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Droits humains & solidarité

Publié le
jeudi 26 octobre 2017 à 04:00

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Ma dernière mission au Népal à la fin du mois de juillet dernier avait trois objectifs. Celui de faire le point sur nos projets en Asie du Sud, celui de faire le point sur notre bureau de coordination et celui de rencontrer nos partenaires pour lancer les nouveaux projets au Népal.

Je fais une telle mission chaque année, d’une durée d’une à deux semaines en fonction des objectifs à réaliser. L’actualité peut aussi bousculer le calendrier et nécessiter une ou plusieurs missions supplémentaires. Mais d’habitude je n’ai pas besoin de plus : nous avons sur place une équipe de grands professionnels qui gère au quotidien nos activités et sont en relation directe et cordiale avec nos partenaires.

Du coup, ma présence sur le terrain est plus liée à des questions d’ordres stratégique et administratif. Et c’est chaque année un grand plaisir pour moi de retrouver mes collègues népalais mais également nos partenaires et leur accueil chaleureux.

J’aime également le Népal et c’est très important qu’il existe une affinité avec le pays où l’on travaille. C’est un sujet qu’on aborde peu dans le monde du développement – où le côté professionnel et technique tend à gommer ses aspects personnels – mais qui reste capital je pense. Mes premiers voyages au Népal datent de 1999 et je dois dire que le pays a énormément changé ces 20 dernières années. Mais ce ne sont pas les « miracles économiques » qu’on observe dans d’autres pays de la région qui l’ont tellement transformé. Non, je dirais que c’est un mélange entre l’arrivée de nouvelles technologies, du développement tout azimut des transports routiers, de l’essor encore plus important du tourisme d’un côté, et des catastrophes violentes qui ont touché le pays depuis le début des années 2000 de l’autre : la guerre civile, l’assassinat du roi et plus récemment les deux grands tremblements de terre meurtriers. Ces derniers ont profondément défiguré Katmandou en détruisant les temples sublimes qui faisaient sa fierté. Mais cet écroulement se retrouve ailleurs et surtout dans la surpopulation qui la guette : Katmandou ne peut plus gérer la population massive qui s’y installe, fuyant la guerre, la misère ou les catastrophes climatiques. Partout les bidonvilles se développent dans le moindre interstice libre, l’eau vient à manquer, les détritus ne peuvent plus être traités et squattent les rivières, et j’en passe.

Mais je ne veux pas donner une image misérabiliste de la ville et du pays. Bien au contraire, ces deux-là restent fiers et magnifiques et ils viendront à bout de leurs crises comme ils l’ont toujours fait.

Pour revenir à ma mission, ce mélange de développement économique et de régression à la suite des catastrophes a un impact direct sur notre travail au Népal. Une étude que nous avons menée récemment au Népal montre que l’essor des nouvelles technologies dans le pays et leur accessibilité à un public de plus en plus jeune est un vecteur du développement de l’exploitation sexuelle des enfants. En parallèle, la présence à Katmandou et dans les autres grands centres urbains de nombreuses familles défavorisées est également un vecteur de vulnérabilité des enfants à l’exploitation sexuelle. L’essor du tourisme, et surtout du tourisme asiatique, a entraîné la création de tout un secteur de l’économie qu’on appelle là-bas pudiquement « adult entertainment sector ». Malheureusement dans ce secteur du « loisir », des enfants et notamment des jeunes filles se retrouvent exploités et abusés. De l’autre côté, la situation politique et économique délicate a pour conséquence la présence dans le pays de pédophiles étrangers qui profitent de cette confusion pour abuser des enfants.

Ayant identifié toutes ces situations où les changements d’une société rendent des enfants vulnérables pour diverses raisons, nous nous devons de les protéger. Et en parallèle, ECPAT Luxembourg encourage et aide ses partenaires et les autorités œuvrant dans le domaine de la protection de l’enfance à renforcer leurs compétences. C’est la justification de notre présence au Népal et de mes missions.

« Ayant identifié toutes ces situations où les changements d’une société rendent des enfants vulnérables pour diverses raisons, nous nous devons de les protéger. »

 

Thomas Kauffmann, directeur exécutif d’ECPAT Luxembourg

Communiqué par ECPAT Luxembourg

Publié le
jeudi 26 octobre 2017


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