actifs, mais aussi par la mise en commun de certains dispositifs de formation, voire la création de nouveaux projets, en particulier dans les métiers les plus en tension.


Rendre la métropole transfrontalière du Luxembourg plus attractive et plus soutenable nécessiterait également une meilleure coordination en matière d’aménagement du territoire, d’urbanisme et de mobilité.

Il importerait par exemple de viser une densification des territoires frontaliers proches des infrastructures qui devraient être identifiés ensemble dans une vision territoriale commune. En outre, il serait nécessaire d’améliorer les liaisons ferroviaires transfrontalières et de mettre en œuvre une intégration plus poussée de la gestion des transports en commun (lignes, tarification, sociétés d’exploitation, etc.).

Un tel projet pourrait mener à créer de nouveaux organes de coordination et de décision transfrontaliers qui se superposent mieux au territoire, mais aussi des mécanismes de financement à la hauteur des enjeux et encadrés dans des conventions bilatérales. La Fondation IDEA asbl tout comme le Conseil économique et social ont formulé de nombreuses recommandations dans le domaine. Si le temps presse, il n’est pas trop tard pour bien faire !

Vincent Hein, directeur de Fondation Idea asbl
Photo : Fondation Idea

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Un hub économique en pleine expansion
Un hub économique en pleine expansion

La Grande Région, avec ses 11,7 millions d’habitants et son PIB de 412 milliards d’euros, soit près de 2,5 % du PIB de l’UE, est un acteur économique majeur sur la scène européenne. En 2021, lors du 17e Sommet de la Grande Région, les données statistiques publiées démontraient la vitalité et la diversité de cette région transfrontalière.

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Avec environ 5,3 millions d’habitants actifs, dont 75% travaillent dans le secteur tertiaire, 17% dans l’industrie, 7% dans la construction et 1% dans l’agriculture, la Grande Région est caractérisée par un fort dynamisme économique. Le travail transfrontalier est une caractéristique essentielle de cet espace économique interrégional, avec plus de 250.000 travailleurs traversant les frontières chaque jour.

Le tourisme joue également un rôle significatif dans l’économie régionale, avec une moyenne annuelle de 17 millions de touristes ayant visité la Grande Région. Ces derniers ont généré environ 38 millions de nuitées, avec une durée moyenne de séjour dans l’hôtellerie de 2,3 jours.

En termes de mobilité, le parc de véhicules de la Grande Région compte plus de 6,6 millions de voitures particulières, ce qui se traduit par un taux de motorisation moyen de 568 voitures pour 1.000 habitants. Cette connectivité accrue facilite les échanges commerciaux, le tourisme et la coopération transfrontalière.

La fiche bilingue « La Grande Région en chiffres - Die Großregion in Zahlen », coéditée par le STATEC en partenariat avec les Offices statistiques de la Grande Région, offre un aperçu des indicateurs clés de la région, disponibles sur le Portail Statistique de la Grande Région. Ces données mettent en lumière la croissance continue et la prospérité de cette région transfrontalière en plein essor.

Échanges et renforcements des liens

Cette zone est un exemple de coopération réussie entre plusieurs entités géographiques, culturelles et économiques, démontrant que la collaboration transfrontalière peut conduire à des avantages mutuels et à une croissance économique durable.

Le potentiel économique de la Grande Région est également soutenu par son caractère multiculturel et multilingue, qui favorise les échanges interculturels et renforce les liens entre les différentes communautés. Cette diversité culturelle et linguistique est une richesse qui contribue à l’attrait de la région pour les investisseurs internationaux et les visiteurs.

En outre, la Grande Région bénéficie d’une situation géographique stratégique au cœur de l’Europe, ce qui en fait un carrefour commercial important et un centre logistique clé. Cette position centrale offre des opportunités uniques pour le développement économique et la coopération transfrontalière dans des domaines tels que le commerce, la recherche, l’innovation et la formation.

Cependant, malgré ses nombreux atouts, la Grande Région est également confrontée à des défis, notamment en matière de développement durable, de cohésion sociale et de compétitivité économique. Pour relever ces défis, une coopération renforcée entre les différents acteurs régionaux est essentielle, ainsi qu’une vision stratégique commune et des politiques coordonnées.

Sébastien Yernaux, sur base des études réalisées par le STATEC

IDELUX, porteur de projets Interreg Grande Région
IDELUX, porteur de projets Interreg Grande Région

En province de Luxembourg, le groupe d’intercommunales IDELUX travaille au service du bien-être des citoyens et du développement socio-économique. Cela passe aussi par des échanges de bonnes pratiques ou par des projets communs, au-delà des frontières provinciales.

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Alexandre Petit, chef du service Stratégie territoriale et Estelle Paquay, conseillère en Stratégie territoriale, présentent les dossiers Interreg Grande Région déposés par IDELUX dans le cadre de la programmation 2021-2027.

Concrètement, qui peut déposer un projet Interreg ?

Alexandre Petit : « Tout le monde, organisme public, privé, associatif… Il n’y a pas de restrictions, mais des règles à respecter. Il faut notamment disposer des ressources humaines et financières pour mener ces projets à bien, car le remboursement se fait a posteriori. Par ailleurs, afin de responsabiliser les porteurs, l’Europe exige qu’ils apportent au minimum 10% du financement. »

Y a-t-il une ambition de durabilité dans tous les projets Interreg que vous menez ?

Alexandre Petit
Alexandre Petit

AP : « Oui, c’est une obligation. Tous les projets sont déposés dans des programmes développés par les autorités compétentes, à savoir pour Interreg GR : les représentants de la Wallonie, du Grand-Duché de Luxembourg, de la Sarre, de la Rhénanie-Palatinat, et des départements de la Meuse, Moselle et Meurthe-et-Moselle (région Grand-Est). Ils élaborent des stratégies validées par la Commission européenne, qui sont en lien avec les stratégies européennes, dont le Pacte vert européen. »

Combien de projets déposés par IDELUX sont en cours pour la programmation Interreg actuelle – 2021-2027 ?

Estelle Paquay : « Six de nos dossiers ont été acceptés et sont en cours de réalisation. Deux autres ont franchi la première phase et sont en attente de validation finale. »

Six projets en cours :

QualiSûre : proposer des solutions innovantes de traitement des pollutions de l’eau sur le bassin versant du barrage de la Haute-Sure. Partenaires financiers (PF) luxembourgeois : SIDEN, RTC4Water, Université du Luxembourg, LIST ;

IRGR - Immersion rurale en Grande Région : valoriser le patrimoine lié à la vie rurale d’antan. Un petit partenariat entre le Fourneau Saint-Michel à Saint-Hubert (Belgique) et les vieux métiers d’Azannes (France). La Province de Luxembourg, propriétaire du domaine du Fourneau Saint-Michel, est chef de file et IDELUX est son assistant à maitrise d’ouvrage ;

W.A.V.E. – Wood Added Value Enabler : dynamiser la chaîne de valeur du bois local et faire en sorte de rapatrier ou de relocaliser la chaîne de transformation du bois local. PF luxembourgeois : Luxembourg Wood Cluster (Luxinnovation) et Space Time (observation de l’espace pour cartographier la forêt) ;

R.E.C.I.E.S. (IDELUX partenaire méthodologique) : impulser une dynamique d’accélération industrielle et accompagner les entreprises dans leurs transformations environnementales, sociales, écologiques. PF luxembourgeois : LIST ;

Slowtourisme en GR : faire de la Grande Région une destination touristique orientée sur le slow tourism, donc développer les infrastructures et les équipements dédiés aux randonnées et au tourisme cyclable ;

Pro-motion’GR (IDELUX partenaire méthodologique) : faciliter la mobilité des stagiaires pour valoriser la Grande Région en tant que lieu de travail. PF luxembourgeois : Ministère de l’Éducation nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse.

AP : « Parmi les dossiers en cours de validation se trouve un projet de valorisation du patrimoine gallo-romain, sur base des sites d’Arlon, de Dalheim (LU) et de la ville de Trèves. La Ville d’Arlon sera le chef de file et IDELUX, son assistant à maitrise d’ouvrage.

Il y a aussi un dossier qui fait suite à Land of Memory (2014-2020), sur la construction européenne, avec une approche plus large que les guerres mondiales, cette fois sur la construction européenne. »

Estelle Paquay
Estelle Paquay

EP : « Et un dernier dossier a malheureusement reçu un no go sur sa version light (phase 1) et ne peut donc pas être déposé dans son entièreté en phase 2. Il s’agit de GR-TOGETHER, avec le ministère de la Mobilité et la commune de Differdange, pour promouvoir et développer des solutions de mobilité électrique et à l’hydrogène vert pour les véhicules plutôt lourds et dédiés à des services publics comme la collecte des déchets ou le nettoyage des rues.

Il y a d’autres projets entre la province de Luxembourg et le Grand-Duché de Luxembourg, sans IDELUX, comme l’Aménagement cyclable BELU entre Arlon et Luxembourg. »

AP : « Nous avons la volonté d’en déposer d’autres, soit pour notre compte, soit pour le compte de nos partenaires. »

Vous avez récemment lancé de nouvelles opportunités de collaboration dans le cadre des ZFT – zones fonctionnelles transfrontalières. Ne s’agit-il pas d’un projet Interreg ?

EP : « C’est une nouvelle opportunité qui s’inscrit bien dans le cadre d’Interreg GR pour la programmation 2021-2027, qui prévoit, dans sa priorité 3 – Une Grande Région plus proche de ses citoyens (voir vidéo priorités ci-dessous) -, la création de zones fonctionnelles transfrontalières dans toute la Grande Région et surtout aux frontières du Luxembourg avec les pays voisins. »

AP : « Il s’agit en quelque sorte d’un septième projet, puisqu’il a suivi les mêmes étapes de validation, mais il est à tel point spécifique qu’il est considéré comme une mission en parallèle. Les ZFT permettent à des territoires de renforcer la coopération transfrontalière autour de projets plus locaux et plus proches des citoyens. Il s’agit d’un nouveau concept européen. D’autres ZFT existent en Grande Région, notamment autour du GECT Alzette Belval entre le Luxembourg et la France, ou EOM entre le Luxembourg et l’Allemagne. »


Les 4 priorités du programme Interreg VI Grande Région 2021-2027


En dehors d’Interreg, quelles collaborations pourraient être envisagées ou renforcées entre IDELUX et le Grand-Duché ?

AP : « Nous venons d’inaugurer à Arlon, sur le site du campus de Liège, la Plateforme Technologique Habitat Durable (sur le parc Durabilis). Il s’agit d’un pôle de formation d’un certain niveau pour la construction durable et l’habitat, notamment en bois, dont l’ambition est d’identifier les besoins des futurs métiers dans ces domaines et de former le plus en amont possible. Durabilis a été financé par l’Europe et la Wallonie, et se trouve à deux pas du Luxembourg. Il est donc tout à fait envisageable de trouver des synergies entre les deux pays pour offrir des formations de qualité pour ce secteur.

Il y a également certainement des solutions win-win à trouver au niveau de la gestion des déchets ménagers. Le Luxembourg en génère de plus en plus, proportionnellement à sa croissance démographique. En Wallonie, IDELUX Environnement a énormément investi dans des infrastructures de valorisation des déchets qui sont disponibles. C’est toutefois compliqué en raison des lois sur les transferts de déchets. »

Marie-Astrid Heyde
Photos : Infogreen


IDELUX – 5 intercommunales (près de 550 personnes) :

  • IDELUX Développement : axée sur le développement socio-économique (accueil et accompagnement des entreprises) ; création de parcs d’activités
  • IDELUX Projets publics : assiste les Communes dans toute une série de projets publics : mobilité (pistes cyclables), infrastructures (piscine, centre sportif), culture, immobilier, etc.
  • IDELUX Eau : traitement, assainissement et alimentation en eau.
  • IDELUX Environnement : gestion et valorisation des déchets ménagers
  • IDELUX Finances : leasing immobilier pour les entreprises
Innovation : les green tech au cœur d'un projet Interreg
Innovation : les green tech au cœur d’un projet Interreg

Porté par Grand E-Nov+ en France, Greater Green+ peut notamment compter sur les expertises luxembourgeoises de Luxinnovation et de Neobuild pour soutenir et promouvoir les solutions durables en Grande Région.

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Charles-Albert Florentin
Charles-Albert Florentin - ©Luxinnovation/Marion Dessard

Ce tout nouveau projet Interreg Grande Région a été lancé fin mars lors d’une réunion des partenaires financiers à Belval. Ses ambitions ne sont toutefois pas neuves, puisqu’elles découlent du projet Greater Green : « Ce projet devait durer 3 ans, mais a été prolongé d’une année supplémentaire en raison de l’engouement des politiciens, en particulier allemands et luxembourgeois », cadre Charles-Albert Florentin, cluster manager Cleantech chez Luxinnovation. « Les quatre pays de la Grande Région étaient enthousiastes à l’idée de poursuivre la collaboration construite autour d’une bonne équipe et d’un thème commun, à savoir le développement durable. Après une année en stand-by, nous avons repris le projet car nous ressentions tous le besoin de le mener en phase 2 ; la phase 1 avait permis d’établir ce qui était réalisable, de créer un bon réseau de partenaires et de lancer quelques initiatives, mais il n’y avait encore rien de très concret. »

Avec un budget de 6,5 millions d’euros, Greater Green+ s’étend jusqu’au 29 février 2028. Durant ces quatre années, le consortium de partenaires d’Allemagne (Sarre), de Belgique (Wallonie), de France (Grand-Est) et du Luxembourg vont donc joindre leurs connaissances, leurs réseaux et leurs infrastructures pour faire émerger de nouvelles solutions collaboratives et transfrontalières au service de l’économie circulaire, de la résilience et de la frugalité des ressources (matières premières, eau, énergie). En bref : des green tech. « Nous aimerions atteindre une dizaine de projets avec diverses entreprises et autorités de la Grande-Région », précise le cluster manager.

L'objectif est de favoriser l'innovation collaborative afin que soient développées au sein de la Grande Région les solutions qui nous permettront demain de relever les défis d'une économie circulaire et efficiente dans l'utilisation des ressources.
L’objectif est de favoriser l’innovation collaborative afin que soient développées au sein de la Grande Région les solutions qui nous permettront demain de relever les défis d’une économie circulaire et efficiente dans l’utilisation des ressources. - Source : Kick-off Meeting Greater Green +

Faciliter le réseautage

Cinq thématiques ont été retenues, qui seront plus spécifiquement définies dans les prochaines semaines :

  • Énergies propres
  • Construction et rénovation durables
  • Technologies de recyclage
  • Eau et environnement
  • Bioéconomie

Luxinnovation y tient un rôle important de par son expertise en matière de green tech (construction et rénovation durables, bioéconomie) et de réseautage. Charles-Albert Florentin : « Pour avancer intelligemment, nous allons certainement identifier les projets intéressants menés dans chaque pays et accroître leur étendue géographique ou les dupliquer. Par exemple, Luxinnovation a déjà longuement travaillé sur le recyclage du béton et les plateformes de réemploi et peut donc partager ses connaissances sur ces sujets ».

L’un des rôles de l’agence d’innovation consiste en l’organisation d’un événement de networking qui se tiendra le 26 septembre 2024, qui sera suivi par des rencontres annuelles dans chaque zone impliquée. En parallèle, chaque pays organisera d’autres événements plus ciblés, comme des ateliers thématiques et ideation camps pour faire émerger des solutions et, idéalement, les aider à se concrétiser, tel un incubateur. Tous les porteurs de solutions innovantes agissant en faveur de la transition écologique - (PME, start-up, ETI, grandes entreprises, laboratoires, centres techniques), utilisateurs de technologies vertes (entreprises, territoires) et talents (étudiants, doctorants) - sont conviés à participer et y trouveront peut-être l’encadrement nécessaire à l’essor de leurs idées. Greater Green+ s’inscrivant dans le cadre Interreg, les solutions devront couvrir au moins deux zones géographiques de la Grande Région.

Un lieu de rencontre green tech digital

Sandra Matecki
Sandra Matecki - ©Luxinnovation/Marion Dessard

Le point d’orgue de cette collaboration plurinationale sera la création d’une plateforme : « Il s’agira d’une plateforme digitale qui rassemblera toutes les informations utiles en matière de green tech en Grande Région. À partir de ce site, les personnes intéressées pourront s’informer sur les diverses thématiques précitées, échanger et collaborer », détaille Sandra Matecki, coordinatrice de projets Interreg chez Luxinnovation. « Certains partenaires vont également dresser un catalogue des formations en green tech disponibles en Grande Région, de sorte à les répertorier, et à inciter d’autres projets Interreg à combler d’éventuels manques. Une enquête auprès des entreprises aidera par ailleurs à déterminer les besoins en compétences. »

Greater Green+ a également l’ambition de lancer un award récompensant les innovations écologiques. « Nous allons travailler sur ce concept cette année et lancer le premier concours en 2025, et chaque année ensuite », se réjouit Sandra Matecki.

Neobuild fait également partie des partenaires financiers « actifs », tandis que l’Université du Luxembourg, le LIST et la House of Sustainability y sont des partenaires méthodologiques, qui mettent leurs connaissances à disposition du projet.

Marie-Astrid Heyde
Photos : Luxinnovation

Greater Green +

Les 11 partenaires financiers (opérationnels) :

• GRAND E-NOV+ (Fr)
LUXINNOVATION (Lu)
• UCB (De)
• ULIEGE (Be)
• HYDREOS (Fr)
• ICEEL (Fr)
• CAP CONSTRUCTION (Be) • SATT SAYENS (Fr)
• LIGNE BOIS (Be)
NEOBUILD (Lu)
• HTW SAAR (De)

Les 19 partenaires méthodologiques

• saarland.innovation&standort e. V (saaris)
• FITT gGmbH
• Ecoliance GreenTech Innovation GmbH
• Pôle Fibres-Energivie
• Pôle Véhicule du Futur
• Pôle Materalia
• Pole GreenWin
• Cluster H2O
Université du Luxembourg
Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST)
• Agence Wallonne à l’exportation et aux investissements étrangers - AWEX
• WFG Ostbelgien VoG
House of Sustainability
• Ministerium für Klimaschutz, Umwelt, Energie und Mobilität Rheinland-Pfalz
• Ministerium für Umwelt, Klima, Mobilität, Agrar und Verbraucherschutz des Saarlandes
• Bauforum - Ministrerium der Finanzen Rheinland-Pfalz
• Ministerium für Inneres, Bauen und Sport – Saarland
• Région Grand Est

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Coopération transfrontalière BE-LU : de nouvelles opportunités pour les ZFT
Coopération transfrontalière BE-LU : de nouvelles opportunités pour les ZFT

Le groupe d’intercommunales IDELUX (Arlon) coordonne un nouveau projet Interreg Grande Région visant à renforcer la coopération transfrontalière à l’échelle locale, au sein de Zones Fonctionnelles Transfrontalières Luxembourg-Wallonie.

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Delphine Paquay, conseillère en stratégie territoriale (Idelux) :

« Dans ce contexte, Idelux a notamment pour rôle de faire connaître les ZFT sur les deux territoires et de pousser les porteurs de projet à créer des synergies entre les deux versants ».

Deux zones ont été définies de façon stratégique, et disposent chacune d’un budget spécifique (enveloppes FEDER) :

  • 4,5 millions d’euros pour la ZFT Nord
  • 3,6 millions d’euros pour la ZFT Sud

Le projet a été annoncé en mars et le premier appel à candidatures a été lancé le 13 mai. Les projets retenus devront être terminés avant la fin du programme (2028).

Six thématiques ont été identifiées. Chaque candidature proposée devra répondre à au moins l’une de ces thématiques, à savoir :

  • Développement urbain
  • Services et équipements publics
  • Mobilité
  • Changement climatique, cycle de l’eau et biodiversité
  • Économie régionale, locale et circulaire
  • Tourisme


Alexandre Petit, chef du service stratégie territoriale chez IDELUX Développement :

« Nous espérons pouvoir lancer les premiers projets en octobre. Il est nécessaire de laisser un certain laps de temps aux opérateurs afin qu’ils puissent déposer des dossiers bien construits, qui seront ensuite analysés par IDELUX avant d’être soumis au comité décisionnel »

Deux axes stratégiques se retrouvent dans la thématique économie régionale, locale et circulaire :

1️⃣ Développer des chaînes de valeur à partir des ressources du territoire, telles que la filière du bois et sa transformation, mais aussi renforcer le rôle de Wiltz comme pôle d’excellence de l’#économiecirculaire, en synergie avec Bastogne.

Bob Wetzel, City-Management (Commune de Wiltz) : « En tant que Capitale régionale des Ardennes et hotspot de l’économie circulaire au Luxembourg, la commune de Wiltz étudie les opportunités offertes par la coopération transfrontalière dans le cadre des ZFT ».

2️⃣ Consolider le marché de l’emploi transfrontalier, c’est-à-dire renforcer les synergies entre les formations professionnelles et les métiers de demain (métiers numériques et/ou liés aux technologies vertes).

Les différents axes sont détaillés pour chaque zone, dans les documents présentés sur le site d’IDELUX.

L’équipe se tient à la disposition des porteurs de projets qui souhaitent en savoir plus sur ces opportunités de collaboration transfrontalière : ✉ zft-luxwal@idelux.be

Marie-Astrid Heyde


Ce texte a préalablement fait l’objet d’une publication sur la page Linkedin de LetsGOCircular :

Simplification, transmission et éducation
Simplification, transmission et éducation

Depuis 2015, les membres de la Maison de la Grande Région abattent un travail conséquent pour améliorer la vie des citoyens, mais également pour sensibiliser les jeunes au riche passé historique.

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La Grande Région est un espace qui est clairement identifié d’un point de vue politique. Elle est constituée de la Wallonie, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, du Grand-Duché du Luxembourg, de la Sarre, de la Rhénanie-Palatinat et du territoire de l’ancienne région Lorraine (Moselle, Meuse, Meurthe et Moselle, Vosges).

Laurence Ball, directrice d'EuRegio SaarLorLux+
Laurence Ball, directrice d’EuRegio SaarLorLux+

Depuis juin 2015, Esch-sur-Alzette accueille la Maison de la Grande Région. Cette dernière crée et favorise les synergies entre les différentes entités actives dans la coopération transfrontalière. Elle constitue également un lieu de rencontre, d’échange et de communication pour tous ces acteurs. Enfin, elle a pour vocation de rapprocher la Grande Région des citoyens.

« C’est un espace important qui apporte bien des solutions à de nombreux projets transfrontaliers », souligne Laurence Ball, directrice d’EuRegio SaarLorLux+. « Quand on parle de Grande Région, ce n’est pas toujours son ensemble qui est concerné. C’est vraiment en fonction du projet, de l’acteur et des objectifs recherchés. C’est un espace à part entière avec des dynamiques sociales, économiques, culturelles et citoyennes. »

Une gestion simplifiée

Une Maison qui allège la procédure des projets. « Elle regroupe, en un même lieu, un certain nombre de structures de coopération transfrontalière. C’est important, car ça facilite les contacts et accélère les échanges d’informations. Par le passé, c’était plus compliqué, car tous les organes étaient très cloisonnés. Il y avait les exécutifs d’un côté, et les communes de l’autre. Même si chaque structure garde ses propres spécificités et thématiques bien à part, nous sommes réunis en un seul lieu pour mettre nos compétences en commun. »

Et c’est une bonne chose car il faut pouvoir jongler avec quatre pays, donc quatre systèmes politiques et administratifs. « Nous avons un travail d’équilibriste, car nous devons réussir à contenter l’ensemble des partenaires. Parfois, vu de l’extérieur, on a l’impression que les dossier avancent lentement. Mais beaucoup ignorent le travail de fourmis qu’il faut pour que toutes les pièces du puzzle s’assemblent correctement. »

Les jeunes et le devoir de mémoire

Justement en parlant de projets, il faut savoir qu’EuRegio se concentre essentiellement sur les thématiques de la jeunesse, du travail des jeunes, ainsi que de la promotion de la langue du voisin. Et dans une moindre mesure, elle se penche également sur les thématiques de développement territorial, de l’environnement et du transport. Essentiellement à titre d’observateur pour ces derniers puisque ce sont des questions pour lesquelles les communes ne sont pas forcément compétentes.

« Nous allons intervenir pour sensibiliser nos exécutifs aux problématiques sur le terrain, sur les communes. Nous pouvons servir d’intermédiaire avec les revendications des citoyens. Nous n’allons pas développer des projets concrets, mais plutôt participer au processus de décision, en élaborant un certain nombre de projets avec les exécutifs qui eux sont compétents. »

Le devoir de mémoire
Le devoir de mémoire

Les jeunes occupent une place importante, avec de nombreux projets transfrontaliers qui ont pour objectif de les sensibiliser à la Grande Région et ses avantages. « À nos yeux, c’est un peu une petite Europe à l’intérieur de la grande Europe. Un jeune de Metz n’a pas besoin de parcourir 1.000 kilomètres pour se rendre compte des différentes langues et cultures européennes. Nous travaillons avec un certain nombre de structures qui cherchent à les sensibiliser sur la question de la mobilité européenne. Nous nous focalisons aussi sur l’articulation du travail des jeunes et du travail de mémoire. »

On peut notamment citer un projet à Sarrebruck. « Les mouvements de jeunesse ont pour mission d’entretenir le Mémorial du camp de la Gestapo Neue Bremm. Depuis 2018, nous essayons que ce grand chantier soit transfrontalier. C’est important d’impliquer la jeunesse sur cette thématique du travail de mémoire, soit dans un cadre scolaire, soit dans un cadre de l’éducation non formelle. C’est primordial de transmettre, puisque de plus en plus de témoins disparaissent. La Grande Région est une terre d’Histoire. C’est notre rôle, au niveau d’EuRegio, d’éduquer sur les événements du passé. Si aujourd’hui, nous vivons dans une zone géographique apaisée et pacifiée, cela n’a pas toujours été le cas. Pendant plus de 150 ans, ce fut une terre de combats. Il y a des populations qui ont changé de nationalité trois fois en moins de 100 ans. »

Développement durable

Outre son travail sur le terrain, la Maison de la Grande Région est également sollicitée par des collectivités. « Dernièrement, le département de Meurthe-et-Moselle a souhaité travailler sur des questions d’échanges de jeunes, avec comme thématique centrale le développement durable. C’est très satisfaisant. Cela prouve que nous sommes reconnus pour notre travail réalisé dans les secteurs de la jeunesse, de la mobilité européenne et du multilinguisme. »

Sébastien Yernaux
Photos : Maison de la Grande Région

Pour aller plus loin :

Renforcer la cohésion européenne par la coopération régionale
Renforcer la cohésion européenne par la coopération régionale

QuattroPole, alliance entre Luxembourg, Metz, Sarrebruck et Trèves, vise à renforcer la coopération transfrontalière et à structurer l’espace régional. Son objectif est de créer une synergie pour développer des projets innovants et promouvoir une visibilité accrue sur la scène européenne.

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QuattroPole est bien plus qu’une simple alliance entre villes. C’est une vision audacieuse de l’avenir européen, incarnée par une coopération transfrontalière dynamique et innovante entre Luxembourg, Metz, Sarrebruck et Trèves. Cette initiative, fondée sur des valeurs de solidarité, d’ouverture et de progrès, vise à renforcer la cohésion régionale et à promouvoir une intégration européenne plus étroite.

Au cœur du projet réside la volonté d’approfondir la coopération entre les villes membres. En unissant leurs forces et leurs ressources, elles cherchent à créer une synergie qui dépasse les frontières nationales et linguistiques. Cette collaboration permet aux citoyens de bénéficier d’une gamme élargie de services, d’opportunités d’emploi et d’activités culturelles, renforçant ainsi le tissu social et économique du réseau de villes.

De grandes ambitions

L’innovation occupe également une place centrale dans la vision de QuattroPole. En encourageant la collaboration entre les secteurs publics et privés, l’alliance favorise l’émergence de projets novateurs dans des domaines tels que le tourisme, la culture, le développement économique – les 3 principaux domaines d’actions – ainsi que la recherche, la technologie et l’éducation. Ces projets contribuent à stimuler la croissance économique, à créer des emplois et à renforcer la compétitivité régionale, tout en répondant aux défis sociétaux contemporains.

Une autre ambition est de structurer l’espace régional pour favoriser un développement harmonieux et durable. En éliminant les barrières administratives et en promouvant l’intégration des politiques urbaines, de transport et environnementales, l’alliance cherche à créer un environnement propice à la qualité de vie et à la prospérité de ses habitants. Cette approche holistique de la planification régionale permet de mieux répondre aux besoins diversifiés de la population et de promouvoir une croissance équilibrée et inclusive.

Une approche visionnaire

Créé en 2000 via une déclaration d’intention des maires des quatre villes, QuattroPole.joue un rôle central dans la coordination et la promotion des objectifs communs. Dotée d’organes politiques et d’un secrétariat général, l’alliance assure une gouvernance efficace et transparente. Ses actions sont guidées par une vision partagée et une volonté collective d’améliorer la qualité de vie des citoyens et de renforcer l’identité régionale.

La Maison de la Grande Région, inaugurée en 2015, offre à QuattroPole une plateforme idéale pour promouvoir la coopération interinstitutionnelle. Cette proximité facilite les échanges et favorise l’émergence de synergies entre les différentes entités régionales. En combinant expertise locale et réseau européen, QuattroPole se positionne comme un acteur majeur dans la promotion de l’intégration européenne et le développement régional durable.

QuattroPole incarne une approche visionnaire de la coopération transfrontalière, axée sur la promotion du développement régional et de l’intégration européenne. À travers une collaboration dynamique et une gouvernance efficace, les villes membres s’efforcent de créer un avenir commun prospère pour les citoyens de la Grande Région. En exploitant pleinement leur potentiel collectif et en promouvant l’innovation et la cohésion, cette synergie ouvre la voie à une coopération transfrontalière renforcée et à un développement régional durable.

Les projets de QuattroPole ne manquent pas

Art et Culture :

  • Prix de Musique QuattroPole
    Concours de musique d’innovation et de création entre 4 artistes du réseau QuattroPole. La dernière édition à Sarrebruck, dans la Saarländischer Rundfunk, s’est déroulée devant 150 personnes. Oleksii Rybak (Sarrebruck) fut le grand gagnant. La prochaine édition se déroulera à Metz (2026).
  • QuattroPole Session
    Concert pop-rock avec 4 artistes des villes QuattroPole. L’objectif est de leur offrir l’opportunité de se produire à l’étranger. Ce concert est organisé dans le cadre d’un festival déjà existant comme le « Die Muschel rockt » au Jardin franco-allemand (2023, Sarrebruck) et la « Fête de la Mirabelle », Place de la République (2024, Metz).

Tourisme :

  • Edition d’un tout nouveau plan des villes QuattroPole en 2023. Il intègre une liste des points d’intérêts et des plans schématiques avec les pistes cyclables et les lignes ferroviaires.
  • Réactualisation du guide touristique QuattroPole (Editions MairDumont) en 2024 avec, notamment, de nouvelles photos. Il est disponible dans les librairies et les offices de tourisme.

Recherche & développement économique :

  • QuattroPole Health Hackathon (2023)
    Il s’agit du premier hackathon transfrontalier de QuattroPole sur le thème de la santé. Il a accueilli 120 participants (sans compter les coachs, les membres des jurys et les keynote speakers). Il avait la particularité de se dérouler de manière simultanée dans les 4 villes, connectées entre elles via un lien stream. Quatre lauréats locaux ont remporté 3.500 € pour la solution la plus innovante alors qu’un cinquième a obtenu le Prix QuattroPole (1.000 €) pour la solution qui a le mieux intégré une dimension transfrontalière. En 2025, le prochain Hackathon aura comme thème la transformation des centres-villes dans le réseau QuattroPole.

Projets pour les citoyens :

  • Rencontres QuattroPole dans les 4 villes (2024).
    Le concept est de faire venir des bus dans chaque ville autour d’un évènement précis, ce qui permettra des découvertes et des échanges entre les citoyens de QuattroPole.
    Dates : Altstadtfest de Sarrebruck (13 juillet), Fête de la Mirabelle + concert QuattroPole Session Metz (25 août), Braderie et Schouerberfouer Luxembourg (2 septembre) et Trier Unterwelten Trèves (16 novembre)

Sébastien Yernaux

Un enrichissement transfrontalier
Un enrichissement transfrontalier

La protection de la nature n’a pas de frontière. Il n’est pas rare que les membres de natur&ëmwelt collaborent avec leurs voisins de la Grande Région pour partager leurs expériences ou mettre en place des projets. Rencontre avec Tom Van den Bossche, Conseiller nature & Projets.

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« Travailler dans la Grande Région est évidemment important, car cela nous permet de toujours améliorer notre travail. Nous souhaitons développer, au Luxembourg, un projet baptisé ’Natur Réseau’. Son but est de sensibiliser les propriétaires privés qui ont un jardin, une prairie, une mare, ou encore une petite forêt à signer une charte qui les engagera à respecter quelques règles pour protéger et augmenter la biodiversité. » Une charte sera disponible en juillet sur le site internet de natur&ëmwelt.

« Ici, Les adhérents peuvent rejoindre une carte interactive que nous allons également mettre en ligne, afin que les gens puissent afficher leur propre espace naturel. De plus, ce sera un moyen de discussion à travers un forum pour échanger les bonnes pratiques, autant sur la préservation de la biodiversité, que pour améliorer la vie des animaux ou des plantes en général. »

Mise en lumière

Une adhésion virtuelle, mais également physique puisqu’une plaquette à placer de manière visible près des jardins sera distribuée afin de servir de symbole d’engagement. « C’est intéressant dans la Grande Région. Si je prends l’exemple de l’Allemagne, il existe des cartes reprenant des jardins entretenus par des privés, des entreprises, des communes et d’autres organisations. Une initiative qui n’est pas encore présente au Luxembourg. Nous avons déjà des conseillers nature, mais pas encore d’initiative pour mettre en avant des particuliers passionnés avec des valeurs écologiques. »

En qu’en est-il des collaborations transfrontalières ? « La Centrale Ornithologique du Luxembourg travaille régulièrement avec les Allemands. Il y a également beaucoup de synergies avec Natagora, en Belgique. C’est logique dans la mesure où les animaux n’ont pas de frontière. C’est toujours enrichissant de travailler avec nos voisins qui bénéficient de plus grands moyens. Nous avons, par exemple, un projet sur la consommation et la production agricole réalisées au Luxembourg. On peut aussi le retrouver en Allemagne, en Suisse et en Autriche. C’est très intéressant car nous pouvons montrer nos travaux à l’extérieur et partager nos constatations. »

Échanges et formations

S’il y a beaucoup d’échanges avec les pays limitrophes, qu’est-ce que le Luxembourg a à leur envier ? « Je dirais que la NABU, en Allemagne, est une structure énorme qui attire une grande visibilité sur les actions réalisées en faveur de la nature. En Belgique, il y a beaucoup de formations spécifiques. Elles sont notamment proposées aux travailleurs communaux sur différents thèmes. Au Luxembourg, nous n’avons pas encore les capacités pour proposer des formations qui peuvent être certifiées. »

Quand on pense aux formations, on pense également aux stagiaires. « Nous avons des demandes d’étudiants d’université. Nous les accueillons volontiers en fonction de nos disponibilités. Mais ce n’est pas toujours évident car nous ne sommes qu’une vingtaine d’employés. Nous ne pouvons donc pas toujours répondre positivement à toutes les demandes. Nous sommes toutefois assez ouverts aux étudiants car cela nous permet d’échanger nos points de vue et nos méthodes de travail. C’est très enrichissant. »

Sébastien Yernaux
Photos : natur&ëmwelt

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En matière d'énergie, le Luxembourg a besoin de ses voisins
En matière d’énergie, le Luxembourg a besoin de ses voisins

Le Grand-Duché ne produisant qu’environ 20% de sa consommation d’énergie électrique, il dépend fortement des productions des pays limitrophes. Explications avec Carlo Bartocci, Head of Grid Operations et Peter Hamacher, Head of Strategy, Markets & EU Regulation chez Creos.

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Quelle énergie le Luxembourg produit-il, et comment ?

Carlo Bartocci : 20 à 25% de l’énergie électrique consommée au Luxembourg est produite au Luxembourg, par des parcs éoliens et photovoltaïques, un peu de cogénération, quelques stations de biogaz et quelques centrales hydroélectriques de faible taille. Nous n’avons pas de centrale à charbon, ni au gaz et pas de nucléaire.

Concernant l’électricité importée, d’où provient-elle ?

CB : Nous sommes connectés à l’Allemagne via deux doubles lignes de 220 kilovolts (kV) qui sont suffisantes pour couvrir l’ensemble des besoins actuels du Luxembourg. Nous avons également une connexion de 220 kV vers la Belgique, qui couvre actuellement environ un tiers de l’importation totale du Luxembourg. Il n’y a pas d’interconnexion avec la France.

Nous avons un projet de modernisation de nos lignes avec l’Allemagne, dont une ligne de plus grande capacité (380 kV). Cela nous donne une certaine marge de manœuvre pour le futur, notamment pour répondre aux besoins d’électrification de la mobilité et du chauffage.

Le gaz vient donc à quasi 100% des pays frontaliers…

CB : Oui, nous avons deux installations de biogaz qui injectent directement dans le réseau, mais il s’agit de quantités très faibles. Actuellement, tout le gaz naturel provient de Belgique, via deux entrées, l’une dans le nord à Bras et l’autre près de Pétange. Nous travaillons en coopération avec Fluxys, dans le cadre d’une intégration de marché avec cet opérateur belge. En pratique, cela signifie que les prix pour l’industrie au Luxembourg sont les mêmes qu’en Belgique.

Depuis la Belgique, le gaz naturel arrive au Luxembourg via les installations de Pétange (photo) et de Bras
Depuis la Belgique, le gaz naturel arrive au Luxembourg via les installations de Pétange (photo) et de Bras - ©Creos/Olivier Minaire

Il existe toutefois encore une conduite depuis l’Allemagne via Remich qui pourrait fournir près de 50% de la consommation actuelle du Luxembourg, mais il n’y a pas de flux actif car la Belgique propose des tarifs plus avantageux.

L’Europe prévoyant une sortie du gaz à l’horizon 2040/50, sa consommation devrait réduire d’année en année. Nous observons déjà cela actuellement ; avec la crise énergétique, les industries ont fortement réduit leur consommation de gaz, et cela vaut aussi pour les ménages privés. L’hydrogène prendra la relève, puisqu’il est neutre d’un point de vue CO2.

Vous mentionnez un passage du gaz naturel à l’hydrogène. Creos a récemment signé une lettre d’intention avec Fluxys à ce sujet.

Peter Hamacher : Pour l’instant, le Luxembourg a une consommation très faible d’hydrogène, principalement dans le milieu industriel. Il n’y a pas non plus de grandes centrales de production existantes, et uniquement deux petits électrolyseurs de 3 et 5 mégawatts qui sont en projet. À l’avenir, nous dépendrons donc largement de l’importation d’hydrogène, via deux grandes portes d’entrée depuis la France et la Belgique. L’Allemagne ne pourra nous fournir qu’après 2045, quand ses conduites ne seront plus employées pour le méthane et pourront alors être remplacées par des tuyaux d’hydrogène.

En Belgique, nous avons en effet signé une lettre d’intention qui nous connecte au royaume sur le long terme pour la fourniture et la création d’un réseau de distribution d’hydrogène au Luxembourg. Nous sommes au tout début d’un projet qui va s’étendre sur des années, comme tout projet d’infrastructure de cette envergure.

L’hydrogène ne servira pas à des usages domestiques, car nous pensons qu’il n’est pas efficace pour produire une électricité verte au sein des ménages. Il ira directement vers de grands consommateurs industriels de chaleur.

Les pays voisins font-ils des efforts pour produire de l’énergie durable ?

PH : Oui, il y a de grands projets, en particulier au large des côtes belges et néerlandaises. À Thionville, il y a une certaine concentration de production d’hydrogène qui est prévue, mais pas encore active.

CB : En Allemagne comme en Belgique, de plus en plus de centrales à charbon sont remplacées par de grandes centrales de production éolienne et photovoltaïque, ce qui rend le mix énergétique de plus en plus vert. Les consommateurs ont également un rôle à jouer pour renforcer la part d’énergie verte, en optant pour une électricité durable auprès de leurs fournisseurs. À notre niveau, en tant qu’opérateur de réseau, notre rôle est de transporter, pas d’influencer.

PH : En parallèle, il y a des objectifs européens à atteindre, soit une réduction de 55% des émissions de carbone d’ici à 2030 et 42,5% de consommation d’énergie verte de la consommation d’énergie primaire. Au Luxembourg, nous avons encore 80% de consommation de gaz naturel et de pétrole. 80% de ce mix est utilisé pour les transports, donc il y a encore du chemin à parcourir.

Marie-Astrid Heyde
Photos : Creos

Les CFL, approvisionnées par le parc photovoltaïque de Südeifel (Allemagne)
Les CFL, approvisionnées par le parc photovoltaïque de Südeifel (Allemagne)

Via le fournisseur Enovos, les CFL s’alimentent depuis début 2024 en énergie renouvelable pour un volume de 20 MW, ce qui couvre 15% de leurs besoins en énergie électrique. Une partie de cette énergie verte provient de la région rurale de Südeifel (en Allemagne, à proximité de Vianden), où un parc photovoltaïque a été inauguré en avril.

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En parcourant la région rurale de la Südeifel (Allemagne), on peut admirer les champs de colza marquant le paysage d’une note jaune estivale. Mais il y a autre chose qui saute aux yeux : des panneaux photovoltaïques, collés par milliers sur les hauteurs et qui témoignent de la transition énergétique que vit cette région limitrophe du Luxembourg.

Des dimensions qui impressionnent

Les chiffres reflètent les dimensions de cette transition énergétique : sur une aire de 220 hectares, 380.000 modules photovoltaïques, répartis sur onze installations, assurent la production en énergie équivalente aux besoins de quelque 60.000 foyers. Ce qui va de pair avec une économie en CO2 de 139.240 tonnes par an.

Parmi les consommateurs de cette énergie verte produite à deux pas du Luxembourg figurent les CFL. Marc Wengler, directeur général du Groupe CFL, et Alain Blau, directeur administratif et financier, figuraient le 19 avril dernier parmi les invités pour assister à l’inauguration officielle de ce vaste et ambitieux projet qui combine de manière exemplaire croissance économique régionale, coopération transfrontalière et développement durable.

La présence à Karlshausen, petite commune-membre de la Verbandsgemeinde Südeifel, de Lex Delles, ministre luxembourgeois de l’Économie et de l’Énergie, et de Michael Hauer, secrétaire d’État au Climat, à l’Environnement, l’Énergie et la Mobilité de Rhénanie-Palatinat, soulignaient par ailleurs le support politique pour cette initiative dont la force motrice est Enovos.

Alain Blau, Directeur administratif et financier, Marc Wengler, Directeur Général des CFL, avec Michael Hauer, secrétaire d'État de Rhénanie-Palatinat et le ministre luxembourgeois de l'Économie et de l'Énergie Lex Delles.
Alain Blau, Directeur administratif et financier, Marc Wengler, Directeur Général des CFL, avec Michael Hauer, secrétaire d’État de Rhénanie-Palatinat et le ministre luxembourgeois de l’Économie et de l’Énergie Lex Delles. - ©CFL

Le principal fournisseur d’énergie au Grand-Duché est l’actionnaire majoritaire du projet. En s’associant à Enovos, les CFL achètent de l’énergie renouvelable provenant de la région et contribuent ainsi au développement économique de la Grande Région.

Dans son allocution, le ministre Lex Delles soulignait l'importance du projet pour renforcer l'indépendance énergétique.
Dans son allocution, le ministre Lex Delles soulignait l’importance du projet pour renforcer l’indépendance énergétique. - ©CFL

Couverture de 15% des besoins en énergie électrique

À travers un Power Purchase Agreement (PPA) conclu avec le Groupe Enovos pour une durée de sept ans, les CFL s’approvisionnent depuis le début de 2024 en énergie renouvelable pour un volume de 20 MW ce qui couvre 15% de leurs besoins en énergie électrique et ce qui permet d’épargner 14.234 tonnes de CO2 par an.


Alain Blau, directeur administratif et financier des CFL :

« Cette coopération nous permet de satisfaire deux piliers de notre stratégie d’entreprise : l’innovation et l’efficience. D’un côté, nous innovons au niveau écologique et climatique en consommant de l’énergie verte produite dans la région. D’un autre côté, l’efficience économique se manifeste dans un prix d’électricité favorable par MWh. »

En effet, le prix d’achat dans le cadre du PPA est prédéfini et stable sur toute la durée du contrat, ce qui assure une couverture du prix d’achat dans l’approvisionnement sur une longue durée. Dans les achats d’énergie électrique « standard », les CFL doivent procéder en outre à l’acquisition de certificats ou garanties d’origine pour que l’achat d’énergie renouvelable soit garanti – sans pour autant garantir sa provenance locale ou régionale.

La promotion du photovoltaïque

Au-delà de cette initiative innovatrice, les CFL investissent aussi au Luxembourg dans la promotion du photovoltaïque. Notamment lors de la construction de nouveaux P+R et bâtiments administratifs, où le Groupe tire profit des espaces en toiture pour y ériger des ensembles de panneaux photovoltaïques, que ce soit sur les toits des P+R de Rodange et de Mersch ainsi qu’au futur P+R de Troisvierges, ou encore au bâtiment de la nouvelle direction générale à Luxembourg-ville.


Marc Wengler, directeur général des CFL :

« Le développement durable avec ses multiples facettes fait partie intégrante de notre approche de travail quotidienne. Être à la fois producteur et consommateur d’énergie renouvelable constitue un bel exemple pour une politique énergétique responsable. »

Le parc photovoltaïque de la Südeifel
Le parc photovoltaïque de la Südeifel - ©CFL

Article issu du blog des CFL
Photos : ©CFL

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Une référence au cœur de la Grande Région
Une référence au cœur de la Grande Région

Le fabricant de peintures luxembourgeois Robin est toujours à la pointe des recherches pour proposer des produits respectueux de la santé et de l’environnement. Une philosophie qui dure depuis 1927 ! Rencontre avec Catherine Heinrichs, directrice RH & QHSE, et Bibiche Thuyns, responsable marketing.

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Bien connue au Luxembourg, Robin a également une belle réputation dans la Grande Région. « Soucieux de répondre aux demandes de nos clients, nous nous adaptons à leurs besoins en matière de certifications et aux réglementations nationales parfois différentes d’un pays à l’autre. La majorité de nos fournisseurs , vient d’Europe et même des pays limitrophes », souligne Catherine Heinrichs. « En analysant notre zone géographique de travail, nous essayons de limiter notre impact environnemental. Nous sommes également signataires du Pacte National ’Entreprises et Droits de l’Homme’. Chaque fournisseur doit signer notre code de conduite qui définit les normes minimales que nous demandons à nos parties prenantes de respecter en matière de droits humains et de sécurité – santé et environnement. »

Au fur et à mesure de la croissance de l’entreprise, des bâtiments ont vu le jour sur plusieurs sites : Useldange avec la production et le laboratoire, Leudelange et Bissen avec les centres logistiques vers le Luxembourg, la Grande Région et même au-delà des frontières européennes. « Nous disposons également de 2 centres de formation pour les peintres des secteurs bâtiment, industrie ou encore, automobile et sur nos sites de Bissen et Leudelange, de magasins adaptés à la vente pour les professionnels et les clients privés. Plusieurs partenaires et showrooms sont aussi installés au Luxembourg et dans la Grande Région.

Catherine Heinrichs et Bibiche Thuyns
Catherine Heinrichs et Bibiche Thuyns

Si les professionnels de la peinture connaissaient bien Robin, c’était moins le cas dans le secteur privé. « Après réflexion, nous avons opté pour un changement de design, un marketing différent et un tout nouveau concept adapté à l’application par le client privé baptisé ‘Art de la nature’ basé sur la nature et la culture du Luxembourg. Même notre logo a bénéficié d’une modernisation. Évidemment, il conserve le chevalier Robin, symbole du château d’Useldange où notre siège social historique est basé. »

Pas de greenwashing

La durabilité n’est pas qu’une question de mode, c’est surtout une manière de penser chère à tous les employés de Robin. « On a vraiment investi dans la recherche de produits respectueux de la santé et de notre nature », précise Bibiche Thuyns. « Nous avons obtenu de nombreuses récompenses pour notre respect de l’environnement. Nous proposons notamment :

  • Notre gamme VERDELLO, une peinture 100% bio à base de résine végétale,
  • LUXLIN®, une protection pour le bois à base d’huile de lin local,
  • ROBINLOOP, une peinture murale à base de produits récupérés en collaboration avec la Superdreckskëscht

ou encore

  • VERNIS PELABLE AQUA, à base d’une résine recyclée de l’industrie automobile.

Des efforts réalisés depuis longtemps donc, mais qui demandent encore parfois, chez certains utilisateurs un changement d’habitudes ou de technologie.

La philosophie de Robin se base sur ses 3 valeurs « E » : Équité, Écologie et Excellence. « Elles s’appliquent autant à notre comportement que dans nos développements. », poursuit Catherine Heinrichs. « Chaque personne a son mot à dire en interne. Nous organisons régulièrement des réunions réunissant nos collègues, ces réunions ont pour mission la transparence sur nos avancées, nos objectifs et sont pour chacun une occasion d’échanger. »

Un processus d’évolution continue

La Grande région est vraiment la base de travail de Robin. « Nous fonctionnons suivant un processus d’évolution continue en RSE avec des idées innovantes à mettre en place, ce qui nous permet d’être souvent cités en exemple. C’est le plus important à nos yeux. Nous avons entre autres calculé notre bilan carbone dans le but d’avoir une valeur de base et de pouvoir mener des actions logiques pour nous améliorer.

Le Luxembourg, au niveau des normes, est fort proche de l’Europe. Tous nos produits répondent aux demandes de nos clients, ainsi qu’aux règlementations en vigueur dans leurs pays respectifs, que cela soit au niveau santé, sécurité et environnement. C’est vraiment une chance d’être proche de nos clients afin d’être réactifs et à l’écoute de leurs attentes. Il faut cependant parfois faire des choix au niveau des certifications afin de rester le plus compétitifs possible. Nous avons obtenu le label de qualité ISO 9001 et avons plusieurs certifications environnementales ou autres pour l’entreprise ou pour nos produits (certifications SDK, Écolabel, etc.)

Robin est la référence en peintures depuis 1927. »

Sébastien Yernaux
Photos : Marie Champlon

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