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Côté français, une vision monomodale et centrée sur la route
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Côté français, une vision monomodale et centrée sur la route

Mobilité

Publié le
vendredi 30 septembre 2016 à 04:00

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Plébiscité par les uns, décrié par les autres, le projet A31 bis, déclaré prioritaire par l’État français, a fait couler beaucoup d’encre. Le point de vue d’AGIRR (Association pour l’Aménagement et la Gestion des Infrastructures dans le Respect des Ressources) - Fnaut Lorraine, à travers une interview de son président, Florent Golin.

L’A31 bis est censée fluidifier le trafic, notamment celui des frontaliers vers le Luxembourg. Permettra-t-elle de résoudre les problèmes d’engorgement ?

La réponse est non. Les problèmes se situent essentiellement sur le sol luxembourgeois donc ce n’est pas en réalisant des travaux du côté français qu’on les résoudra.

Quelle est la raison d’être de ce projet selon vous ?

Ce projet est surtout un prétexte de l’État français pour se désengager de l’autoroute A31 qu’il gère, sachant qu’en France, une autoroute est rarement financée par l’État donc gratuite pour ses utilisateurs. Placer cette infrastructure sous la concession d’un exploitant privé aura pour conséquence de la rendre payante pour les usagers. Ce qui revient, en fait, à la payer plusieurs fois.

Quelles sont les failles du projet tel qu’il existe actuellement sur la partie Metz-Luxembourg ?

Tout d’abord, il est question de créer une voie supplémentaire entre Thionville et la frontière luxembourgeoise. Or, c’est l’entrée à Luxembourg qui contraint le trafic. Cette voie supplémentaire ne fera donc que déplacer le problème et créer un effet entonnoir.

Deuxième point : Thionville constitue un point noir de cette route, d’une part parce qu’elle concentre de nombreux échangeurs, qui plus est rapprochés les uns des autres, et d’autre part parce qu’elle passe à proximité directe des habitations. Il était donc question de créer une déviation de cette ville. Dans la pratique, le projet actuel prévoit non seulement que cette traversée urbaine soit maintenue mais qu’en plus, une seconde traversée urbaine, celle de Florange, soit créée, ce qui soulève bien entendu l’opposition des habitants de cette ville.

Quelles solutions alternatives proposez-vous ?

Le fond du problème reste le flux pendulaire entre la France et le Luxembourg. Il est donc nécessaire de renforcer l’accessibilité au Luxembourg par une autre voie que la route et de travailler sur des solutions alternatives. Comme cela s’est vérifié par le passé, augmenter la capacité des routes revient à augmenter le nombre de voitures, donc l’engorgement dans l’entonnoir que constitue l’entrée de Luxembourg.

Côté luxembourgeois, de nouvelles gares et de nouvelles lignes sont créées. Côté français, nous restons sur une observation franco-française et sur une vision rétrograde et monomodale qui consiste à mettre de l’argent sur la route. Il est pourtant indispensable de développer les transports en commun de ce côté aussi. Je pense au train, bien sûr, mais aussi, sur Thionville, au réseau de bus qui reste sous-développé et « saupoudré » rendant l’accès à la gare insuffisant. Il manque clairement là un maillon de la chaîne.

L’offre de transports en commun par bus vers le Luxembourg pourrait aussi être développée, auquel cas nous serions favorables à la création d’une 3e voie sur l’A31 à condition qu’elle soit réservée à ces bus, ce qui leur donnerait en outre une attractivité supérieure à celle qu’ils ont aujourd’hui.

Avez-vous connaissance de projets d’élargissements routiers côté luxembourgeois ?

Certains projets de passage de l’A3 en 2 x 3 voies sont évoqués, mais les versions quant aux portions concernées diffèrent. Ce qui importe, c’est la volonté clairement affichée du Luxembourg d’exploiter cette 3e voie de manière multimodale.

Y a-t-il, à votre avis, un manque de concertation sur les politiques de transport entre les deux pays ?

Clairement. Les visions de la politique des transports sont non concertées et complètement différentes, voire même contradictoires : quand du côté luxembourgeois, on mise sur les transports en commun, du côté français, on a une vision archaïque et centrée sur la route.

Mélanie Trélat

Publié le
vendredi 30 septembre 2016


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