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Serons-nous tous des passagers ou mettons-nous la charrue avant les bœufs ?
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Serons-nous tous des passagers ou mettons-nous la charrue avant les bœufs ?

Mobilité

Publié le
vendredi 3 novembre 2017 à 04:00

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La chanson d’Iggy Pop, « I am a passenger » a déjà été utilisée dans des publicités automobiles, mais elle peut sembler contradictoire avec le fait que les voitures, sur lesquelles nous avons un pouvoir de contrôle, sont vues comme un facteur de liberté. Jusqu’à aujourd’hui. Avec l’ère prochaine des véhicules autonomes, ce sera sûrement la chanson à la mode, car elle représente avec justesse un nouveau type de liberté sur les routes.

À l’avenir, il se pourrait que nos trajets commencent par l’utilisation de nos smartphones pour faire appel à un véhicule autonome (VA). Transportés en silence dans des rues sans pollution et libres d’encombrements, nous pourrions démarrer notre journée de travail confortablement installés sur le siège du véhicule ; aux côtés de nos compagnons de covoiturage, bien entendu.

Ce scénario pourrait très bientôt devenir une réalité, car de nombreuses entreprises de haute technologie et d’ingénierie sont engagées dans une course pour faire prendre la route aux VA, dont Ford, Google, Tesla et Apple. Pourtant, l’arrivée des VA devrait être graduelle et s’accompagner de technologies habilitantes comme les véhicules électriques (VE).

Suivre la route qui s’ouvre devant nous

Ces dernières semaines ont vu un renforcement d’une dynamique favorable aux VE. Par exemple, du côté de la demande, le gouvernement britannique a annoncé un plan prévoyant la fin des ventes de voiture diesel et essence d’ici 2040. Du côté de l’offre, Tesla a annoncé, également en juillet, que sa Model 3 tout électrique a satisfait aux exigences réglementaires et que des voitures ont déjà commencé à sortir de la chaîne de production.

Même si véhicules autonomes et véhicules électriques ne sont pas synonymes, leur destin est inextricablement lié car la plupart des véhicules autonomes seront probablement électriques. Il est plus facile de contrôler par ordinateur les véhicules électriques et de les connecter à des données plus larges sur les infrastructures ainsi qu’à des systèmes d’analyse. La mise en place d’une infrastructure pour les véhicules électriques, comme les bornes de recharge, facilitera naturellement l’acceptation ultérieure du public à l’égard des VA. Autre élément essentiel, les VE sont moins polluants que leurs homologues à base de combustibles fossiles et ils apportent une contribution intéressante aux objectifs environnementaux.

Des avantages et des inconvénients

La Society of Automotive Engineers a défini un ensemble de niveaux d’autonomie (norme SAE J3016™). Partant du niveau 1 qui correspond à une aide à la conduite, la norme passe par une autonomie partielle pour atteindre le niveau 5, qui correspond à une autonomie complète. En fait, certaines caractéristiques du niveau inférieur sont déjà présentes, comme les systèmes de freinage d’urgence autonome (AEB) et la technologie d’avertissement de sortie de voie. Les voitures autonomes que Ford s’est engagé à mettre sur les routes d’ici 2021 sont considérées comme étant des véhicules ayant le niveau d’autonomie 4, correspondant à des « plateformes de partage de trajet ».

Aidant les autorités à respecter les engagements environnementaux en matière de réduction des émissions de CO2 et de NOx, les véhicules autonomes sont également explicitement conçus pour répondre aux actuels problèmes de sécurité. Actuellement, plus de 90 % des accidents de véhicules sont dus à une erreur humaine, ce qui entraîne chaque année plus d’un million de décès dans le monde. Les véhicules automatiques exploitent un ensemble de satellites de positionnement routier, de caméras et de radars, ainsi qu’une puissance informatique considérable, afin d’établir une représentation de l’environnement routier et de réagir en toute sécurité. Si cela ne suffisait pas à faire pencher la balance, leurs partisans soulignent également que la réduction du nombre de véhicules sur les routes, qu’ils soient garés ou en circulation, va libérer nos espaces publics.

Il subsiste cependant des obstacles importants, le cadre juridique étant le plus souvent cité. En plus de la nécessité de revoir le code de la route et certains accords de licence, il y a la question de la responsabilité. Dans le cas d’un accident causé par un véhicule autonome, qui sera responsable : le passager, le concepteur du logiciel, le fabricant ? Des accidents de véhicules autonomes se sont déjà produits dans des environnements d’essai, dont un mortel qui a impliqué une Tesla en 2016.

Au shaker, pas à la cuillère ?

Mais c’est peut-être l’argument selon lequel une combinaison de VA et de véhicules « normaux » ayant des priorités différentes posera des problèmes qui fait apparaître un élément souvent absent du débat : l’intervention humaine réelle. Pour de nombreuses personnes, la conduite est en soi une activité plaisante, qui reflète leur personnalité et leur statut. Alors, dans quelle mesure les conducteurs vont-ils renoncer à cet aspect ?

La réponse semble mitigée. Selon un récent sondage réalisé par un assureur britannique en ligne, 39 % d’entre eux attendent avec intérêt les véhicules automatiques, 35 % sont « sceptiques » et 26 % n’ont pas d’avis. La même étude montre que 53 % des participants déclarent aimer conduire et voient dans les VA un remplacement « ennuyeux ». D’un autre côté, une autre enquête réalisée à l’international par KPMG a déterminé que la moitié des propriétaires actuels de voiture ne voudront pas posséder de véhicule et que la demande pour des voitures sans chauffeur et électriques va continuer à se développer.

Peut-être saurons-nous que la balance aura définitivement penché du côté des VA lorsque l’on verra James Bond siroter un Martini en tant que passager pendant sa première course poursuite en voiture autonome.

Source : CORDIS

Publié le
vendredi 3 novembre 2017


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