
Du parcours scolaire à l’engagement humanitaire : le récit d’une vocation
Pour éveiller aux enjeux sociaux et créer des vocations, le cadre scolaire joue un rôle déterminant. Incité dès son plus jeune âge à quitter les bancs de l’école pour se rendre utile, Christian Zimmer s’est petit à petit investi dans diverses ONG, jusqu’à devenir l’actuel trésorier et vice-président d’Aide à l’Enfance de l’Inde et du Népal (AEIN).
Aussi loin qu’il s’en souvienne, Christian Zimmer a toujours aimé rendre service. « En tant qu’écolier, je n’aimais pas particulièrement les cours, je préférais m’impliquer au club des ordinateurs de mon lycée dont je suis devenu président. On apprenait aux plus jeunes à programmer, on bricolait avec des ordinateurs… ». Porté par un cadre éducatif bienveillant, il a saisi pendant ses études en sciences commerciales à Bruxelles l’occasion qui lui était donnée d’aider et de représenter ses camarades au conseil des étudiants.
Premiers pas sur le terrain humanitaire
C’est également depuis la Belgique qu’une nouvelle opportunité s’offre à lui : « En deuxième année, nous pouvions choisir entre un stage en entreprise et un projet humanitaire. J’ai décidé de suivre une ONG bruxelloise en Inde. » Après avoir collecté les fonds nécessaires, le groupe est parti construire des maisons dans un village. Une expérience qui l’a sensibilisé à la problématique de la pauvreté.
Par la suite, Christian participe ponctuellement à d’autres actions, notamment avec Make a Difference aux États-Unis.
Un voyage décisif
En 2010, il retourne en Inde pour un voyage touristique avec son frère et un ami. En quelques minutes, un simple détail marque son esprit :
« Un matin, je me baladais seul avec mon appareil photo. C’était l’heure d’aller à l’école. Ce matin-là, j’ai croisé trois garçons en uniforme, en route pour l’école. Quelques minutes plus tard, j’ai rencontré un groupe de filles, très souriantes et qui essayaient de communiquer avec moi, mais sans uniforme. Elles n’allaient pas à l’école. Cela m’a interpellé. Je ne me suis pas lancé tout de suite en tant que bénévole engagé, mais c’est resté dans un coin de ma tête ».
Christian Zimmer, AEIN
À la rencontre d’Aide à l’Enfance de l’Inde et du Népal (AEIN)
C’est finalement un peu par hasard qu’il découvre AEIN en 2012. Avec l’aide de l’Agence du Bénévolat, il sélectionne les ONG luxembourgeoises actives en Inde et entre en contact avec la plus proche. Il y rencontre Gusty Braun, alors très actif dans le groupe de sensibilisation chez AEIN, dont l’engagement et les connaissances l’inspirent immédiatement.
L’approche d’AEIN le convainc également : « L’avantage, c’est que l’association coconstruit des projets avec les partenaires locaux, et en prenant en charge un problème dans sa globalité. Elle ne se contente pas d’envoyer les enfants à l’école, elle s’assure aussi qu’ils apprennent les matières qui n’y sont pas enseignées – telles que leurs droits ou comment les réclamer. AEIN veille à ce que ces enfants aient toujours quelque chose à manger, et que toute leur communauté en profite à long terme. »
Sa première contribution consiste à intervenir dans un partenariat sur plusieurs années avec le Lycée Aline Mayrisch. Ce programme, comprenant des actions de sensibilisation et de collecte de fonds, incluait des échanges entre élèves luxembourgeois et indiens, intégrés dans un projet de développement plus vaste, intitulé SAKHI. Christian s’est lui-même rendu sur place en 2014 avec Gusty Braun, et continue à gérer SAKHI depuis le Luxembourg.
De la sensibilisation à la gouvernance associative
En parallèle, Christian collabore avec d’autres associations dans divers projets. Il a par exemple accompagné un groupe d’élèves en Afrique du Sud. De telles initiatives le confortent dans sa conviction qu’il est essentiel de sensibiliser aux thématiques de la pauvreté et de l’inégalité, auxquelles les enfants et adolescents de certaines régions du Luxembourg ne sont que très peu confrontés.
Au fil des ans, il prend d’autres rôles chez AEIN, gérant notamment le volet informatique. Il voyage moins depuis qu’il a des enfants, mais poursuit la gestion de projets dans son temps libre. Il y a six ans, il devient administrateur (trésorier) et vice-président l’année suivante.
Une conviction personnelle : rendre ce que l’on a reçu
Christian Zimmer estime qu’il a beaucoup de chance dans sa vie – de vivre au Luxembourg, d’avoir fait de bonnes études, d’avoir une famille en bonne santé, un emploi épanouissant et qui le rémunère correctement – et que cela le rend redevable envers la société.
« L’échange » est un terme qu’il aime utiliser, car s’il investit beaucoup de temps et d’énergie dans ces projets humanitaires, il en retire également énormément de satisfaction et d’apprentissage. Comme il aime le dire : « c’est la cause qui m’a trouvé ».
Marie-Astrid Heyde
Portraits : Picto/Eve Millet
Extrait du dossier du mois « Citoyens du changement »




