Briser la dépendance à l'aide alimentaire !

Briser la dépendance à l’aide alimentaire !

Le Kenya est mondialement connu comme destination touristique ou encore comme producteur de légumes et de fleurs vendus dans nos supermarchés. Par contre, peu de gens ont connaissance des inégalités qui sévissent au sein de ce pays. Contrairement au centre et au sud-est du pays, qui connaissent une certaine activité économique, la région du Turkana au nord-ouest du Kenya est d’une pauvreté extrême. La Fondation Partage y intervient.

Cette région aride, habitée par des populations à tradition nomade subit des périodes de grande sécheresse. Suite au changement climatique, ces périodes de sécheresses sont de plus en plus fréquentes et sont souvent suivies par des crises de famines lors desquelles de nombreuses familles deviennent malheureusement dépendantes de l’aide alimentaire distribuée par les organisations locales.

C’est la raison principale pour laquelle nous avons choisi d’intervenir dans cette région du Kenya. Non pas en apportant de l’aide alimentaire, mais en augmentant la résilience du peuple Turkana face aux périodes de sécheresse répétitives. Notre partenaire sur place, Caritas Lodwar, a élaboré un programme qui vise soit le développement de la production de nourriture, soit l’augmentation des revenus des ménages afin que ces derniers puissent acheter leurs aliments.

Concrètement cela se fait par :

  • L’installation de puits qui permettent de faire de l’agriculture familiale même en période de sécheresse.
  • La mise à disposition de semences résistantes à la sécheresse.
  • Des formations sur des méthodes agricoles adaptées à la région.
  • Le croisement d’une nouvelle race de chèvre avec les chèvres locales. Il en résulte une chèvre adaptée au climat local et qui donne 3 fois plus de lait que les chèvres locales.
  • L’octroi de microcrédits pour commencer ou développer un petit commerce.

Avec un budget annuel d’environ 140.000 €, le projet soutenu par partage.lu cible annuellement 950 ménages ! Après un an de soutien intensif, ces ménages sont capables de continuer leurs activités de façon autonome avec tout au plus un petit suivi ponctuel de la part de la coordinatrice du projet. Chaque année, le projet reproduit ces mêmes activités auprès de nouveaux bénéficiaires.

Le but ultime du projet est d’améliorer la sécurité alimentaire des bénéficiaires de façon à ce qu’ils soient moins vulnérables lors des périodes de grande sécheresse et ne soient plus dépendants de l’aide alimentaire.

Lors de ma dernière visite au Kenya en 2019, j’ai rencontré Ngoroi, une jeune femme bénéficiaire du projet. Elle était très contente, parce qu’elle peut désormais nourrir sa famille grâce au puits installé dans le cadre du projet. Elle nous raconte : « Il y a quelques mois, quand il y avait la famine ici, une voisine qui habite de l’autre côté de la colline est venue me rendre visite. Elle m’a demandé comment nous faisions pour avoir de la nourriture même avec cette longue période de sécheresse. Je lui ai montré nos champs et le puits installé par Caritas Lodwar … »

L’expérience des 5 dernières années a prouvé que le projet donne d’excellents résultats et a donc toute sa raison d’être. En effet, nous avons constaté que lors de la dernière famine qui a sévi dans la région Turkana, les bénéficiaires du projet n’ont pas eu besoin d’aide alimentaire et ont pu être rayés des listes officielles de demandeur d’aide alimentaire.

Denise Richard - Directrice de la Fondation Partage Luxembourg
Photos : Fondation Partage Luxembourg, partenaire Infogreen

Article tiré du dossier mois « Tellement de raisons d’agir ! »

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Publié le vendredi 30 juillet 2021
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