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IDEA publie son Avis annuel 2021, tour d’horizon de la conjoncture internationale, résilience de l’économie luxembourgeoise, mesures de soutien budgétaire mises en place par le Gouvernement, permettre aux entreprises et aux ménages d’affronter la sous-activité, Consensus économique d’IDEA, évolutions futures de l’économie mondiale et luxembourgeoise
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L’An 2020, vain !

Politique & Gouvernance

Publié le
jeudi 11 mars 2021 à 04:00

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IDEA publie son Avis annuel 2021, intitulé : « l’An 2020, vain ! ». Après un tour d’horizon de la conjoncture internationale, le document revient sur la résilience de l’économie luxembourgeoise durant la récession pandémique et les mesures de soutien budgétaire mises en place par le Gouvernement afin de permettre aux entreprises et aux ménages d’affronter la sous-activité qui a cours dans de nombreux secteurs à cause des mesures de distanciation physique. La seconde partie de cet Avis est consacrée aux résultats du Consensus économique d’IDEA au travers duquel a été recueilli le sentiment de près de 130 professionnels luxembourgeois quant aux évolutions futures de l’économie mondiale et luxembourgeoise.

Le Grand confinement : une crise pas comme les autres qui rebat des cartes

2020 aura été une année pour le moins singulière, avec une imbrication inusitée de l’économie et de la santé et une récession d’une rare rudesse. En témoigne, même s’il est loin de tout résumer, un PIB mondial en recul de 3,5% sur l’année alors que le FMI prévoyait dans ses dernières prévisions élaborées dans le « monde d’avant » (en janvier 2020) une croissance mondiale de 3,3%.

Ce décrochage du PIB mondial de l’ordre de 7%, accompagné d’effroyables drames humains (la Covid a déjà causé la mort de 2,5 millions d’individus), masque cependant des répercussions socio-économiques qui varient considérablement d’un pays à l’autre.

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Du Luxembourg

Partant d’une bonne situation de départ sur le plan économique et budgétaire, le Luxembourg figure résolument parmi les pays de l’UE les moins affectés par les retombées économiques de la crise. Ainsi, le PIB n’aurait selon les premières estimations du STATEC décliné « que » de 1,3% en 2020, contre une chute de l’ordre de 7% dans la zone euro. Le Grand-Duché est en outre le seul pays de l’UE ayant affiché une progression de l’emploi en 2020. Enfin, même s’ils s’affichent en hausse, le taux de chômage est loin d’y établir des records et la dette publique demeure inférieure à 30% du PIB.

Faut-il en conclure que le Luxembourg est à l’abri de toute déconvenue ?

Certainement pas, comme le montre la dégradation de la situation sociale de divers segments de la population ou encore une flambée des prix de l’immobilier susceptible d’aggraver les inégalités de patrimoine. De surcroît, certains facteurs de résistance de l’économie luxembourgeoise pourraient se retourner au cours des années à venir. À titre d’exemple, le secteur financier pourrait être affecté par des taux d’intérêt durablement bas, donc susceptibles d’alimenter des « bulles d’actifs », ou par une volatilité exacerbée des prix des actifs financiers potentiellement dommageable à la croissance au Grand-Duché, traditionnellement très exposée à l’évolution des marchés boursiers.

Enfin, au Luxembourg comme ailleurs, l’année 2021 pourrait ne pas être conforme aux attentes formulées dans l’euphorie des fêtes de fin d’année. La pandémie affiche des velléités de résistance et la vaccination ne se déploie pas à une vitesse fulgurante au sein de l’UE.

Compte tenu de l’incertitude ambiante minant les projets d’investissement et la consommation, de retards dans la vaccination, des nombreux risques de faillites, de décrochage du marché du travail ou du monde scolaire, 2021 pourrait en définitive être non pas la première année des « roaring twenties », mais plus prosaïquement un clone économique de 2020 – au cours de son premier semestre en tout cas. Ce qui souligne la nécessité de ne pas « retirer prématurément la prise », de continuer à assurer « quoi qu’il en coûte » la stabilité du tissu entrepreneurial au moyen d’interventions micro et macro-économiques bien calibrées.

Le consensus économique d’IDEA : les voies de sortie

Les résultats de notre « Consensus économique », basé sur les réponses de près de 130 décideurs économiques, politiques, partenaires sociaux et économistes, véhiculent les mêmes préoccupations. Si une (très) large majorité de ce panel juge adaptées les mesures économiques prises par le Gouvernement en 2020, il s’en dégage pour 2021 et 2022 des prévisions de croissance économique plutôt mitigées, avec respectivement +1,5 et +2,7% (points centraux). Une vague de faillites au Luxembourg est jugée assez probable, en particulier à partir du deuxième semestre de 2021, d’autant que les principales restrictions sanitaires en cours ne seraient levées qu’au troisième trimestre de 2021 pour 50% des répondants (et au deuxième trimestre pour 35% d’entre eux). En revanche, les membres du panel ne semblent pas lier la levée des restrictions sanitaires, qui entraineraient une évolution, voire une disparition des dispositifs de chômage partiel, à une « explosion » du chômage. Ce dernier resterait en effet très proche du niveau actuel en 2021 et en 2022.

En ligne avec les craintes exprimées sur la vigueur de la reprise, trois mesures sont particulièrement privilégiées par les participants au « Consensus » :

  • -Préparer un plan de relance par l’investissement ambitieux (88%) ;
  • -Inciter les ménages aisés qui ont épargné à consommer plutôt qu’à investir dans l’immobilier (avec 75% de soutien) ;
  • -Adopter de nouvelles mesures redistributives (73%).

Au niveau européen, le « Consensus » appelle de ses vœux, avec d’importantes majorités relatives, des mesures telles que l’augmentation de la taille du budget européen avec des ressources fiscales propres, la mise en place d’une taxe carbone aux frontières et le renforcement du plan de relance européen « NextGenerationEU ».

La suppression des références aux critères « de Maastricht » de 3% (déficits) et 60% (endettement) recueille quant à elle une légère majorité relative (42% contre 35%).

Dans le domaine de la lutte contre le réchauffement climatique, une (courte) majorité estime que les objectifs de réduction des gaz à effet de serre à l’horizon 2030 ne sont pas atteignables ni dans l’UE, ni au Luxembourg, mais ce « scepticisme » recule par rapport au consensus de 2020.

Enfin, la principale crainte affichée par le panel au niveau européen concerne la multiplication en 2021 de mouvements sociaux en Europe. Ce qui montre plus que jamais la nécessité de sortir des idées préconçues, dans un contexte pour le moins incertain et s’apparentant à un véritable « champ de mines ».

Une analyse de la Fondation IDEA, partenaire Infogreen

Intégralité du texte et autres documents ici

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jeudi 11 mars 2021


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