Tourisme : La Gapette invite à (re)découvrir le Luxembourg à vélo

Tourisme : La Gapette invite à (re)découvrir le Luxembourg à vélo

Avec La Gapette, agence basée à Howald, Amélie Kalsi et Olivier Lebelle ont trouvé comment partager de manière concrète leur engagement écologique : ils proposent des voyages en itinérance vélo à travers le Luxembourg. Des sorties à la fois décarbonées et 100% plaisir.

Pouvez-vous vous présenter et raconter comment est née La Gapette ?

Amélie Kalsi : J’ai travaillé une dizaine d’années dans des projets liés à la transition écologique : d’abord dans le privé, où je gérais une coopérative alimentaire bio sans emballage au Luxembourg, puis dans le conseil aux entrepreneurs de la transition, et enfin au sein d’un service transition écologique pour une collectivité pendant deux ans.

Le projet est né de ma rencontre avec Olivier chez notre dernier employeur. On a voulu rester au service de la transition, mais cette fois dans un projet très concret autour de notre passion commune pour le vélo, et notamment pour l’itinérance vélo, qu’on pratique tous les deux avec nos familles respectives. J’ai beaucoup de retours de mes proches qui me disent que c’est génial, mais qu’ils ne sauraient pas comment s’organiser, comment s’équiper, que ça leur fait peur niveau sécurité ou avec les enfants. Ça m’a donné envie d’organiser ça pour les autres, et d’en faire un projet concret.

Olivier Lebelle : J’étais à l’origine fonctionnaire territorial en France. J’ai dirigé plusieurs services et je me suis spécialisé depuis une dizaine d’années sur les questions de mobilité et de transition écologique, ainsi que sur la biodiversité. Quand on s’est rencontré avec Amélie, j’avais toujours dans un coin de ma tête la volonté de faire quelque chose avec le vélo.

Pourquoi avoir choisi le Luxembourg pour développer votre offre ?

OL : Vivant au Luxembourg – ma compagne est fonctionnaire européenne, donc j’étais frontalier en sens inverse – j’ai commencé à découvrir le pays, et je trouve qu’il est très beau, avec une richesse de paysages et une richesse touristique assez exceptionnelles.

AK : Il y a également une infrastructure cyclable très intéressante, une diversité des pistes qui permet d’en faire un réel terrain de jeu, et une variété des territoires : l’Œsling, les vignobles le long de la Moselle, les terres rouges du sud, etc. Dans un tout petit pays, il y a une diversité étonnante pour l’itinérance. En quelques kilomètres à vélo, on passe vraiment d’un paysage à l’autre, et c’est ce qui a orienté notre choix.

OL : Aujourd’hui, notre offre est exclusivement restreinte au Luxembourg, pour une question de mise en route. Notre cible territoriale, à terme, c’est la Grande Région – il y a une unité paysagère avec les Ardennes belges, l’Eifel allemand, la Lorraine, sur un espace d’à peu près 250 km de diamètre.

Concrètement, que propose La Gapette ?

AK : Il y a trois volets. Le premier, le principal, c’est le séjour à vélo : des séjours clés en main où on propose à des groupes, des familles ou des individus, de partir sur trois, quatre ou cinq jours. On peut fournir le vélo électrique en option, mais les gens peuvent aussi venir avec leur propre matériel. On offre l’itinéraire avec le GPS et l’hébergement, pour que la personne n’ait aucune charge mentale – l’idée, c’est de pouvoir se lancer et profiter des paysages.

En parallèle, on a deux volets complémentaires. L’un est la location simple de vélo, pour ceux qui n’ont pas trois jours devant eux, mais ont envie de pédaler sur une demi-journée ou une journée, sans l’offre d’hébergement.

OL : Le troisième volet, c’est le B2B, qui concerne les employeurs, pour leur proposer des séminaires à vélo avec leurs collaborateurs – c’est du sur-mesure, adapté à l’objectif, au budget et au temps que l’entreprise peut y consacrer.


« Il y a une envie de découvrir les paysages autrement : de manière plus lente, par le biais du vélo. Notre offre y répond. »

Olivier Lebelle, cofondateur de La Gapette

Qu’apportez-vous de plus qu’une organisation en solo ou une plateforme comme bed&bike.lu ?

AK : bed&bike.lu a fait partie de nos sources d’informations pour trouver des partenaires. La capacité d’accueil inclut la possibilité de stocker les vélos en sécurité la nuit, donc bed&bike.lu nous assure que les hôtels ciblés ont cette capacité. Mais il existe un tas d’hôtels qui ne sont pas sur la plateforme et qui ont pourtant cette possibilité – nous, on les a trouvés parce qu’ils nous intéressaient.

OL : Ce qu’on apporte de plus, c’est aussi toute une connaissance du pays, de ses sites, des endroits un peu décalés que la plupart des gens ne connaissent pas. On apporte une expertise du voyage à vélo : comment organiser des étapes cohérentes, courtes, accessibles, faisables. Je pense qu’une personne peut tout à fait construire son séjour toute seule, elle y arrivera sans trop de problèmes. Ce qu’on vend, c’est cette connaissance et cette envie de faire découvrir des sites qui ne sont pas évidents, pour lesquels il faut connaître un peu le pays.

Quels parcours proposez-vous, et pour quels niveaux ?

OL : On a aujourd’hui quatre parcours. Un parcours nord-sud, où l’on part de Clervaux et on revient à Luxembourg en longeant la vallée de la Sûre puis la vallée de la Moselle. On a deux boucles famille, sur des espaces très plats avec peu de montées, avec des étapes de 30 km maximum, qui passent pour l’essentiel par la Moselle, Echternach et Vianden. Et on a une sorte de mini tour du sud du Luxembourg, une boucle qui part de Luxembourg et y revient en visitant les coins sympas du sud.

AK : Pour les boucles famille, l’objectif était que ce soit hyper facile et sécurisé – que du cyclable. On a tout testé, moi avec mes enfants et avec des amis qui ont eux-mêmes des enfants en bas âge, à partir de 4 ans, et c’était tout à fait praticable.

OL : On a voulu thématiser nos parcours : l’histoire médiévale avec les châteaux, la construction européenne, la route des vins le long de la Moselle... Mais on a aussi voulu amener les gens sur des lieux qui nous parlaient, à nous, comme la boucle du sud qui passe par Remerschen et le Biodiversum. Il y a six réserves naturelles au Luxembourg, nous essayons de faire passer les parcours par ces endroits pour donner des éléments d’information et faire découvrir la richesse écologique du pays, en plus du patrimoine classique.

Comment avez-vous choisi vos vélos et vos partenaires ?

AK : Plusieurs critères ont mené à notre choix de vélo, à commencer par une production locale à Thaon-les-Vosges, à 150 km d’ici. Nous voulions aussi un vélo facile à manier, confortable, avec un cadre ouvert pour les personnes qui n’ont pas l’habitude de la pratique du vélo, et une puissance du moteur électrique qui correspond aux dénivelés luxembourgeois. On veut que les gens profitent sans effort.

OL : Nous nous sommes orientés vers l’électrique qui nous semble être le bon intermédiaire : quand on n’a pas pratiqué depuis longtemps, on bute face à la difficulté de l’effort et des montées. L’électrique permet de compenser ça et amène des personnes qui n’auraient pas forcément eu envie de faire du vélo à se rendre compte que c’est plaisant.


« L’itinérance vélo est 20 fois moins carbonée que le même parcours en voiture. »

Amélie Kalsi, cofondatrice de La Gapette

AK : Pour les hébergements, le choix des hôtels était une quête de praticité – la proximité des parcours, la capacité d’accueil – et si possible une dimension écologique : un hôtel avec une autonomie énergétique, une sensibilité pour des repas locaux et de saison. Nous avons toutefois choisi de ne pas inclure la restauration, pour laisser cette flexibilité aux clients selon leurs envies du moment.

À qui s’adresse votre offre ?

AK : Une partie de notre clientèle, ce sont par exemple les seniors qui se remettent au vélo. On a voulu faire l’offre la plus abordable possible, sans compromis sur le confort – d’où la proposition d’hébergements de qualité plutôt que du camping.

Le Luxembourg est particulier : beaucoup de personnes viennent y travailler sans forcément connaître le pays ni personne en arrivant. C’est l’occasion pour eux de découvrir le territoire et, pourquoi pas, de faire des rencontres à l’occasion d’un séjour.

OL : On voit une émergence de la pratique du vélo dans le cadre des vacances, une envie de découvrir les paysages de manière plus lente. Ça touche aussi les Luxembourgeois – la pratique du vélo augmente au Luxembourg. On a aussi envie de faire découvrir le pays aux frontaliers, qui ont un appétit pour découvrir le pays dans lequel ils travaillent.

Où vous trouver, et comment y accéder en mobilité douce ?

AK : Notre agence se situe route de Thionville à Howald, au 304B. On est à 1,5 km de la gare de Howald, et à 3 km de la gare de Luxembourg. Dans les deux cas, il y a un réseau de bus – 5 ou 6 lignes partent de l’agence et vont directement à la gare de Luxembourg.

OL : Nous sommes à 300 mètres de la piste cyclable numéro 1, celle qui part de Luxembourg-Ville et qui descend vers Hesperange.

Est-ce qu’il y a une anecdote sur le choix de ce nom, La Gapette ?

AK : Pour ceux qui ne connaissent pas le terme, c’est la petite casquette qu’on peut porter sous le casque. Pour nous, c’est un clin d’œil à l’histoire du vélo, à ces images emblématiques du Tour de France des années 70-80.

C’est aussi un mot facile à écrire, à retenir, à prononcer pour des personnes non francophones – nous avions envie, pour le public cosmopolite de la région luxembourgeoise, d’un nom à la sonorité sympa et simple à mémoriser.

OL : Nous vendons des gapettes logotées à notre effigie. Elles sont fournies par une personne de Roubaix, qui a d’ailleurs travaillé sur le Paris-Roubaix. Elle les considère comme des attrape-rêves, qui maintiennent une sorte d’imaginaire lié au vélo, aux balades qu’on fait, et qui permettent de se rappeler tous ces moments agréables qu’on a eus à vélo, gamins ou un peu plus vieux.

AK : Au niveau de nos services de location, la gapette répond à un besoin d’hygiène : comme on loue des vélos et des casques, on propose ces gapettes pour ne pas être en contact direct avec le casque.

Propos recueillis par Marie-Astrid Heyde
Photos : La Gapette

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Publié le vendredi 17 juillet 2026
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