
Inclusion Skills : une formation et une communauté autour de l’inclusion
Ensemble, l’UFEP, la Ligue Santé Mentale et IMS Luxembourg ont créé Inclusion Skills (*). Les trois femmes à l’origine de ce parcours de formation expliquent comment celui-ci participe au développement de l’inclusion professionnelle des personnes en situation de handicap au Luxembourg.
Pourquoi avoir décidé de lancer une formation sur l’inclusion professionnelle des personnes en situation de handicap ?
Estelle Bacher (Responsable de formation, UFEP) : Selon une étude du STATEC parue en 2021, près de 94.000 personnes se sentent en situation de handicap au Luxembourg. Pour certaines, l’accès ou le maintien en emploi reste complexe. À notre niveau, nous souhaitons contribuer au développement d’environnements de travail plus inclusifs, plus durables.
Quel a été le rôle de la Ligue Santé Mentale et d’IMS Luxembourg dans ce projet ?
Alexia Merel (Project Manager, IMS Luxembourg) : Nous accompagnons les entreprises luxembourgeoises depuis une dizaine d’années sur l’inclusion professionnelle et le handicap. J’ai donc une bonne connaissance de leurs besoins et de leurs contraintes, ce qui a permis de construire une formation réaliste et adaptée.
Cécile Blanchouin (Responsable du Service Soutien à l’Emploi, Ligue Santé Mentale) : Nous avons apporté notre connaissance des difficultés d’accès ou de maintien dans l’emploi des personnes ayant une fragilité psychique. Nous avons aussi contribué à définir les principaux besoins en formation des travailleurs sociaux œuvrant dans ce secteur d’activité.
À quel public s’adresse Inclusion Skills ?
EB : À toute organisation, quel que soit sa taille ou son positionnement sur le marché du travail, des entreprises « classiques » (privées, publiques…) aux organisations sociales. Le but est justement de créer des ponts : dans chaque session, il y a autant de participants de ces deux mondes professionnels. Et c’est la même règle dans l’équipe pédagogique !
« Quand on agit pour l’inclusion professionnelle des personnes en situation de handicap, on agit pour le bien-être de tous. »
Estelle Bacher, responsable de formation à l’UFEP
Quels sont les différents modules qui composent ce parcours de formation ?
EB : Dans le premier, nous abordons, de manière très transparente, avec chaque groupe sa conception de l’inclusion, du handicap et des stéréotypes associés. Nous essayons de déconstruire les idées reçues et traitons du champ des possibles. Dans le deuxième, nous plongeons dans le cadre légal et réglementaire, dans les ressources existantes, au sein même de son organisation ou à l’ADEM. Le module 3 est quant à lui dédié à la posture de l’accompagnateur vers et dans l’emploi, aux soft skills inclusives.
Dans le module 4, l’objectif est « d’outiller » les participants pour répondre à plusieurs questions : Comment convaincre d’autres acteurs ? Comment rendre une offre d’emploi plus inclusive ? Ou encore comment valoriser dans le travail les compétences de la personne qu’on accompagne ? Mais l’enjeu n’est pas seulement lors du recrutement ! Nous partageons aussi sur des pratiques RH et managériales plus inclusives. Enfin, le cinquième et dernier module s’appelle « La plus-value du travail en réseau » ? Nous souhaitons créer de la synergie entre les participants, qu’ils aient envie de continuer à travailler ensemble après la formation, qu’ils en comprennent le sens et l’intérêt. Notre objectif est de créer et faire vivre une communauté d’acteurs, promoteurs de pratiques inclusives au travail.
(*) Inclusion Skills : Ensemble pour plus d’inclusion professionnelle !
Léna Fernandes
Photos d’Alexia Merel, Cécile Blanchouin et Estelle Bacher, fournies par l’Ufep
Extrait du dossier du mois « Citoyens du changement »





