Un double enjeu

Un double enjeu

Nombre de grandes entreprises luxembourgeoises accordent désormais une attention toute particulière à la problématique de la responsabilité sociétale des entreprises. C’est le cas de PwC Luxembourg, qui, fort de ses deux pôles distincts, RSE et développement durable, met au point son propre plan d’action RSE tri-annuel.

Interview de Pierre Krier, associé et CSR Leader chez PwC Luxembourg et Marie Gauthier, CSR officer Building & Office Services.

Quelle est la stratégie globale de PwC en matière de responsabilité sociale des entreprises ?

PK : Au sein de notre réseau international, nous avons établi une stratégie visant à harmoniser tant que faire se peut les efforts entrepris par les différentes firmes dans les 158 pays. Notre stratégie repose sur quatre piliers, l’éthique des affaires, la protection de l’environnement, le mécénat et la diversité. Chaque firme, dont PwC Luxembourg, développe son propre plan d’action RSE tri-annuel autour de ces quatre piliers. Un certain nombre d’actions est mis en œuvre au sein de chaque pilier.

Pouvez-vous préciser ?

MG : En matière d’éthique, nous cherchons à contribuer au développement de l’économie luxembourgeoise en agissant comme ambassadeurs du Grand-Duché à l’étranger, notamment par nos efforts de promotion de l’économie nationale et notre participation à des missions économiques ayant pour objectif d’attirer des investisseurs dans le pays.

Pour une firme comme la nôtre, l’enjeu est double. D’une part, nos actions internes permettent de réduire nos impacts environnementaux et sociaux, et d’autre part, nos engagements visent à promouvoir la RSE sur la Place.

Ces actions passent par le conseil RSE et développement durable, la formation, des conférences, des publications, etc.

Notre pôle RSE a développé au début de l’année 2013 une méthodologie destinée à évaluer les démarches RSE dans les entreprises. Elle permet de réaliser un état des lieux des entreprises, lesquelles peuvent prendre ainsi des mesures correctives. Bien évidemment, nous l’avons d’abord appliquée à nous-mêmes.

Quelles ont été les conclusions de votre auto-analyse ?

MG : Le constat a été le suivant : beaucoup d’actions avaient été développées, mais il convenait de synthétiser et structurer toutes ces actions dans une vision commune à tous les piliers RSE. En d’autres termes, il s’agissait de rassembler toutes les pièces du puzzle. C’est ce que nous nous sommes efforcés de faire depuis en coordonnant nos initiatives et en élaborant un plan d’action.

Dans le détail, quelles sont les actions menées en interne par PwC Luxembourg ?

PK : Avec plus de 2.300 collaborateurs, dont la plupart sont jeunes diplômés, il est crucial pour rester attractif de proposer des programmes de mécénats de compétences sur le temps de travail.

Parallèlement, nous nous efforçons de créer une « communauté PwC », et ce, via des ‘pop clubs’ ou encore par le programme Mind your Self. Ce dernier est constitué de toute une série de formations au service du bien-être des collaborateurs, qui nous ont d’ailleurs permis d’obtenir le « Prix santé en entreprise » en 2012. Nous avons également un projet baptisé My Project, lequel permet à un collaborateur de proposer un mécénat de compétences, et de se consacrer au projet sur son temps de travail, ici aussi.

Enfin, PwC Luxembourg est sponsor de 1,2,3 GO mis au point par l’asbl Business Initiative de la Chambre de Commerce.

En tant que société de conseil, quel est l’état des lieux sur le terrain en matière de RSE ?

PK : L’on constate que la problématique RSE ne fait pas encore l’objet d’une attention particulière dans la plupart des entreprises au Luxembourg, un pays dont le tissu économique est largement dominé par les PME.

En revanche, nombre de grandes entreprises luxembourgeoises accordent désormais une grande importance à la problématique. Je pense par exemple au transporteur Sales-Lentz que nous avons accompagné pour la réalisation de son Bilan Carbone®.

MG : Ce qu’il est essentiel de souligner, c’est que les réglementations de plus en pus contraignantes doivent pousser les entreprises à se soucier toujours davantage des problématiques du développement durable et de la RSE, en allant vers plus de transparence et plus de responsabilité.

La législation luxembourgeoise, pourtant, comparée à la législation de certains pays voisins, demeure très peu contraignante en la matière…

PK : Effectivement, le cadre législatif luxembourgeois reste très permissif dans le domaine, et il est dès lors quelque part « normal » que les entreprises ne s’impliquent pas davantage. Cependant, nous constatons que de plus en plus de fournisseurs exigent des garanties en termes de RSE, ce qui va conduire les entreprises à se concentrer davantage sur les aspects RSE dans les années à venir.

PhR / Photo © Marlene Soares pour LG Magazine

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Publié le mercredi 23 juillet 2014
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