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Architecture & construction

Publié le
jeudi 12 septembre 2019 à 04:00

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Pour construire des bâtiments Cradle to Cradle à usage flexible et sains pour leurs occupants, combiner le digital - incluant le Building Information Modeling (BIM) - et des méthodes de gestion efficaces est essentiel.

Interview de Laurent Henin, consultant BIM-Solutions et Maximilien Ast, managing director chez Drees & Sommer Luxembourg

Le BIM va-t-il révolutionner nos manières de construire ?

Laurent Henin : Le BIM n’est pas tout à fait une révolution mais plutôt une évolution des méthodes qui de par les progrès technologiques, nous permettent d’améliorer les processus collaboratifs à partir de la phase de programmation jusqu’à l’exploitation. Il est à présent possible de construire plus efficacement des édifices de meilleure qualité tout en respectant les délais et budgets, car nous pouvons plus rapidement anticiper les incohérences au lieu de les rencontrer en phase de construction. Nous disposons maintenant d’une multitude d’outils d’analyse capables d’exploiter rentablement les données des maquettes numériques pour différentes applications, ce qui était inconcevable il y a quelques années. L’évolution majeure du BIM est la mise à disposition d’une source d’information unique pour toutes les parties prenantes ; ce qui est une énorme plus-value dans la gestion de la qualité des projets.

Maximilien Ast : On a en effet maintenant la possibilité de planifier digitalement le projet dans son ensemble, qu’il s’agisse des matériaux, des coûts, des délais, etc. Grâce à cette base de données, on anticipe des problématiques qui n’ont donc plus de raison d’être sur chantier.

De quelle(s) façon(s) la réalité virtuelle (VR) peut-elle être employée avec le BIM ?

LH : Certains maîtres d’ouvrage peuvent éprouver des difficultés dans l’interprétation des plans, ne visualisant pas aisément la 3e dimension. Il existe donc un risque dans la compréhension du projet. Ce n’est pas leur métier. La réalité virtuelle (VR) permet d’appréhender le projet de façon plus sereine et d’éviter des surprises à la livraison de l’édifice. C’est une plus-value incontestable au départ.
Sur les chantiers également, le recours à la réalité virtuelle évolue sans cesse : on peut simuler des exemples de superposition, d’aménagements intérieurs et vérifier par exemple que les percements et gaines seront bien coordonnés.

Le BIM est-il accessible à tous les corps de métier ?

LA : Oui, mais à différents niveaux. Je dirais que la méthode de travail BIM est, dans un premier temps, réservée aux maîtres d’œuvre et aux maîtres d’ouvrage pour la conception. Ensuite, pour les PME, on aura recours à des processus un peu plus simples, avec des coûts d’investissement nettement moindres (tablette, smartphone, connexion internet), mais qui permettent d’avancer rapidement sur la digitalisation ; d’ailleurs une partie des coûts d’investissement peut être gérée projet par projet et même, suivant les outils choisis, être pris en charge par les maîtres d’ouvrage. Généralement, un smartphone (ou tablette) et une connexion internet suffiront pour franchir le premier pas de la digitalisation ; ce qui est donc accessible à tous.
Dans ce cas, le Project « BIM, Digital » Manager a un rôle stratégique dans l’implémentation de solutions et outils adaptés ; surtout lorsqu’il s’agira de mettre en place un processus d’intégration des produits installés sur le chantier à l’intérieur des maquettes numériques, afin de garantir un dossier as-built conforme.

Comment le BIM et la digitalisation dans son ensemble peuvent-ils optimiser la durabilité d’un édifice (Cradle to Cradle, économie circulaire) ?

MA  : Le grand pouvoir de la digitalisation, c’est de gérer une base de données conséquente. C’est le point de départ de projets durables. Ces données nous permettent de calculer les performances du bâtiment, mais aussi les retombées environnementales de la composition des matériaux et de leur production. Si l’on maîtrise cela, on peut non seulement réduire les impacts négatifs mais aussi créer des impacts positifs. Essentiellement, on peut créer des bâtiments à impact positif, qui vont donc produire de l’énergie, purifier l’air, etc. On peut prendre en compte le cycle de vie des matériaux de leur production à leur réutilisation en fin de vie de l’édifice, dans une approche Cradle to Cradle. Par exemple, Building Material Scout (www.building-material-scout.com) met à disposition des interlocuteurs des bâtiments des données facilitant le choix de matériaux sains pour construire des bâtiments durables à impact positif. La gestion de ces multiples bases de données et leur rassemblement dans un ou plusieurs modèle(s) BIM passent par le digital.

LH : Dans cette démarche, une excellente coordination de la mission est essentielle, dès le départ. La structure de l’information ne doit pas être négligée et le BIM peut nous y aider. Ce qui compte, ce sont les compétences et les processus qui vont rendre le projet efficace. On pense ici notamment aux méthodes Lean et Agile qui ont fait leurs preuves dans la gestion de projets du secteur industriel et qui commencent à être implémentés dans celui de la construction.

Durant l’exploitation du bâtiment, quelle sera l’utilité de ces données ?

MA  : C’est de nouveau grâce aux TIC, aux bases de données et à l’intelligence artificielle, que nous allons vraiment pouvoir gérer efficacement les données des utilisateurs. S’il n’y a personne dans le bâtiment, les lumières s’éteignent. Si seuls certains espaces doivent être ventilés à un moment précis, on épargnera de l’énergie dans tous les espaces inutilisés en l’envoyant uniquement aux endroits adéquats. C’est une gestion intelligente du bâtiment que la digitalisation rend possible.

Marie-Astrid Heyde
NEOMAG#24
Plus d’informations : http://neobuild.lu/ressources/neomag
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Photos Marie-De-Decker

Publié le
jeudi 12 septembre 2019


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