
L’indépendance énergétique grâce au nucléaire ? Une erreur !
La catastrophe nucléaire de Fukushima s’est produite le 11 mars 2011, il y a donc environ 15 ans. 15 ans plus tard, le mardi 10 mars 2026, la présidente de la Commission européenne, Mme Von der Leyen, a déclaré que la sortie du nucléaire avait été une « erreur stratégique ».
Mme Von der Leyen a fait cette déclaration lors d’un sommet sur le nucléaire en France et a annoncé des investissements à hauteur de 200 millions d’euros pour soutenir les investissements privés dans les technologies nucléaires innovantes, qui seront financés par le système européen d’échange de quotas d’émission.
« Nous sommes d’accord avec l’affirmation selon laquelle la guerre au Proche-Orient et la hausse des prix qui en résulte nous font prendre conscience de notre dépendance aux combustibles fossiles et qu’il est important de ne pas dépendre des importations d’énergie. Mme Von der Leyen a toutefois tort lorsqu’elle affirme que la solution réside dans les petits réacteurs nucléaires modulaires. De plus, elle ignore complètement le fait que la France importe de l’uranium... notamment de Russie ! La proposition de Mme Von der Leyen revient donc à passer d’une dépendance à une autre ».
Paul Zens, président, Eurosolar Luxembourg
Nous n’avons apparemment rien appris de la crise pétrolière des années 1970...
Il y a cinquante ans, la crise pétrolière nous a fait prendre conscience de notre dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles. À voir la situation actuelle, on pourrait croire que nous n’avons rien appris au cours des cinquante dernières années.
Au lieu de nous reposer sur le nucléaire et les combustibles fossiles et d’édulcorer nos objectifs climatiques, nous devons, au sein de l’UE, relever nos ambitions, car seule l’énergie renouvelable nous permettra d’atteindre une véritable indépendance.
Eurosolar salue les déclarations du ministre Lex Delles sur l’importance des énergies renouvelables et l’encourage vivement à accélérer considérablement la mise en œuvre des mesures dans le domaine des énergies renouvelables et de la protection du climat.
... ou bien ?
Les milliers d’installations photovoltaïques et de systèmes de stockage d’énergie mis en place ces dernières années montrent que la volonté est là et que cela fonctionne.
Les personnes qui conduisent déjà des voitures électriques et les alimentent grâce à leurs installations photovoltaïques sont bien moins touchées par la hausse des prix.
De nombreux petits leviers ont été et continuent d’être actionnés grâce au pragmatisme des ménages.
Faire avancer concrètement la décarbonisation
Les grands acteurs – l’industrie, le commerce, le bâtiment (dans ce secteur, la décarbonisation est au point mort : 38 % de CO₂ de plus que ce qui est prévu dans les quotas d’émissions pour 2024) et les transports –, en raison de leur impact global important sur le bilan carbone, doivent désormais se mettre d’urgence à la hauteur.
Ils apporteront ainsi leur contribution à l’amélioration de la situation générale et, surtout, ils s’en rendront service à eux-mêmes : ils gagneront en indépendance et feront des économies, car les énergies renouvelables sont tout simplement plus stables en termes de prix et moins chères.
Au Luxembourg, le chauffage, notamment via les réseaux de chaleur, constitue un autre domaine présentant un très grand potentiel de décarbonisation. Nous devons absolument progresser dans ce domaine.
Tout le monde n’a pas la possibilité d’installer sa propre installation photovoltaïque. Pour aider ces personnes à participer à la transition énergétique, tant en matière de production que de partage, il existe des coopératives énergétiques et des communautés énergétiques. Le mercredi 25 mars 2026, Eurosolar, en collaboration avec CELL (Citizens for Ecological Learning Luxembourg), a invité les coopératives énergétiques à son 7e atelier commun depuis 2023.
Texte d’Eurosolar Lëtzerbuerg asbl.





















