Repenser le temps de trajet pour mieux vivre et moins polluer

Repenser le temps de trajet pour mieux vivre et moins polluer

Réunis le 6 mai à la Maison du Peuple d’Esch par Transition Minett et l’OGBL, syndicalistes et acteurs de la mobilité ont débattu autour du livre « Temps de trajet ». Réduction du temps de travail, vélo et covoiturage figurent parmi les pistes pour répondre aux enjeux sociaux et climatiques.

Organisée par Transition Minett et l’OGBL, la rencontre a réuni des représentants de mouvements sociaux et écologiques, dont Antonio Veneziani, président de la section Esch de l’OGBL, et Alexandre Couderc de Haus vum Vëlo, autour des auteurs du livre illustré « Temps de trajet », Jessica Lopes et Charl Vinz. La discussion était modérée par Eric Lavillunière de Transition Minett.

Le temps de trajet, révélateur d’inégalités

Le débat est parti d’une question simple mais fondamentale : est-ce que nous avons vraiment le choix de nos modes de déplacement ?

Dans une douzaine de portraits intimes réunis dans leur ouvrage « Temps de trajet », Jessica Lopes et Charl Vinz interrogent sur le temps passé dans les transports pour se rendre au travail. Leur livre met en lumière des réalités très différentes selon les professions, les genres et les situations de logement.

Certaines personnes bénéficient de flexibilité ou de télétravail, tandis que d’autres subissent des horaires rigides, des trajets longs et des transports saturés. Dans certains cas, jusqu’à trois heures par jour peuvent être perdues dans les embouteillages ou les retards de train.

Le temps : une ressource précieuse et collective

Les intervenants ont rappelé qu’en théorie, une journée de 24 heures se répartit logiquement entre travail de 8h, sommeil de 8h et temps libre de 8h. Pourtant, les inégalités provoquées par le travail viennent de plus en plus bouleverser cet équilibre.

La perte de temps impacte directement la qualité de vie : fatigue, stress, manque de sommeil, tensions dans les transports, difficultés à maintenir une vie familiale ou sociale équilibrée. Comme cela a été souligné lors de la discussion : le temps est un bien collectif et précieux.

Parler des temps de trajet revient donc à questionner l’organisation de la société dans son ensemble : logement, mobilité, aménagement du territoire, organisation du travail et accès aux transports publics.

Réduire le temps de travail et repenser la mobilité

Parmi les pistes évoquées, les auteurs du livre et Antonio Veneziani ont soulevé la question de la réduction progressive du temps de travail comme une réflexion possible pour mieux répartir le temps de vie et permettre aux citoyens de consacrer davantage de temps à leurs proches, à leur santé ou à leurs engagements.

De son côté, Alexandre Couderc a mis en avant des solutions de mobilité plus durables et bénéfiques pour la santé, notamment le vélo, et la diversification des modes de transport. Le covoiturage et les véhicules moins polluants ont également été évoqués comme des évolutions positives et d’ailleurs plus présentes avec la hausse des prix à la pompe.

Un défi pour le Luxembourg

Les échanges avec le public ont souligné le retard des infrastructures luxembourgeoises face à l’augmentation constante du nombre de navetteurs et de travailleurs frontaliers.

Des exemples étrangers ont été évoqués, notamment en Suisse, où certaines entreprises permettent de considérer le temps passé dans les transports comme du temps de travail lorsque les salariés peuvent y travailler.

Pour les participants, le Luxembourg devra notamment adapter ses infrastructures et ses mentalités afin de préserver son attractivité et répondre aux enjeux sociaux et climatiques actuels.

Ouvrir un dialogue collectif

Une des conclusions fortes de la soirée fut la nécessité de créer davantage d’espaces collectifs de dialogue autour des questions de mobilité et de temps de vie, afin d’imaginer des solutions construites avec les citoyens, les travailleurs, les employeurs et les décideurs politiques.

Cette soirée a non seulement permis d’explorer un sujet invisible des grands débats, mais aussi de rapprocher deux acteurs eschois de la société civile, en l’occurrence Transition Minett et l’OGBL Esch, qui partagent des enjeux communs de lutte et de construction de solutions concrètes pour améliorer la qualité et le cadre de vie de toutes et tous.

Texte et photos de Transtion Minett

Communiqué
Publié le jeudi 14 mai 2026
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