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Retour sur la mission au Bénin

Droits humains & solidarité

Publié le
lundi 26 mars 2018 à 04:00

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L’air chaud et humide envahit nos poumons. Plus aucun doute, nous sommes arrivées au Bénin. C’est une nouvelle mission sur le terrain qui nous attend, Cloé et moi, avec un programme bien chargé nous le savons, mais dans l’immédiat, nous attendons de retrouver nos partenaires béninois. C’est avec eux que toute l’année nous œuvrons pour faire aboutir les projets de la Fondation Follereau sur le terrain.

Pourtant, presque 7.000 km nous séparent au quotidien. C’est pourquoi cette mission c’est avant tout des retrouvailles, absolument fondamentales tant pour la qualité du partenariat, que pour celle des projets. À longueur d’année nous étudions les demandes remontées par les acteurs locaux, nous tentons de donner vie à des initiatives qui permettront d’améliorer le quotidien sur place, nous étudions des propositions techniques, des devis, nous définissons et contrôlons des budgets... Pourtant, la clef dans cet océan d’informations est avant tout la relation humaine, la participation des acteurs et la compréhension mutuelle.
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Au-delà de nos capacités techniques ou de nos connaissances sectorielles dans le domaine de la santé ou de la formation professionnelle, qui constituent les chevaux de bataille de la Fondation Follereau Luxembourg, notre métier est avant tout un défi renouvelé au quotidien de compréhension interculturelle, de tolérance, de réponse aux attentes mutuelles et de patience lorsque les choses n’avancent pas aussi vite que nous le souhaiterions. C’est ce que nous a rappelé cette mission. Durant chaque jour sur le terrain, avec les acteurs sur le front, avec nos partenaires, avec les autorités publiques : l’essentiel est de nous comprendre, de nous informer continuellement et réciproquement et de trouver le chemin vers des solutions qui répondent aux attentes de tous, et avant tout au besoin des bénéficiaires des projets.

Nous avons donc marché jour après jour sur ce chemin, en visitant le Centre de Dépistage et de Traitement de l’Ulcère de Buruli à Allada (CDTUB), en rencontrant les patients, la direction, le programme national de lutte contre l’ulcère de Buruli. Pas à pas, nous avons également avancé sur le chemin de l’éducation inclusive aux côtés de l’équipe du CIPSA d’Allada, qui accueille les enfants vivant avec un handicap. Notre route nous a conduits jusqu’à Ahozonnoudè, village isolé de la commune de Zè, dans lequel une maternité a été construite en 2014. Quelle a été notre joie de constater que les femmes sont désormais de plus en plus nombreuses à aller consulter durant leur grossesse et à aller accoucher au centre ! Un véritable progrès si l’on compare avec la situation de départ, alors qu’aucune infrastructure n’était disponible pour offrir ces prestations, et que les femmes, par manque de solutions alternatives et par tradition, se tournaient avant tout vers les tradipraticiens. Le chemin sera encore long jusqu’à atteindre une couverture médicale complète mais la situation évolue, les habitudes changent. Nous avons d’ailleurs interrompu la communauté en pleine séance de vaccination. Sous le préau de la maternité, l’aide-soignante et le nouvel infirmier, récemment engagé pour pouvoir tenir un dispensaire complémentaire à la maternité, vaccinent les nourrissons et expliquent à leurs mères le calendrier vaccinal. Puisque toutes les familles ne peuvent pas se permettre de venir régulièrement jusqu’à la maternité, c’est l’infirmier qui va jusqu’à elles. Grâce aux motos fournies par le projet, il se rend en stratégie avancée dans les villages moins accessibles, afin d’améliorer la couverture vaccinale et de prévenir d’éventuelles épidémies. À l’instar d’Ahozonnoudè, le village de Lokpodji, véritable cité sur l’eau dépendant de la commune lacustre de So-Ava, ne dispose d’aucune infrastructure sanitaire à même d’offrir aux habitants de la zone les premiers soins. Notre parcours s’est donc poursuivi sur l’eau, au rythme des pirogues, afin de rencontrer la communauté et les responsables locaux, en vue de peut-être pourvoir apporter prochainement, avec l’appui du ministère de la Santé, un centre de santé au-dessus des eaux !

To be continued…

Violaine Alves, Fondation Follereau

Publié le
lundi 26 mars 2018


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