
Une étude inédite sur les mutilations génitales féminines
UNICEF Luxembourg publie une estimation du nombre de filles et de femmes concernées par les mutilations génitales féminines (MGF) au Luxembourg. Environ 3.300 personnes vivant dans le pays auraient subi ces pratiques ou seraient exposées à un risque. Un constat qui appelle à renforcer la prévention, la détection et l’accompagnement.
Parmi les personnes concernées, près de 2.200 filles et femmes auraient probablement subi des mutilations génitales féminines, tandis qu’environ 1.100 filles âgées de 0 à 19 ans sont considérées comme à risque.
Ces chiffres mettent en lumière une réalité encore largement méconnue au Luxembourg, malgré ses conséquences graves sur la santé, le bien-être psychologique et les droits fondamentaux des filles et des femmes.
Un enjeu de santé publique et de droits humains
Les mutilations génitales féminines constituent une atteinte grave aux droits humains. Elles peuvent provoquer des douleurs chroniques, des complications médicales, des traumatismes psychologiques durables et des difficultés sociales.
Si le Luxembourg dispose d’un cadre légal clair interdisant ces pratiques, les situations restent encore peu détectées, notamment en raison d’un manque de sensibilisation et de formation spécifique parmi certains professionnels.
« Derrière ces chiffres, il y a des parcours de vie, des risques réels et la nécessité d’agir de manière coordonnée. »
Paul Heber, responsable de la communication chez UNICEF Luxembourg
Une étude pour mieux orienter l’action
Réalisée avec GrewIA, l’étude s’appuie sur des données statistiques luxembourgeoises croisées avec des indicateurs internationaux issus notamment de l’UNICEF et de l’Organisation mondiale de la santé.
Au-delà des chiffres, elle formule 20 recommandations concrètes à destination des autorités publiques et des acteurs de terrain. Parmi les priorités identifiées :
- renforcer la prévention et l’information
- former les professionnels concernés
- améliorer l’accompagnement médical, psychologique et social
- intégrer davantage la question dans les politiques d’asile et de migration
- soutenir la recherche et la collecte de données
- renforcer les programmes internationaux de lutte contre les MGF
Parmi ces priorités figure également le renforcement des actions communautaires, en impliquant davantage les personnes issues des communautés concernées.
Un exemple de service de terrain est le GAMS Luxembourg, créé avec le soutien de la Fondation André Losch, en juillet 2025, qui déploie son action autour de quatre axes complémentaires : prévenir, protéger, accompagner et former.
« Pour être efficaces, les actions de prévention doivent être adaptées, inclusives et construites avec les communautés concernées. Le travail de sensibilisation par les pairs est essentiel pour créer un changement durable. »
Pascale Zaourou, coordinatrice, GAMS Luxembourg
Un défi mondial, une responsabilité locale
À l’échelle mondiale, plus de 230 millions de filles et de femmes ont subi des mutilations génitales féminines. Chaque année, environ 4 millions de filles supplémentaires restent exposées à ce risque.
Pour UNICEF Luxembourg, cette étude rappelle qu’au-delà d’un enjeu international, la protection des filles et des femmes se joue aussi localement, à travers des services accessibles, des professionnels formés, des politiques adaptées et une mobilisation collective.
Pour en savoir plus, l’étude complète est disponible sur unicef.lu/mgf
Texte et visuel d’UNICEF Luxembourg
Extrait du dossier du mois « Principes actifs »























