Disparition forcée de défenseurs des droits humains au Mexique

Disparition forcée de défenseurs des droits humains au Mexique

Le 15 janvier 2026 a marqué le troisième anniversaire de la disparition forcée de deux défenseurs des droits humains et environnementaux au Mexique : Ricardo Arturo Lagunes Gasca, avocat spécialisé en droits humains, et Antonio Díaz Valencia, leader autochtone nahua.

Le 15 janvier 2023, Ricardo et Antonio ont été enlevés après avoir défendu les droits territoriaux et environnementaux de leur communauté face aux activités minières de la mine d’Aquila, dans l’État du Michoacán. Cette mine est exploitée par Ternium Mexique, filiale de Ternium S.A., multinationale sidérurgique dont le siège social est établi au 26 Boulevard Royal, L-2449 Luxembourg.

Trois ans plus tard, leur sort demeure inconnu. L’absence de vérité et de justice reste une blessure ouverte pour leurs familles et leurs proches.

Ternium est l’un des principaux acteurs du secteur sidérurgique en Amérique latine, avec des usines et des mines réparties sur le continent américain. L’entreprise fait partie des multinationales établies au Luxembourg qui entreront dans le champ d’application de la Directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CSDDD), adoptée par le Parlement européen.

Toutefois, cette législation n’entrant en vigueur qu’en 2029, les possibilités de recours effectifs pour des victimes de violations des droits humains et leurs familles demeurent aujourd’hui extrêmement limitées.

Face à cette situation, l’Initiative pour un devoir de vigilance a adressé une série de revendications à Ternium S.A., notamment l’ouverture d’un dialogue sérieux et constructif avec les familles de Ricardo et Antonio, au plus haut niveau de la direction du groupe. Une réunion avait été sollicitée dans le cadre de l’Assemblée générale de Ternium tenue au Luxembourg en 2025. Malgré la présence d’un membre de la famille d’Antonio, de l’avocate des familles concernées et de multiples demandes d’entretiens, l’entreprise n’a donné aucune suite.

Une plainte contre une multinationale domiciliée au Luxembourg

Face au refus persistant de dialoguer, Global Rights Advocacy et la Seattle University International Human Rights Clinic ont déposé une plainte contre Ternium auprès du Point de contact national de l’OCDE au Luxembourg pour la conduite responsable des entreprises. Cette plainte dénonce notamment l’absence de dialogue constructif avec les familles de Ricardo Lagunes Gasca et d’Antonio Díaz Valencia. La procédure est toujours en cours.

Le Point de contact national de l’OCDE au Luxembourg est chargé de promouvoir le respect des Principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales et de contribuer à la résolution des plaintes déposées dans ce cadre.

Malgré trois années de démarches répétées, et selon les informations dont dispose l’Initiative pour un devoir de vigilance, Ternium n’a toujours pas engagé de dialogue constructif avec les familles ni avec leurs représentants légaux.

En ce troisième anniversaire, alors que les disparitions forcées constituent une crise humanitaire et judiciaire majeure au Mexique, touchant de manière disproportionnée les défenseurs des droits environnementaux et les peuples autochtones, l’Initiative pour un devoir de vigilance appelle solennellement Ternium à assumer pleinement ses responsabilités.

L’Initiative pour un devoir de vigilance demande à Ternium :

  • d’engager sans délai un dialogue sérieux, transparent et constructif avec les familles de Ricardo et Antonio dans le cadre de la procédure de l’OCDE, avec les bons offices des autorités luxembourgeoises ;
  • de mettre en œuvre concrètement sa responsabilité sociale, notamment en coopérant activement aux efforts de recherche et en adoptant une politique de tolérance zéro face aux violences commises à l’encontre de défenseurs des droits humains et environnementaux.

La justice et la dignité ne peuvent attendre 2029. Ricardo et Antonio doivent être retrouvés. Vivants.

Texte et visuel de l’Initiative pour un devoir de vigilance

Communiqué
Publié le mardi 20 janvier 2026
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