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Solidarité pour nos héros des chaînes d’approvisionnement

Droits humains & solidarité

Publié le
jeudi 9 avril 2020 à 04:00

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Aujourd’hui et plus que jamais nous devons faire preuve de solidarité. Solidarité face aux malades, face aux soignants et aidants, face à tous ceux qui travaillent pour faire fonctionner le pays, mais aussi et surtout solidarité envers les plus démunis et les plus vulnérables d’ici et d’ailleurs. Le Covid-19 nous touche tous, partout dans le monde.

Il existe actuellement un risque accru de violation des droits humains dans les chaînes d’approvisionnement. En Asie, des entreprises de l’habillement abandonnent les travailleurs et travailleuses en pleine pandémie. Des dizaines de sociétés dont les marques sont mondialement connues, ainsi que leurs détaillants, ont annulé leurs carnets de commandes sans en assumer la responsabilité financière, même quand les vêtements avaient déjà été fabriqués. Certaines usines refusent même de verser les salaires dus pour le mois de mars. Des centaines d’usines de textiles ont fermé et des millions de travailleurs sont renvoyés chez eux, souvent sans paiement ni indemnité de départ exigés par la loi. Ces décisions sont contraires aux responsabilités en matière de droits humains qui incombent aux entreprises en vertu des « Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’Homme » et du « Guide sur le devoir de diligence applicable aux chaînes d’approvisionnement responsables dans le secteur de l’habillement et de la chaussure » de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Au Bangladesh, environ un million de travailleurs a déjà été licencié ou temporairement suspendu, la majorité n’ayant pas reçu de salaire ni d’autres compensations. Au Myanmar, 20 000 travailleuses ont déjà perdu leur emploi et un expert de l’industrie a estimé que jusqu’à 70 000 ouvrières en confection pourraient se retrouver au chômage prochainement. Au Cambodge, une estimation prévoyait qu’elles pourraient être 200 000 à perdre leur emploi1. Les travailleurs migrants sont particulièrement touchés, comme en Inde où après les fermetures d’usines, beaucoup d’entre eux sont contraints de retourner dans leur ville d’origine. Dans certains cas, ils doivent parcourir des centaines de kilomètres à pied2. Alors que les travailleurs dans l’habillement souffraient déjà d’une grande précarité, ils sont désormais confrontés à une lutte pour la survie.

Par ailleurs, dans les chaînes d’approvisionnement de produits alimentaires du Sud comme par exemple la filière de la banane, de nombreux travailleurs dans les plantations et dans les usines sont inquiets pour leur santé. La plupart des employeurs ne fournissent pas de matériel de protection et continuent de faire travailler les employés sans prendre de précautions.

Les travailleurs dans les petites structures ont plus de risque d’être infecté par le Covid-19, voire d’en mourir.

Au niveau de la production de thé, la situation économique est particulièrement alarmante. Le prix du thé en Inde a chuté d’environ 40 % lors des récentes ventes aux enchères, des grands pays importateurs ayant cessé l’importation de la marchandise à la suite de l’épidémie.

Le gouvernement de l’Inde a annoncé le verrouillage de tout le pays jusqu’au 14 avril, entraînant la fermeture temporaire des opérations dans la plupart des plantations de thé et des usines à travers l’Inde. Dans le nord-est de l’Inde, les employés ont continué à travailler et à gagner leur salaire quotidien jusqu’au 24 mars, mais sont maintenant à la merci du gouvernement et du soutien de la plantation pour leur survie quotidienne.

[1] https://www.hrw.org/fr/news/2020/04...

[2] https://www.youtube.com/watch?v=9vf...
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Une situation complexe pour les producteurs FAIRTRADE du Sud

Des messages préoccupants nous parviennent également de la part des réseaux de producteurs et de travailleurs Fairtrade d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine.

D’un côté, les producteurs du commerce équitable sont confrontés à une baisse des volumes de vente dans les pays occidentaux dus à la fermeture des restaurants, restaurants collectifs et scolaires et les cafés, et de l’autre ils doivent trouver des moyens pour sauver leur production. Cette crise menace la base de revenus et les moyens de subsistance de 1,7 million de personnes liées au système du commerce équitable.

À cause des restrictions de circulation, les producteurs de café Fairtrade du Pérou, de la Colombie, du Brésil sont préoccupés face à leur récolte qui doit prendre place entre avril et août. Une partie de la production de café pourrait être perdue si elle n’est pas récoltée au bon moment et donc cela entraînerait une perte de revenu pour les producteurs. De manière générale, les canaux de distribution sont ralentis en raison des procédures administratives, des restrictions pour déplacer le produit vers les sites dans lesquels il est traité et aussi face à la pénurie de conteneurs pour les expéditions freinant l’exportation des biens, tels que les bananes, le cacao, le sucre. Les producteurs sont inquiets de voir ces matières premières stockées dans des endroits non adéquats en attendant les conteneurs.

De son côté, le réseau de producteurs et de travailleurs « Fairtrade Africa » alertait en début de semaine de la situation catastrophique que vivent les travailleurs de roses dans les plantations au Kenya et en Éthiopie. Le marché des fleurs et des plantes coupées s’est presque complètement arrêté en Europe au cours de la semaine dernière suite à la décision de certains pays européens d’interdire la vente de fleurs coupées en raison de l’accent mis sur les produits de première nécessité et d’imposer la fermeture de fleuristes, de marchés ouverts, etc. Les producteurs qui exportent des fleurs et des plantes subissent d’énormes pertes en raison des annulations en provenance des marchés occidentaux. Les producteurs doivent détruire des lots entiers de fleurs, ce qui se traduit par une perte de 1,8 à 2,2 milliards d’euros au cours du mois de mars. Les producteurs suspendent la production et se contentent de maintenir les opérations d’irrigation dans l’espoir de temps meilleurs à venir. Les deux principaux leaders du secteur de la floriculture, le Kenya et l’Éthiopie, continuent de subir des pertes d’environ 70 à 80 % en termes de ventes, de coûts associés à la destruction des fleurs invendues, de coûts liés aux prêts bancaires non remboursés et de déploiement de la main-d’œuvre pour l’élagage.
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Fairtrade se mobilise pour renforcer les mesures de protection des producteurs et des travailleurs pendant la pandémie du COVID-19 et sensibilise ses membres

En réponse à l’épidémie du COVID-19, Fairtrade International dont est membre l’ONG Fairtrade Lëtzebuerg, a adapté temporairement une partie de ses standards afin de permettre aux organisations de producteurs de prendre des mesures immédiates pour protéger la santé et les moyens de subsistance de leurs producteurs, travailleurs et communauté.

Les nouvelles directives autorisent les organisations de producteurs à utiliser la prime Fairtrade afin de pouvoir limiter la propagation de la maladie, notamment pour l’achat et la distribution de masques ou d’autres matériels de protection individuels ou la sensibilisation à l’hygiène. Pour rappel, la prime Fairtrade est une somme versée en plus du prix de vente Fairtrade aux organisations de producteurs. Gérée de manière démocratique par les membres, la prime est investie dans des projets communautaires ou de la formation. En 2018, la prime a rapporté plus de 187 millions d’euros aux organisations de producteurs.

Les organisations de producteurs seront à présent en mesure de prendre des décisions plus rapides sur la manière d’affecter la prime pour faire face à l’épidémie. Les organisations peuvent ainsi prendre des mesures sans devoir attendre l’approbation de leur assemblée générale, puisque par mesure de prévention aucune réunion de membres est actuellement autorisée. Ils devront néanmoins garder une trace de leurs dépenses pour une ratification ultérieure. La prime Fairtrade pourra donc être utilisée pour détecter, limiter et traiter les contaminations au Covid-19. Elle servira par exemple à financer des masques, des gants de protection, des respirateurs artificiels, des produits de nettoyage, notamment les produits de désinfection, mais pourra aussi servir pour acheter des biens de consommation.

Dans les grandes exploitations, ce seront probablement les travailleurs qui seront les plus touchés par la diminution du chiffre d’affaires ou l’interruption des récoltes. Jusqu’au 30 septembre 2020, les comités de gestion de prime, tenus par les travailleurs, pourront alors distribuer jusqu’à 100 % de la prime Fairtrade sous forme de paiements en espèces aux travailleurs. En temps normal, le montant autorisé s’élève à 20 % et peut monter jusqu’à 50 % sous certaines conditions. Les paiements en nature (biens de consommation) sont également autorisés. Ces nouvelles dispositions pourraient bénéficier à près des 145 000 travailleurs issus des plantations de thé et de fleurs certifiées Fairtrade qui sont affectés particulièrement par la crise actuelle.

Dans la situation actuelle, les organisations de producteurs et de travailleurs souhaitent protéger leurs membres et leurs employés et mettent l’accent sur le respect des droits fondamentaux et les libertés de chacun, notamment en payant les travailleurs, y compris ceux qui sont en quarantaine, et en permettant aux travailleurs de garder une distance de sécurité suffisante lors de l’accomplissement de leur travail. Les organisations de producteurs et de travailleurs servent de relais d’information auprès de leurs membres et familles car la sensibilisation est une condition sine qua non pour empêcher la contamination. Les informations sur le virus sont traduites par les coopératives dans les langues locales et transmises à tous. L’installation d’unités de désinfection des mains et la distribution de savons aux travailleurs sont quelques-unes des mesures supplémentaires prises par les organisations. La période que nous traversons nous démontre l’importance de ces organisations.
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Solidarité et solutions inventives au SUD

Malgré les difficultés, les réseaux de producteurs Fairtrade ont également constaté des initiatives de solidarité auprès de leurs membres, comme par exemple les producteurs de bananes en Équateur et en Colombie, qui partagent leurs fruits non vendus avec les communautés les plus démunies qui ne peuvent plus aller travailler et n’ont donc pas de revenus pour acheter de la nourriture. Au Pakistan, une organisation de producteurs de ballons de sport, a produit 20 000 masques faciaux. L’initiative a été prise par leur comité de gestion de la prime du commerce équitable. Les masques ont été distribués à leurs travailleurs, à leur personnel et au grand public afin de prévenir la propagation du virus.

Aux Philippines, en raison du verrouillage actuel du marché, qui entraîne une pénurie de denrées alimentaires, une organisation de producteurs de canne à sucre a lancé avec la prime du commerce équitable, un projet de production de riz, comme source de revenu supplémentaire pour ses agriculteurs et ses membres mais aussi pour assurer la souveraineté alimentaire. En Afrique du Sud, les viticulteurs mettent à la disposition de leurs travailleurs des produits de désinfection.

Cette période bouleverse les priorités et habitudes de consommation et de vie de chaque citoyen. Dans une telle crise, le commerce équitable est une vraie réponse pour venir en aide aux producteurs et travailleurs du Sud et démontre aujourd’hui une fois de plus qu’il agit en tant que filet de sécurité aussi bien au niveau économique et sanitaire. L’ONG Fairtrade Lëtzebuerg demande aux entreprises et aux acheteurs publics à faire preuve, même en temps de crise, de diligence en matière de droits humains pour identifier et atténuer les risques susceptibles de causer ou de contribuer à des violations dans leurs chaînes d’approvisionnement, et appelle également les décideurs politiques d’envisager lors de l’établissement des plans de relance à assurer que l’économie se « reconstruise » de manière durable et équitable.
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Plus que jamais, soyons unis et solidaires. En tant que consomm’acteur, chacun a le pouvoir de venir en aide aux héros de nos chaînes d’approvisionnement.

Keep apart, stay united ! #Fairtrade together
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Fairtrade Doheem

En cette période de confinement et afin de rester au plus proche avec les producteurs et travailleurs du Sud, l’ONG Fairtrade Lëtzebuerg a développé une nouvelle rubrique sur son site internet : « FAIRTRADE DOHEEM ». Retrouvez des activités ludiques pour petits et grands : de la chasse aux trésors Fairtrade, aux origamis, en passant par l’écoute du podcast Schokola aus Afrika, lue par l’auteure Mireille Weiten-de Waha ou bien encore en testant les délicieuses recettes de notre « COIN GOURMAND » et notamment le gâteau marbré Fairtrade réalisé par Bob Mathes du restaurant Mathes. Pour Pâques, l’ONG Fairtrade Lëtzebuerg a concocté un « FAIRTRADE DOHEEM SPECIAL PÂQUES » à retrouver sans plus attendre sur https://fairtrade.lu/fairtrade dohe...

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