
77 % des résidents voient le commerce équitable comme un réflexe
Selon une étude TNS-Ilres réalisée pour Fairtrade Lëtzebuerg auprès de 1.037 résidents, 77 % des Luxembourgeois jugent le recours aux produits équitables logique et responsable. Malgré l’inflation, la notoriété du label Fairtrade atteint 94 % et 75 % des ménages en consomment régulièrement.
77 % des résidents du Luxembourg considèrent que recourir à des produits issus du commerce équitable devrait être un choix logique et responsable, selon une nouvelle étude réalisée par l’institut TNS-Ilres pour l’ONGD Fairtrade Lëtzebuerg auprès de 1.037 résidents âgés de 16 ans et plus. Cette enquête, menée près de cinq ans après la dernière enquête sur la notoriété et l’image du commerce équitable, confirme un signal fort : le commerce équitable s’ancre durablement dans les habitudes de consommation au Luxembourg.
Malgré un contexte inflationniste et une pression accrue sur le pouvoir d’achat, les consommateurs demeurent attachés à des valeurs de respect, d’équité et de solidarité envers les producteurs et travailleurs d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et des Caraïbes. Cette persistance, alors que l’étude Polindex 2025 met en évidence une montée des préoccupations matérialistes au sein de la société luxembourgeoise, constitue un signal positif, montrant que les valeurs de bien commun restent profondément ancrées dans les comportements et les choix des consommateurs.
Une notoriété exceptionnelle et une compréhension solide des principes
Le commerce équitable bénéficie d’une notoriété particulièrement élevée au Luxembourg. 96 % des résidents en ont déjà entendu parler et 94 % reconnaissent le label Fairtrade, des niveaux qui se maintiennent dans le temps, y compris dans un contexte socio-économique en évolution.
Les principes fondamentaux du commerce équitable Fairtrade sont solidement identifiés : 75 % associent Fairtrade à l’interdiction du travail des enfants et du travail forcé, et 71 % à la garantie d’un prix minimum pour les producteurs. Cette reconnaissance souligne l’importance de ces enjeux, d’autant plus que, malgré des engagements répétés par la communauté internationale, notamment pour éradiquer le travail des enfants d’ici fin 2025, ce fléau demeure une réalité dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Des mécanismes plus spécifiques, comme le renforcement des organisations de producteurs (44 %) ou la prime de développement (29 %) – une somme supplémentaire versée pour financer des projets communautaires économiques, sociaux et environnementaux choisis par les producteurs eux-mêmes – sont également bien reconnus.
Ces résultats montrent clairement que le commerce équitable est perçu comme un levier concret de justice sociale, tout en révélant que l’apport de la certification pour un respect de critères environnementaux est de plus en plus reconnu (+ 8 % par rapport à l’étude de 2020).
En termes de confiance exprimée, 61 % des résidents estiment que les produits certifiés Fairtrade répondent aux critères attendus, un niveau remarquablement stable depuis près de dix ans. Dans un contexte pourtant marqué par une méfiance générale croissante — +5 % de méfiance entre 2024 et 2025, tendance confirmée par le Polindex 2025 — cette constance s’avère d’autant plus significative.
Cette confiance dans le label Fairtrade repose en outre sur un système de certification indépendant, qui s’appuie sur les exigences de la norme ISO 17065 et qui répond aux exigences du code d’assurance ISEAL. À la différence de certains labels privés d’entreprise auto-déclarés, ce cadre garantit une vérification externe rigoureuse et indépendante des critères, renforçant ainsi la crédibilité et la robustesse du système de certification. De plus, le mouvement Fairtrade repose sur une dynamique mondiale regroupant près de deux millions de producteurs et de travailleurs au sein de plus de 1.900 organisations. Les producteurs et productrices sont pleinement représentés dans l’assemblée générale du mouvement Fairtrade et disposent de 50 % des voix lors des décisions stratégiques.
Des comportements d’achat bien installés
Cette grande confiance joue un rôle clé dans l’adoption des produits Fairtrade. 75 % des résidents déclarent consommer ou acheter des produits Fairtrade au sein de leur ménage, un niveau élevé qui se maintient depuis près de dix ans (74 % en 2020, 76 % en 2015).
Les produits sur lesquels le label est le plus visible restent le chocolat (66 %), le café (65 %) et les bananes (53 %). Ces produits emblématiques, historiquement liés au commerce équitable, sont particulièrement appréciés par les consommateurs au Luxembourg et contribuent à sa forte visibilité.
Des motivations fortes, entre engagement et contraintes
Les motivations sont claires et reposent sur un socle de valeurs partagé : 49 % citent le prix juste pour les producteurs, 42 % la lutte contre les violations des droits humains et 31 % la volonté d’apporter un soutien direct aux producteurs.
Les 45-55 ans se distinguent par une volonté plus marquée de soutenir un modèle économique fondé sur des échanges équitables, tandis que les 16-34 ans mettent davantage en avant la qualité des produits et le respect de l’environnement.
Au-delà de ces motivations, une volonté plus large se confirme : 77 % des résidents souhaitent agir comme « consomm’acteurs », en donnant du sens à leurs choix de consommation et en utilisant leur pouvoir d’achat comme levier d’impact positif.
Parmi les résidents qui n’achètent pas de produits Fairtrade, la préférence pour d’autres marques et les contraintes financières constituent les principaux freins à l’achat. 34 % déclarent privilégier leurs marques habituelles, 24 % estiment que les prix sont trop élevés et 17 % indiquent que leur budget ne le permet pas.
Ces résultats montrent que ces freins relèvent avant tout de contraintes concrètes, et non d’un rejet des principes du commerce équitable.
Une perception positive et un engagement citoyen
Le commerce équitable est largement associé à des valeurs positives : 35 % des résidents y voient un acte de solidarité, 30 % un engagement citoyen nécessaire, 11 % une illustration du bon sens citoyen et 10 % une urgence.
Des attentes fortes envers les acteurs publics et économiques
Les attentes des consommateurs s’étendent au-delà de leurs choix individuels et portent sur davantage de cohérence et d’exemplarité de la part des acteurs publics et économiques.
Neuf résidents sur dix estiment que les acteurs publics devraient utiliser des produits Fairtrade, et 41 % considèrent que l’État et les institutions européennes devraient même y recourir exclusivement lorsque cela est possible.
Dans ce contexte, l’ONGD Fairtrade Lëtzebuerg appelle le gouvernement luxembourgeois à renforcer les politiques d’achats publics responsables et à intégrer davantage de produits Fairtrade dans les pratiques d’approvisionnement.
Elle souligne également l’importance d’une transposition cohérente et ambitieuse de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CSDDD), qui vise à renforcer la responsabilité des entreprises en matière de respect des droits humains et de l’environnement tout au long de leurs chaînes de valeur.
Une dynamique collective portée au Luxembourg
Les résultats de cette étude reflètent une dynamique collective forte, portée au Luxembourg depuis plus de 30 ans par l’ONGD Fairtrade Lëtzebuerg et un large réseau de partenaires engagés, qui agissent comme multiplicateurs sur le terrain.
Les communes engagées dans le programme « Fairtrade Gemeng » intègrent progressivement le commerce équitable dans leurs politiques locales et leurs pratiques d’achats publics, contribuant à en faire un levier d’action à l’échelle territoriale.
Les entreprises partenaires et les preneurs de sous-licence rendent les produits Fairtrade accessibles aux consommateurs, tout en intégrant des pratiques plus responsables dans leurs chaînes d’approvisionnement.
Enfin, les lycées membres du programme « Fairtrade School » sensibilisent les jeunes générations aux enjeux du commerce équitable et encouragent des comportements de consommation plus responsables.
Ensemble, ces acteurs contribuent à changer le commerce pour un monde plus juste.
The future is fair.
Texte et photo de Fairtrade Lëtzebuerg.


















