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Luxembourg, exemple mondial pour sa progression verte

Politique & Gouvernance

Publié le
vendredi 5 mars 2021 à 04:00

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Si le Grand-Duché est le 2e pays au monde à avoir grillé ses ressources annuelles avec un « overshoot day » tombé le 15 février, il est aussi le 2e sur un podium planétaire plus enviable : son indice de performance environnementale, outil de référence pour les politiques environnementales, le place parmi les exemples… pour les pays riches.

Les classements et indicateurs mondiaux ne s’usent que si l’on s’en sert, si possible avec un peu de recul et dans le bon tempo. Le 15 février, le Luxembourg était à la une pour son « Jour du Dépassement », flashé à la 2e place mondiale des pays consommateurs rapides de leurs ressources théoriques de l’année.

Il y a quelques jours, plusieurs médias relayaient un autre « ranking », plus valorisant : il fait du Luxembourg le 2e pays « le plus vert » au monde...

Ce n’est pas véritablement une nouveauté, en termes d’actualité en tout cas, puisque l’info de base remonte à juin 2020, et qu’elle n’avait, curieusement, pas fait tilt dans les veilles médiatiques. C’est visualcapitalist.com, un média virtuel, grand vulgarisateur de data et producteur d’infographies, très prisé des marchés économiques, qui a redonné une vigueur à cette position luxembourgeoise particulièrement enviable, aussitôt répercutée.

Un outil de référence

Cela étant posé, de quoi s’agit-il ? De l’EPI (en français Indice de performance environnementale), un indice à l’échelle mondiale, qui évalue et compare les politiques environnementales des pays, leur santé environnementale et leur capacité à relever les défis environnementaux présents et futurs.

C’est un outil de référence, établi depuis 2006 par des équipes de chercheurs des universités américaines de Yale et Columbia. Compilant une trentaine d’indicateurs de performance dans des catégories comme la qualité de l’air, les ressources en eau, la gestion des déchets ou encore la prévisibilité et la stabilité politique et sociale, l’EPI est devenu un outil d’aide à l’analyse politique, utile aussi aux analystes économiques et financiers.

Ainsi, son classement 2008 avait été présenté avec intérêt au Forum économique mondial de Davos. Le Luxembourg y figurait déjà, classé 7e mondial à l’époque, avec un score de 79,12/100. En juin 2020 (la prochaine édition est prévue en 2022, l’étude ayant lieu tous les 2 ans), le Grand-Duché trônait donc à la 2e place, avec un bulletin amélioré, affichant 82,3/100.
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180 pays ont été auscultés par les universitaires américains. Le Danemark cueille les lauriers, pour 2/10es de points d’indice (82,5). Le Luxembourg, médaille d’argent, fait donc mieux que ses voisins, la France 5e (80/100), l’Allemagne 10e (77,2) et la Belgique 15e (73,3).

Les résultats du Luxembourg se trouvent détaillés ici. On peut retenir que la performance s’appuie sur un air assez préservé des émissions polluantes, une bonne gestion de l’eau (ressources, épuration, potabilité) ou encore une faible présence de métaux lourds.

Décarboner, c’est gagner

Pour les auteurs de l’EPI, la décarbonation est la clé pour propulser un état au sommet des classements de soutenabilité environnementale et l’effet est particulièrement visible au sein des « démocraties riches », dont l’économie fleurit sur des bases plus vertes et où les moyens sont mis sur les politiques d’amélioration de l’environnement au sens large.

Dan Esty, professeur qui dirige le Centre de Droit et Politique Environnementale de l’université de Yale, explique que « l’analyse suggère que les pays qui se démarquent mènent des politiques de soutenabilité environnementale multidirectionnelles et mettent l’accent sur la décarbonation dans leurs économies. » L’indice compare les éléments contribuant à la soutenabilité environnementale et, selon ses pilotes, « distingue les nations qui avancent vers un futur durable et celles qui ne le font pas. Les pays avec les meilleurs classements manifestent généralement des engagements de longue durée et développent des programmes soigneusement construits qui protègent la santé publique, conservent les ressources naturelles, et réduisent les émissions des gaz à effet de serre. »

Le Luxembourg est donc, dans ce classement, un exemple mondial, une référence en matière de progression verte… et où demeure une marge de progression. Sur un plan micro, il n’est encore que 90e mondial pour la gestion des écosystèmes (34,3/100) et 73e pour l’impact agricole (42,2). Mais globalement, le pays peut donc montrer une patte de plus en plus verte, avec des politiques volontaristes et une économie qui mise sur la circularité et cible la décarbonation.

Le baromètre économique ravit aussi la place financière. En cette fin d’hiver, les fonds d’investissement ne se sont jamais aussi bien portés, avec des actifs nets sous gestion luxembourgeoise ayant franchi la barre record des 5.000 milliards d’euros, et au sein desquels les fonds verts ont le vent en poupe. Tout est un peu dans tout.

Alain Ducat

Illustration : EPI.yale.edu
Infographies : visualcapitalist

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vendredi 5 mars 2021


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