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Toujours ouverts pour soutenir des projets novateurs

Énergie

Publié le
mercredi 13 avril 2022 à 04:00

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Pour atteindre ses objectifs en matière de décarbonation, le Luxembourg mise sur les énergies renouvelables avec l’éolien et le photovoltaïque comme technologies de référence et, comme mots d’ordre, l’autoconsommation et les coopérations internationales.

Interview de Georges Reding, chargé de la direction des énergies renouvelables au ministère de l’Énergie

Quelle est la situation actuelle en matière d’énergies renouvelables au Luxembourg et quels sont les objectifs à atteindre ?

Le Luxembourg s’est fixé des objectifs très ambitieux pour 2030 avec son Plan national intégré en matière d’énergie et de climat (PNEC). Deux piliers majeurs de ce plan sont l’éolien et le photovoltaïque, les domaines où nous avons le plus haut potentiel.

En ce qui concerne l’éolien, malgré un territoire restreint, nous estimons pouvoir tripler la production avec les installations à l’avenir.

Pour ce qui est du photovoltaïque, nous souhaitons passer de 200 à plus de 1 000 MW/an. Le gouvernement privilégie pour cela l’utilisation des surfaces imperméables, car le sol est rare. Cela concerne donc le bâti nouveau et le bâti existant et, depuis 4 ans, cela vise, en plus du résidentiel, les grandes installations via des appels d’offres. Notre volonté est que chaque bâtiment ait une production renouvelable et que le photovoltaïque devienne un standard.

Pour atteindre notre objectif, nous devons construire environ 100 MW de plus chaque année. Sachant que l’actuel appel d’offres couvre 50 à 60 MW, il y a encore des efforts à faire. C’est pourquoi nous réfléchissons avec les ministères de l’Environnement et de l’Agriculture à la création de projets pilotes sur des terrains agricoles, en gardant en tête le souci de préserver, et même d’augmenter, la biodiversité et d’assurer que ces surfaces restent exploitables pour l’agriculture.

Cette année, nous promouvrons aussi des concepts plus novateurs comme l’autoconsommation et les communautés énergétiques en renforçant les aides, ensemble avec le ministère de l’Environnement, pour encourager les résidents à utiliser l’énergie qu’ils produisent pour leurs besoins domestiques ou en électromobilité au lieu de l’injecter dans le réseau.

Nous espérons ainsi générer de l’intérêt : entre le prix de l’électricité qui augmente, les subsides de l’état et un prix garanti sur 15 ans, toutes les conditions favorables sont réunies pour que chacun puisse participer à cette évolution qui est une véritable révolution.

Est-ce que vous vous intéressez à des pistes plus innovantes pour le photovoltaïque, par exemple la possibilité d’installer des panneaux ailleurs qu’en toiture ?

Nous suivons le projet Interreg PV Follows Function. Nous échangeons avec Neobuild sur les installations pilotes qui sont à l’essai dans son bâtiment et nous sommes très intéressés par les résultats, par le fait de connaître les avantages, les désavantages et les coûts du photovoltaïque intégré pour pouvoir en tirer des conclusions : Quels sont les besoins ? Veut-on promouvoir davantage ces technologies ? Nous sommes toujours ouverts pour soutenir ce type de projets novateurs, mais ils ne bénéficient pas pour l’instant de régimes spéciaux. Nous essayons d’abord de mobiliser tout le monde pour installer des panneaux photovoltaïques en toiture.

L’énergie renouvelable que nous consommons est-elle entièrement produite localement ou est-elle en partie importée ? Comment atteindre les objectifs avec les ressources limitées dont nous disposons ?

Le Luxembourg étant un pays à territoire très limité, nous importons quelque 80 % de l’électricité dont nous avons besoin. Au niveau national, depuis de nombreuses années déjà, nous soutenons exclusivement les installations basées sur des sources d’énergie renouvelable. Les 20 % qui restent sont donc couverts par des énergies renouvelables et ils correspondent plus ou moins à la consommation des ménages.

Le PNEC prévoit que nous produisions 35 % de l’électricité que nous consommons d’ici 2030 mais, même en favorisant toutes les technologies possibles, nous ne serons jamais autonomes en électricité parce que nous avons un territoire trop restreint. C’est pourquoi nous coopérons avec d’autres pays européens comme le Danemark, par exemple, avec qui nous allons développer des parcs éoliens en mer du Nord. L’électricité renouvelable produite y sera injectée dans le réseau européen, dont fait partie le réseau luxembourgeois. Le Luxembourg a été un des premiers pays en Europe à établir de telles coopérations.

Nous avons beaucoup parlé d’électricité, mais qu’en est-il de la production de chaleur et de froid ?

Pour les nouveaux bâtiments, le standard est la pompe à chaleur, classique air-eau, mais il convient aussi de promouvoir la géothermie. Sur ce point, nous sommes en échanges avec le ministère de l’Environnement pour améliorer la carte de la géothermie.

Un autre volet est la biomasse, en particulier le bois. C’est une source d’énergie limitée dont nous voulons faire une utilisation - que ce soit dans des réseaux de chaleur ou dans des chaudières à pellets individuelles - à la fois « cascadaire » (d’abord comme matériau de construction puis, pour tout ce qui n’est pas ou plus utilisable en tant que tel, pour produire de l’énergie) et sélective (réservée aux endroits où il y a un réel besoin). C’est pourquoi les subsides se concentreront à l’avenir sur les bâtiments existants où il est difficile de mettre en œuvre des mesures d’efficacité énergétique, par exemple dans des quartiers historiques protégés.

Quels défis la décentralisation de la production, l’essor de la biomasse et l’arrivée de nouvelles technologies posent-elles aux entreprises ?

Les entreprises doivent acquérir de nouvelles compétences et mettre en place de nouvelles procédures pour assurer la qualité des installations lors de la réception et des révisions régulières. La Chambre des Métiers propose par exemple des formations spécialisées et Neobuild joue également un rôle très important pour montrer en pratique comment ces installations fonctionnent.

À côté du défi de former les salariés, le grand défi est de trouver de la main-d’œuvre. Le secteur de la construction en général est soumis à une forte pression pour produire suffisamment de logements, d’autant plus dans une période de pénurie de matériaux, et pour le faire de manière efficiente, en intégrant les énergies renouvelables. Les grands défis en matière d’efficacité énergétique ont commencé il y a plus de 10 ans avec les bâtiments basse consommation puis passifs et les entreprises sont aujourd’hui habituées à ces standards.

Mélanie Trélat
Article paru dans le Neomag#45
Plus d’informations : http://neobuild.lu/ressources/neomag
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Publié le
mercredi 13 avril 2022


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