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samedi 19 août 2017

Quand toiture rime avec agriculture
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Quand toiture rime avec agriculture
Architecture & construction

Publié le jeudi 25 août 2016 à 06:00

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Selon Bruno Renders, directeur du CDEC, les bâtiments trouvent aujourd’hui des applications nouvelles, plus nobles en ce sens qu’elles rendent un service sociétal. Parmi elles, la production locale de fruits et légumes.

« La toiture est l’élément auquel on accorde le moins d’attention dans une construction. Le sous-sol a une valeur ajoutée parce qu’il permet d’accueillir un parking, une cave ou des installations techniques, mais la toiture a toujours été le parent pauvre du bâtiment », constate Bruno Renders.

Pourtant, les toitures des bâtiments, en particulier celles des bâtiments commerciaux, des immeubles administratifs ou des grands ensembles résidentiels passifs, qui ont souvent pour caractéristiques une forme compacte et un toit plat, constituent un espace disponible qui ne demande qu’à être exploité. Et, ce faisant, on y gagnerait sur tous les tableaux… « Les toitures peuvent accueillir des serres urbaines », poursuit le directeur du CDEC, « ce qui permet de valoriser économiquement une surface qui ne l’est pas encore assez aujourd’hui, mais aussi de purifier, par le biais de la photosynthèse, l’air extrait des bâtiments qui est pollué par nos activités humaines et de s’en servir pour favoriser la croissance des plantes de la serre puisqu’il a le triple avantage de contenir du CO2 et d’avoir une température et une hygrométrie constantes tout au long de l’année. Sans compter que l’agriculture urbaine permet aussi d’ajouter du vert dans la ville, de produire des légumes qui pourront être distribués à travers des circuits très courts et d’éviter ainsi les contraintes économiques et environnementales liées au transport ».

L’agriculture urbaine serait donc une façon de redorer le blason des toitures et des bâtiments dans leur ensemble. On n’a longtemps exigé d’un bâtiment qu’il ne fasse qu’héberger des personnes, puis la notion de confort a pris une place grandissante. Dans les dernières décennies, on l’a voulu économe en énergie et, aujourd’hui, on lui demande aussi d’en stocker, voire d’en produire… et non seulement de produire de l’énergie, mais aussi de produire des aliments. Ces nouvelles fonctions, au service de la société, Bruno Renders les qualifie de « nobles ».

Selon les chiffres de l’association SOS Faim, les consommateurs luxembourgeois auraient actuellement besoin d’environ deux fois l’espace agricole disponible au Grand-Duché pour subvenir à leurs habitudes de consommation (qui sont en moyenne de 300 kg de produits animaux par an). D’un autre côté, les toitures de bâtiments de bureaux et industriels exploitables représenteraient presqu’autant d’hectares les surfaces agricoles actuellement disponibles (63 contre 66 selon les chiffres avancés par le directeur du CDEC). Le recours à l’agriculture urbaine relèverait donc de la logique. Et ce, d’autant plus que la culture en serre étant une culture en milieu fermé, elle est moins sujette aux variations climatiques et a donc un rendement bien plus élevé qu’une culture sur un terrain agricole. Bruno Renders précise que : « D’après une étude menée à Montréal, si on connecte la serre à un bâtiment, on économise au moins 50 % de la chaleur nécessaire pour la chauffer par rapport à une serre classique et on peut ainsi produire jusqu’à 30 kg de légumes par m2 ».

Mais est-on sûr que ce concept pourrait s’appliquer au Luxembourg et quel serait son potentiel s’il était déployé à grande échelle ? Réponse catégorique de Bruno Renders à cette question : « Je suis convaincu que ce type d’agriculture va s’imposer, et probablement plus vite au Luxembourg qu’ailleurs, à la fois pour des raisons liées à l’insuffisance des surfaces agricoles disponibles et au dynamisme des marchés de la promotion immobilière et du real estate ». Ce à quoi il ajoute que : « A Singapour, 10 % des légumes consommés par les 5.700.000 habitants ont poussé dans des serres urbaines. Si sur ce territoire, qui est 3 fois plus petit que le Luxembourg, on parvient à fournir 10 % des légumes consommés par une population qui est 10 fois plus nombreuse, on doit être capable de couvrir 100 % des besoins des habitants de ce pays ».

Mélanie Trélat

Publié le jeudi 25 août 2016


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