Les Centres de compétences, 10 ans de formation professionnelle continue

Les Centres de compétences, 10 ans de formation professionnelle continue

Les Centres de Compétences Génie Technique du Bâtiment et du Parachèvement fêtent leurs dix ans d’existence. L’occasion pour le directeur, Tom Girardin, de revenir sur la naissance de cette structure, son évolution et sur son rôle dans la transition du secteur de la construction.

Les Centres de Compétences GTB/PAR (pour Génie Technique du Bâtiment/Parachèvement) ont été fondés en 2016, suite à l’accord interprofessionnel conclu entre la Fédération des Artisans et les syndicats représentatifs OGBL et LCGB. « L’offre de formation professionnelle continue, spécifique aux domaines du génie technique du bâtiment et du parachèvement, n’était pas très développée à l’époque », raconte Tom Girardin, managing director des Centres basés à Bettembourg. Depuis, 16.622 sessions ont été organisées et 84.807 participants ont été formés.

Les Centres emploient 25 salariés pour créer et organiser les formations, grâce aux cotisations des 2.600 à 2.700 entreprises artisanales relevant du secteur GTB/PAR. « Ces personnes travaillent sur la création de l’offre, son financement, la recherche des formateurs et de partenaires : tout ce qui relève de l’ingénierie pédagogique. Elles assurent aussi le suivi qualité auprès des participants et en aval, les certifications, les cofinancements européens et nationaux, les demandes d’aides des entreprises etc. »

Une offre en constante évolution

En 10 ans d’existence, l’offre proposée par les Centres a dû évoluer pour rester en phase avec l’état de l’art. Pour ce faire, l’organisme peut compter sur plusieurs parties prenantes. « Les fédérations nous donnent beaucoup d’informations et des sociétés font parfois remonter des demandes spécifiques de formation. Il y a aussi les acteurs institutionnels, comme les établissements publics, les ministères ou encore des groupes de travail auxquels nous participons », explique le directeur. « Ensuite, nos gestionnaires vont analyser ces éléments pour en extraire des besoins prioritaires, afin de développer une réponse concrète sous la forme d’une offre structurée et lisible pour les entreprises. »

Les formations des Centres de compétences sont tant théoriques que pratiques
Les formations des Centres de compétences sont tant théoriques que pratiques

Elle est donc bien plus fournie qu’au lancement du projet en 2016. « Vu le nombre de professions qu’on couvre, les changements dans l’environnement normatif et les innovations technologiques permanentes - surtout dans le domaine de la transition énergétique - nous n’aurons probablement jamais fini de faire évoluer nos formations ! »


« Identifier l’offre de formation la plus pertinente possible est l’une de nos missions principales. C’est tout l’intérêt d’avoir un centre de formation sectoriel, c’est une grande force pour le secteur. »

Tom Girardin, directeur des Centres de Compétences GTB/PAR

Selon le bilan provisoire des émissions de gaz à effet de serre de l’année 2024 publié en août 2025, le secteur « bâtiments résidentiels et tertiaires » était à l’origine de l’émission de 1.334 milliers de tonnes équivalent CO₂, soit 19,7 % des émissions totales pour 2024. La lutte contre la crise climatique se joue donc aussi dans le secteur de la construction.

L’incontournable transition durable

Tom Girardin explique qu’il y a « de nouvelles priorités politiques, un nouveau cadre réglementaire et surtout une vraie évolution sociétale par rapport à ce qu’on attend d’un bâtiment. »

Tom Girardin, managing director.
Tom Girardin, managing director.

Un changement qui se traduit dans les besoins de formation : « La notion de circularité est de plus en plus présente, aujourd’hui quand on parle de construction, on envisage aussi de déconstruction, de réutilisation et de recyclage. Vis-à-vis des matériaux, les artisans sont par exemple confrontés à des questions sur la qualité de l’air, sur l’évolution dans le temps de tel ou tel produit. Tout cela demande de nouvelles compétences qui s’ajoutent au savoir-faire initial. »


« La circularité est une thématique très pertinente, qui est là pour rester. »

Tom Girardin, directeur des Centres de Compétences GTB/PAR

De nouveaux questionnements et de nouvelles façons de faire qui sont autant de challenges pour les Centres. « C’est quelque chose qui motive beaucoup nos équipes, de retravailler les formations et de transmettre ces nouvelles connaissances. » Parmi les sujets du moment : l’énergie grise des bâtiments, la construction bois, la rénovation ou encore la technologie intégrée aux bâtiments. « Actuellement et pour les deux prochaines années, nous formons beaucoup sur la transition énergétique, de l’installation à la maintenance. On parle ici des systèmes de gestion d’énergie domestique (ou HEMS pour Home Energy Management System), de pompes à chaleur et du solaire photovoltaïque. Avec ces innovations, on voit même émerger de nouveaux métiers, comme celui d’intégrateur, chargé d’intégrer toutes ces technologies dans un système de gestion informatique central d’un smart building ou d’une smart home. »

Après le lancement puis une phase de stabilisation, les Centres se préparent pour absorber une future croissance. « Nous planifions la construction d’une annexe pour notre bâtiment à Bettembourg, mais nous sommes aussi à la recherche d’une solution pour être plus proches des sociétés installées dans le nord du pays. Nous organisons déjà des formations dans ce secteur, mais nous n’y avons pas d’espace adapté pour la partie pratique de nos formations. Nous aimerions y ouvrir une antenne dans le futur. »

Léna Fernandes
Photos : © Picto / Eve Millet et © Centres de compétences

Extrait du dossier du mois « Savoir (pour) faire »

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Publié le mercredi 20 mai 2026
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