
La santé mentale se joue aussi au travail
Odette Sangaré de l’Institut luxembourgeois de la Qualité de Vie au Travail (ILQVT), nous éclaire.
Pouvez-vous définir ce qu’est la santé mentale au travail ?
La santé mentale au travail traite de l’impact du contexte professionnel sur la santé mentale du personnel. Au Luxembourg, l’obligation d’assurer la sécurité et la santé de l’ensemble des salariés est dans le code du travail. L’OMS préconise spécifiquement depuis 2022 la mise en œuvre de démarches structurées pour préserver la santé mentale au travail.
Est-il possible de prévenir les RPS ?
Oui, bien sûr, c’est la prévention des risques psychosociaux (RPS) – qui couvre les situations de travail pouvant nuire à la santé mentale au travail. On peut agir à trois niveaux : à la source en agissant directement sur les situations à risque, en protégeant les personnes et enfin en accompagnant le retour des personnes après un arrêt de travail en lien avec la santé mentale au travail. Ces trois niveaux de prévention sont complémentaires et nécessitent des actions différentes dans leur mise en œuvre.
Comment une entreprise peut agir sur les situations de travail néfastes pour la santé mentale ?
C’est un processus de terrain. On ne parle pas ici de faire des questionnaires ou d’ouvrir des temps de parole avec un psy. Non, le but est vraiment de cibler les situations à améliorer et de les améliorer effectivement.
Cela passe d’abord par la direction qui pose un cadre pour que les situations à risque puissent effectivement émerger. Ensuite cela nécessite que l’ensemble du management et du personnel ait développé les compétences ad hoc, et surtout partage un cadre et une méthodologie communs.
Chacun doit devenir acteur et être en capacité :
- D’identifier les situations de travail à risque, sans tomber dans des « listes des doléances » ou « boites à idées » stériles, une psychologisation du travail ou la recherche de coupables.
- D’activer des leviers d’auto-régulation et de co-régulation des situations de travail.
Ce n’est pas inné : c’est la raison pour laquelle nous accompagnons au quotidien les entreprises à mettre en place une démarche structurée, bordée, qui bénéficie à tous. L’objectif est bien d’agir sur les situations de travail et pas les à-côtés.
Les entreprises effectivement aptes à préserver la santé mentale au travail reçoivent le label de l’ILQVT et le personnel obtient un passeport de prévention, édité en partenariat avec la House of Training : il valorise leur capacité à agir dans ce domaine.
Une fois que la volonté et le cadre sont là, comment agir concrètement ?
Au fur et à mesure que les situations de travail problématiques sont identifiées, elles sont améliorées dans des espaces dédiés, générateurs de succès : la finalité est un plan d’actions concret effectivement mis en œuvre et dont on mesure les effets.
Un facilitateur interne formé en tant que « référent Prévention en santé mentale au travail – QVCT RPS », est garant de la méthodologie et assure la mise en œuvre effective des améliorations.
Chacun est gagnant : l’entreprise, voit par exemple l’engagement du personnel augmenter, les collaborateurs retrouvent un équilibre et du sens dans le travail.
Propos recueillis par la rédaction





























