
Légumes de saison et fées des bois au lancement de 4x3 magazine
Pour le lancement de son 35e numéro, 4x3 magazine a réuni une centaine de partenaires chez LSC360 à Contern. Au programme de ce « Grand rendez-vous des acteurs de la transition durable », un don pour les enfants du Népal, un dossier santé, un autre sur les ressources, et une rencontre avec la réalisatrice luxembourgeoise Caroline Origer.
Ce 24 septembre 2026, Frédéric Liégeois, fondateur de Picto, agence éditrice d’infogreen.lu, de 4x3 et de Neomag, a présenté le 35e numéro de 4x3 magazine devant une centaine de partenaires, dans les bureaux de LSC360 à Contern. « Il s’agit d’un moment d’échange et surtout d’action pour les acteurs luxembourgeois engagés en termes de durabilité. »
Hôte et mécène de l’événement, LSC360 partage les préoccupations du magazine. « Chez nous, 64 métiers différents travaillent ensemble sur des projets de développement et de construction », a expliqué Myriam Hengesch, administratrice déléguée de LSC360 et présidente du conseil d’administration de LSC Engineering Group. « Quand on pense à nos projets, on doit penser aux usagers et, de plus en plus, à la santé et aux matériaux. »
La soirée a d’abord pris la direction du Népal. En 2023, Frédéric Liégeois y avait accompagné une mission humanitaire qui sensibilisait déjà les populations au risque de rupture des lacs glaciaires. « Ce qu’on craignait de pire est arrivé », a-t-il constaté. En août 2026, un effondrement de glace et de roche a provoqué une coulée de boue qui a fait plus de 1.000 morts et 4.500 disparus. La chaîne de solidarité de 4x3 et Infogreen a versé un chèque de 1.000 euros à SOS Villages d’Enfants Monde pour son programme d’urgence. « La première chose que nous avons faite, c’est identifier les enfants qui se sont retrouvés seuls à la suite de la catastrophe », a détaillé Anne Schweizer, responsable partenariat. « Le programme prévoit ensuite un soutien psychosocial, une aide aux parents pour retrouver une source de revenus, puis la réunification des familles. Il vise 6.000 enfants. »
Frédéric Liégeois a aussi évoqué sa lecture de l’été, « Le Désert de nous-mêmes », du philosophe français Éric Sadin. L’auteur voit dans l’IA générative « un renoncement de l’humanité à penser par elle-même. Il appelle à se réunir en collectifs, à établir des chartes et à refuser les systèmes qui bafouent le vivant. » Frédéric Liégeois a proposé de transposer cette démarche aux deux thèmes du numéro, les ressources et la santé.
Prendre soin, du bureau au panier de légumes
Le premier dossier du 4x3 magazine, intitulé « Principes actifs », s’intéresse à l’impact de nos modes de vie sur la santé physique et mentale. Il y a 18 ans, l’agence Médiation SA dont Marlène Gigant en est la directrice adjointe, organisait les campagnes de prévention des accidents de l’Inspection du travail et des mines. « Si on avait proposé un atelier autour de la relaxation ou du qi gong, je pense qu’on nous aurait regardés très bizarrement. » Depuis le Covid, les demandes portent sur le sommeil, la détox digitale ou l’alimentation saine. « Hier, nous cherchions surtout à protéger, puis nous avons appris à mieux prévenir. Aujourd’hui, nous cherchons aussi à prendre soin. »
La santé passe aussi par l’assiette. Sophie Pixius a cofondé en 2014 Terra, première coopérative en agriculture soutenue par la communauté (CSA) du Luxembourg. D’avril à novembre, ses membres récupèrent un panier de légumes cultivés sur l’Eicherfeld, un verger urbain de Luxembourg-ville, selon une méthode bio-intensive sans pesticides ni labour. « On arrive à alimenter à peu près 500 personnes sur 1,5 hectare. » Cette saison, la coopérative propose pour la première fois la livraison à domicile et le retrait des paniers dans les magasins Alavita. « Les gens veulent du confort, ils veulent des livraisons », reconnaît-elle.
Anne Harles, gérante et CEO d’Alavita, a raconté son expérience en Sardaigne, « l’une des rares ’zones bleues’ du monde, où de nombreux habitants dépassent les 100 ans ». Depuis la reprise d’un premier magasin à Junglinster en 2018, l’enseigne bio compte cinq magasins et un service traiteur. Elle a expliqué défendre le « slow shopping », les pains d’artisans et le vrac avec le site Kilogramme.lu. « Payer un petit peu plus, ça veut aussi dire acheter mieux », estime-t-elle, sans excès d’optimisme. « Je ne prétends pas que faire ses courses chez Alavita va créer une zone bleue au Luxembourg. Mais nous faisons notre possible pour améliorer la santé de nos clients en mangeant mieux. »
Parler d’environnement aux enfants
Pour le Grand Entretien, Léna Fernandes et Fanny Krackenberger ont rencontré Caroline Origer, réalisatrice luxembourgeoise de films d’animation. Dans son premier long métrage, « Magic ! », une fée ne peut plus rejoindre le monde des humains faute d’arbres. Il n’en reste qu’un dans la ville où elle est coincée, et il vient d’être abattu. « C’est sûr qu’il n’y a pas de ville où il n’existe qu’un seul arbre, mais cette symbolique a été importante pour raconter mon histoire », a souligné la réalisatrice. Le message touche aussi les adultes. « Souvent, les jeunes vont voir un film d’animation avec leurs parents. Un film d’animation peut ramener des sujets comme l’écologie sur la table. »
Sorti en 2025, « Walter Lapin » aborde le deuil et la charge mentale d’un papa lapin débordé par ses 50 lapereaux. « Les enfants sont capables de trouver dans leur imaginaire des ressources pour comprendre des sujets douloureux. J’avais envie de les prendre au sérieux. »
Chaleur, forêts et bâtiments sous pression
Le second dossier, « Matières à réflexion », interroge notre rapport aux ressources. Duan Hua, project manager au Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST), est revenu sur un été de records, avec plus de 41°C mesurés en juin. Selon les scénarios du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) appliqués au Luxembourg, le pays pourrait compter jusqu’à 70 jours de canicule par an en 2090. « Littéralement, on va potentiellement avoir un été complet de canicule. Même les forêts rejettent plus de carbone qu’elles n’arrivent à en capter. » Le Luxembourg dispose depuis avril d’un plan d’adaptation au changement climatique 2025-2035. Le LIST est le point de contact national de l’Adaptation Hub européen, dont une première action portera en 2027 sur la ville éponge et la désimperméabilisation des sols.
Barbara Tijerina, coordinatrice Sustainable Construction chez LSC360, a traduit ces risques pour l’immobilier. Selon la Commission européenne, au moins 75 % des bâtiments du Luxembourg et de la Grande Région sont inefficaces sur le plan énergétique. Pour elle, « l’enjeu ne consiste plus simplement à disposer de bâtiments plus écologiques, mais à gérer de manière stratégique les risques climatiques, réglementaires et financiers ».
Start-up mise à l’honneur, PlantC, fondée à Gembloux en 2020, vise désormais le Luxembourg. Elle réaménage les espaces verts des entreprises en faveur de la biodiversité et développe avec agriculteurs et forestiers des projets de plantation financés par des entreprises. « J’aime à dire que, parfois, on plante les prochaines clims dans les zones d’entreprises », a glissé son cofondateur Lucas Gossiaux.
Nouveau partenaire de 4x3 et dernier intervenant de cet event, Look Up Now accompagne la transition des entreprises en trois temps : sensibiliser, activer et soutenir. Sa cofondatrice Véronique Degbomont y aborde notamment l’éco-anxiété, « qu’il nous arrive régulièrement de rebaptiser éco-lucidité ». Avec Séverine Schwander, elle prépare un événement sur la robustesse en entreprise, prévu au premier trimestre 2027.
Comme à l’accoutumée, ce Grand rendez-vous des acteurs de la transition durable s’est achevé par un networking, où partenaires, orateurs et exposants des différents stands ont pu échanger et créer de nouvelles synergies.
La rédaction
Photos : Fanny Krackenberger / Picto









































