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lundi 16 octobre 2017

L'habitat de demain selon Betic
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L’habitat de demain selon Betic
Architecture & construction

Publié le lundi 2 janvier 2017 à 04:00

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L’énergie reste au cœur des réflexions menées sur l’habitat de demain. Mais c’est l’énergie sous plusieurs facettes qu’il faut considérer : la consommation des habitations se réduit de plus en plus mais l’augmentation de la production d’autres énergies vient contrebalancer ces résultats. Le choix des matériaux, les chemins de transport, le recyclage des constructions… Voilà des énergies cachées, appelées énergies grises, qui doivent être maîtrisées et pour lesquelles il est nécessaire et important de considérer le cycle de vie complet.

Dans notre métier d’ingénieur-conseil de la construction, la législation sur la performance énergétique nous pousse à dépasser toujours plus nos limites en imaginant des solutions qui répondent aux critères en vigueur… C’est une bonne chose mais cela peut parfois entraîner des dérives. Prévoir une isolation de plusieurs dizaines de centimètres est-il vraiment pertinent si l’on considère la quantité d’énergie nécessaire lors du cycle de vie du matériau ? Les habitations devront donc plus que jamais prendre en compte leur production d’énergie grise. Cela ne doit cependant pas nous empêcher de poursuivre nos efforts pour trouver la façon la plus économique et la plus écologique pour réduire les consommations de chaque bâtiment. Pensons entre autres aux nombreux bâtiments à assainir énergétiquement et pour lesquels les moyens d’isolation actuels se heurtent à des contraintes techniques et architecturales.

L’habitat partagé au service de l’environnement

Notre mode de vie a beaucoup évolué. Lorsque l’on observe les habitations au Grand-Duché de Luxembourg et que l’on considère le prix du foncier, on constate que les maisons individuelles sont construites sur des terrains de plus en plus petits… Bien entendu, je suis le premier à accorder beaucoup d’importance à la notion de propriété individuelle, mais nous pourrions facilement imaginer des habitations individuelles avec des parties communes et du matériel partagé : garage, jardin, dépendances pour stocker du matériel de bricolage, de jardinage et autres équipements à faible usage. Un jardin partagé de 30 ares ne serait-il pas plus agréable qu’une zone réduite de 2 ares, favorisant de fait la vie communautaire et la communication ? Nous réduirions ainsi la production d’énergie grise de nos habitations : un seul cabanon de bricolage, une seule tondeuse, deux fois moins de clôtures… Ces dernières années, on voit ce mode de vie se développer, notamment dans les pays nordiques : Suède, Danemark, Norvège, Finlande…

Dans la même logique, il fut une époque où plusieurs générations vivaient sous le même toit. Même si je ne me l’imagine pas personnellement aujourd’hui, n’est-ce pas une piste intéressante à considérer ?

La mobilité jouera aussi un rôle important sur le fonctionnement global de la société du futur. Seule une réflexion commune sur les lieux de travail, les lieux d’habitation, de loisir et de services, les déplacements et les moyens de communication entre ces lieux permettra de construire l’habitat adapté. Analyser un seul de ces axes ne serait qu’ignorer les besoins et les réalités concrètes.

Appréhender sa consommation d’énergie autrement

Réduire notre consommation pour préserver l’environnement n’est plus suffisant aujourd’hui. Nous devons nous positionner en tant que prosumer (producteur et consommateur) et penser les habitations de façon à les rendre pleinement autonomes. Panneaux solaires, photovoltaïques, pompes à chaleur, systèmes d’isolation qui permettent de les rendre de moins en moins « énergivores »… J’imagine très bien d’ici quelques temps que beaucoup d’habitations produiront plus d’énergie que leurs besoins et qu’elles pourront fournir leur surplus de production à une maison voisine. La mise en place de réseaux de communication et de transfert de données performants et intelligents (smart grids) sera alors indispensable.

Miser sur la recherche et l’innovation

Nous avons tous conscience que la problématique liée au stockage de l’énergie est également un enjeu essentiel. Beaucoup se veulent pessimistes sur ce sujet, mais si nous nous projetons en 2050, nous devrions totalement l’intégrer à nos réflexions. Quand on observe les évolutions techniques de ces dernières décennies, rien ne laissait présager les nombreuses avancées techniques dans ce domaine : éoliennes offshore, hydroliennes en phases de test, études menées sur l’énergie de fusion… Soyons optimistes et misons sur le fait que l’habitation de demain stockera l’énergie qu’elle produit. En matière de recherche et d’innovation, je suis positif et je ne peux m’empêcher de penser que c’est en visant les étoiles qu’on atteint la lune.

La technique au service de l’environnement

Un axe primordial est la technique. Elle fait partie intégrante de nos vies et de la philosophie Betic : créer une technologie simple et performante qui permette de rendre une maison intelligente, des plus autonomes, en restant simple d’utilisation. Je ne crois pas que l’intelligence d’une maison doit se substituer à celle des habitants, sans quoi on rentre dans un cercle vicieux, mais chez Betic, nous proposons des solutions qui permettent de s’affranchir des dysfonctionnements techniques pouvant surgir d’une mauvaise utilisation.

Un exemple tout simple : une programmation erronée d’un thermostat « trop intelligent » conduit à une surconsommation qui aurait pu être évitée. Nos locaux sont pensés pour éviter tous ces types de dysfonctionnements. Notre construction basse énergie est équipée de systèmes domotiques comme les stores qui se règlent automatiquement suivant l’orientation du soleil et permettent d’éviter un réchauffement des bureaux. Une bonne isolation et une ventilation naturelle nous permettent de ne pas être assujettis à un système d’air conditionné. L’habitation de demain devra donc faire la part belle aux systèmes intelligents mais surtout simples d’utilisation.

À mes yeux, l’habitat de demain sera donc intelligent mais simple d’utilisation. Sa production d’énergie lui permettra de le rendre autonome et de fournir de l’électricité à d’autres infrastructures. Il comprendra davantage d’espaces partagés, tout en garantissant l’intimité des habitants.

Gilles Christnach, administrateur délégué, Betic Ingénieurs-Conseils

Publié le lundi 2 janvier 2017


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