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Soutien à l’entrepreneuriat migrant

Économie sociale et solidaire

Publié le
mardi 25 février 2020 à 04:00

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Fondée en août 2016 dans le but d’informer, de former et de soutenir les réfugiés souhaitant se mettre à leur compte au Luxembourg, Touchpoints asbl crée des points de rencontres entre les populations du Grand-Duché de Luxembourg et ses nouveaux arrivants afin de favoriser le vivre ensemble et de consolider ces expériences sur le long terme.

D’abord installée dans le nord du pays, l’association a désormais pris ses quartiers dans la Maison de l’Économie Sociale et de l’Innovation Sociale (MESIS) à Luxembourg-ville. La MESIS héberge également d’autres organisations et entreprises à impact social, telles que Nyki, ULESS, Youth & Work, Compellio ou 6zero1. Grâce à leur complémentarité, les locataires de la MESIS peuvent proposer tout un panel de services allant du soutien aux jeunes en décrochage scolaire, aux outils d’assistances à la budgétisation pour entrepreneurs en herbe ou à la présentation et au montage de business plans ...

Entretien avec Fabienne Colling, présidente et directrice générale de Touchpoints asbl.

Le(s) projet(s) sur lesquels vous travaillez ?

Nous en avons plusieurs. Sleeves Up - Initiation à l’entrepreneuriat pour migrants au Luxembourg (sleevesup.lu) tout d’abord, qui apporte un suivi personnalisé aux nouveaux arrivants. Au travers de formations, de sessions d’informations, et de coaching individuel, qui peut aussi se faire en arabe, les bénéficiaires sont initiés à l’entrepreneuriat au Luxembourg et mis en relation avec les ressources pouvant les soutenir dans leur projet entrepreneurial, comme par exemple, la House of Entrepreneurship, la House of Training ou encore l’institut de microfinance Microlux. Puis, le projet Business Meetups for migrant entrepreneurs leur permet de rencontrer un entrepreneur migrant qui apporte son témoignage autour d’un repas, généralement concocté par un réfugié. Ce projet vit notamment grâce à l’implication et aux dons de nombreuses entreprises du secteur privé qui peuvent également y participer sous conditions. Cela a un côté moins formel, encourage le réseautage et rencontre toujours un franc succès. Enfin, le projet Inter-C, qui permet de contribuer à une inclusion réussie des réfugiés dans le monde du travail, projet que Touchpoints met en œuvre en partenariat avec la Fondation EPI et en collaboration avec les entreprises engageant des réfugiés.

Votre plus grande fierté ?

D’abord, mon équipe et son engagement, ensuite les retours positifs et encourageants de nos bénéficiaires et puis aussi, d’avoir réussi à obtenir des autorisations d’établissement pour des cas de figure compliqués, tels le jardinier, le nettoyeur de véhicules et le coiffeur. En effet, au Luxembourg, les métiers manuels sont beaucoup plus protégés que dans les pays voisins et nécessitent souvent des diplômes et preuves de qualifications reconnues par l’éducation nationale. Or, dans les pays d’origine des réfugiés, démarrer une activité artisanale ne demande bien souvent aucune autorisation et les compétences sont acquises sur le tas, sans éducation formalisée. Arrivés ici, ils ne peuvent bien souvent pas fournir les documents demandés par les administrations prouvant leur niveau d’éducation, leur expérience professionnelle ... un grand nombre de professions leur est donc fermé et cela confine parfois au cocasse. Par exemple, le nettoyeur de voitures devait prouver par documentation qu’il avait bien trois ans d’expérience dans le nettoyage de véhicules. Pour le coiffeur, il aurait dû soumettre un brevet de maîtrise en coiffure générale, alors que dans son pays natal, il était coiffeur pour hommes ... Nous sommes donc là pour guider les bénéficiaires, les aider et faire le lien, voire du lobbying pour qu’ils puissent ouvrir leur commerce.

La dernière fois que vous avez douté ?

Tout le temps ! Pour faire bouger les choses positivement, nous nous remettons sans cesse en question, tirons parti des expériences du terrain et essayons de rester agiles. Nous souhaitons initier des changements positifs non seulement pour les réfugiés mais plus globalement pour tout micro-entrepreneur au Luxembourg. Plutôt que de devenir acteur statique du système et simple prestataire de services,notre objectif est aussi de poser les questions qui dérangent.

Avoir un esprit d’entrepreneur, c’est quoi pour vous ?

C’est d’être prêt à prendre des risques, quitter les sentiers battus et ne jamais accepter un non pour un non. Afin de concevoir les échecs et refus comme des opportunités pour apprendre et avancer, la résilience est indispensable. C’est une qualité qu’ont évidemment beaucoup de réfugiés, rien que par leur expérience de vie.

Texte : Corinne Briault et Touchpoints asbl - Photos : Pierre Guersing et Touchpoints asbl / Actualité de notre partenaire La Chambre de Commerce Luxembourg
Illustration : (De g. dr.) Anne-Marie Loesch, Head of Business Development & CSR Chambrede Commerce ; Fabienne Colling, présidente et directrice générale de Touchpoints asbl ; Nadine Muller, administratrice déléguée 6Zéro1 et Carlo Thelen, directeur général de la Chambre de Commerce

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Publié le
mardi 25 février 2020


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