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Risques et accords électriques

Énergie

Publié le
mardi 13 décembre 2022 à 04:00

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Avec le « StroumMonitor », le pays veut suivre à la trace un approvisionnement a priori suffisant mais pas garanti à 100%. Le Luxembourg renforce aussi son fil vert vers la Mer du Nord.

Le ministre de l’Énergie, Claude Turmes, a récemment fait le point sur la situation du pays face à la sécurité d’approvisionnement électrique. On sait que la dépendance du Luxembourg en la matière l’expose peut-être davantage aux risques de « black-out » qui, par ailleurs, préoccupent ses voisins. Cependant, pour Claude Turmes, « actuellement, le risque d’interruption électrique n’est pas plus élevé que les années précédentes. Nous restons vigilants et nous sommes préparés : si la situation venait à s’aggraver, nous disposons de tous les outils de crise nécessaires. »

En gros, le Luxembourg est bien positionné mais le risque d’interruptions ne peut jamais être exclu.

Où en est-on à l’arrivée de l’hiver ? Un rapport de l’association européenne pour la coopération des gestionnaires de réseau de transport d’électricité (ENTSO-E) n’entrevoit pas de risque élevé de pénurie pour le Luxembourg. Et, explique le ministère, « une modélisation spécifique – stresstest - des gestionnaires de réseau d’électricité allemands a confirmé cette analyse ».

Mise à jour du plan

Prudence étant mère de sûreté, en matière énergétique aussi, et vu le contexte géopolitique et de crise qui s’étire, on a mis à jour le plan de préparation aux risques du Luxembourg. Le ministère de l’Énergie s’y est attelé avec la Taskforce Energie établie par le gouvernement, le Haut-Commissariat à la protection nationale (HCPN), le gestionnaire de réseau Creos et la FEDIL (fédération des industriels).

Ainsi, le plan a été complété avec différentes mesures préventives, pour anticiper une potentielle pénurie d’électricité. Ce plan définit trois phases. Une phase « Prévention » correspond à la situation par défaut, avec un suivi de la sécurité d’approvisionnement garanti. La phase « alerte précoce » serait déclarée suite à la « détection d’un risque tangible et spécifique pour la sécurité de l’approvisionnement en électricité ». Les mesures viseraient alors à empêcher la progression du risque vers une crise réelle. Le « Plan d’intervention d’urgence – énergie » de l’HCPN prévoit notamment l’activation d’une cellule d’évaluation du risque de rupture d’énergie.

S’il fallait enclencher la phase 3… c’est qu’un blackout serait sur le point de se produire ou déjà avéré… Il faudrait alors « atténuer l’impact de la crise sur la société ». Par exemple, si un délestage manuel était décidé, une liste de priorités en établirait l’ordre, avec les infrastructures critiques et les ménages délestés en dernier recours. On serait alors dans une crise, gérée par une cellule ad hoc et notifiée à l’Union européenne.

La météo des courants

Le pays dispose désormais d’un nouvel outil de gestion. Avec le « StroumMonitor », mis en place avec Creos, les instances officielles ont une information en temps réel sur la situation en matière d’approvisionnement, que le grand public peut aussi consulter.

Le « StroumMonitor » (à consulter sur www.creos.lu) doit indiquer les heures de pointe de consommation et alerter la population en cas de pénurie en électricité. « C’est une véritable météo de l’électricité », expliquent les responsables du ministère et de Creos.

Des signaux clairs provenant du gestionnaire du réseau peuvent guider les consommateurs.

Le vert indique un « Système électrique en équilibre » mais rappelle qu’il faut rester conscient de sa consommation.

L’orange montre un « Système électrique tendu » et invite à la réduction de consommation.

Si le signal vire au rouge : le système est « très tendu » et il est temps de limiter pour éviter toute coupure.

Quant aux barres blanches, elles soulignent les « heures de pointe », à éviter donc.

Dans tous les cas, les acteurs du gouvernement et du réseau invitent à la sobriété, face à l’inexistence du risque zéro… Pour de plus amples informations et des conseils pour consommer moins d’électricité, consultez le site www.zesumme-spueren.lu.

C’est pas physique, c’est énergétique

Dans une autre partie du registre énergétique, le Luxembourg continue à veiller sur ces risques de dépendance, notamment en renforçant les capacités renouvelables.

On sait que des accords se sont tissés avec le Danemark notamment. Désormais, un avant-projet de loi ratifie un traité entre le Grand-Duché de Luxembourg et le royaume du Danemark sur les transferts statistiques d’énergie produite à partir de sources renouvelables, et ce aux fins de respecter les objectifs prévus par la directive européenne.

Cet accord prévoit - du simple au double - entre 33,12 et 66,24 millions d’euros selon les besoins annuels jusqu’en 2025 : les sommes transférées au Danemark seront investies dans des nouveaux projets en énergies renouvelables, par exemple le financement des fameuses îles énergétiques prévues en mer du Nord, le développement d’éoliennes en mer ou encore l’hydrogène vert.

C’est donc la suite logique du Memorandum of Understanding (MOU) conclu entre Claude Turmes et son homologue danois Dan Jørgensen, en juin 2021.
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Avec quels effets ? Par exemple le transfert de certains volumes d’énergie renouvelable d’un pays à l’autre pour les besoins des objectifs nationaux. Important : le mécanisme ne prévoit pas le transfert physique de l’énergie, mais uniquement le transfert de données statistiques. En clair, l’énergie verte produite au Danemark – pays disposant d’un potentiel élevé en énergie renouvelable, ce qui lui a permis de dépasser son objectif national – sera donc comptabilisée au Luxembourg – qui, petit et enclavé, a un potentiel bien plus limité pour développer les énergies renouvelables sur son sol.

Claude Turmes s’en félicite : « Je suis heureux que le Luxembourg puisse contribuer financièrement à l’accélération du développement des énergies renouvelables en mer du Nord. Cette coopération avec le Danemark se veut complémentaire à la stratégie nationale qui vise à réaliser les projets d’énergies renouvelables sur le territoire national ».

Même si cela n’apporte pas de Kw/H en plus sur le réseau, c’est bon à prendre.

Alain Ducat
Photos : MEA

Publié le
mardi 13 décembre 2022


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