Le quotidien des enjeux du développement durable au Luxembourg !
Rob Hopkins, mouvement de la Transition, Transition Network, maintien de l'agriculture paysanne, AMAP, CELL, CNA Dudelange, interdiction du glyphosate, Transition Days Luxembourg, économie participative, permaculture, Transition Town Totnes
facebook
twitter/
linkedin
scoopit

Mr Transition (II) : « Le Luxembourg pourrait être un exemple »

Économie sociale et solidaire

Publié le
mardi 15 septembre 2020 à 04:00

facebook
twitter/
linkedin
scoopit

Deuxième partie de l’interview de Rob Hopkins, co-fondateur du Transition Network. Il porte le mouvement dans une cinquantaine de pays. Il est au Grand-Duché pour co-animer les Transition Days, à Dudelange et à Luxembourg. Depuis sa petite ville anglaise, il a répondu aux questions d’Infogreen. Deuxième partie de son interview.

Mr Hopkins, n’êtes-vous pas devenu un gêneur pour beaucoup de monde, dans l’économie capitaliste et la politique néo-libérale ?

« On sait qu’il y a des pressions sur certains de nos militants parfois, et que des grands porteurs économiques, voire politiques, font du lobbying, pour rabaisser un peu ce que nos communautés hissent. Je serais tenté de dire que c’est de bonne guerre. Mais si l’on parle de militants intimidés ou arrêtés, c’est inadmissible évidemment. Globalement, pour ce qui nous concerne dans le mouvement de la Transition, nous ne sommes pas des activistes : pacifiquement et avec une certaine bonhomie, nous portons un message positif. Je pense que ça nous rend plutôt sympathiques… Enfin, j’espère. » (rires)

C’est important pour vous de porter le message et de voir, par exemple, que les jeunes sont plutôt réceptifs ?

« Bien sûr ! Quand j’étais étudiant, j’ai eu le plaisir de rencontrer des orateurs inspirants. Et pour ma part, c’est un plaisir sans cesse renouvelé d’aller à la rencontre d’étudiants, de militants, de citoyens. Des gens comme vous et moi, qui ont des idées à partager ! La grande force de ces mouvements citoyens est de puiser dans les ressources et les motivations de chacun, de donner corps à la solidarité.

L’évidence, c’est que les jeunes ont leur avenir devant eux. Notre avenir à nous, sur notre bout de terre, c’est les jeunes. Et nous préparons cet avenir, que nous croyons plus juste, plus équitable, plus éthique, plus prometteur. Pour nous, c’est clair. Mais aussi pour eux. C’est lisible. Ces nouveaux paradigmes se fondent sur des idées et sur des gens qui décident de retrousser leurs manches en se disant Et si ça marchait ? Essayons !. Et ces idées foisonnent partout. J’adore les voir éclore. Tout ça m’inspire le plus grand respect. Et ça m’inspire tout court ! »

Et que vous inspire le Luxembourg, les actions qui y sont menées ?

Le Luxembourg n’a pas toujours bonne réputation, il a fondé sa richesse sur la finance internationale. Les choses changent évidemment, et l’on sent un retour aux valeurs locales, un mouvement vers les produits régionaux, le circuit-court…

La transition a plusieurs visages au Luxembourg, il me semble. L’empreinte écologique globale du pays est une des plus importantes au monde ! Je précise à ce stade que j’y viens toujours en train, jamais en avion – j’évite au maximum !

Pour revenir à votre pays, on constate des mouvements politiques intéressants, des accents pionniers, comme l’interdiction du glyphosate, les transports gratuits… Et surtout des initiatives associatives, citoyennes, qui mettent une véritable transition en avant. J’étais venu il y a 5 ans, soutenir Transition Luxembourg. Et j’ai alors rencontré des porteurs de projets qui s’amorçaient et qui avaient le mérite de défricher de nouvelles perspectives locales, autour du maintien de l’agriculture paysanne par exemple, de coopératives, de groupements d’achats, de marchés de terroir, de culture biodynamique. Et souvent ces initiatives, nées hors du giron politique, trouvent du soutien, de l’encouragement même, et aussi des financements publics pour les accompagner.

C’est non négligeable ! C’est là aussi que le Luxembourg peut avoir un rôle important : c’est un pays riche, sensible aux richesses locales et prêt à soutenir les approches bien fondées, par ailleurs économiquement viables et porteuses d’emplois, sans se substituer aux gens de terrain. Le Luxembourg pourrait avoir un leadership européen et être un exemple pour la transition ».

Propos recueillis par Alain Ducat

Photo : Jim Wileman/Wordpress

La première partie de l’interview de Rob Hopkins se trouve ici

Rob Hopkins, porte-parole du mouvement Transition Network, est l’invité des Transition Days au Luxembourg, mus par le CELL. Il animera notamment un workshop et une conférence à l’Abbaye de Neumünster le jeudi 17 septembre et sera, ce mardi 15 septembre, l’invité d’honneur d’un événement d’ouverture, la présentation du film-documentaire luxembourgeois Eng Äerd le mardi 15 septembre à Dudelange.

Publié le
mardi 15 septembre 2020


Économie sociale et solidaire
article
Distraction free
DISTRACTION FREE MODE
Nos partenaires Économie sociale et solidaire


Nos partenaires Économie sociale et solidaire

Nos partenaires