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La prévention ne se fait pas en plus mais en parallèle

RSE

Publié le
vendredi 23 mars 2018 à 04:00

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Quelle est la réalité d’un chantier de construction en matière de sécurité ? L’exemple de CLK.

Interview de Sophie Brouwers, gérante technique et Ludovic Thiery, conducteur de chantier chez CLK

Sur quels points la sécurité se joue-t-elle sur un chantier de construction ?
S. B. :
Quand on parle de sécurité, on pense souvent aux équipements de protection individuelle (EPI), mais l’organisation et les méthodes de travail sont tout aussi essentielles. Plus l’ouvrier a un travail simple et efficace à effectuer, moins il a de chances de se blesser. C’est quand on est dans l’imprévu, toujours à changer les choses, qu’il y a un risque. Le rangement des chantiers est également un aspect important sur lequel nous avons mis l’accent ces dernières années.

Comment abordez-vous le sujet ?
L. T. :
Nous prenons le temps de conscientiser les ouvriers, de discuter avec eux, de comprendre comment ils travaillent et de les sensibiliser avec des explications qui les touchent. Mettre en avant la sécurité personnelle ne fonctionne pas toujours. Il est en effet difficile de convaincre quelqu’un qui travaille de la même manière depuis 30 ans de changer ses habitudes alors qu’il n’a jamais eu d’accident. C’est pourquoi nous utilisons parfois d’autres arguments comme l’image que les clients ont de la société si le chantier n’est pas rangé, par exemple.
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S. B. : Nous organisons, chaque année, une journée de sensibilisation à la sécurité et à la santé pour l’ensemble de nos équipes, comme nous l’avons fait en 2017 à l’IFSB. C’est une démarche constructive parce qu’il n’y a pas une solution unique à toutes les problématiques de sécurité : elle dépend de chaque chantier, des spécificités de chaque bâtiment, et de l’endroit où il est construit.

Observez-vous des réticences à appliquer certaines règles ? Lesquelles ?
L. T. :
Elles concernent souvent le port des EPI : si un ouvrier doit accomplir une tâche une fois dans la journée, il ne va généralement pas aller chercher sa paire de lunettes ou ses gants, à nouveau dans le but de gagner du temps. Du coup, quand on voit un manquement, on le signale. Mais comme nous ne sommes que de passage sur les chantiers, on ne voit pas toujours ces manquements, ce qui implique qu’on accorde une grande confiance aux ouvriers. CLK a l’avantage d’être une entreprise à taille humaine, constituée de petites équipes, ce qui nous permet d’avoir des contacts directs avec eux.

Au niveau des équipements de protection collective, quelles actions CLK met-elle en place pour réduire les risques ?
S. B. : Nous investissons, lorsque c’est possible, dans des solutions 2 en 1. Pour les maçons, par exemple, nous avons trouvé un matériel qui sert à la fois de coffrage et de protection. De cette manière, ils ne doivent pas se poser la question de mettre ou non leur protection. Ils ne peuvent pas faire sans. Nous réfléchissons aussi beaucoup à l’organisation et la répartition des tâches, qui sont des questions cruciales : qui doit changer le type de garde-corps, par exemple.

L. T. : Travailler avec des sous-traitants peut relever d’un défi supplémentaire par exemple, car ils sont hors de notre processus et ne partagent pas forcément notre vision de la sécurité. Mais nous mettons en place des cliquets de sécurité qui aident à ce que les engagements de chacun soient formalisés. Par exemple, nous demandons à l’entreprise qui met en place les échafaudages d’envoyer, en même temps que sa facture, un rapport signé par nos ouvriers formés sur le sujet attestant que tout est en ordre. Ceci nous permet de contrôler facilement la qualité du travail des sous-traitants.

Vous avez participé à une étude de l’IFSB portant sur le retour sur investissement de la prévention. Est-ce que la sécurité rapporte, selon vous ?
S. B. : Oui. C’est logique, car sur un chantier sécurisé, on ne doit pas faire attention et on peut donc se concentrer pleinement sur son travail. Les mesures de prévention consistent également à réduire la pénibilité du travail. C’est le cas avec les blocs isolants auto-coffrants que nous avons adoptés sur quelques constructions : ils sont légers et faciles à mettre en œuvre, ce qui est très apprécié des ouvriers.

Comment envisagez-vous l’avenir en matière de sécurité sur les chantiers ?
L. T. : On est souvent confrontés à des idées reçues. La principale est que la sécurité engendre du travail supplémentaire, donc demande plus de temps. Cette idée est surtout ancrée chez les plus âgés, mais les mentalités évoluent. Et puis, c’est une idée reçue qui n’est pas vraie. En réalité, la prévention ne se fait pas en plus, mais en parallèle. Donc, dans l’absolu, elle ne demande pas plus de temps.

S. B. : D’après une étude que j’ai menée sur nos chantiers, c’est même tout l’inverse : plus le chantier est en sécurité, plus il est rapide, efficace et rentable.

L. T. : Toutes les générations sont plus attentives à la sécurité. Les anciens le sont parce qu’on leur demande. Les jeunes le sont parce qu’ils comprennent l’intérêt profond de leur sécurité. On sent réellement l’effet de la formation sur la jeunesse.

Mélanie Trélat

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vendredi 23 mars 2018


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