Au-delà du courage : la santé mentale des défenseur·e·s des droits humains

Au-delà du courage : la santé mentale des défenseur·e·s des droits humains

Héroïques, courageux·ses, désintéressé·e·s... Nombreux sont les qualitatifs qu’on peut attribuer aux activistes et défenseur·e·s des droits humains. Que ce soit au Luxembourg ou ailleurs, leur santé mentale est bien souvent laissée pour compte.

Lorsque l’on pense aux droits humains, la santé mentale est rarement la première chose qui vient à l’esprit. Pourtant, déjà en 1948, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme mettait en avant dans son Article 24 le droit au repos et aux loisirs, ainsi que le droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé et son bien-être dans l’Article 25.

Malheureusement, les personnes qui défendent les droits humains et l’environnement sont souvent parmi les moins bien loties en matière de santé mentale. Ceci peut s’expliquer par diverses raisons. D’abord, de par le monde, une grande partie des défenseur·e·s de droits ont vu leur communauté et/ou leur environnement être détruits. Victimes de traumas, de dépression ou d’autres problèmes de santé mentale, ils·elles n’ont pourtant d’autre option que de militer pour réclamer leurs droits fondamentaux et ceux de leur communauté.

Au Luxembourg et ailleurs, d’autres défenseur·e·s de droits et activistes, dont les droits ne sont pas forcément directement menacés, sont en permanence exposé·e·s à des nouvelles, sous forme de texte, de photos ou de vidéos, qui montrent de façon brutale la triste réalité du monde. Ceci peut mener à des traumas indirects, aussi appelés traumatismes vicariants.

Qu’elles soient directement victimes de violations des droits ou pas, ces personnes ont de nombreux points en commun. Elles sont bien souvent menacées, intimidées, insultées, que ce soit en ligne ou hors ligne. Du côté des travailleurs humanitaires, la situation est encore pire. L’ONU a alerté qu’au moins 326 humanitaires ont été tué·e·s en 2025 dans 21 pays, portant à plus de 1010 le nombre de travailleurs humanitaires tués en trois ans.

De plus, alors que défendre les droits humains et l’environnement est probablement l’une des missions les plus importantes de notre ère, ce travail est le plus souvent bénévole ou sous-rémunéré. S’y ajoute l’impression de ne jamais en faire assez. À travers les news, on a souvent l’impression que les choses ne font que s’empirer. Ces facteurs influent également sur la santé mentale, et mènent malheureusement régulièrement à l’épuisement.

L’accès aux soins de santé mentale est compliqué pour la plupart des personnes au Luxembourg, de par la pénurie de practicien·nes. Certains groupes de personnes sont malheureusement affectés de manière disproportionnée. Citons notamment les personnes LGBTIQ+ ou encore les personnes immigrantes et réfugiées. Ceci sans parler des personnes qui ne sont pas couvertes par la CNS. À l’étranger, les défenseur·e·s des droits font souvent face à une situation encore bien pire quant à leur accès aux soins en santé mentale.

À ces complications s’ajoute un important tabou sur ces questions. Parler de santé mentale reste compliqué pour de nombreuses personnes, ce qui représente un frein dans la prise de conscience individuelle et collective de ces problèmes. Pourtant, sans prise en compte de la santé mentale, il est difficile de s’engager sur le long terme pour les droits fondamentaux. Se battre pour les droits humains, c’est également se battre pour ses propres droits, et donc pour son droit à une santé mentale adéquate.

Texte d’Amnesty International Luxembourg
Photo : Les Guerreras de la Amazonía, un groupe de jeunes équatoriennes, défenseures des droits humains et de l’environnement, intimidées par le gouvernement. © Private

Extrait du dossier du mois « Principes actifs »

Contribution partenaire in4green
Publié le jeudi 2 juillet 2026
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