
Thomas et Piron : un demi-siècle d’existence, 40 ans au Luxembourg
Le groupe Thomas et Piron a réuni une centaine d’invités, jeudi 21 mai 2026, à Merl pour célébrer son 50e anniversaire et ses 40 années d’activité au Luxembourg. Entre lucidité sur la crise du logement et plans pour la décennie à venir, le fondateur et les dirigeants ont tracé les contours de la stratégie 2026-2030.
Partenaires, élus communaux et collaborateurs se sont rassemblés jeudi soir dans le quartier de Merl, à Luxembourg, pour marquer un double anniversaire : les 50 ans du groupe belgo-luxembourgeois Thomas et Piron et ses 40 années de présence au Grand-Duché. Un rendez-vous placé sous le signe du bilan autant que des perspectives pour une entreprise qui emploie aujourd’hui plus de 350 personnes au Luxembourg, sur les 3.000 collaborateurs du groupe répartis dans cinq pays européens.
Quarante ans bâtis projet après projet
Louis-Marie Piron, fondateur du groupe, a fait défiler cinq décennies devant l’assistance. Il est revenu sur les débuts en 1985 au Luxembourg, à une époque où lancer un projet de maison unifamiliale relevait d’une autre logique administrative. « À l’époque, il ne fallait même pas d’architecte. On allait simplement avec une feuille A4 correctement dessinée à la commune, et dans la semaine, on recevait les cachets et l’autorisation », a-t-il rappelé, glissant un clin d’œil aux architectes présents dans la salle.
Le fondateur a parcouru les années fastes, où « tout le monde achetait tout à pratiquement n’importe quel prix », puis les chocs successifs du Covid, de la guerre en Ukraine et des tensions au Moyen-Orient.
Sans éluder la part de responsabilité des promoteurs dans la crise actuelle du logement. « Nous, les promoteurs constructeurs, on a acheté des terrains un peu cher les dernières années, et quand la crise est arrivée, l’équation ne fonctionnait plus. »
Louis-Marie Piron a plaidé pour une réponse politique rapide, rappelant que le Luxembourg affiche aujourd’hui un taux de chômage supérieur à 6 %, dont une part importante provient selon lui du secteur de la construction. Le fondateur a également souligné les bénéfices qu’une reprise du marché représenterait pour les finances publiques, entre rentrées de TVA, droits d’enregistrement et impôts sur le travail.
« On est resté, on s’est adapté, on s’est développé, on a appris et surtout on a continué à construire projet après projet, client après client. »
Louis-Marie Piron, fondateur de Thomas et Piron
Quatre mots-clés pour 2026-2030
Présent pour la première fois devant les partenaires luxembourgeois, Olivier Beguin, CEO du groupe, a pris la parole en lieu et place de François Piron, retenu à Chaudfontaine pour l’inauguration des nouveaux bureaux du groupe Galère - racheté par Thomas et Piron il y a quelques années. Le nouveau dirigeant a détaillé la stratégie portée par le successeur du fondateur pour la période 2026-2030, structurée autour de quatre mots-clés : consolidation, agilité, innovation et diversification. Le tout adossé à trois valeurs revendiquées : l’ADN familial, le respect du client et la qualité des équipes.
Olivier Beguin a rappelé que le groupe est présent sur toute la chaîne de la construction, « en promotion, en construction, en infrastructures, en génie civil, en bureau, en maison, en appartement. » Le CEO a salué le pari pris il y a deux à trois ans : continuer à construire malgré l’absence de marché. « Là où les gens n’osaient pas, ils ont osé. Cela a permis en 2025 d’écouler un stock très important et de répondre à une nouvelle évolution de la demande des clients, qui veulent désormais acheter des produits finis. » Il a appelé les partenaires bancaires et le pouvoir politique à faire preuve à leur tour d’audace face à la nouvelle donne du marché.
« Le Grand-Duché représente plus de 700 personnes. C’est historiquement notre deuxième marché, en termes d’équipes comme de chiffre d’affaires. »
Olivier Beguin, CEO du groupe Thomas et Piron
Construire mieux, plus réfléchi, plus durable
Günther Beining, administrateur délégué de Thomas et Piron Luxembourg depuis huit mois, a choisi de regarder devant. Sans masquer pour autant sa déception après le dernier discours sur l’état de la Nation prononcé par le Premier ministre Luc Frieden. « Annoncer des mesures et rester inactif pendant cinq semaines est, à mon sens, une grave erreur. Cela ne fait qu’aggraver la situation », a-t-il déclaré, plaidant pour des décisions rapides issues des prochaines réunions tripartites.
« Je suis fermement convaincu que nous pouvons encore beaucoup construire au Luxembourg. Peut-être pas aussi rapidement qu’avant, mais mieux, plus réfléchi et plus durable. »
Günther Beining, Administrateur délégué de Thomas et Piron Luxembourg
L’administrateur délégué a rappelé que le groupe pilote actuellement plusieurs chantiers au Grand-Duché, notamment le projet Botanica et celui à la Cloche d’Or, déjà autorisés, ainsi que le projet Unicity récemment livré dans son intégralité. Sa conviction : « la qualité d’un projet repose toujours sur celle des femmes et des hommes qui y travaillent, sur le chantier comme au bureau ».
Pour Günther Beining, la position de Thomas et Piron va aujourd’hui bien au-delà de la simple construction. « Il s’agit de créer des espaces de vie, de générer de la valeur et d’accompagner le développement de tous », a-t-il résumé, insistant sur le caractère collectif de la démarche, avec les municipalités, les partenaires de terrain et l’ensemble des professionnels du BTP. Il a conclu en lançant un rendez-vous à l’assistance : « Qui sait, peut-être nous reverrons-nous dans 25 ans, pour les 75 ans du groupe ».
Sébastien Yernaux
Photo : Eve Millet / Picto





















































