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Inspirer l’innovation par la collaboration !

Architecture & construction

Publié le
lundi 16 août 2021 à 04:00

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Impression 3D, smart buildings, maquette numérique… La digitalisation est en marche dans le secteur de la construction. Elle se retrouve à tous niveaux, dès la phase de conception. Les entreprises redoublent d’efforts pour intégrer des processus de travail collaboratifs, digitaux ou non, permettant non seulement d’innover mais aussi d’optimiser les coûts de construction et d’exploitation. Nicolas Delaite, BIM Manager et Jérôme Mahin, ingénieur HVAC-sanitaire chez Betic Ingénieurs-Conseils, nous dévoilent comment le bureau travaille en ce sens.

Interview de Nicolas Delaite, BIM Manager et Jérôme Mahin, Ingénieur HVAC-sanitaire chez Betic ingénieurs-conseils

Innover, un leitmotiv ancré dans l’ADN de Betic…

Jérôme Mahin : Chez Betic Ingénieurs-Conseils, nous avons à cœur de proposer des techniques adaptées aux particularités de chaque bâtiment et aux besoins spécifiques des utilisateurs finaux. Il est essentiel de se remettre en question sans cesse pour apporter des solutions innovantes mais aussi pertinentes. Et, clairement, la digitalisation du secteur nous aide dans notre collaboration quotidienne.

Nicolas Delaite : C’est dans cette optique que le Building Information Modeling se développe de plus en plus au sein des projets. Nous parlons bien d’un processus de travail collaboratif autour d’une maquette 3D intelligente et pas simplement de la maquette.

Il permet d’éprouver, analyser, prioriser, échanger, estimer, planifier, optimiser tous les aspects de la construction. Avec le BIM, on anticipe ! Les problématiques qui pouvaient intervenir précédemment sur chantier peuvent être évitées, mais pas seulement. En disposant d’une bibliothèque de matériaux réutilisables dès la conception, le maître d’ouvrage peut réaliser d’importantes économies en phases d’exploitation et de déconstruction. Même si certains acteurs ne voient pas encore son intérêt, nous sommes convaincus que, tôt ou tard, il sera le processus de travail standard et contribuera à innover encore plus. Il doit être pensé comme une méthode commune pour créer, partager et gérer les informations d’un projet entre les différents acteurs externes mais aussi internes ! Finalement, la question n’est pas « BIM ou pas BIM », mais plutôt « Quel niveau de collaboration ? ».

On peut donc dire que Betic a pleinement intégré le BIM ?

ND : Comme beaucoup, il y a encore quelque temps, nous l’abordions comme une discipline de « dessin 3D pur » puis, après les premiers projets conduits et les retours d’expérience, nous avons décidé de nous réorganiser pour l’intégrer comme un véritable process de travail collaboratif. Nous avons donc créé un pôle composé de collaborateurs spécialisés en BIM que j’accompagne aujourd’hui. L’objectif est de disposer d’une vision plus pragmatique et globale des projets pour que les divers acteurs collaborent efficacement. Nous sommes convaincus que c’est aujourd’hui qu’il faut développer les nouvelles compétences de demain ! Un atout non négligeable pour notre bureau est que nous pouvons compter sur les spécialistes du groupe VK Architects & Engineers, que nous avons rejoint il y a un an et qui nous accompagnent dans le développement du service. Grâce à son expérience de longue date en BIM dans des projets de plus de 100 000 m2, VK est reconnu comme un des partenaires incontournables pour guider le maître d’ouvrage et les différents acteurs du projet dans ce processus.

Un projet qui n’est pas conduit en BIM, ce n’est donc pas un projet innovant ?

JM : Si, bien entendu ! Prenons l’exemple de la nouvelle école à Brouch sur laquelle nous travaillons : un bâtiment des plus respectueux de l’environnement grâce à des techniques innovantes. La ventilation naturelle hybride valorise les forces motrices naturelles que sont le vent (tirage éolien via la forme particulière de l’extracteur en toiture) et la chaleur à l’intérieur du bâtiment. Le tirage thermique utilise la différence de température entre l’air intérieur plus chaud et l’air extérieur plus frais. Par effet de densité, l’air plus léger s’élève et crée une dépression à l’intérieur du conduit d’évacuation, permettant d’extraire l’air vicié du bâtiment. Cet effet augmente avec la hauteur du bâtiment. Dans le cas où l’évacuation naturelle n’est pas suffisante, une aide mécanique prendra le relais. Le chauffge est assuré par des pompes à chaleur puisant l’énergie exclusivement de l’air vicié. Les fenêtres pariétodynamiques quant à elles permettent en plus d’assurer le renouvellement d’air naturel dans les salles de classe, la récupération passive de calories en hiver et le rafraîchissement de la température en été, selon le principe d’un échangeur de chaleur. Elles présentent des performances thermiques très au-dessus des triples vitrages classiques. Un projet réalisé sans centrale de ventilation, sans organes de réglages, avec quatre fois moins de gaines de ventilation… Un concept innovant et Low-Tech, même si nous n’avons pas travaillé en BIM. À nouveau, tout dépend des besoins du maître d’ouvrage et nous savons qu’il y a encore du chemin à parcourir et des défis à relever pour l’intégrer pleinement sur davantage de projets.

ND : Et en attendant que tout le monde ait acquis ces nouvelles méthodes de travail, ce qui est essentiel dans un premier temps pour concevoir des bâtiments peu énergivores, fonctionnels et innovants reste clairement la collaboration ! Sans un processus de travail en commun efficace, aucune innovation n’est possible !

C’est pourquoi chez Betic, nous nous appuyons sur la méthode de travail collaborative intégrale « MOAI » définie par l’Ordre des Architectes et Ingénieurs-Conseils qui maintient un lien direct entre le maître d’ouvrage et les concepteurs pour offrir sur chaque projet une véritable culture de services coordonnés.

Et pour l’avenir ? Des projets « full BIM » ?

ND : On tend aujourd’hui vers l’intégration d’un modèle d’économie circulaire dans la conception : recyclage, surcyclage, démontage… Nous devons penser autrement et avoir une vision globale, en amont du projet, afin de minimiser et même de rendre neutre son impact sur l’environnement. Le BIM apporte alors une véritable plus-value.

/JM : À nouveau, le BIM va continuer à se développer et un jour, tous les projets seront conçus grâce à ce processus de travail. Mais nous devons rester prudents quant à son utilisation excessive et ne pas oublier que chaque projet est unique. En phase de conception des techniques spéciales par exemple, il est inutile de viser un modèle 100 % sans conflit (l’entrepreneur, les marques de matériaux ne sont souvent pas encore connues...). Toutefois, il est évident que les acteurs de la construction doivent prendre en compte les avantages de la conception avec le BIM pour de nombreux projets dès à présent et à terme, pouvoir l’intégrer dans tous.

Article tiré du NEOMAG#40
Plus d’informations : http://neobuild.lu/ressources/neomag
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lundi 16 août 2021


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