
Le Drone Center forme pour déployer drones et pilotes au Luxembourg
Ouvert depuis le début de l’année 2025, le Drone Center est le premier pôle dédié à la formation dans le domaine des drones civils du Luxembourg. Christophe Struck est le responsable de l’offre de formation du centre, qui participe aussi à l’adoption de ce nouvel outil par les entreprises luxembourgeoises.
Au 13 mars 2025, le Luxembourg comptait 4.144 exploitants de drones enregistrés, professionnels ou amateurs, auprès de la Direction de l’Aviation Civile (DAC) : c’est 85 % de plus que deux années auparavant. Face à cet essor, le CNFPC a engagé un expert, Christophe Struck, pour gérer la création et la mise en place de formations dans le domaine, ce qui n’existait pas au Luxembourg à l’époque. C’est ainsi que le Drone Center a vu le jour en mars 2025.
« Nous ne voulons pas concurrencer la DAC qui propose les formations théoriques obligatoires pour les pilotes de drones, mais plutôt proposer une offre complémentaire, axée sur la pratique », précise Christophe Struck. Offre qui a trouvé son public puisque l’année dernière, 16 sessions ont été organisées, avec presque 80 télépilotes formés – « sachant qu’un formateur ne s’occupe que d’un groupe de trois personnes maximum à la fois », précise l’expert.
Les opérations ne nécessitant pas d’autorisation spécifique de vol relèvent de la catégorie OPEN. Elles doivent se dérouler en vol à vue directe et à une hauteur maximale de 120 mètres. Dans ce cas, les règles à respecter dépendent du type de drone utilisé.
Les certifications A1/A3 et A2, dispensés par la DAC sont obligatoires pour voler dans les sous-catégories correspondantes.
Des formations pratiques inédites
Avant de faire voler un drone, les participants des catégories A1/A3 ou A2 apprennent à en faire l’inspection, « pour vérifier que tout est opérationnel ». On leur montre comment sécuriser une zone d’atterrissage et de décollage, puis ils commencent les exercices de vol par des manœuvres basiques. Ils doivent aussi savoir comment gérer les situations d’urgence. Christophe Struck précise que « pour le niveau A2, plus exigeant et plutôt destiné aux professionnels, on va un peu plus loin : Qu’est-ce que je fais si ma radiocommande a un défaut ? Si je perds le retour visuel ou le signal GPS ? »
Pour ces professionnels au niveau A2, « nous pouvons nous adapter aux besoins de l’entreprise » ajoute le responsable. « On intègre des manœuvres spécifiques, au plus proche de l’environnement dans lequel les télépilotes seront amenés à piloter. » Le Drone Center a par exemple formé une quarantaine de pilotes pour Sauvons Bambi Luxembourg. L’association mène des opérations de sauvetage de faons pendant la haute saison de fauche agricole, notamment à l’aide de drones équipés de caméras thermiques. « Notre volonté est d’être flexibles, pour pouvoir prendre en charge les cas de figure à travers des exercices sur mesure. »
« Nos formations pratiques permettent d’appréhender tous les défis liés au pilotage et de devenir plus confiant dans la maîtrise des drones. Ces compétences sont développées en présence d’un formateur expérimenté, dans un cadre sécurisé et elles sont attestées par un certificat officiel délivré à la fin du cursus. »
Christophe Struck, responsable de l’offre de formation du Drone Center
Les applications déjà nombreuses
En tant qu’outil de travail, les drones trouvent de nombreuses applications dans le monde professionnel. « Dans le secteur du bâtiment, il y a tout ce qui est photogrammétrie, topographie, inspection technique… Nous coopérons avec l’Association des Techniciens de l’Audiovisuel au Luxembourg pour ce qui relève de la vidéographie et de la photographie. »
En plus d’être souvent plus économique, le recours aux drones peut aussi avoir des vertus écologiques. « Le ministère de l’Agriculture nous a informés que les viticulteurs s’intéressent au sujet pour la projection de produits phytopharmaceutiques, ce qui serait particulièrement adapté aux vignobles en pente, typiques de la vallée de la Moselle. » Avec cette solution, l’épandage est moins important car plus précis, et surtout moins nocif pour la biodiversité et les habitants de la région. Le Drone Center travaille également sur une formation d’agriculture de précision : « un capteur infrarouge peut détecter le niveau de chlorophylle dans une plante, ce qui permet d’adapter la quantité d’engrais nécessaire. » Le spécialiste cite encore la planification urbaine, pour laquelle les communes peuvent par exemple utiliser des drones pour identifier les îlots de chaleur.
Pour le futur, le centre veut affirmer sa position de relai entre le terrain et les institutions. Les priorités sont claires : « renforcer nos liens avec les administrations publiques » et « simplifier l’adoption des drones pour les entreprises », car les procédures administratives en la matière sont parfois lourdes et complexes.
Léna Fernandes
Photos : © Fanny Krackenberger / Picto
Extrait du dossier du mois « Savoir (pour) faire »























