Andy Maxant et le démontage manuel chez Ecotrel

Andy Maxant et le démontage manuel chez Ecotrel

Au Luxembourg, les déchets d’équipements électriques et électroniques finissent entre les mains d’Ecotrel. Pour en assurer le recyclage le plus optimal, l’une des étapes clés du processus suivi par l’organisme est le démontage manuel, réalisé à Bettembourg.

Au Luxembourg, celui qui met pour la première fois un appareil électrique ou électronique sur le marché, en est responsable jusqu’à la fin de son cycle de vie, lorsqu’il devient un déchet. C’est le concept de la responsabilité élargie des producteurs. Ecotrel a été créé en 2004 pour endosser cette obligation. Après plus de vingt ans d’existence, l’organisme luxembourgeois gère l’enlèvement et le traitement des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) pour le compte de plus de 920 membres – dont 30% sont des sociétés étrangères.

Le travail d’Ecotrel commence donc par la collecte. « Nous installons des conteneurs, essentiellement dans les centres de ressources, pour pouvoir collecter les appareils en fin de vie », explique Andy Maxant, qui retrace le parcours des DEEE traités par l’organisme dont il est à la tête.

Ecotrel en chiffres
  • 5.000.000 de kilos de DEEE démontés manuellement chaque année
  • 6 à 7 minutes pour démonter une tour d’ordinateur
  • Ecotrel affiche un taux de recyclage et de réutilisation général des DEEE de plus de 89 %

Une équipe de terrain expérimentée

Les déchets comportant un circuit réfrigérant, les anciennes lampes pouvant contenir du mercure, ainsi que les anciens radiateurs à bain d’huile, pouvant renfermer du chlore, sont considérés comme « problématiques » et gérés de leur côté. « Les premiers sont envoyés dans une usine en Allemagne à 20 km de la frontière, les seconds dans le nord de la France et les derniers sont testés au Luxembourg avant d’être envoyés au recyclage. »

Les employés développent une certaine expertise avec le temps, ils savent exactement où taper pour ouvrir tel ou tel appareil.
Les employés développent une certaine expertise avec le temps, ils savent exactement où taper pour ouvrir tel ou tel appareil.

Les autres DEEE, « non-problématiques », sont séparés en quatre fractions par les équipes d’Ecotrel : les gros appareils (comme les machines à laver ou les lave-vaisselles), les petits appareils (téléphones, ordinateurs, jouets, etc.), les écrans et les friteuses. Le directeur précise : « On traite les friteuses à part, car elles sont souvent jetées avec un reste d’huile à l’intérieur. Nous récupérons cette huile pour qu’elle soit recyclée en biodiesel, en Belgique. » Pour les trois autres fractions, « nous travaillons avec PreZero Lamesch qui effectue le démontage et la dépollution manuelle à Bettembourg. »

Les téléviseurs, ordinateurs, écrans, consoles de jeux, téléphones, jouets, micro-ondes, et autres lave-linges passent alors entre les mains expertes des 18 personnes formées au démontage manuel par PreZero Lamesch. « Les employés développent aussi une certaine expertise avec le temps. Il y a par exemple une collaboratrice qui ne s’occupe que des ordinateurs depuis huit ans, donc elle sait où se trouve chaque vis à retirer pour chaque modèle », indique fièrement le directeur. « Dans certains produits informatiques par exemple, les batteries sont collées, il faut y aller avec un marteau. Nos opérateurs savent exactement où taper pour ouvrir tel ou tel smartphone et procéder à sa dépollution en récupérant la batterie sans l’endommager afin qu’elle soit traitée à part. »

Recycler plus et mieux

L’un des buts du démontage manuel est d’obtenir des fractions de matériaux plus purs à recycler, donc plus facilement valorisables. Par exemple, dans une machine à laver, on retrouve des métaux, des plastiques, du verre, des condensateurs ou encore du béton. Les carcasses des écrans cathodiques sont souvent en bois. Dans les ordinateurs, la RAM et le processeur sont très intéressants car ils peuvent contenir des métaux précieux comme de l’or ou de l’argent.

Les éléments qui composent chaque DEEE sont triés par matériaux lors du démontage manuel. Cela permet des fractions de matériaux plus purs à recycler, donc plus facilement valorisables.
Les éléments qui composent chaque DEEE sont triés par matériaux lors du démontage manuel. Cela permet des fractions de matériaux plus purs à recycler, donc plus facilement valorisables.

« Le démontage manuel permet aussi de densifier la matière, donc d’augmenter le volume de matière à transporter, et in fine, de réduire l’impact environnemental du transport. Il permet aussi d’orienter les différents matériaux directement vers des centres de traitement spécifiques. » Pour limiter encore son empreinte carbone, Ecotrel applique un principe de proximité. « Nous essayons de ne travailler qu’avec des usines de recyclage qui se situent à 300 km du Luxembourg au maximum, en France, en Allemagne ou en Belgique. Nous devons parfois faire des exceptions, comme depuis l’année dernière pour les premiers panneaux photovoltaïques qui ont commencé à arriver dans les centres de ressources et qu’on envoie à proximité de Grenoble où il y a une usine spécialisée. »

Le Luxembourg bon élève

Depuis la création d’Ecotrel, les technologies ont évolué. L’organisme a vu passer toutes les nouveautés dans ses conteneurs et a dû trouver des solutions pour garantir leur recyclage. « Une fois les périodes de garantie arrivées à terme, on a vu les premiers écrans plats arriver dans les centres de ressources. Ça a été la même chose avec les ampoules LED, qu’on a commencé à collecter vers 2017. On a d’abord stocké ces DEEE, le temps que l’industrie et les recycleurs européens s’adaptent, trouvent des solutions pour traiter ces nouvelles technologies. »


« Le cadre européen nous impose des taux de recyclage par appareil. Au Luxembourg, nous sommes largement au-dessus de ce que nous demandent les textes. »

Andy Maxant, directeur d’Ecotrel

Autre challenge, les taux de recyclage imposés – dans la directive 2012/19/UE relative aux DEEE au niveau européen et dans la loi du 9 juin 2022 relative aux DEEE au niveau national. En réalité, ce n’en est pas un problème pour Ecotrel : « Au Luxembourg, nous sommes largement au-dessus de ce que nous demandent les textes. Lorsque ces taux de recyclage seront revus, ce sera forcément à la hausse, et dans tous les cas, le secteur n’aura pas d’autre choix que de s’adapter. »

Léna Fernandes
Photos : Picto / Fanny Krackenberger
Portrait d’Andy Maxant : Ecotrel

Extrait du dossier du mois « Sur le terrain avec... »

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Publié le mercredi 1er avril 2026
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