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Philippe Genot, manager du Luxembourg Woodcluster, et René Witry, architecte et président du Luxembourg Woodcluster
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La grappe fait la force

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Publié le
lundi 8 janvier 2018 à 04:00

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Au Luxembourg, les forêts couvrent 90 000 ha, 35 % du territoire et 500 000 m3 de bois sont exploités par l’homme chaque année. Pour arriver au consommateur final, il parcourt toute une chaîne de valorisation. Le Woodcluster vise à ce que tous les maillons de cette chaîne soient fonctionnels et à ce que le lien entre chacun de ces maillons soit fait.

Interview de Philippe Genot, manager du Luxembourg Woodcluster, et René Witry, architecte et président du Luxembourg Woodcluster

Pourquoi avoir fait de la construction bois un des piliers principaux de ce cluster ?
Ph. G. : Le bois impacte 1 500 entreprises et 11 000 personnes, dont plus de la moitié est issue du secteur de la construction. Il est donc le moteur de la filière : si nous parvenons à faire germer les idées, à dégager de nouvelles pistes dans ce secteur très dynamique, cela aura des répercussions positives sur l’ensemble de la filière. En fonction de sa qualité, le bois est utilisé dans la construction, dans l’industrie ou pour la production d’énergie mais, vu son poids économique et sa capacité à innover, la construction joue un rôle prépondérant.

Comment innove-t-on à partir d’un matériau traditionnel ? Par où la dynamisation de la filière passe-t-elle ?
Ph. G. : La technologie a beaucoup évolué ces dernières années. La recherche a mené au développement de produits de plus en plus performants (Cross Laminated Timber (CLT), lamellé-collé, structures porteuses en bois, etc.) qui ouvrent de nouvelles possibilités et placent le bois au même niveau que d’autres matériaux.

L’innovation est très présente dans le secteur. Nous comptons, parmi nos membres, des start-up qui développent de nouvelles techniques, à l’instar de Leko Labs qui est installée chez Neobuild et qui a imaginé un système constructif novateur usiné dans du hêtre, une essence rare dans la construction. Le rôle du Woodcluster est de les mettre en contact avec d’autres entreprises et avec des clients potentiels, afin qu’elles puissent intégrer de la meilleure façon possible cet écosystème.

L’innovation se joue sur le matériau lui-même, mais aussi sur la prise en considération de son cycle de vie : le bois contient peu d’énergie grise et il permet d’aller très loin en termes de déconstruction. Les éléments d’une construction en bois peuvent facilement être désassemblés pour être réutilisés ou recyclés.

Disposons-nous, au niveau local, des ressources suffisantes pour répondre à la demande ?
Ph. G. : Nous produisons un volume conséquent, avec lequel nous pourrions en théorie couvrir les besoins, et nous disposons des essences nécessaires : épicéas et douglas pour la structure des bâtiments, chênes et hêtres pour les finitions… Le problème est que le bois cultivé dans nos forêts doit être envoyé dans d’autres pays pour être transformé. Si nous voulons le relier à la construction, il y a un travail à réaliser au niveau de la filière régionale.

Est-ce un des objectifs du Woodcluster de faire en sorte que cette étape intermédiaire puisse être réalisée ici ?
R. W. : Si l’on augmente la demande en construction bois, il serait logique que nous augmentions aussi l’offre locale, notamment en termes de capacité à fournir les éléments porteurs préfabriqués qui viennent aujourd’hui souvent de Suisse ou d’Autriche. Il faut pour cela faire évoluer le savoir-faire technologique.

On peut aujourd’hui édifier des bâtiments de 15 étages en bois. Existe-t-il des projets pilotes de ce type au Luxembourg ?
Ph. G. : Ce n’est pas encore à l’ordre du jour, mais nous travaillons à ce que de nouvelles idées soient mises en place de façon concrète. Les professionnels du bois ont besoin de toucher la matière. On peut donc faire les plus beaux plans sur papier, il faut qu’ils soient réalisés pour « sentir » la construction. Le but est de construire, à moyen terme, des bâtiments qui vont plus loin que ceux qui existent aujourd’hui au Luxembourg.

R. W. : Nous sommes souvent limités à un certain nombre d’étages par les règlements communaux et les règlements sur les bâtisses. Avant de pouvoir réaliser un gratte-ciel en bois, il faudra d’abord que la réglementation le permette, que les clients le veuillent, que les architectes soient capables de le concevoir et que les constructeurs soient capables de le réaliser. Mais, oui, ce serait un objectif et un challenge que nous envisageons de réaliser.

Quels sont les avantages du bois dans la construction ?
R. W. : Le bois permet de réaliser des constructions plus écologiques, si l’on compare le taux d’énergie grise qu’il contient avec celle contenue dans le béton ou l’acier. Il permet de construire de manière très précise et très rapide et d’obtenir des bâtiments prêts à l’usage puisqu’ils sont secs.

Il faut savoir également que le coût de la construction ne représente que 30 % du prix d’un bâtiment sur ses 40 années de vie. Un bâtiment en bois est coûteux au départ, certes, mais son entretien et sa démolition sont beaucoup moins onéreux que ceux d’un bâtiment classique.

Ph. G. : J’ajouterais que le bois peut être très performant en termes d’isolation si la planification est de qualité. Il y a même certains certificats qu’on ne peut obtenir qu’en construisant en bois. Il permet même d’avoir des murs plus fins et de gagner en surface.

Sur la photo : Philippe Genot et René Witry

Mélanie Trélat

Source : NEOMAG #11

Consultez en ligne NEOMAG #11

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Publié le
lundi 8 janvier 2018


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