Aux Centres de Compétences, les formations restent en mouvement

Aux Centres de Compétences, les formations restent en mouvement

La mobilité est en pleine transformation : elle s’électrifie pour devenir plus durable. Les bornes de recharge pour véhicules évoluent et les formations pour apprendre à les installer, puis à les mettre en service, doivent suivre le rythme. Un défi que relèvent depuis plusieurs années les Centres de Compétences.

Alors que le Luxembourg opère sa transition durable, le secteur des transports est l’un des plus impactés par l’électrification – notamment parce qu’il génère à lui seul près de deux tiers des émissions de gaz à effet de serre du pays. La mobilité se transforme, et avec elle tous les corps de métiers qui y sont liés, de loin ou de près. Pour acquérir les compétences nécessaires pour accompagner cette évolution, les électriciens se forment aux Centres de Compétences GTB/PAR (Génie Technique du Bâtiment et Parachèvement), à Bettembourg.

Gilles Fluhe, gestionnaire de formation, est en charge de ce type de cursus depuis environ trois ans et demi, « mais ils étaient déjà en place quand je suis arrivé aux Centres », précise-t-il. Actuellement, les deux principales formations relatives à l’électromobilité sont intitulées « Systèmes photovoltaïques et bornes de recharge : Installation, raccordement et prévention d’erreurs » et « Infrastructure de charge simple (eMobility) ». À travers des aspects théoriques et pratiques, elles abordent le processus d’installation des bornes de recharge pour véhicules électriques, les conditions techniques de raccordement, l’analyse des problèmes types ou encore la réglementation applicable.

Former à toutes les éventualités

La maquette de l'atelier
La maquette de l’atelier

L’objectif est de « donner aux participants la capacité de s’adapter à toutes les situations qu’ils pourraient rencontrer », déclare Gilles Fluhe. Ces formations de huit heures sont dispensées « par des formateurs qui sont des professionnels de terrain », ajoute-t-il. « C’est une vraie plus-value pour les participants ! » Pour une mise en situation réaliste, direction l’atelier des Centres de Compétences, où une maquette à taille humaine reproduit une installation que l’on pourrait retrouver dans une maison unifamiliale, avec panneaux photovoltaïques, onduleur, pompe à chaleur, batterie et borne de recharge.

Et il n’y a pas qu’un seul type de bornes. « Actuellement, nous avons sept modèles différents, plus ou moins récents. L’idée est que les électriciens que nous formons puissent intervenir sur les bornes de toutes les marques qu’on retrouve au Luxembourg, et adapter les anciens modèles aux nouveaux. » Car en seulement quelques années, la technologie qu’elles contiennent – et donc leurs fonctionnalités – s’est complexifiée. Le directeur des Centres de Compétences, Tom Girardin, commente : « Les cycles d’innovation sont devenus extrêmement courts. Le savoir électrique reste le même, mais l’application des normes et la gestion des appareils évoluent. » Les installations deviennent plus puissantes, plus sécurisées et désormais plus connectées, puisqu’elles font régulièrement partie d’un HEMS (Home Energy Management System ou système de gestion de l’énergie domestique).

Préparer les changements à venir

Les formations des Centres de Compétences doivent évidemment s’adapter à toutes ces évolutions, ce qui nécessite une vraie faculté d’anticipation et un travail de recherche constant. « Nous sommes proches des principaux fournisseurs d’énergie et des professionnels du secteur actifs au Luxembourg. Nous échangeons aussi avec des institutions luxembourgeoises, notamment celles qui établissent les aides financières pour l’installation de bornes », déclare le gestionnaire. « Enfin, nous travaillons évidemment avec nos cotisants, qui peuvent ainsi nous communiquer leurs besoins. »

Un des grands défis à venir est le développement du vehicle-to-grid, c’est-à-dire que la recharge devient bidirectionnelle : la batterie du véhicule électrique peut alimenter la maison où elle est en charge, ou restituer une partie de l’électricité stockée au réseau public. « C’est un nouveau paramétrage qui s’ajoute », explique Gilles Fluhe, même si la réglementation doit d’abord encadrer cette technologie avant qu’elle puisse se développer pleinement. « Il y aura aussi la question des poids lourds qui s’électrifient de plus en plus, et les installations de recharge nécessaires seront d’une toute autre ampleur : plus grandes et plus puissantes. Avec la haute tension, les questions de sécurité ne sont plus les mêmes. Là aussi, il faudra que nous revoyions les formations correspondantes. »

Le directeur ajoute : « La démographie luxembourgeoise est en pleine croissance, donc forcément, les besoins augmentent : en énergie, en véhicules, en passant même par le nombre d’interrupteurs ou de prises électriques ! En parallèle, beaucoup de technologies et de processus industriels s’électrifient. Il va donc falloir agencer ces pics de consommation de plus en plus importants avec une production d’énergie non-constante, car liée au soleil pour le photovoltaïque ou au vent pour l’éolien. Pour moi, faire cette interconnexion sera l’un des gros challenges des années à venir. »

Léna Fernandes
Photos : Picto / Eve Millet

Article issu de notre dossier du mois « Fil conducteur »

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Publié le mardi 6 octobre 2026
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