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Sitôt découvert, un nouveau grand singe rejoint la liste des espèces menacées
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Sitôt découvert, un nouveau grand singe rejoint la liste des espèces menacées

Green Planet

Publié le
vendredi 17 novembre 2017 à 04:00

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On ne peut jamais savoir combien d’espèces disparaissent avant de réaliser qu’elles existent. Mais dans le cas de la première nouvelle espèce d’orang-outan identifiée depuis près de 90 ans, l’urgence est de préserver les 800 individus actuellement en vie, afin de ne pas être témoins au cours de notre existence de la découverte et de l’extinction de cette espèce.

Des groupes isolés d’orangs-outans ont été découverts dans la forêt de Bantang Toru de l’île de Sumatra. Leur nombre est si réduit, et leur habitat si fragmenté, que les scientifiques qui ont identifié ces grands singes craignent qu’ils ne soient en danger d’extinction imminente.

L’habitat de l’espèce nouvellement découverte subit une pression croissante liée au développement. Selon le Washington Post, l’équipe à l’origine d’une étude récemment parue dans la revue « Current Biology » aurait déclaré : « si des mesures ne sont pas rapidement prises pour lutter contre les menaces actuelles et futures et préserver les derniers morceaux de cette forêt, nous pourrions au cours de notre vie être témoins de la découverte et de l’extinction d’une espèce de grand singe. »

Les premiers signes

Au milieu des années 1990, l’anthropologue biologiste Erik Meijaard, fondateur du groupe de conservation Borneo Futures à Jakarta, découvrait un article écrit par un chercheur qui avait exploré cette région dans les années 1930. Il écrivait que des rapports faisaient état d’une population isolée d’orangs-outans, explique Nature news. La découverte de cet article a poussé l’équipe à partir à la recherche de ces singes. Des villageois ont montré aux chercheurs les restes d’une femelle et d’un mâle orangs-outans tués en 2013 par des habitants, qui leur ont fourni des éléments de preuve déterminants : des tissus intacts et des os.

Des tests génétiques, des observations sur le terrain et une comparaison du squelette du mâle avec 33 spécimens d’orangs-outans conservés dans des musées ont révélé que le groupe de Batang Toru constitue en fait une espèce distincte. Une fourrure plus frisée et une tête plus petite le différencient des autres espèces. Leur alimentation et leur habitat, ainsi que les appels à longue distance des mâles, sont également des caractéristiques qui leur sont propres. Baptisé Pongo tapanuliensis, le grand singe nouvellement identifié est décrit dans « Current Biology » par une équipe réunissant la plupart des experts mondiaux des orangs-outans. « Il a fallu 20 ans pour réaliser de quoi il s’agissait », déclare M. Meijaard.

Un écosystème fragile rend les grands singes vulnérables

Les chercheurs ont trouvé ces singes dans trois poches situées à l’intérieur d’une zone forestière d’environ 1.100 kilomètres carrés, chacune étant séparée par des zones non protégées. Ils soulignent que pour que les singes puissent survivre, il faut interconnecter ces fragments de forêt avec des couloirs forestiers. « Il est impératif de protéger tout ce qui reste de cette forêt et qu’un organisme de gestion local soit mis en place pour assurer la protection de l’écosystème de Batang Toru », déclare au Post Matthew Nowak, l’un des auteurs de l’étude.

Le responsable de la conservation des ressources naturelles et des écosystèmes du ministère indonésien des forêts et de l’environnement, qui répond au nom de Wiratno, déclarait dans une conférence de presse à Jakarta que ses services étaient profondément attachés à assurer la survie de l’espèce.

Même si une grande partie de son habitat est protégée par le gouvernement indonésien, un projet de barrage hydroélectrique sur la rivière Batang Toru aurait pour conséquence d’inonder une partie de la zone et de diviser la population en deux, isolant les groupes situés sur les deux côtés de la rivière. Cela risquerait d’appauvrir encore plus le pool génétique d’une population déjà consanguine, explique M. Meijaard. Le barrage attirerait également plus de personnes dans la région, ce qui risquerait d’augmenter la pression exercée par la chasse.

Selon Biruté Mary Galdikas, une spécialiste des orangs-outans qui a fondé la Fondation internationale des orangs-outans, « ce serait un triste paradoxe de voir ces animaux disparaître en tant que population biologiquement viable, juste après avoir été décrits comme une nouvelle espèce. »

Crédit photos : James Askew/Sumatran Orangutan Conservation Program via AP

Source : Cordis

Publié le
vendredi 17 novembre 2017


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