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mercredi 23 août 2017

Proposer des alternatives aux citoyens
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Proposer des alternatives aux citoyens
Mobilité

Publié le mardi 20 septembre 2016 à 04:00

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Avec une population qui double quasiment dans la journée, engorgeant le trafic, la situation de Luxembourg-Ville est unique au monde. Le point sur les initiatives prises par la Ville de Luxembourg pour améliorer la mobilité avec Lydie Polfer, bourgmestre.

Quelles mesures la Ville de Luxembourg a-t-elle prises ces dernières années pour favoriser la mobilité douce ?

Nous avons en effet pris toute une série de mesures au cours des dernières années pour favoriser la mobilité douce. En 2006 déjà, nous avons élaboré un concept vélo axé sur quatre piliers, à savoir l’infrastructure, l’offre de services autour du vélo, le monitoring et la communication. Nous avons également beaucoup travaillé sur le concept piétons pour améliorer la qualité des itinéraires.

Plus récemment, en juillet dernier, nous avons inauguré et mis en service le nouvel ascenseur reliant le Pfaffenthal à la Ville-Haute : cette liaison permet de désenclaver les quartiers de la vallée de l’Alzette, facilitant les échanges interquartiers en mode doux. Piétons, cyclistes ou personnes à mobilité réduite peuvent donc dépasser le dénivelé sans efforts et se déplacer en un rien de temps.

Dans ce contexte, nous avons aussi installé de nouvelles stations vel’oh ! à Pfaffenthal et à Clausen et densifié le maillage de manière générale par la mise en place de stations de vélos en libre-service supplémentaires, par exemple au Kirchberg ou à Bonnevoie.

En parallèle, le réseau de pistes cyclables sur le territoire de la ville est étendu régulièrement. Cette année encore, une piste bilatérale a été créée rue de Mühlenbach et l’itinéraire cyclable existant sur la route de Thionville et sur le pont Jean-Pierre Büchler reliant le quartier de Bonnevoie à la Gare a été prolongé jusqu’à la rue de Hesperange.

Bien évidemment, nous redoublerons nos efforts à l’avenir pour réaliser le concept de mobilité élaboré en relation avec le nouveau plan d’aménagement général de la Ville.

Qu’est-ce que l’arrivée du tram l’année prochaine va changer pour les personnes qui vivent et travaillent en ville ? Est-ce que ce sera une révolution ?

Le tram constitue un élément-clé du concept de mobilité de la Ville de Luxembourg. Comme il fonctionnera en site propre et à l’électricité, il s’agira d’un moyen de déplacement rapide et respectueux de l’environnement, capable de transporter un nombre important de personnes.

Vu son tracé, il permettra aux personnes venant de l’extérieur de la ville d’abandonner leur véhicule en périphérie de la capitale – notamment sur les P+R qui seront élargis – et de continuer leur chemin en transport en commun. D’autre part, le tram permettra de réduire de manière considérable la présence d’autobus régionaux venant de la périphérie au centre-ville. Et pour les citoyens de la Ville aussi, le tram constituera une alternative ou un moyen de transport complémentaire par rapport aux moyens de déplacement existants.

Il est donc évident que l’arrivée du tram décongestionnera les grands axes de circulation, surtout aux heures de pointe.

Quant à la question de savoir si l’on peut parler de révolution, le temps nous le montrera, mais nous sommes convaincus que le tram est une alternative réelle en termes de mobilité dont les habitants et les visiteurs profiteront.

Est-ce qu’il y a des pays ou des régions dont les actions vous inspirent et qu’on pourrait imaginer dupliquer à Luxembourg ?

Bien évidemment, nous nous intéressons de près aux initiatives de nos pays voisins en matière de mobilité et avons déjà mis en œuvre des projets qui ont fait leurs preuves à l’étranger : le système de vélos en libre-service, qui connaît un grand succès avec plus de 7.000 abonnés longue durée, le carsharing permettant de réserver une voiture de manière ponctuelle et selon ses besoins, etc.

Cette année, nous avons organisé pour la première fois une promenade à vélo conviviale et informelle à travers la ville destinée aux petits et grands amateurs de bicyclette : il s’agit d’un concept que l’on trouve également dans d’autres grandes villes européennes et qui est très bien accueilli par le public.

A l’avenir aussi, nous continuerons à suivre les actions d’autres pays ou régions et analyserons au cas par cas si et comment une idée pourrait être transposée au contexte luxembourgeois.

Quelle est votre vision de la ville de demain en matière de mobilité ?

Il nous tient à cœur de préparer notre ville pour les années à venir de manière à garantir la qualité de vie que nous connaissons aujourd’hui aux générations futures. Pour cette raison, nous promouvons la mobilité douce et les transports en commun qui sont plus écologiques et permettent d’améliorer la qualité de notre environnement par une réduction de la pollution et du bruit, par exemple.

Le plan d’aménagement général que nous sommes en train d’adopter est axé, entre autres, sur une amélioration de l’accessibilité et de la mobilité et sur le développement durable et la mise en valeur des espaces verts. Ces deux éléments vont de pair : la création de liaisons vertes dans les quartiers et entre les quartiers et le développement du réseau de pistes cyclables favoriseront certainement les déplacements à pied ou à vélo à l’avenir.

Luxembourg-Ville sans voiture, est-ce possible ?

S’il peut y avoir des réflexions intéressantes à différents niveaux, il faut rester réaliste, sachant que la Ville de Luxembourg est une capitale, siège de nombreuses institutions européennes et centre financier majeur, et que plus de 60 % des emplois dans notre capitale sont occupés par des gens venant de l’extérieur de la Ville.

Pour la Ville de Luxembourg, le but n’est pas de réaliser une ville sans voiture. Le but est plutôt de favoriser et de promouvoir les moyens de déplacement doux et les transports en commun en proposant aux citoyens une offre attrayante de moyens de mobilité alternatifs, notamment en termes de gain de temps, de confort d’utilisation, de flexibilité grâce à l’intermodalité, de réalisation d’économies financières ou encore de respect de l’environnement.

Sur la photo : Lydie Polfer, bourgmestre de la Ville de Luxembourg - copyright Lalalaphoto

Propos recueillis par Mélanie Trélat

Publié le mardi 20 septembre 2016


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