Les femmes apportent beaucoup dans l'univers forestier

Les femmes apportent beaucoup dans l’univers forestier

Pour beaucoup de personnes, l’univers forestier est exclusivement masculin. Une croyance qui a malheureusement encore du mal à disparaître, malgré la présence croissante de femmes au sein des différents départements. Rencontre avec Claudine Felten, directrice de natur&ëmwelt asbl.

Son large sourire atteste de sa passion pour la nature et la protection de l’environnement. Au fil des années, Claudine Felten a gravi les échelons pour être aujourd’hui, à la tête de natur&ëmwelt asbl. Quel est votre parcours ? « Je suis ingénieure forestière de formation. Cela fait 20 ans que je travaille pour la Fondation Hëllef fir d’Natur. En septembre 2022, je suis devenue directrice de natur&ëmwelt asbl. C’est une belle reconnaissance dont je suis assez fière. »

Alors, le monde forestier, est-ce vraiment un univers masculin ? « Il est en majorité composé d’hommes, mais le nombre de femmes ne cesse d’augmenter. On peut honnêtement parler de bouleversement dans le domaine. Je suis persuadée que la présence des femmes est positive pour tout le monde. »

Il y a 20 ans, les mentalités étaient certainement différentes qu’à l’heure actuelle. « Quand j’ai effectué mes études, je dois bien avouer que les hommes, surtout les anciens, étaient un peu intrigués par le fait que des femmes viennent se mêler du secteur forestier. Avec la nouvelle génération, c’est différent. Pour eux, l’émancipation est passée par là. Il n’y a aucune différence entre les hommes et les femmes. Seules les compétences comptent. Une vision somme toute assez normale à notre époque. »

Pour Claudine Felten, les femmes n’apportent pas plus que les hommes dans le secteur forestier. « La personnalité passe avant le genre. Chacun a sa vision de son travail et le fait progresser au quotidien. Si je prends ma perception, je me suis plus focalisée sur la protection de la nature et moins sur la production. Mais j’ai des ami(e)s qui fonctionnent différemment. C’est vraiment une question de sensibilité. Le plus important est que le soir venu, le travail soit bien réalisé. »

Les Luxembourgeois sont-ils sensibles à la protection de la nature ? « Notre association a 103 ans. Si au départ, elle était orientée vers les oiseaux, aujourd’hui nous nous occupons de tous les sujets. Même s’il y a beaucoup d’initiatives pour conscientiser la population à la protection de la planète, nous sommes tout de même conscients qu’il y a encore une certaine partie qui n’a que des connaissances basiques. La nature représente plus un cadre ludique ou pour pratiquer son sport. C’est seulement quand un coin de la forêt commence à disparaître qu’ils réalisent qu’il faut agir concrètement pour la protection de l’environnement. »

D’où l’importance des nombreux stages et ateliers. « La sensibilisation est vraiment la base de l’éducation à l’environnement et à la nature. Nos campagnes sont très importantes car les gens souhaitent principalement protéger ce qu’ils connaissent. Donc, plus ils sont informés des lieux qui les entourent, plus ils sont impliqués dans leur protection. »

Est-ce un secteur qui est en manque de personnel ? « Actuellement, il y a une grande demande d’ingénieurs forestiers et de biologistes dans le domaine de la conservation de la nature. Et on constate un manque de spécialistes comme des ornithologues ou des entomologistes. C’est plus compliqué, car il n’y a pas vraiment d’études spécifiques, mais ce sont des biologistes qui sont passionnés par les oiseaux et les insectes, et qui ont une formation supplémentaire. Pour embrasser une carrière dans la nature, il faut surtout suivre sa passion. Nous sommes toujours à l’écoute pour donner des conseils et partager notre passion pour la nature. »

Propos recueillis par Sébastien Yernaux
Photo : ©natur&ëmwelt
Article tiré du dossier du mois « Regards de femmes »

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Publié le mardi 13 février 2024
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