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L’obligation d’inventaire matériaux, le tremplin pour l’utilisation massive du BIM
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L’obligation d’inventaire matériaux, le tremplin pour l’utilisation massive du BIM

Architecture & construction

Publié le
vendredi 20 janvier 2023 à 04:00

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Interview de Patrick de Cartier d’Yves, Deputy Principal Engineer chez SECO Luxembourg.

L’utilisation du BIM avance progressivement sur les projets de construction luxembourgeois. Une accélération se dessine cependant par un changement législatif important, prévu pour 2025. L’obligation d’inventaire matériaux s’apprête à bouleverser les habitudes de tous les acteurs du monde de la construction. Pour répondre à cette nouvelle imposition, une informatisation des données sera encore plus un avantage d’efficacité pour tous les acteurs.

Le BIM, quesako ?

Pour rappel, le BIM ou Building Information Modeling (Modélisation des Informations de la Construction) utilise ici le terme construction de manière générique et englobe bâtiments et infrastructures.

Il est difficile de trouver une définition du BIM acceptée par tous. Le BIM, c’est principalement de la gestion d’informations, diffusées par une maquette numérique et/ou une base de données. C’est bien via cette gestion de l’information optimisée que l’intérêt se situe, pour l’obligation d’inventaire matériaux, et plus globalement pour toute l’économie circulaire.

Dans quelle mesure la dynamique de l’économie circulaire peut-elle s’inscrire dans le BIM ?

L’économie circulaire tend à réduire nos déchets vers zéro. Pour bien comprendre la liaison entre les deux enjeux, il faut reprendre la définition même du déchet. Un déchet, par définition, est un résidu inutilisable. Un matériau de construction est inutilisable s’il n’est plus fonctionnel ou parce que ses caractéristiques sont manquantes. En effet, beaucoup de matériaux de construction deviennent des déchets, non par perte de leur fonction, mais par perte des informations concernant leurs caractéristiques techniques. Le BIM permet de résoudre ce problème. Si les informations techniques des produits sont correctement stockées dès la construction et durant toute la vie de l’ouvrage, cette perte d’information n’existe plus. Le principe de durabilité peut alors s’appliquer.

Quelles suites avec l’obligation d’inventaire matériaux à partir de 2025 ?

La loi votée le 9 juin 2022 prévoit une obligation d’inventaire matériaux pour la déconstruction à partir de 1 200 m³ bâtis et la mise à disposition d’un inventaire électronique. Pour les bâtiments neufs, cet inventaire comprendra la localisation des matériaux, pour toute autorisation de construire accordée à partir du 1er janvier 2025. Il est aussi demandé au syndic ou au gestionnaire de l’immeuble de mettre à jour cet inventaire en cas de modifications du bâtiment. Il n’est aujourd’hui pas fait de distinction selon la fonction du bâtiment et seul le volume bâti est pris en compte. Cette loi est toute récente pour tous les acteurs de la construction, mais les conséquences futures sont énormes. La forme exacte de cet inventaire est d’ailleurs encore à définir par l’autorité.

Comme indiqué, l’inventaire matériaux traite des bâtiments neufs et des déconstructions. Il a pour but de promouvoir la réutilisation de matériaux qui n’ont pas encore perdu leur fonction et ainsi de réduire les déchets. Une deuxième vie est très souvent possible. On parle de réemploi.

Il devient alors facile de comprendre que pour les projets neufs, un inventaire sous la forme d’un modèle BIM suffisamment complet est une réelle plus-value pour le propriétaire, le gestionnaire du bâtiment et l’occupant. C’est l’outil le plus adapté pour cette nouvelle imposition. Il est alors possible de prolonger la durée de vie de ces projets neufs et de potentiellement réutiliser les matériaux une fois le temps de la déconstruction venue. Réduction des déchets, réemploi, économie circulaire.

Quels sont les impacts d’un tel inventaire ?

Il est clair que cette obligation d’inventaire électronique avec localisation va donner un fameux coup d’accélérateur au BIM et à la digitalisation de la construction. Entreprendre un tel inventaire en partant de métrés et plans traditionnels est illusoire.

Quel est votre rôle en tant que bureau de contrôle ? Comment cette dynamique s’intègre-t-elle aux offres existantes chez SECO ?

SECO est doublement prêt pour cette petite révolution sur le marché luxembourgeois de la construction. Les aspects liés au BIM sont parfaitement maîtrisés par nos équipes d’ingénieurs. L’inventaire lui-même est déjà maîtrisé par notre organisme agrée, qui réalise aujourd’hui de nombreux inventaires concernant les matériaux polluants, dont l’amiante. Notre expertise sur l’économie circulaire permet de proposer à nos clients des services complets d’assistance pour leurs projets innovants impliquant le réemploi, la réduction des déchets, la démontabilité, et bien sûr les inventaires matériaux.

Quelle est la plus-value de cette nouvelle obligation ?

À terme, les inventaires permettront de créer un vrai cadastre des matériaux mis en œuvre dans chaque bâtiment. Le réemploi sera grandement simplifié. Le terme Urban Mining, considérant la ville comme une mine de ressources deviendra donc une réalité économique viable et très utilisée, étant donné la raréfaction des ressources.

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Extrait du NEOMAG#50
Plus d’informations : http://neobuild.lu/ressources/neomag
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vendredi 20 janvier 2023


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