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« Notre démocratie alimentaire en danger ! »

Politique & Gouvernance

Publié le
vendredi 30 juillet 2021 à 10:01

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Le CELL dénonce « un projet de Conseil de politique alimentaire pour le Luxembourg détourné de son sens premier »

La journée du 29 juillet 2021 marquait le Jour de dépassement Mondial, le Luxembourg ayant une empreinte écologique de 8 planètes dont un sixième revient à l’alimentation. Cela signifie que les acteurs du système alimentaire peuvent substantiellement contribuer à changer la donne dans le sens positif, à la condition d’une action concertée au niveau national.

Telle est l’idée d’un nouveau dispositif de gouvernance du système alimentaire issu du de la société civile et de la recherche : un Conseil de politique alimentaire pour le Luxembourg. Des rencontres régulières ont eu lieu en 2019 et 2020 entre les différentes parties prenantes et le Ministère de l’Agriculture Luxembourgeois (MAVDR).

Ce dernier a mis fin au processus d’élaboration conjointe et déposera, seul, ce vendredi, un projet de loi visant à instaurer, à ses dires, un tel dispositif de démocratie alimentaire au niveau national. Cette action ministérielle aurait été saluée… si ce dispositif qui aurait dû être original et innovant n’était pas envisagé sous une forme réductrice et profondément anti-démocratique, vidée de son ambition participative et citoyenne !

Voilà pourquoi CELL, porteur des initiatives de transition à Luxembourg, conteste vivement cette démarche contreproductive.

Absence de vue systémique

L’objectif d’un Conseil pour le Luxembourg est d’instaurer une politique alimentaire holistique qui repose sur la souveraineté alimentaire. Le bien-fondé même d’un Conseil de politique alimentaire est d’institutionnaliser une gouvernance partagée avec tous les acteurs du système alimentaire afin de façonner ensemble l’avenir de l’alimentation au Luxembourg.

Afin qu’il puisse remplir ce rôle, il est important que le Conseil alimentaire luxembourgeois soit un organe neutre et en même temps critique dans lequel tou·te·s les participant.e.s se sentent bienvenu.e.s et soient encouragé.e.s à contribuer à façonner le système de leur point de vue et à le rendre durable.

Dès lors que le projet mis en avant par le Ministère de l’Agriculture envisage un organe sous son contrôle absolu et qui ne peut prendre aucune initiative de son propre gré, cet organe ne pourra jouer le rôle attendu.

Pas de référence au climat

Les conseils alimentaires du monde entier œuvrent en faveur d’une transition alimentaire économe en ressources et maximisant la biodiversité, socialement inclusive, ainsi que variée et saine, avec des priorités différentes selon les régions.

Les inondations et tempêtes récentes ont encore démontré à quel point la résilience de nos systèmes naturels, en tant que fondations d’un système alimentaire durable (le sol, l’eau etc.), est ébranlée par de multiples crises, climatiques, de ressources et sociales.

Le projet du Ministère de l’Agriculture doit avoir l’ambition d’intégrer chacune de ces préoccupations, essentielles pour un système alimentaire résilient.

Le système alimentaire étant beaucoup plus large que la seule production agricole (l’agriculture fait partie de la solution et est à ce titre incontournable dans le processus), il doit englober à part égale l’ensemble des acteurs du système, fédérant ainsi leurs compétences respectives : la politique & administration (ministères et leurs administrations), le secteur alimentaire avec l’ensemble de ses composantes (production, transformation, distribution, gastronomie), ainsi que la société civile et la recherche – le projet sur table ne présente pas cet équilibre d’acteurs.

Un projet détourné de son sens premier

D’un point de vue démocratique, le processus participatif de création du Conseil est particulièrement important. Dans la majorité des cas à l’étranger, son origine émane de la société civile, une dynamique de dialogue ascendante (bottom-up) qui intègre peu à peu les acteurs institutionnels dont CELL s’est ici porté garant. Ceci est important afin de garantir que les pistes travaillées au sein du Conseil répondent à la réalité de l’ensemble des acteurs du terrain.

Or, après plusieurs mois de travaux de contribution et de coopération avortées, CELL s’interroge sur la capacité du Ministère d’intégrer et d’ancrer un tel processus participatif et démocratique - pourtant indispensable - dans son projet de loi et en particulier dans le fonctionnement envisagé pour ce Conseil Alimentaire.

Effectivement, le Ministère de l’Agriculture a délibérément écarté les acteurs de la société (l’asbl. CELL) et de la recherche (Université du Luxembourg) - pourtant à l’origine des premières réflexions et actions concrètes au Luxembourg - ainsi que le Ministère de l’Environnement (MECDD), malgré une implication volontariste de celui-ci pendant plusieurs mois. Le Ministère de l’Agriculture s’est associé uniquement au Ministère de la Protection des Consommateurs pour le projet de loi actuel.

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Seule une coopération étroite sera garante d’une vraie synergie des compétences pertinentes et nécessaires à l’élaboration d’une politique alimentaire cohérente, dans les domaines économique, écologique et sociétal. Chacun de ces domaines étant primordial à une vision holistique du système alimentaire durable et à une appropriation de la politique à tous les niveaux et par tous les acteurs directement impliqués ou simplement concernés, comme l’est chaque citoyen au travers de ses choix et pratiques alimentaires.

C’est pourquoi CELL demande au Conseil de Gouvernement :

  1. de partir de la souveraineté alimentaire comme base du Conseil de politique alimentaire pour le Luxembourg ;
  2. de ne pas adopter ce projet sans le consentement des acteurs concernés ;
  3. de donner la place appropriée aux sujets liés à la crise climatique, de la mise en danger de la biodiversité et des déséquilibres sociétaux qui en découlent ;
  4. d’élargir le cercle des acteurs à impliquer à ceux du système alimentaire, qui est nettement plus large que ceux de l’agriculture ;
  5. d’intégrer les propositions formulées à ce stade par les initiateurs de la société civile et de la recherche à l’origine du projet, notamment en termes de contenu ET de processus de gouvernance démocratique.

Norry Schneider - CELL – the transition hub

Photos : Transition Days 2018 © V.Cardile

Plus d’infos dans le communiqué complet ici

Infogreen

Publié le
vendredi 30 juillet 2021


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CELL, Centre for Ecological Learning Luxembourg, Transition citoyenne et énergétique, coopérative, Association pour le maintien d'une agriculture paysanne, jardins interculturels, ateliers participatifs, formations à l'écologie, espace de co-construction, avenir durable, production, transformation, distribution, consommation, économie énergétique, démarches collectives participatives, transition énergétique, changement climatique, environnement
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