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La technique du Yakisugi

Architecture & construction

Publié le
jeudi 4 avril 2019 à 04:00

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Parallèlement à d’autres techniques de protection thermique du bois, telles la torréfaction ou la rétification, le Shou-sugi-ban ou Yakisugi (littéralement cèdre grillé ou cèdre brûlé, bien qu’il s’agisse d’un point de vue botanique de cyprès) est une technique traditionnelle japonaise de protection du bois qui s’opère en brûlant profondément la surface d’un élément de bardage en bois. Cette technique se pratiquait jadis sur certaines maisons individuelles et maisons de thé de quelques îles de l’archipel du Soleil Levant.

/Au travers de l’aspect résolument contemporain de ses textures et nuances, le procédé jouit d’un grand regain d’intérêt au Japon mais également en Europe, ou les essences plus communément employées sont le mélèze, le Douglas, le chêne, le frêne ou encore l’Accoya® (pin de Monterey – pinus radiata insignis – modifié). Lorsque réalisée de manière artisanale, la technique du bois brûlé est assurément écoresponsable. Les bois brûlés présentent de nombreuses nuances allant du noir profond en passant par des anthracites charbonneux ou des gris moins soutenus ; leurs surfaces ont une texture écailleuse plus ou moins épaisse et rugueuse, à l’image d’une peau de crocodile, et les paramètres de fabrication (température et durée du brûlage, méthode de brûlage, essence de bois employée et traitement de surface éventuel par brossage plus ou moins prononcé ou application d’une huile) permettent d’obtenir des effets personnalisés.

Bien entendu applicable en décoration intérieure moyennant certaines dispositions quant à la fixation de la couche carbonisée avec une résine ou un vernis de finition, cette technique ancienne convient particulièrement aux bardages extérieurs car elle confère à ceux-ci imperméabilité, résistance aux rayons ultraviolets et résistance aux insectes xylophages ainsi qu’aux champignons lignivores : la structure hétérogène ainsi créée par les trois couches successives du brûlage – charbon de bois, goudron, bois pyrolysé – est totalement débarrassée de cellulose, élément nutritif indispensable à nos deux « parasites » précédemment cités. Plusieurs études ont par ailleurs démontré que la technique du bois brûlé retardait l’embrasement des façades grâce à cette couche externe essentiellement composée de charbon.

Méthodes de fabrication

On relève deux approches de production : premièrement la méthode traditionnelle, qui utilise du bois sec avec un brûlage réalisé du côté des planches tourné vers l’écorce ; une « cheminée » de section triangulaire est construite en liant trois planches entre elles à l’aide de fils de fers, cette cheminée étant posée sur un foyer ; la fumée noire créée par la combustion externe du bois confirme le brûlage qui se réalise pendant quelques minutes, la cheminée étant ensuite retournée afin que ce brûlage soit homogène sur la pleine hauteur des planches ; pendant l’opération, les planches sont légèrement écartées entre elles afin de créer l’appel d’air suffisant ; les planches encore en feu sont ensuite désolidarisées et immergées ou précautionneusement aspergées d’eau afin d’éteindre la combustion ; les faces noircies sont alors débarrassées des résidus de charbon par brossage et reçoivent éventuellement une finition huilée (huile de lin, huile de tung, huile de térébenthine, etc.), ou cirée ; les éléments sont finalement entreposés pour séchage. Cette méthode est en théorie suffisamment simple que pour être mise en œuvre en autoréalisation.

Deuxièmement la méthode industrielle, plus ou moins maîtrisée et automatisée en fonction des entreprises, qui réduit le caractère écologique du process et qui consiste à brûler les planches à la torche, sur brasier ou au four, avec ou sans contrôle de la température et du temps de brûlage. Les industriels possèdent leurs propres recettes de fabrication, permettant d’obtenir des finitions et nuances plus variées et complexes que la technique originelle, propres à satisfaire les exigences les plus particulières des clients.

De manière générale et pour que la protection soit jugée efficace, c’est une couche de trois à cinq millimètres qui doit ainsi être créée.

Conditions de vieillissement

Ici pas de règles invariables, le vieillissement étant conditionné par l’ensemble des options de production. Cependant, une fois soumis aux conditions climatiques, le bois brûlé non traité se patine de manière plus ou moins prononcée, laissant apparaître des reflets colorés ; dans les phases ultérieures, le délavage de la couche de carbone se poursuit en fonction de la friabilité de la couche de carbone jusqu’à l’apparition des cernes du bois. Dans le cas de bois brûlé traité, un entretien régulier doit être pratiqué de la même manière que l’on procéderait pour un bois traité classique.

Régis Bigot,
Innovation Project Manager Neobuild

NEOMAG#21
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Photo : Rendu Accoya Noirdenoir Credit Architecte Tribu Architecture - Credits Photo David Tuleu

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