
Photovoltaïque : l’IFSB montre l’exemple et forme les salariés
L’IFSB mise sur le photovoltaïque intégré au bâti (BIPV) pour conjuguer production d’électricité verte et montée en compétences des professionnels. Son installation pilote en fait un démonstrateur de la transition énergétique dans le secteur de la construction.
On estime à près de 4.000 millions de m2 la surface de toitures disponibles en Europe, mais une majorité d’entre elles ne sont pas dimensionnées pour accueillir des panneaux photovoltaïques traditionnels. Une réponse pour augmenter la production d’électricité décentralisée est le BIPV - Building Integrated Photovoltaics ou photovoltaïque intégré au bâtiment en français.
Au Luxembourg, des projets pilotes voient le jour, notamment à l’Institut de Formation Sectoriel du Bâtiment (IFSB) : « Nous avons une première installation, fonctionnelle depuis l’année dernière, d’une puissance de 150 kWc et nous travaillons aujourd’hui sur la 2e phase de ce projet : une installation de 100 kWc supplémentaires, répartie entre la toiture et une partie des façades orientées Sud de notre bâtiment », précise Alexis Sikora, directeur de l’IFSB.
Ce projet a vocation d’une part, à maximiser la production d’électricité verte destinée à couvrir les besoins du centre de formation tout en valorisant des surfaces habituellement peu exploitées à cette fin, et d’autre part, à former les professionnels à ces technologies. « Les éléments seront fixés sur la façade existante avec un système d’ancrage innovant, ce qui nous permettra d’en tester la mise en œuvre pour ensuite donner un retour d’expérience technique dans nos formations ».
Les formations consistent à apprendre à poser des bardages multifonctionnels, qui offrent à la fois un aspect esthétique intéressant et une production d’énergie renouvelable. « Elles visent à faciliter la transition des compétences des salariés manuels de la pose classique d’éléments de façade vers l’assemblage d’éléments préfabriqués intégrant la production photovoltaïque. Nous proposons des supports de formation pédagogiques qui permettent aux stagiaires de s’exercer en conditions réelles, en intégrant les techniques nécessaires à la pose de ces éléments préfabriqués multifonctionnels à savoir le levage, l’assemblage et leur fixation », explique-t-il.
Dans le cadre du projet FSE Zéro CO2 Chantier (2024 – 2026), l’IFSB propose, par ailleurs, un module qui vise à introduire la production d’énergie renouvelable sur les chantiers. Ce module traite le volet production avec la pose de panneaux photovoltaïques sur les containers des bases de vie, mais aussi le volet stockage avec l’intégration de batteries. « Au-delà des bâtiments zéro carbone, nous nous focalisons aussi – et c’est très important - sur la phase chantier. Le fait d’avoir des chantiers avec le plus faible impact carbone possible passe par la production d’énergie locale et l’optimisation des flux. Nous recevons déjà de nombreuses demandes des entreprises dans ce sens, ce qui démontre un réel intérêt de leur part pour la production d’énergie renouvelable locale sur chantier ».
« Nous avons aussi vocation à être un démonstrateur et sommes donc disposés à faire visiter nos installations, à faire part de notre retour d’expériences en la matière et à présenter les systèmes que nous mettons en place », conclut-il.
Mélanie Trélat
Article paru dans Neomag #74





















































