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Quelle nourriture pour nos enfants ?

Alimentation & Restauration

Publié le
mercredi 9 janvier 2019 à 04:00

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De bons gestes existent pour prendre notre alimentation en main. Dr Nadia Terki nous en parle.

Dr Nadia Terki s’est spécialisée en immuno-allergologie et en nutrition à l’issue de son cursus de médecine générale. Elle a rapidement développé un intérêt pour les allergies, les intolérances alimentaires et la nutrition et les a étudiées à Genève, Londres, Bruxelles et Paris. Actuellement installée au Gesondheets Zentrum (Zithaklinik), elle est également coauteur de « N’acceptez plus n’importe quoi dans votre assiette », livre nourri de résultats d’études cliniques sérieuses qui donne une foison de conseils pour une alimentation saine et goûteuse. Infogreen est allé à sa rencontre (partie III).

Cliquez ici pour lire les deux premières parties de l’interview : partie Ipartie II

Dr Terki, que signifie selon vous « bien manger » ?

L’important est de varier, ne pas manger régulièrement la même chose, et donc idéalement manger de saison, et le plus local possible. Cela correspond à notre rythme biologique et à nos besoins nutritionnels.

Quelques bons gestes :

  • Consommer suffisamment de légumes et de fruits qui contiennent les micronutriments : vitamines, oligo-éléments, antioxydants, fibres. On les trouve aussi dans les épices et dans les herbes aromatiques ;
  • Privilégier les cuissons à basse température pour éviter la formation de substances toxiques à la cuisson ;
  • Choisir des huiles vierges non raffinées ;
  • Diminuer la consommation de sucres raffinés ;
  • Diminuer la consommation de protéines animales, surtout les viandes rouges ;
  • Redonner leur place aux légumineuses, riches en minéraux, en fibres, en glucides, en protéines végétales ;
  • Manger moins de céréales raffinées, plus de céréales complètes, issues de l’agriculture biologique (dans la production de pain complet par exemple, on garde l’écorce des céréales, qui, si elles ne sont pas bios, contiennent tous les pesticides/insecticides).

Pouvez-vous citer quelques aliments et leurs bienfaits sur notre santé ?

Pour rester dans la saisonnalité, on peut citer la famille des brassicacées, autrefois appelés les crucifères : peu caloriques, excellentes sources de fibres, de minéraux et de vitamines. Ils sont par ailleurs anti-inflammatoires, ont une grande activité détoxifiante, et sont protecteurs de plusieurs maladies. Il y a le chou de Bruxelles, le chou-rave, le brocoli (non surgelé, consommé cru ou cuit à basse température pendant 5 minutes), la moutarde brune, le rutabaga (chou de Siam), le navet, le chou noir, le chou-fleur, le chou chinois (très riche en calcium), etc. Le Pr Paul Talalay est appelé le King of Brocoli. Il est célèbre pour ses travaux sur la prévention des cancers par les choux.

Il y a également les composés soufrés des alliacées (ail, poireaux, oignons, échalotes) qui sont très détoxifiants du foie. L’ail compte, comme les choux, parmi les aliments anti-cancers. Il est en plus un fluidifiant sanguin, il diminue la tension artérielle, il est antiseptique. Le poireau contient un antioxydant très riche - la quercétine -, il a également un pouvoir anti-inflammatoire, anticholestérol, détoxifiant et est très riche en caroténoïdes (autre antioxydant puissant).

Tous ces aliments ont le grand avantage de ne pas coûter cher. En dehors du brocoli, ils gardent toutes leurs valeurs s’ils sont consommés sous forme de soupe. Enfin, évitez les autocuiseurs qui détruisent les nutriments.
Je voudrais également signaler que le mieux est l’ennemi du bien. Le chou kale a longtemps été très à la mode, et intégré chaque matin dans les smoothies ou jus. Mais, si pendant 365 jours, tous les matins, je bois un jus de chou kale, mon corps va se priver de nutriments qu’il trouve ailleurs. Et je risque de provoquer un calcul rénal, ou vésical, si j’y suis sensible, car les tiges de ce chou contiennent beaucoup d’acide oxalique.

Je voudrais conclure en insistant sur les enfants qui doivent être notre priorité. Il faut essayer de préparer les repas soi-même quand c’est possible, faire participer les enfants pour les intéresser, les laisser observer les aliments, les emmener au marché et leur expliquer comment poussent les fruits et légumes qu’ils voient, etc. Je conseille aussi de planter une graine avec son enfant, que ce soit dans le jardin ou sur l’appui de fenêtre, car il sera émerveillé par l’évolution de la graine et sera sensibilisé à la magie de la vie et au respect de la nature. Je terminerai par une phrase de Pierre Rabhi : « L’écologie devrait être une conscience ».

Marie-Astrid Heyde

Publié le
mercredi 9 janvier 2019


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