Pour les pros, électrification veut dire formation

Pour les pros, électrification veut dire formation

Les experts en parlent ! Trois professionnels de la mobilité racontent comment l’électrification de leur secteur impacte leurs équipes, et les compétences que celles-ci ont dû acquérir.

Fabio Tinoco, gérant de magasin et technicien spécialisé en motos électriques chez My Ways

« Aujourd’hui, le défi technique ne cesse de grandir. Mes techniciens et moi-même devons nous former de manière toujours plus intensive. Le challenge est particulièrement important pour certains d’entre eux : former des mécaniciens de la ‘vieille école’ aux nouvelles technologies n’est pas toujours évident. Les procédures de diagnostic sont complètement différentes et, désormais, l’utilisation d’un ordinateur comme outil de travail est devenue indispensable. Pour un mécanicien habitué à passer d’un réglage de carburateur à un test d’isolement sur une moto électrique, la transition peut être très perturbante.

En revanche, la jeune génération est déjà beaucoup mieux adaptée à ces nouvelles technologies. Les jeunes sortent de l’école avec de solides bases en électricité. Je dois principalement les former aux différents modèles, en complément des formations dispensées par les constructeurs. Quant aux formations certifiées en matière de sécurité HEV2 et HEV3, elles sont obtenues dans des centres spécialisés et reconnus, tels que les Centres de Compétences et EDUCAM. »

André, mécatronicien automobile au sein de l’atelier mécatronique du garage de la Police Grand- Ducale

« Depuis 2018, le parc automobile de la police s’enrichit chaque année de véhicules électriques. L’entretien et les réparations sont réalisés au sein de notre atelier interne. Bien que le diagnostic des systèmes haute tension des véhicules électriques se soit simplifié ces dernières années, les interventions en atelier restent soumises aux risques liés aux hautes tensions, pouvant entraîner des blessures graves en cas d’accident. Il est donc crucial que les mécatroniciens se familiarisent avec l’architecture de ces véhicules avant toute intervention, qu’ils disposent des connaissances fondamentales et des habilitations requises pour travailler en sécurité sur ces véhicules.

C’est pourquoi nous nous appuyons sur des centres de formation agréés par l’Association d’assurance accident (AAA) ainsi que ceux des constructeurs automobiles, qui proposent des formations portant également sur les dangers, les mesures de protection individuelle et environnementale. Il est essentiel pour notre administration de donner à nos mécatroniciens les moyens nécessaires pour évaluer, gérer et maîtriser ces risques spécifiques sur le terrain. »

Nicolas Orban, business intelligence consultant chez Ayvens

« Face aux enjeux climatiques, nous sommes persuadés que la durabilité est un facteur que chacun doit intégrer dans ses prises de décisions. Nous le voyons chez nos clients, qu’ils soient motivés par une obligation réglementaire ou par leur volonté personnelle. Il est donc pour nous évident que nos collaborateurs en contact avec des clients ou des fournisseurs placent ce facteur au centre des conseils qu’ils prodiguent. Étant donné l’étendue et la complexité de ce sujet, nous avons décidé d’aller encore plus loin, en créant une cellule de consultance, dédiée à l’accompagnement et l’analyse des décisions de mobilité de nos clients.

De plus, les départements d’achats et de ventes se doivent d’être parfaitement au fait des implications et réglementations en vigueur dans nos secteurs, non seulement au Luxembourg, mais aussi dans le monde entier. Par conséquent, ces fonctions doivent plus que jamais faire preuve de curiosité et rester ouvertes au monde changeant dans lequel nous évoluons. »

Propos recueillis par Léna Fernandes

Article issu de notre dossier du mois « Fil conducteur »

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Publié le lundi 5 octobre 2026
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