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Éliminer les obstacles sur la route du transport automatisé
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Éliminer les obstacles sur la route du transport automatisé

Mobilité

Publié le
jeudi 18 mai 2017 à 04:00

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En s’attachant aux aspects légaux et techniques relatifs à l’intégralité de l’infrastructure du transport routier, des chercheurs de l’UE ont pu démontrer la viabilité du transport automatisé comme solution sûre et pratique à la mobilité urbaine.

CITYMOBIL2, un ambitieux projet de quatre ans, a déployé deux flottes de six véhicules sans conducteur sur dix sites en Italie, France, Suisse, Finlande, Grèce et Espagne. Ces véhicules, équipés de systèmes de localisation et de perception, ont été équipés d’ordinateurs embarqués pour traiter les données et prendre les décisions de commande du véhicule. Les véhicules ont pu communiquer avec un système de gestion centralisé prenant des décisions au niveau de la flotte, et attribuant à chaque véhicule des missions en fonction de la demande de transport.

Une nouvelle philosophie

Le succès de ce projet de quatre ans pourrait modifier la façon dont nous voyons le transport automatisé. « Jusqu’à présent, l’accent a été mis sur les technologies embarquées dans les véhicules afin de leur permettre d’aller n’importe où, sans aucunement prendre en compte l’environnement ou l’infrastructure », déclare le professeur Adriano Alessandrini de l’Université de Florence en Italie, coordinateur du projet. « Je dirais que ce n’est pas une bonne idée, car vous vous reposez intégralement sur la technologie embarquée pour garantir la sécurité. Si vous apprenez à une voiture à conduire comme un humain, vous pouvez attendre le même nombre de victimes. »

Le projet CITYMOBIL2 ne s’est donc pas attaché à rendre les véhicules plus intelligents, mais plutôt à adopter une vision globale de l’intégralité du système de transport afin de démontrer que le système dans son entier ne présente pas de défaillance. Le Dr Alessandrini souligne que ce concept est utilisé depuis 20 ans pour automatiser le métro et le transport ferroviaire.

« Cela fait des décennies que l’on parle des technologies d’automatisation », ajoute-t-il. « Ce n’est pas nouveau. Le défi consiste à trouver des fournisseurs de technologies adaptées, et ce que nous avons essayé de faire avec ce projet était d’utiliser autant que possible les technologies disponibles dans le commerce. Il faudrait réellement s’attacher à repenser l’intégralité de l’infrastructure de transport, et réfléchir à la façon dont nous la gérons afin qu’elle puisse être utilisée en toute sécurité par différents usagers se déplaçant à des vitesses différentes. L’avènement du transport automatisé nous donne cette possibilité. »

Comment exploiter le marché potentiel

Un défi important du projet a consisté à mettre les véhicules sur les routes de sept pays différents, régis par sept cadres juridiques différents. « Nous avons eu une expérience formidable en Grèce, où une loi a été promulguée juste à temps pour nous permettre d’exploiter un bus complétement automatisé », déclare M. Alessandrini. « Dans les autres pays, nous avons travaillé en collaboration étroite avec les ministères ; en France par exemple, nous avons pu faire fonctionner des bus automatisés à condition qu’il y ait à leur bord une personne prête à prendre le relais. Mais pour transformer ces tests en produits commerciaux réels, nous devons aller beaucoup plus loin. »

Selon M. Alessandrini, le potentiel pour une mise sur le marché est bien réel. « Je pense en particulier à trois ou quatre fabricants de navettes totalement automatisées ; la création de l’une de ces sociétés a été une conséquence directe de ce projet », déclare-t-il. « Tous ces fabricants sont en position de fournir des navettes automatisées pour le dernier kilomètre et sont capables de reproduire ce que nous avons accompli avec ce projet. Mais nous avons besoin du soutien des décideurs politiques. »

M. Alessandrini voudrait maintenant que les résultats du projet soient déployés à plus grande échelle. Il souhaiterait par exemple que le transport automatisé sorte du schéma « dernier kilomètre, faible vitesse » et commence à assurer des trajets de traversée de ville. « Nous avons présenté à ce sujet des propositions de projet à la Commission, car nous pensons que c’est quelque chose qui va changer l’argumentaire commercial », déclare-t-il. « Cette évolution pourrait réellement déboucher sur un transport public automatisé profitable. Mais encore une fois, il faut pour cela mettre en place l’infrastructure légale nécessaire. »

Photo : Une navette électrique expérimentale sans chauffeur du programme de transport en commun routier automatisé CityMobil2 en train de circuler Place François Mitterrand (Médiathèque) Avenue Michel Crépeau. Cette démonstration a eu lieu de décembre 2014 à avril 2015. La Rochelle, Charente-Maritime, France.

Source : CORDIS - http://cordis.europa.eu/

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jeudi 18 mai 2017


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