La Smart City : une utopie durable ?

La Smart City : une utopie durable ?

Selon Bruno Renders, la transformation de Luxembourg en Smart City permettrait au pays de gagner en « expertises, en crédibilité et en positionnement à l’international », mais aussi de voir une « mutation de ses compétences de constructions ».

Virginie Lelarge, fondatrice et directrice de l’Institut Méditérranéen d’Etudes et du Développement Durable (IMEDD), une « Smart City est une ville faite d’éco-quartiers » sur laquelle les pouvoirs publics peuvent appliquer un « management environemental » et dans laquelle tous les citoyens sont concernés. Ce genre d’entreprise, qui peut, pour le moment, ne s’appliquer qu’aux villes aux petits ratios habitants/m2. Ca tombe bien, Luxembourg, « ville-pays à taille humaine » selon Virginie Lelarge, entre parfaitement dans les critères.

Alors qu’attendons-nous pour faire de la capitale du Grand-Duché la prmière Smart City, ou « Living City », comme préfére le dire le sociologue et directeur de Chronos, Bruno Marzloff qui fut le premier à prendre la parole de l’après-midi de conférences autour du thème “Living City 2013“ organisé à la Philarmonie le 5 décembre dernier.

Une Europe « trop pragmatique »

Pourtant, chez nous, « la spéculation du marché de l’immobilier luxembourgeois pourrait limiter les investissements », selon Xavier Delposen, directeur général du groupe immobilier Schuler dont la société réalise actuellement le premier éco-quartier luxembourgeois, Hollerich Village. Par ailleurs, pour lui, il ne faut pas réaliser d’immeubles aux coûts excessifs, puisque le but est quand même de « proposer un modèle renouvelable que l’on puisse reproduire ».

Si la Smart City Luxembourg-Ville n’est pas forcément pour demain, d’autres villes intelligentes et durables ont déjà éclos sur notre planète grâce à Vincent Callebaut. Jeune architecte travaillant sur le concept « archibiotic », Vincent Callebaut a déjà conçu des villes aussi futuristes qu’écologiques.

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Villes flottantes pour les réfugiés climatique, fermes verticales en pleine ville afin de « réintégrer les modes de productions dans les modes de consommations », fermes marines ou encore « montagnes conteners de logements passifs », l’idée, c’est de « s’inspirer de la nature pour créer ». « S’inspirer des espèces qui parviennent à survivre depuis des millions d’années pour transformer les contraintes en possibilités ». Ainsi, son œuvre “Dragonfly“ s’inspire de l’étude des ailes de libellules qui peuvent soutenir jusqu’à 30 fois leurs poids, tandis que la fameuse ville flottante repose sur l’étude des feuilles d’un nénuphar. Cette cité, qui porte le joli nom de Lilypads ( nénuphar en anglais, ndlr ) est une ville autosuffisante que l’architecte sera sûrement amené à multiplier dans les prochaines années puisque, aujourd’hui déjà 30 millions, le nombre de réfugiés climatiques dans le monde ira sûrement en augmentant.

Derrière la fenêtre de l’hôtel dans lequel il loge le temps de la conférence, Vincent Callebaut dit avoir observé le quartier du Kirchberg, ses grattes-ciels et ses boulevards. Sachant qu’il risque de froisser quelques personnes présentes, il prend quelque secondes avant d’énoncer son verdict : « le Kirchberg est une erreur urbanistique ». Rien de vraiment étonnant puisque, comme le déplore “l’archibiotecte“ dont les projets fleurissent partout sauf sur le Vieux Continent, « en Europe il y a encore bien trop de pragmatisme ».

Photos ©Florie Colarelli / ©IFSB / © VINCENT CALLEBAUT ARCHITECTURES

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Publié le mercredi 11 décembre 2013
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