
Quatre fonctionnaires communaux qui œuvrent pour l’environnement
Dans toutes les communes, des agents et responsables environnement œuvrent chaque jour pour faire avancer la transition écologique. De Differdange à Wiltz, en passant par Luxembourg-ville et Schifflange, quatre acteurs de terrain racontent l’évolution des politiques environnementales et une expérience marquante au contact des citoyens.
Differdange
- Philippe Reuter
- Fonction : responsable du service écologique
- Ancienneté : depuis 2020
Quelle est l’évolution de la politique environnementale de la commune de Differdange ?
Elle est clairement perceptible. Ces trois dernières années, les projets se sont multipliés et les moyens alloués ont augmenté, tant en budget qu’en ressources humaines. Le service écologique est désormais impliqué très en amont dans les projets communaux, qu’il s’agisse de mobilité, d’urbanisme ou de stratégies de résilience climatique face aux vagues de chaleur ou aux fortes pluies. L’intégration de Differdange dans la mission européenne NetZeroCities a renforcé la crédibilité de notre démarche et suscité davantage de demandes de la part de la population. Les retours sont majoritairement positifs, même si certaines inquiétudes persistent, notamment en lien avec les changements d’habitudes.
Quelle est votre expérience la plus marquante sur le terrain, au contact des citoyens ?
Ces dernières années, nous avons renforcé la collaboration avec les lycées de Differdange. Les échanges avec les adolescents ont été particulièrement marquants : leur motivation et leur ouverture au changement sont impressionnantes. Ils ont pleinement conscience que nos actions concernent directement leur avenir, et leur engagement donne beaucoup de sens à notre travail quotidien.
Luxembourg-ville
- Pierre Schmit
- Fonction : délégué à l’environnement
- Ancienneté : depuis 2006
Quelle est l’évolution de la politique environnementale de la Ville de Luxembourg ?
Le domaine de l’environnement se professionnalise davantage et la Ville de Luxembourg suit cette tendance. En interne, une fonction de délégué à l’environnement fut créée il y a 20 ans pour mieux coordonner les aspects environnementaux dans toutes les activités de la Ville. Assurée initialement par un responsable, cette mission est désormais prise en charge par une équipe de sept personnes. Avec les avancées informatiques, la Ville de Luxembourg a par ailleurs fait d’énormes progrès pour suivre l’état de l’environnement sur son territoire, dresser des bilans et réaliser des prévisions, grâce notamment à des mesures par capteurs intelligents, à l’interprétation d’images satellitaires ou encore à l’établissement de jumeaux numériques. Les budgets se sont adaptés avec la création de nouveaux subsides et la communication s’est intensifiée, notamment dans le magazine CITY.
Quelle est votre expérience la plus marquante sur le terrain, au contact des citoyens ?
Il est aujourd’hui réjouissant de constater les très nombreuses participations des citoyens aux projets participatifs de la Ville, tels que les « Apéri’tours », les repair cafés, les ateliers pour la végétalisation de façades ou encore les jardins communautaires.
Schifflange
- Sébastien Kohn
- Fonction : garde-champêtre
- Ancienneté : depuis 2006
Quelle est l’évolution de la politique environnementale de la commune de Schifflange ?
La mission du garde-champêtre consiste notamment à fournir des conseils pour un entretien des espaces verts (parcs, îlots de verdure, vergers, etc.) respectueux du Pacte Nature. Dans ce domaine, je travaille en étroite collaboration avec l’équipe communale de jardinage, avec l’enteprise à vocation sociale ProActif et quelques autres entreprises externes. L’objectif est d’introduire encore plus de nature dans notre commune, principalement avec des plantes indigènes.
La surveillance de différents biotopes ainsi que de nos cours d’eau, renaturés sur toute la longueur de la commune, fait également partie de mes attributions. L’accent est mis sur la lutte contre les espèces envahissantes (renouée du Japon, impatiente de l’Himalaya, etc.) dans l’Alzette et le Kiemelbaach. La commune de Schifflange s’engage aussi activement dans la prévention des déchets. Notre règlement moderne, basé sur un système de récompenses, nous a valu dès 2018 le « European Energy Award » en or, une première pour une commune urbaine luxembourgeoise.
Au cours de mes 20 années de carrière, j’ai pu observer le développement d’une conscience collective en faveur de la protection de l’environnement et du climat.
Wiltz
- Charlotte Origer
- Fonction : ingénieure environnement
- Ancienneté : depuis 2020
Quelle est l’évolution de la politique environnementale de la commune de Wiltz ?
En dix ans, la politique environnementale de la commune de Wiltz a beaucoup changé. Quand je suis arrivée il y a un peu plus de cinq ans, j’étais la première personne engagée spécifiquement sur ces sujets, comme le Klimapakt ou le Naturpakt. Avant cela, il n’y avait pas de service environnement structuré et les projets étaient ponctuels.
Aujourd’hui, la démarche est transversale, avec une vision globale du climat, de la biodiversité et de la sensibilisation du public. La gestion des espaces verts illustre bien ce tournant : on passe d’un entretien très classique à des aménagements plus naturels, avec des fleurs locales, une tonte raisonnée, des hôtels à insectes et zéro pesticide. L’espace vert de la rue Weierwee combine vergers et pâturage de moutons, tout en jouant son rôle de zone tampon lors des fortes pluies. Les retours des habitants sont encourageants, même si l’accompagnement reste essentiel.
Quelle est votre expérience la plus marquante sur le terrain, au contact des citoyens ?
L’expérience la plus marquante a été le projet « Op Heidert », un nouveau quartier résidentiel innovant et écologique, né d’une collaboration étroite entre urbanisation, économie circulaire et environnement.
Propos recueillis par Sébastien Yernaux
Photos : Differdange, Ville de Luxembourg, Schifflange et Picto / Eve Millet
Extrait du dossier du mois « Sur le terrain avec... »

























